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25 avril 2016

Syrie. Plus que jamais fragile, la trêve sur le point de voler en éclats



 "Violations" du régime, ripostes des rebelles, négociations de paix qui patinent à Genève : le cessez-le-feu en Syrie est plus que jamais fragile.
La trêve va-t-elle voler en éclats en Syrie ? Tout laisse à le penser. Respectée globalement depuis le 27 février, l'accord de cessation des hostilités imposé par Washington et Moscou s'effrite depuis une semaine avec une escalade des combats et des bombardements, surtout dans la métropole septentrionale d'Alep et sa province.

10 groupes rebelles principalement islamistes, dont les influents Ahrar al-Cham et le groupe d'inspiration salafiste Jaich al-Islam, ont annoncé lundi qu'ils mettaient en place une riposte coordonnée.  « Après une augmentation des violations de la part des forces du régime, visant notamment des camps de déplacés et (...) des quartiers résidentiels, nous déclarons la création d'un centre d'opérations conjoint et le début d'une bataille (...) pour y répondre », ont-ils indiqué dans un communiqué.

Ils ont promis à l'armée syrienne « une réponse forte qui (lui) servira de leçon ».  La bataille annoncée « concerne le nord de la province de Lattaquié », un des principaux fiefs de Bachar al-Assad dans l'ouest de la Syrie, a expliqué à l'AFP le porte-parole de Jaich al-Islam, Islam Allouche.

Affrontements à Alep L'offensive rebelle a effectivement commencé dans cette région lundi matin, selon lui et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie.
Les affrontements continuent de faire rage également sur plusieurs fronts dans la province d'Alep, morcelée entre armée, rebelles, jihadistes et Kurdes.  Dans la ville éponyme divisée en deux depuis 2012, la télévision d'Etat a rapporté que huit personnes avaient été tuées lundi par des roquettes lancées par des rebelles sur des quartiers tenus par le régime.

Ces violences interviennent au lendemain de la mort de 22 civils dans des bombardements mutuels dans la ville entre les deux belligérants, soit l'un des bilans les plus lourds depuis l'entrée en vigueur de la trêve.

Celle-ci « est plus menacée que jamais », avait indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

 



« Frappez-les » A Genève, la tâche de l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura qui mène depuis la semaine dernière un nouveau round de pourparlers indirects entre régime et opposition, se complique ainsi de jour en jour.  Dimanche, le négociateur en chef de l'opposition Mohammad Allouche, qui est le chef de Jaich al-Islam, a explicitement appelé à des attaques contre l'armée du régime de Bachar al-Assad.

« Ne vous fiez pas au régime et ne vous attendez pas à ce qu'il prenne pitié de vous. Frappez-les (...) de tous les côtés », avait-il tweeté.  M. Allouche, dont le groupe avait approuvé la trêve avec une centaine d'autres factions, a ensuite expliqué qu'il parlait en fait d'autodéfense: « J'ai demandé aux rebelles d'être totalement préparés à répondre à toute attaque du régime et de ses alliés ».

Les négociations indirectes entre opposition et régime visent à mettre un terme à ce conflit extrêmement complexe qui a fait plus de 270.000 morts et déplacé la moitié de la population du pays depuis 2011.  Après un premier round de négociations en mars, qui a buté encore sur le sort du président syrien, cette nouvelle session -qualifiée de « cruciale » par M. de Mistura- n'a pas commencé sous les meilleurs auspices.

« Impasse » Dimanche, le Haut comité des négociations (HCN) - qui regroupe les principaux représentants de l'opposition au président Bachar al-Assad - envisageait de suspendre sa participations après les bombardements meurtriers du week-end à Alep.  Selon l'opposition, les pourparlers de Genève sont également menacés par le refus de la délégation du régime de parler du sort du président Assad.

« Les négociations sont presque arrivées à une impasse en raison de l'entêtement du régime à refuser de discuter du sort d'Assad », a déclaré dimanche un membre du HCN, qui appelait « les grandes puissances, et notamment les Etats-Unis et la Russie », à « faire pression » sur Damas.

Selon M. Allouche, « il ne peut pas y avoir de compromis sur la question de Bachar al-Assad ».  Le HCN réclame la mise en place d'un organe gouvernemental de transition sans le président syrien, au pouvoir depuis 16 ans.  Le régime, lui, se dit prêt à envisager un gouvernement de coalition avec l'opposition mais considère que le sort du président Assad n'est pas négociable. 

Source : Ouest France, 
18 avril 2016

24 novembre 2014

Kenya. Les islamistes shebab exécutent 28 passagers d'un bus

Le bus kenyan attaqué par les "shebabs"

Des islamistes somaliens shebab ont froidement exécuté samedi 28 passagers d'un bus dans le nord-est du Kenya, près de la frontière somalienne,épargnant les musulmans.

Il s'agit de représailles à la fermeture de mosquées radicales considérées par Nairobi comme liées aux insurgés. Les assaillants ont tendu dans la matinée une embuscade au bus, qui transportait 60 passagers vers Nairobi, peu après son départ de Mandera, localité frontalière de la Somalie. Ils l'ont contraint à s'arrêter, avant de le conduire à l'écart de la route et d'exécuter les passagers identifiés comme n'étant pas musulmans, selon le chef de la police du département de Mandera, Noah Mwavinda. Vingt-huit passagers ont été tués, a-t-il ajouté, un bilan confirmé par la Croix-Rouge kényane.

Une opération de représailles

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont revendiqué cette « opération », leur dernière attaque en date sur le sol kényan.« Les moudjahidines ont mené avec succès une opération près de Mandera (...), revanche des crimes commis par les croisés kényans contre nos frères à Mombasa », a déclaré Cheikh Ali Mohamud Rage, porte-parole des insurgés.Il a indiqué que les shebab avaient « décidé de ne pas laisser (...) impunis (...) la profanation de mosquées, les meurtres, arrestations » à Mombasa. La police a mené depuis lundi une série de raids contre quatre mosquées radicales dans la deuxième ville du Kenya, sur la côte majoritairement musulmane de ce pays qui se revendique à 80% chrétien. Ces mosquées du centre de Mombasa ont été fermées par les autorités, qui estiment qu'elles sont passées sous la coupe de prédicateurs radicaux liés aux shebab et qu'elles servent de bases à la préparation d'attaques. Lundi soir, après la fermeture de deux mosquées, des jeunes avaient attaqué à l'arme blanche des habitants de Mombasa, tuant quatre personnes.

Environ 70 assaillants

Le Kenya a été le théâtre de nombreuses attaques attribuées aux shebab depuis que son armée est entrée dans le Sud somalien en octobre 2011 pour y combattre les islamistes. Les régions frontalières avec la Somalie sont particulièrement touchées. Selon Ibrahim, un passager de 25 ans souhaitant n'être identifié que par son prénom, le bus a essuyé plusieurs tirs peu après la sortie de Mandera. Un passager a été tué lors du mitraillage du bus, a-t-il expliqué, estimant les assaillants à environ 70. « Les passagers ont été séparés en deux groupes. Un où se trouvaient ceux qu'ils (les assaillants) pensaient être musulmans et ceux qu'ils estimaient ne pas l'être », a-t-il raconté à un correspondant de l'AFP. Deux passagers placés dans le second groupe ont réussi à convaincre qu'ils étaient bien musulmans et ont été épargnés, selon lui.

La sécurité n'était pas assurée sur la route

« Nous devons combattre ceux qui persécutent les musulmans et ferment nos lieux de culte », a expliqué aux musulmans celui qui se présentait comme le chef du commando, après leur avoir lu des versets du Coran, selon Ibrahim. Les musulmans ont ensuite été renvoyés à pied vers la localité d'Arabia, à une quinzaine de km de là, a poursuivi ce témoin, racontant avoir vu deux passagers non-musulmans être exécutés d'une balle dans la tête. Selon le chef de la police de Mandera, les shebab ont ensuite tenté de partir avec les passagers non-musulmans dans le bus, mais le véhicule s'est embourbé. « Ils ont donc exécuté leurs prisonniers » et sont passés à pied en Somalie, a-t-il indiqué. Londres et Washington ont assuré se tenir « au côté » du Kenya dans son combat contre « le terrorisme ». Un élu local a mis en cause les autorités kényanes. « Nous avons demandé au gouvernement d'assurer la sécurité » sur cette route « mais ils ont fait la sourde oreille et aujourd'hui nous assistons à un massacre qui était évitable », a réagi cet élu, Abdullahi Abdirahman. Des véhicules - notamment de la police - circulant sur cette route ont déjà été attaqués mais il est parfois difficile de savoir ce qui relève de la criminalité ou d'un groupe armé. Selon une source sécuritaire, c'est la première fois que des civils sont ainsi exécutés de sang-froid sur cet axe.

D'autres attaques du shebab ont fait une centaine de morts cet été

Les shebab avaient déjà revendiqué une série d'attaques qui avaient fait une centaine de morts en juin et juillet dans la région côtière de Lamu, à une centaine de km de la frontière somalienne. Un commando shebab avait exécuté 49 personnes dans la localité de Mpeketoni, épargnant les musulmans.L'attaque la plus spectaculaire et meurtrière reste l'assaut mené en septembre 2013 par un commando shebab contre le centre commercial Westgate de Nairobi, qui avait fait au moins 67 morts.

Source : Ouest-France, 22 novembre 2012

Nota de Jean Corcos :
Je pourrais publier au jour le jour les horreurs commises par les Djihadistes, au Moyen-Orient ou ailleurs, et je ne le fais pas volontairement. J'ai tenu cependant à reprendre cette information pour trois raisons : d'abord le caractère totalement ignoble de ce massacre, cette séparation des passagers d'un bus selon leur religion et l'assassinat systématique des non musulmans ... dans quelle horrible Planète vivons-nous ? C'est un crime de nature vraiment génocidaire. Ensuite, parce que ce mode d'exécution de groupes rappelle le Daesh, et ces "Shebabs" en sont la réplique africaine ; enfin parce que les grands médias, accusés souvent par beaucoup de Musulmans d'être "islamophobes", ont vraiment fait profil bas sur cette horrible actualité.