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04 décembre 2005

"Le livre noir de Saddam Hussein" : le 18 décembre sur Judaïques FM


"Le livre noir de Saddam Hussein",
(Oh ! Editions, prix 29,90 E)

700 pages, des centaines de références bibliographiques, 23 rédacteurs différents pour 35 chapitres, et au premier plan Chris Kutshera qui a dirigé cette compilation exceptionnelle. Chris Kutshera est journaliste, écrivain et grand spécialiste des Kurdes. Jamais encore n'avait été rédigé un tel ouvrage de référence, sur un épisode sinistre de l'Histoire du Moyen Orient, et à propos d'un régime avec lequel pendant près de trente ans tous les gouvernements français, de droite comme de gauche, ont eu les pires compromissions. Parmi les rédacteurs, et il faut le souligner, près de la moitié sont des Arabes dont beaucoup d'Irakiens experts d'une des faces d'ombre du régime (le nettoyage ethnique des Kurdes, la répression des chiites, la propagande, la terreur policière).

Mon invitée sera Françoise Brié, directrice de programmes pour plusieurs associations humanitaires (entre autres « Médecins du Monde » et « France Libertés »), qui a effectué plus d’une dizaine de missions en Irak dans les années 80. Elle connait parfaitement le Kurdistan, et elle a rédigé un chapitre qui donne froid dans le dos sur l'utilisation des armes chimiques. A noter aussi qu'un chapitre du livre traite des livraisons massives de composants et matériels pour ces armes, et que des dizaines de sociétés occidentales sont concernées ...

Je reproduis ci-dessous un extrait de l’introduction de Bernard Kouchner, qui rétablit en quelques phrases une vérité historique bien oubliée :
« La première arme de destruction massive, ce fut Saddam Hussein. Pendant 35 ans, il s’acharna sur son propre peuple. On compte près de 500.000 disparus, kurdes, femmes et enfants pour la majorité d’entre eux. Plus de 4.500 villages ont été rasés. Les fosses communes sont innombrables. Quatre millions d’exilés cherchent encore, en 2005, à regagner ce qui reste de leurs foyers. On estime à un million et demi, les handicapés des guerres successives et des nombreux attentats, et à des centaines de milliers les chiites assassinés. Saddam Hussein fut l’un des pires tyrans de l’Histoire du Monde, il était urgent et nécessaire d’en débarrasser le peuple irakien. »

A propos de l'Irak, voir aussi sur le blog les aticles :
- Faut-il regretter Saddam ? (cliquer ici)
- Donneurs de leçons, preneurs de bakchichs (cliquer ici)
- Procès de Saddam Hussein : silence gêné du Monde arabe (cliquer ici)

J.C

07 septembre 2005

Faut-il regretter Saddam ?

 
Exhumation de corps trouvés dans un charnier en Irak, source : http://www.massgraves.info/

Saddam Hussein sera jugé le 19 octobre prochain, dans son premier procès pour « crime contre l’humanité ». Espérons que cela rafraîchira la mémoire du grand public français, qui - quels que soient les critiques justifiées vis-à-vis de l’intervention américaine ou de sa gestion des affaires irakiennes - semble regretter la fin du régime baasiste. Les auditeurs de "Rencontre" ont pu entendre de nombreux invités critiquer tout à fait librement la politique de Georges W. Bush, mais j'ai aussi régulièrement veillé à un rappel du passé monstrueux de Saddam. Un ouvrage collectif de référence, donnant la compilation de ses crimes vient de paraître ("Le livre noir de Saddam Hussein", Oh ! Editions) : je ne peux que conseiller à tous les amnésiques de le lire d’urgence !

La mémoire est en effet volatile lorsqu’elle ne s’abreuve qu’aux reportages des journaux télévisés du 20 heures. Une journée ordinaire en Irak, ce sont aujourd’hui des attentats-suicide en série, et les commentateurs s’attardent alors sur l’impuissance du tout jeune gouvernement à rétablir la sécurité. Constat exact, mais qui manque singulièrement d’empathie pour un nouveau pouvoir issu d’élections démocratiques - et qui doit résister au terrorisme islamiste d’Abou Moussab Al-Zarkaoui, lieutenant de Ben Laden. Constat aussi bien méprisant pour les milliers de victimes civiles : on oublie facilement que ces attentats sont d’abord des assassinats de masse particulièrement abjects et racistes, puisqu’en sont victimes en majorité non les troupes d’occupation, mais les populations chiites ou kurdes martyrisées par le régime précédent. Constat hypocrite, enfin : car si ces victimes là sont visibles, si le terrorisme subversif tue au grand jour en jouant des médias comme de marionnettes faisant sa publicité, le terrorisme d’état, lui, tue en silence lorsqu’il tient dans ses griffes un pays où toute presse libre est interdite et où les médias étrangers ne peuvent venir. Saddam Hussein et son régime fasciste sont responsables de l’assassinat de centaines de milliers d’irakiens, mais à l’époque ils sont morts en silence, souvent enlevés à leur famille, emprisonnés puis exécutés un jour dans le plus grand secret.

On a retrouvé après sa chute quelques dizaines de sites où reposent des milliers de restes humains, et le malheureux Irak n’a pas encore fait le bilan de trente ans d’un des plus cruels totalitarismes de l’Histoire. Mais de cela, les télévisions ont très peu parlé. Un clic sur le site "massgraves"info (charniers) vous permettra de découvrir des photos qui donnent la chair de poule. Vous pourrez enfin lire ici un article sur le sujet publié dès le mois de mai 2003 dans le journal « Le Monde ».

J.C