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03 septembre 2019

La 90ème femme pendue en Iran sous la présidence de Rohani


CNRI Femmes – Une femme emprisonnée a été exécutée à l’aube du 17 juillet 2019 à la prison de Noshahr, dans le nord de l’Iran. Il s’agit de la 90e femme pendue en Iran sous la présidence de Rohani depuis 2013.

L’agence de presse officielle du régime iranien, IRNA, a cité le procureur général et révolutionnaire de Kelardacht, Seyed Farzad Hosseini, annonçant l’exécution de cette femme de 43 ans à la prison de Nochahr.
L’agence Rokna a identifié cette femme par ses initiales de ZSM, tandis que d’autres sources ont écrit qu’elle s’appelait Zahra Safari Moghadam.
Il y a moins d’un mois, le 19 juin, une femme identifiée comme Fatemeh Nassiri a été pendue à la prison de Gohardacht (ou Rajaï-Chahr) à Karadj. Elle était emprisonnée depuis onze ans à la prison de Qarchak. Elle aurait endossé le crime commis par son fils.
Des informations non confirmées font état de la pendaison d’une autre femme du nom de Fariba, ainsi que de Fatemeh Nassiri, le 19 juin.
Il s’agit au moins de la 90e femme pendue au cours des six années de la présidence de Rohani.

L’Iran détient le record mondial du nombre d’exécutions par habitant. Plus de 3700 personnes ont été exécutées à ce jour au cours des six années du mandat de Rohani.
Le régime iranien utilise l’exécution et la peine de mort pour maintenir sa mainmise sur le pouvoir et réduire au silence une population excédée dont la majorité vit sous le seuil de pauvreté, alors que le chômage est endémique dans le pays et qu’il n’existe aucune liberté.
L’article 61 des Règles des Nations Unies pour le traitement des femmes détenues et les mesures non privatives de liberté pour les délinquantes (Règles de Bangkok) stipule ce qui suit : « Lors de la détermination de la peine des délinquantes, les tribunaux doivent avoir le pouvoir d’examiner les facteurs atténuants tels que l’absence de casier judiciaire et la relative non gravité et nature du comportement criminel, en tenant compte des responsabilités des femmes en matière de prise en charge et des circonstances caractéristiques des femmes. » Mme Maryam Radjavi, Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, n’a de cesse de souligner la nécessité d’abolir la peine de mort en Iran. Tout en dénonçant l’exécution par pendaison de cette 90e femme, la Commission des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne appelle toutes les organisations et instituts internationaux de défense des droits humains à intervenir pour faire abolir la peine de mort en Iran.

Source : NCR Commission des Femmes, 17 juillet 2019

30 janvier 2018

Iran : pourquoi ce silence ?



Il y a quelque chose d’à la fois étrange et révoltant dans le traitement de l’actualité concernant l’Iran par nos grands médias. Lorsque des manifestations - réprimées de manière de plus en plus brutale, avec des dizaines de tués et des milliers d’arrestations – ont éclaté au tournant de la nouvelle année, les journaux et télévisions en ont rendu compte avec une certaine incrédulité : était-ce une révolution ? Et pourquoi ? Téhéran restait plutôt calme, et on en a aussitôt conclu que le régime n’était pas menacé.

Certains ont interprété les troubles comme un règlement de compte entre factions opposées de la République Islamique. Beaucoup ont évoqué les espoirs déçus mis dans le Président Rouhani, et pratiquement tous ont pointé un doigt accusateur vers les Etats-Unis, coupables de vouloir saboter l’accord sur le nucléaire de 2015 en empêchant dans les faits, les investisseurs étrangers de revenir. Certes, Donald Trump comme Benjamin Netanyahu ont exprimé leur sympathie envers les manifestants, mais chez nous, il y a eu en réaction la déclaration bien décevante d’Emmanuel Macron disant que « les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël tiennent quasiment un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran » (lire ici) !

Ceci explique-t-il cela ? Il semble que la ligne officielle de la France, non contestée comme ne l’est pratiquement jamais notre politique extérieure, influence les grands médias. En tout, les journalistes ne se bousculent pas pour rapporter ce qui se passe depuis plusieurs semaines à l’intérieur de la République Islamique. Or, il suffit de consulter des sites d’opposition pour avoir des informations démontrant que rien n’est fini, même si le pouvoir tient encore tant que les forces de l’ordre ne basculent pas franchement. Photos, vidéos, témoignages, il suffit de les consulter !

Deux adresses, donc pour avoir de tels infos :

-          Celle du NCRI (Conseil National de la Résistance Iranienne)

-          Celle de l’opposition monarchique (adresse : iran-resist.org) ; voir par exemple son historique, très détaillé, sur ce lien .
On peut, par exemple, critiquer les analyses passées et présentes de ce dernier site, mais le fait est qu’il rapporte des éléments reçus directement du pays, et qui dévoilent des informations absolument ignorées en France : grèves ; attaques contre les forces de l’ordre ; slogans hostiles au régime ; et, par endroit, réelle prise de contrôle sur le terrain par des foules en révolte.

Je publie donc quelques photos trouvées sur ce site, en espérant que ce modeste blog permettra de les partager comme je l’ai fait à partir de ma page Facebook.

-          En haut de cet article, une file de camions citernes près d’Ispahan, où une grève a été lancée dans les raffineries ;


-          Ci-dessous, la photo d’une femme retirant publiquement son voile ;






-          Et ci-dessous, enfin, le slogan « Mort à Khameneï » peint et un manifestant cagoulé disant tout le mal qu’il pense de l’Ayatollah Khomeini, fondateur de la République Islamique.




Pour mieux comprendre l'oppression subie par la société dans ce pays, je me permets de renvoyer les lecteurs de passage au très riche dossier consacré au pays et publié l'année dernière sur le blog (voir en lien permanent, en colonne de gauche et sous le libellé "Voyages en Orient", le titre "Iran").

Un dernier mot à propos de tous ces évènements : je devrais recevoir à la fin du mois de février une invitée d’origine iranienne, vivant en exil à Paris. Politologue, elle nous donnera son analyse sur l’origine de ces troubles qui – peut-être – finiront par donner à la longue une véritable révolution.

J.C