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23 janvier 2021

Retrouvez-moi sur « La Revue Civique »

 


C’est un grand plaisir pour moi de vous annoncer ma nouvelle collaboration à un  site de qualité, « La Revue Civique ». Un bonheur, aussi, d'élargir ainsi le champ de mes publications, alors que la crise sanitaire que nous vivons rend encore plus dérisoires des thématiques étroitement communautaires.

Petite présentation tirée de son site, http://revuecivique.eu/ :

« La Revue Civique, fondée et dirigée par Jean-Philippe Moinet, est une revue carrefour (numérique) d’informations, de débats d’idées, d’expériences d’intérêt général, et de contributions de haute qualité. Elle concerne une série d’enjeux de coresponsabilité, individuelle et collective, qui concerne à la fois les citoyens, les institutions, les médias, les entreprises, les ONG… Respect des règles, respect des autres et participation constructive à la vie publique commune, ces dimensions du civisme concernent tous les secteurs d’activités et tous les citoyens. Dans un esprit d’échanges entre secteurs d’activités souvent cloisonnés en France, en lien étroits avec les think tanks français et européens, la Revue Civique offre un espace pour la réflexion et des mises en perspectives et relief, pour les enjeux civiques et ces thèmes devenus majeurs. »

Je travaillerai pour ce site sous forme d’interviews, pour commencer sous format écrite et peut-être plus tard sous forme audio. Mon premier article porte sur un sujet passionnant, "Relocaliser la production après la pandémie", avec l’interview de l’auteur de la première partie d’une série d’études publiées par Fondapol, la Fondation pour l’Innovation Politique. Merci à son auteur, Paul-Adrien Hyppolite, et à Dominique Reynié, le directeur général de Fondapol. Merci aussi à Jean-Philippe Moinet, qui m’a fait l’honneur de mettre ce premier article en ouverture du site. Vous pourrez le lire :

 sur ce lien .

Vous pourrez retrouver tous les articles sous ce libellé en cliquant sur le lien permanent en colonne de gauche du blog.

J.C

21 janvier 2021

Risque t-on de transmettre le virus si on est vacciné ?

 Décryptage - Si l’on est protégé de la maladie, le risque de transmettre le virus est nécessairement plus faible. Sans être tout à fait nul. Explications.

Les scientifiques ont rapidement compris au début de l’épidémie qu’il était possible d’être infecté par le virus du Covid et de le transmettre sans tomber malade. La proportion de ces contaminations «asymptomatiques» n’a toutefois jamais pu être clairement établie. Tout au plus peut-on penser qu’elles ne sont pas négligeables. La question refait à présent surface sous une forme déguisée avec l’arrivée des vaccins. «La plupart des vaccins protègent contre la maladie mais n’induisent pas une immunité stérilisante (c’est-à-dire qu’ils ne bloquent pas l’infection)», explique en effet Marie-Paule Kieny, vaccinologiste et directrice de recherche à l’Inserm. «C’est en particulier le cas des vaccins contre les maladies respiratoires.» 

En d’autres termes, si le vaccin protège d’une infection «profonde», le virus peut éventuellement circuler dans les voies respiratoires supérieures et être transmis, sans provoquer de symptôme autre qu’un léger rhume. À titre individuel, la prudence reste donc de mise: même vacciné, il faut garder à l’esprit que l’on peut contaminer ses proches, sans le savoir. Rappelons d’autre part qu’il faut attendre une dizaine de jours minimum après la première injection pour commencer à être protégé et que la protection n’est optimale qu’après la deuxième dose.

Mais cela veut-il dire pour autant que les vaccins seront totalement inefficaces pour bloquer la transmission du virus, comme certains ont pu l’interpréter? «Il y a beaucoup d’inconnues: ce sont les premiers vaccins développés contre des coronavirus et avec des technologies parfois nouvelles», avance prudemment Odile Launay, directrice du centre d’investigation clinique en vaccinologie Cochin-Pasteur et coordinatrice du réseau national d’investigation clinique en vaccinologie (I-Reivac). «Néanmoins, lorsqu’on ne tombe pas malade, on fabrique moins de virus, pendant moins longtemps. Mon intuition, c’est donc que les vaccins limiteront la quantité de virus produit et la durée de contagiosité.» Mécaniquement, cela devrait donc limiter le nombre de contaminations.

Études d’évaluation

D’autre part, il serait étrange que le vaccin ne parvienne pas à empêcher le virus d’entrer au moins chez une partie de la population. «On sait que le vaccin stimule la production d’anticorps de type IgG que l’on retrouve dans le sang, détaille Guy Gorochov, chef du département d’immunologie à la Pitié-Salpêtrière à Paris. Or une partie va se répandre dans l’arbre respiratoire et dans les muqueuses. Mais on ne sait pas dans quelle mesure exactement. Par ailleurs, nous avons montré que ce sont plutôt les anticorps de type IgA qui permettent de bloquer le virus au niveau des muqueuses dans les premiers jours de l’infection. Là encore, nous ne savons pas si le vaccin permettra d’induire la production de ces anticorps au niveau des voies d’entrée du virus. Si on ne connaît pas encore le niveau d’immunité muqueuse induite par les vaccins, il y a peu de doutes sur le fait qu’ils puissent induire au moins un certain niveau d’effet barrière.»

Il y a quelques données encourageantes chez l’animal sur ce point, mais il va falloir le confirmer et le préciser

Odile Launay espère lancer d’ici la fin du mois des études comparatives pour évaluer l’importance de la réponse immunitaire au niveau des muqueuses en fonction de l’âge et des vaccins. «Il y a quelques données encourageantes chez l’animal sur ce point, mais il va falloir le confirmer et le préciser», explique-t-elle. La présence d’anticorps dans les muqueuses de personnes vaccinées ne constituerait toutefois pas une preuve définitive de l’effet «stérilisant» du vaccin. Le seul moyen d’évaluer ce potentiel reste d’effectuer régulièrement des tests PCR chez des personnes vaccinées pour évaluer le nombre de porteurs sains du virus.

Seuls les essais menés par Moderna apportent des premiers éléments de réponse sur ce point. Tous les participants ont en effet effectué un prélèvement nasopharyngé au moment de recevoir leur deuxième injection. Résultat: il y avait 39 cas asymptomatiques dans le groupe placebo (soit 0,3 % des effectifs), contre 15 dans le groupe vacciné (0,1 %). Cela laisse penser qu’il pourrait bien y avoir un effet protecteur du vaccin contre l’infection, mais les effectifs sont trop faibles pour l’assurer. À mesure que les pays vaccinent, il devrait être plus facile de mener des études sur ce point.

En résumé, le vaccin ne permettra pas seulement de limiter les cas symptomatiques et les cas graves: il jouera un rôle dans la réduction de la circulation globale du virus, en rendant les personnes moins contagieuses, moins longtemps et en bloquant au moins une partie des infections. Reste à savoir combien.

Tristan Vey

Le Figaro, 14 janvier 2021

 

 

19 janvier 2021

« La révolution du jasmin » dix ans après : le bilan féroce d’Abdelaziz Kacem

 Il y a dix ans le régime du président Ben Ali, en place depuis près d’un quart de siècle, tombait avec une facilité déconcertante. C’était la première révolution dans des sociétés que l’on croyait figées pour encore des générations, et l’étincelle qui allait entrainer, dans plusieurs pays, ce que l’on a appelé « Les Printemps arabes ». A l’époque, ce blog vous a rendu compte de manière très suivie des évènements, en Tunisie puis ailleurs. Se reporter au libellé « Tunisie 2011 », repris à la fin de cet article.

Dix ans après, Abdelaziz Kacem, universitaire tunisien (1) établit en une douzaine de minutes un bilan sans concession de cette révolution et des années qui ont suivi. Pour lui, tout reste à construire, et cela prendra beaucoup de temps : une vidéo à voir d’urgence.

J.C

(1) Abdelaziz Kacem est né à Bennane (Tunisie) en 1933. Agrégé de l'Université, il a assumé de hautes responsabilités dans les secteurs de l'éducation, de la culture et de la communication. Il est l'auteur de plusieurs recueils de poésie (dont l'Hiver des brûlures, Cérès, 1994) et d'essais (dont Culture arabe/culture française : la parenté reniée, l'Harmattan, 2002 et Le voile est-il islamique ? Chèvre-Feuille Etoilée, Montpellier, 2004).

 

17 janvier 2021

Judaïques FM, in memoriam

Curieux titre, qui associe une station aujourd’hui disparue à un ancien libellé, où j’ai évoqué par le passé nombre d’anciens invités de mon émission qui venaient de mourir …

Mais c’est une réalité : sous couvert de « réunion », c’est bien la liquidation de Judaïques FM qui a été actée il y a quelques semaines avec l’accord du CSA. Certes, elle partageait ses locaux – et sa direction – avec Radio J, mais s’il s’agissait d’une fusion on aurait pu inventer un nouveau nom, par exemple « Radio J Fm ». En vérité le tournant avait été pris depuis l’été, avec la disparition de la plupart des émissions qui en faisaient l’originalité : « France Culture du 94.8 FM » était le qualificatif flatteur associé à notre station.

Ce qu’était cette radio, on pouvait le trouver jusqu’à il y a peu sur son site qui n’existe plus : j’ai donc fait une capture d’écran qui dit bien l’essentiel : une voix modérée dans la communauté juive ; une couverture DES cultures juives, et pas en priorité de la religion ; mais surtout la confiance accordée à des dizaines de bénévoles, qui à force de passion et de travail étaient devenus pour la plupart de vrais professionnels.

Merci à l’ancienne direction qui a porté ce beau projet pendant près de 30 ans. Et remerciements personnels, pour cet enrichissement intellectuel incomparable qu’a été pour moi cette radio disparue.

J.C