Rechercher dans ce blog

19 novembre 2021

L’Iran rêve de déstabiliser le Maghreb

 Il n’est un secret pour personne que l’Iran qui s’enorgueillit de contrôler quatre capitales Arabes que sont Beyrouth, Sanaa, Damas et Baghdad , rêve d’en rajouter une cinquième à son palmarès. Alger est toute désignée pour prendre cette place. Faut-il être certain qu’elle ne l’est déjà, sous la coupe politique et stratégique du poulpe iranien.

Depuis de longues années, l’Iran, porte-drapeau de la révolution khomeyniste, conquérante et dominatrice, avait essayé d’implanter son idéologie d’un islam subversif dans la région du Maghreb. Sans grand succès puisque l’homogénéité de la doctrine religieuse de cette région l’a jusqu’au jour d’aujourd’hui rendu presque imperméable à l’influence chiite. Sauf quelques îlots qui relèvent plus de la démonstration folklorique que de la subversion religieuse.

Le Maghreb est donc resté de longues années à l’abri de cette tentation d’infiltration et de déstabilisation concoctée par le régime iranien pour prendre pied dans cette région d’Afrique du Nord si proche de l’Europe et si importante pour l’Afrique.

Il a fallu que l’Algérie vive un des pires moments de son histoire, avec un régime dont la vision politique est complètement dévastée par le maintien au pouvoir d’une classe militaire et politique cacochyme pour que le régime iranien puisse trouver écho à ses pulsions destructrices.

Aujourd’hui l’axe Alger Téhéran est de plus en plus actif. Le régime algérien fournit une ouverture inespérée pour l’Iran et son influence dans la région. Et ce n’est donc pas un hasard si les deux pays adoptent la même de soutien à l’égard des forces de la destruction comme le Hezbollah libanais, les Houtis au Yémen ou les milices chiites en Irak.

D’ailleurs, c’est au Hezbollah libanais qu’Alger semble avoir confié la mission d’entraîner les séparatistes du Polisario à l’art de la guérilla. Faire passer de l’Iran via le Liban l’expertise de monter des opérations terroristes et le savoir-faire dans le domaine des explosifs ..Telle est la mission des nombreuses rencontres entre opérationnels du Hezbollah et les chefs séparatistes du Polisario sous le regard conspirateur et complice des militaires algériens.

En tentant de se mêler de ce conflit territorial à l’invitation de l’Algérie, les iraniens profitent de cette tension territoriale sur fond d’obsessions algériennes pour interférer dans une région vitale pour la paix et la stabilité dans le monde.

Le rapprochement et la coopération avec le Polisario par le biais des experts de son bras armé au Liban le Hezbollah a été opportunément encouragé par le régime algérien dans le but de créer une équation de guerre favorable aux séparatistes du Polisario et leur parrain algérien. D’ailleurs c’est cette nouvelle donne constatée par le Maroc qui a provoqué les tensions et la rupture entre Rabat et Téhéran.

C’est connu. L’influence iranienne se consolide souvent dans des contextes de guerre civile et de chaos comme le montre les exemples irakien yéménite libanais ou syrien. Les stratèges iraniens tentent à travers ce soutien au Polisario de créer en Algérie les mêmes conditions d’instabilité.

Déjà l’Iran pose une menace vitale séreuse pour la sécurité de la région du golfe et du moyen orient. Sa course effrénée vers l’acquisition de l’armement nucléaire, le développement d’un programme balistique des plus destructifs, ses liens structurels avec de nombreuses organisations terroristes et autres milices armées, font de l’Iran un facteur d’instabilité et de chaos.

Et c’est cette instabilité et ce chaos que les iraniens rêvent d’exporter vers la région du Maghreb à travers la porte algérienne généreusement ouverte à leurs lubies de domination.

A travers l’Algérie avec un régime faible politiquement, contesté socialement, rêvant de plonger l’ensemble de la région dans le guerre, les iraniens détiennent un pion malléable.

C’est à l’aune de cette influence maléfique  que L’Iran exerce sur le pouvoir algérien qu’il faut comprendre la dernière sortie du ministre algérien des affairées étrangères Ramtane Lamamra de vouloir traiter la question des séparatistes du Polisario au sein de la Ligue arabe lors de son prochain sommet prévu en mars Alger.

Ce projet avorté vise manifestement à créer des tensions supplémentaires au sein de la Ligue arabe et à affaiblir une structure arabe, censée porter la contestation contre l’influence grandissante de Téhéran. Cela montre aussi que le régime militaire algérien se transforme en agent d’influence de l’Iran  dans la région du Maghreb.

Mustapha Tossa,

Atlasinfo, 18 novembre 2021

15 novembre 2021

Pascal Praud, les pros du COVID

On ne présente plus Pascal Praud. Chroniqueur sportif à l’origine, s’étant rendu célèbre par l’émission « On refait le match » sur RTL, il a ensuite produit une émission à succès, « L’heure des Pros » sur i-télé devenu aujourd’hui CNEWS, et qui a une suite le soir de 20 heures à 21 heures.

Cette émission a deux caractéristiques principales. D’abord, une orientation « à droite toute » qui est celle des médias passés au main du groupe Bolloré. Pour être plus précis et pour m’être habitué à ses plateaux du lundi au vendredi, on peut dire que les chroniqueurs associés sont simplement de droite pour 40% d’entre eux ; d’extrême-droite dans la même proportion (pour ne citer qu’eux, Jean Messiha encarté au Rassemblement National, Elizabeth Lévy ou Charlotte d’Ornellas) ; les 20% restant étant maigrement représentés par Gérard Leclerc et Laurent Joffrin, que l’on situerait au plus au centre-gauche, et qui ne semblent n’être là que pour servir de paillasson au « tenancier du bistro du matin » et producteur de la série.

La deuxième caractéristique est une culture du clash, entre les chroniqueurs réguliers, à l’occasion contre certains invités, mais surtout en faisant passer des déclarations « border line », d’invités sur le plateau ou repiquées dans les informations ; déclarations qualifiées de « contre la pensée unique », et répondant parfaitement à phrase fétiche de Pascal Praud : « on ne peut plus rien dire ». En fait, son émission se situe parfaitement dans la gamme des « infotainments », concept né aux Etats-Unis et mêlant à la fois l’actualité et le divertissement : un genre popularisé chez nous par Thierry Ardisson et Laurent Ruquier, et qui hélas propulsa en tête de gondole Eric Zemmour. Ajoutons aussi que, comme cela a été parfaitement analysé par Irène Delse, « la tenaille de Bolloré » suit une mécanique implacable, « C8 donne le spectacle de l’impunité des “racailles” vis-à-vis de la justice ; CNews sonne l’alarme sur la “culture de l’impunité” et donne largement la parole à la droite dure et à l’extrême-droite. »

L’épidémie du COVID-19 a été un des aliments essentiels de « L’heure des Pros » depuis maintenant plus d’un an et demi, avec un fil conducteur correspondant parfaitement au cahier des charges de son patron : faire passer le message que la gestion de cette crise par le gouvernement était nulle. Selon le cas – et l’écart choisi pour se situer en « border line » -, on a pu entendre des arguments objectifs (sur l’impréparation, sur les errements du début au propos des masques, sur le choc à la fois moral et financier affectant les commerçants ou restaurateurs, et également sur le caractère parfois ubuesque des fameuses « attestations de sortie ») ; mais on a entendu aussi une brutalité inouïe de Pascal Praud, traitant de « nul » à plusieurs reprises le ministre de la santé, ou se lançant dans des prévisions foireuses (comme par exemple, lorsqu’il paria devant la caméra que l’ouverture des restaurants ne se ferait pas au printemps dernier). Parfois aussi, une toute autre musique se faisait entendre, en parfait diapason avec celle des ultra-droites, en France, en Europe ou aux Etats-Unis : que les confinements ne servaient à rien ; que les vaccins pouvaient être dangereux, ou en tout cas inefficaces ; que le passe sanitaire était une atteinte grave à la liberté ; ou alors – et pire encore – que « l’épidémie n’était pas si grave que ça », et que donc « son traitement faisait bien plus de mal que le virus ».

Soyons clair aussi : Pascal Praud n’a pas repris à son compte les théories complotistes sur l’épidémie du COVID 19, épidémie qui n’aurait jamais existé, ou qui serait une « plandémie » préparée à l’avance par Bill Gates, Jacques Attali et autres figures mythiques des délires sur Internet ; des théories véhiculées essentiellement par des mouvances de l’ultra-droite mais pas que (lire à ce sujet mon article repris sur ce site. Il a reçu des médecins et épidémiologistes sérieux, que l’on pouvait aussi retrouver sur des chaines d’infos concurrentes. Et, heureusement, le docteur Brigitte Milhau, référent santé de CNEWS, intervient également pour rappeler des arguments de bon sens. En particulier contre Ivan Rioufol, toujours fidèle au « protocole Raoult » malgré toutes les casseroles de l’IHU Marseille révélées au fil des mois ; et toujours hostile aux vaccins, comme on peut le voir sur cet extrait vidéo. Mais Ivan Rioufol revient chaque vendredi. Il intervient sur le plateau comme caution de la chaine pour ne pas désespérer la frange du public, « covidosceptique » et « antivax » : que recherche le producteur de l’émission ? Demain, et si leur nombre monte en puissance, pourquoi ne pas imaginer une caution pour les adeptes de la Terre plate ? Ou pour les disciples de feu Robert Faurisson ?

Pour finir, quelques exemples de désinformation grave passées dans le cadre de « L’heure des Pros ». Commençons par les interventions plus que douteuses du docteur Michaël Peyromaure. A l’automne 2020, au début de la deuxième vague et alors qu’on vivait un nouveau confinement, il affirmait qu’on allait massacrer un pays   pour sauver 10, 20 ou 30.000 vies », et que « des millions de Français seraient ruinés ». On connait la suite de l’histoire : ce genre de prévisions apocalyptiques pour l’économie ont été totalement démenties ; mais surtout, ce médecin prêt à sacrifier allégrement des dizaines de milliers de vies n’a pas été interrogé ensuite sur ce qu’aurait été le bilan sans confinement : en tout cas bien pire que les chiffres qu’il avait lancés, et qui hélas ont été même dépassés et ce malgré les contraintes sanitaires. Le même professeur Peyromaure, apprécié par Pascal Praud, devait critiquer au mois de janvier « la vaccination à marche forcée dans les EPHAD » en ayant cette formule d’une brutalité qu’apprécieront ceux qui ont un parent proche dans ces établissements : « pourquoi on va en Ehpad sinon pour y terminer sa vie ? » Mais il devait se surpasser, encore plus et faisant franchir à l’émission la ligne jaune du complotisme, en disant « il est possible que des mécontents de la décision de non confinement  saturent à dessein certains services de réanimation » : un complot des blouses blanches, avancé sans preuve aucune, pour salir des confrères et passant, tranquillement sur une chaine d’information à une heure de grande écoute !

Le dernier exemple est tout récent. Marie-Estelle Dupont fait partie des invités réguliers du jeudi. Psychologue « spécialisée en psychopathologie, neuropsychologie, psychosomatique » elle est une caution jeune et intellectuelle aux côtés de journalistes politiques plus aigris. Elle a toujours été très critique sur la politique sanitaire menée en France contre l’épidémie – mais il faudrait préciser, menée presque partout en Europe ; il est vrai aussi que, à l’image des partis nationaliste que CNEWS sponsorise, la vie en dehors de nos frontières n’existe quasiment pas sur leurs plateaux.

Jeudi dernier, elle devait lancer une petite « bombe » en présentant un document publié par une agence officielle dépendant du ministère de la santé. « En 2020, seulement 2 % des hospitalisations et 5 % en réa étaient liées au Covid. (…) On a donné l’impression que les services étaient pleins de patients Covid, mais ce n’était pas le cas. (…) La peur a été disproportionnée », comme on peut l’entendre  dans cet extrait vidéo tweeté par Gilbert Collard.

Nicolas Berrod, journaliste au « Parisien », a consacré un fact checking très complet relativisant fortement ces deux chiffres. Commençons d’abord sur l’angoisse prioritaire qui était celle d’un manque éventuel de lits de réanimation. Un premier biais est à lever, concernant l’occupation des unités de soins critiques : on y passe plus de temps que pour une hospitalisation simple. Extrait de cet article : « Si on se penche cette fois sur la part du Covid-19 parmi l’ensemble des jours d’hospitalisation, on tombe sur 4 % en hospitalisation (tous services confondus), 8 % en soins critiques et 19 % en réanimation. Cela signifie (…) que les patients Covid ont représenté 19 % des journées d’hospitalisation en réanimation l’an dernier. » Ensuite, une statistique lissée sur toute l’année 2020, ne vaut rien : il y a eu deux vagues distinctes, l’une en mars avril et l’autre à partir d’octobre. Il faut donc rapporter les chiffres à ces périodes, ce qui modifie bien sûr les pourcentages. Enfin, lors de la première vague on s’en souvient, seules deux régions ont été fortement impactées : le grand Est, et l’Ile de France. On a été obligés de déplacer d’une région à l’autre, malades en réanimation et personnels soignants, preuve donc que ces fameux « 5% » des réas ne voulaient strictement rien dire sur le terrain.

Cette soi-disant « bombe » fut lancée le 11 novembre. Le lendemain, Pascal Praud en a remis une couche sur ce sujet. On finira en constatant, avec indulgence, que l’article du « Parisien » a été publié sur leur site le 12 à 10h27 : on espère que le producteur de l’émission – qui aurait quand même pu se poser de bonnes questions avant -, l’aura lu avec intérêt par la suite.

Jean Corcos

Cet article a été publié le 15 novembre 2021 sur le site Résistance Aux Extrémismes »


 

#TousContreZemmour et déjà 45 articles

 

Comme promis le 27 octobre, me voici de retour après une pause de quelques semaines. Mais une pause bien remplie, car je me suis consacré à une seule priorité – avec bien sûr mes « collègues » de son comité de rédaction : la naissance et le développement rapide de notre nouveau site, « Résistance aux extrémismes ».

Comme je vous le disais à l’époque, vous pouvez avoir accès à l’ensemble des articles que je publie là-bas en cliquant sur le logo, rappelé ci-dessus et qui apparait ici, en icône en colonne de gauche.

Petit rappel sur la finalité de ce site, alors que nous sommes maintenant à 5 mois à peine de l’élection présidentielle de 2022 :

-          Dénoncer par principe tous les extrémismes, de droite comme de gauche, sans donner de consignes de vote et l’offre reste large, entre la gauche, les écologistes, le centre et la droite ;

-          Soutenir ce qui devrait être au minimum en facteur commun des « partis de gouvernement », la défense de l’Union Européenne, et une dénonciation ferme du complotisme devenu une des plaies de nos démocraties ;

-          Dans une première phase, dénoncer ce qui est devenu hélas une force dominante dans le pays avec près de 35% des intentions de vote pour le moment : l’extrême-droite dans son ensemble, avec le visage devenu « civilisé » du Rassemblement National, et celui de la haine raciste brutale incarnée par Eric Zemmour.

Mon opposition est radicale contre ce dernier qui, en ce 15 novembre, n’a pas encore officiellement fait acte de candidature mais qui sillonne la France à travers des meetings soigneusement organisés. Elle s’exprime sur Twitter, où je vous invite à me suivre. Mais aussi, bien sûr, sur notre site où nous vous proposons 45 articles dédiés à ce triste personnage.

Voici le lien pour les découvrir : bonne lecture !

J.C