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31 août 2009

Un nouveau mensuel kurde invite les Juifs à revenir au Kurdistan

« Les Juifs d'origine kurde sont très nombreux en Israël. Si la situation dans notre nouvel Irak fédéral et démocratique, et notamment au Kurdistan, se stabilise beaucoup voudront revenir», explique naïvement Dawood Baghestani , directeur d’un nouveau mensuel kurde. Le magazine en couleur intitulé « Israël - Kurdes », compte une cinquantaine de pages en kurde et deux en anglais, et tire à 1.500 exemplaires. Sur la couverture du mois d’août 2009, apparaît une femme portant le drapeau israélien, et le mensuel traite des traditions des Juifs kurdes avec des photos des années 20, 30 et 40. Il a publié des études sur les Juifs d'Irak et sur l'importance économique, sociale et politique d'avoir des relations avec Israël.

Environ 150.000 juifs originaires du Kurdistan se trouvent en Israël. Au 12ème siècle, les Juifs, qui parlaient l'araméen, vivaient dans une centaine de localités de l'actuel Kurdistan.
Les islamistes kurdes n'apprécient pas cette initiative. « Je suis méfiant et ne vois pas l'utilité de ce genre de publication d'autant que les Kurdes appartiennent à la nation musulmane et que le Kurdistan fait partie de l'Irak », peste Zana Rustabi, député et dirigeant du « Groupe islamique du Kurdistan ». Commerçants, artisans et agriculteurs, les Juifs vivaient en bonne intelligence avec la population locale. La montée du nationalisme dans les pays arabes a bouleversé la donne. C'est au début des années 50, poussés par la violence que les Juifs ont quitté en masse l'Irak. Par peur de massacres ou bien chassés de leurs localités, les Juifs kurdes ont trouvés refuge en Israël.

« Le problème palestinien a pour principale raison les mesures iniques prises par les régimes arabes qui ont conduit au départ d'1,5 million de Juifs. S'ils n'avaient pas été contraints à l'exode, les Palestiniens ne l'auraient pas été non plus », ajoute M. Baghestani, 62 ans, ancien directeur du Comité des Droits de l'homme au Kurdistan (1994-1997). Pour cet ancien peshmerga (combattant kurde) qui s'est rendu à quatre reprises en Israël - dont la première clandestinement en 1967 -, le conflit israélo-palestinien est lié à l’attitude des États arabes qui ont fait fuir les Juifs en leur confisquant leurs biens : les réfugiés juifs étaient obligés de rejoindre en masse Israël. Cet ancien détenu de la prison d'Abou Ghraïb (1976-1986), dément être soutenu en sous-main par les Israéliens. « Ils sont au courant de l'existence du magazine car nous avons un site mais nous ne travaillons pas pour eux mais pour nous. Nous avons besoin des Juifs kurdes », assène-t-il.

Interrogé sur la réaction des dirigeants kurdes, M. Baghestani rétorque ne pas leur avoir demandé leur avis. « Ce que je réclame est inscrit dans la Constitution qui accorde le droit de revenir dans sa patrie, et les Juifs sont des citoyens irakiens qui ont été l'objet d'injustice », dit-il.

Ftouh Souhail,
Tunis

30 août 2009

"L'autre. L'image de l'étranger dans le Judaïsme" : je recevrai Hervé élie Bokobza le dimanche 6 septembre


Dimanche prochain, j’aurai le bonheur de retrouver les auditeurs de Judaïques FM, après ces longues semaines d’été pendant lesquelles ceux qui sont restés ont pu réécouter plusieurs émissions de ma série. Et, alors que nous sommes revenus à ce moment un peu particulier de l’année juive qui précède Roch Hachana, nous retrouverons un invité qui fait autorité en matière de Judaïsme, puisque je recevrai Hervé élie Bokobza. Les auditeurs de Judaïques FM l’ont découvert l’année dernière à la même époque, nous avions consacré deux émissions à son livre « Israël - Palestine, la paix à la lumière de la Torah », publié aux éditions « L’oeuvre spirituelle ». Rappelons qu’il a étudié dans une yéshiva dès l’âge de quinze ans, qu’il a fait des études universitaires religieuses aux États-Unis et à Jérusalem, et que ses textes consacrés à l’enseignement du Talmud et écrits en hébreu ont été remarqués. Un des fils directeurs de sa réflexion est le dialogue inter religieux, la relation à « L’Autre », et il a choisi justement ce titre pour son dernier ouvrage : « L’Autre, l’image de l’étranger dans le Judaïsme », paru chez le même éditeur. C’est un ouvrage copieux puisque qu’il fait 500 pages, et que je conseille vraiment d’acquérir, mais surtout de toujours conserver à côté de la main parce qu’il répond, à mon avis à une urgence, alors que l’on assiste, chez les Juifs de France les plus religieux, à une tentation de repli communautaire. Beaucoup de jeunes, en effet, faisant un retour méritoire à la religion n’ont peut-être pas le temps d’étudier les textes fondateurs du Judaïsme, d’apprendre à les interpréter, et surtout d’entendre avec un esprit critique des propos très sectaires colportés dans certaines synagogues.

Parmi les questions que je poserai à Hervé élie Bokobza :

- Est-ce que cette dialectique du particulier et de l’universel n’est pas quelque chose d’éternel dans le Judaïsme ?
- Les pires interprétations et amalgames peuvent être colportés dans la communauté juive, et bien entendu les sites et blogs antisémites en font leur choux gras : à propos de la « malédiction de Cham », qui serait le lot des Africains, ou du traité fondateur du Hassidisme, qui réserverait aux seuls Juifs une « âme divine », que disent vraiment les textes ?
- A propos des fameux commandement : « tu aimeras ton prochain comme toi-même » et « tu aimeras l’étranger comme toi-même car vous avez été étrangers en terre d’Égypte », est-ce que, d’après la tradition juive, un immigré d’origine musulmane vivant en France ou un Arabe citoyen d’Israël relèvent du terme biblique de « Guer » ?
- Pourquoi a-t-il écrit « contrairement aux idées reçues, il est plus difficile d’envisager un rapprochement théologique avec l’islam qu’avec le christianisme » ?

Soyez nombreux à l’écoute pour cette nouvelle émission !

J.C

28 août 2009

Nouvelles de l’audimat et quelques rappels !

Il y a exactement un an, le 28 août, j’enregistrais le 100.000ème visiteur du blog : évènement fêté par une bouteille de champagne virtuelle, illustrant ce « post » que vous pourrez lire ou relire ici.

Un an après, en ce 28/08/09, à l'ouverture de mon micro vous étiez 143.480 enregistrés ce matin sur mon compteur Sitemeter. Et les quelques 43.500 nouveaux « hits » correspondent donc à une moyenne d’un peu moins de 120 visiteurs / jour. Une moyenne qui tend à se stabiliser au fil des mois - même si les deux derniers ont plutôt contribué à la faire baisser, vacances et publications allégées en août obligent ...

Ces nouvelles sont pour moi également l’occasion de faire ici quelques rappels intéressants à l’attention des lecteurs de passage :
- d’abord que ce blog se veut, en premier, le support d’une émission de radio ; il suffit d’aller à l’adresse http://jean.corcos.free.fr/ pour accéder à des dizaines de podcasts récents ;
- ensuite, que les correspondances sont les bienvenues en m’écrivant à l’adresse : rencontre@noos.fr ;
- enfin, que pour un mode de réaction plus dynamique avec conversation en « live » avec les lecteurs, vous avez la possibilité de rejoindre mon réseau sur « FaceBook » en devenant mon « ami » : le flux RSS des articles est continu depuis le début de l’année 2009, et les commentaires sont les bienvenus ... de la part des « amis » uniquement !

J.C

26 août 2009

Mohamed Sifaoui : une BD pour la rentrée !

Une caricature inédite de Mohamed Sifaoui

Une caricature sympathique du journaliste franco-algérien Mohamed Sifaoui, pour annoncer la prochaine sortie d’une vraie bande dessinée ...
Ce dessin est l’œuvre du talentueux Philippe Bercovici : celui-là même qui co signe avec notre ami journaliste une B.D qui sortira à la rentrée, « Ben Laden dévoilé », que je lirai bien sûr dès sa sortie et qui sera le thème d’une émission à l’automne prochain.

Un groupe a été fondé sur FaceBook pour aider à la promotion du livre en passant commande à la FNAC, j’invite les lecteurs du blog déjà membres de F.B à le faire (chercher "Ben Laden dévoilé" sur le moteur de recherche interne de ce réseau).

Et je rappelle à toutes et tous qu’ils peuvent écouter ou réécouter ma dernière interview de Mohamed Sifaoui mise en ligne sur ce podcast !

J.C

24 août 2009

Haro sur les « féministes » arabes sélectifs

Romance sur une plage ... photo prise à Gaza

Il parait, comme nous avons constatés dans un article précèdent (1), que le procès de la journaliste soudanaise Lubna Ahmed Hussein a suscité colère et inquiétude chez de nombreux Tunisiens. Féministes, Défenseurs des Droits de l’Homme, journalistes et intellectuels ont fait part de leur inquiétude après la condamnation de Hussein, qui risque quarante coups de fouet si elle est reconnue coupable d'avoir porté des pantalons et d'avoir ainsi « offensé la décence publique » aux termes du Code pénal soudanais. Cette affaire s'est transformée en une affaire d'opinion publique en Tunisie et continue d’attirer plus de sympathisants, hommes et femmes, et surtout des « militantes des droits des femmes ».

Alors, il y a beaucoup de Tunisiens qui s'inquiètent du sort de la journaliste Soudanaise Lubna ? Moi aussi. Les 40 coups de fouet sont un châtiment barbare. N'étant pas sadique, ce n'est pas ce qui m'a fait rire. Je m'explique. J'ai d'abord calculé la distance entre Tunis et Khartoum : 4220 kilomètres. Puis j'ai essayé de m'expliquer cette apparition soudaine des « humanistes Tunisiens » inquiets par ce qui se passe à 4.220 kilomètres de chez eux. Où étaient-ils récemment lorsqu'une journaliste palestinienne, Asma'Al-Ghoul, âgée de 27 ans, connue pour ses écrits pro laïcité et son dédain farouche du hijab, a été arrêtée et torturé par la police du Hamas ?

A la fin juin 2009, alors qu'elle sortait d'une baignade avec des amis, vêtue d'un jean et d'un tee-shirt comme le veut la norme en saison estivale, des hommes en uniforme noir l'ont accostée, lui reprochant de s'esclaffer en public. Circonstance aggravante à leurs yeux, la jeune femme, qui est divorcée, n'était accompagnée d'aucun chaperon. Les militants zélés du Hamas l’ont arrêtée avant de lui confisquer son passeport. On l'a enfermée avec des voleurs et des assassins. Pourquoi ? Parce que la police du Hamas veut appliquer la Charia ? Mme Al-Ghoul raconte que l'homme qui l'accompagnait et deux amis de celui-ci ont plus tard été frappés par la police du Hamas, gardés en détention pendant plusieurs heures et se sont vus demander de signer des déclarations, en vertu desquelles ils s'engageaient à ne plus "violer les normes de la morale publique". Son histoire a été rendue publique grâce à des groupes de défense des droits civiques, qui l'ont évoquée sur des sites Web

Ou sont t-ils les défenseurs des droits des femmes tunisiens, qui s'inquiètent uniquement du sort de la journaliste soudanaise ? Pourquoi n’ont t-il pas dit un seul mot pour le cauchemar qu’a vécue la journaliste, Asma al-Ghoul, des les geôles du Hamas ? Une information qui n'était pas du goût des quelques humanistes (ou plutôt féministes) tunisiens ; car Asma al-Ghoul représente une exception à Gaza et elle ne porte pas le foulard islamique, imposé par le mouvement fondamentaliste palestinien.

Mme Ghoul a déclaré à une ONG de défense des Droits de l’Homme dans la bande de Gaza : "Ils ont aussi voulu connaître l’identité des personnes qui étaient avec moi à la plage et savoir si elles sont de ma famille." Dans un entretien téléphonique avec le site du journal saoudien basé à Dubaï, Al-Arabiya, la journaliste a dit que les policiers qui l’ont arrêtée appartiennent aux « forces de sécurité pour la propagation de la vertu et la prévention du vice » du gouvernement du Hamas. Cette unité du Hamas comprend des dizaines de policiers en civil qui patrouillent les plages, les jardins publics, les restaurants, les salons de coiffure et les cafés pour vérifier que les hommes et les femmes ne se mélangent pas et que les femmes sont vêtues "modestement". Ghoul dit que beaucoup de femmes palestiniennes ont remarqué la présence des agents de police sur les plages et dans d’autres lieux

Je reviens à ma questions: Où se trouvaient alors ces Tunisiens indignés ? Où étaient-ils lorsque une militante du Fatah, la femme d'un dissident politique palestinien (2), a été complètement déshabillée et accrochée toute nue 24 heures au plafond d'un commissariat de police à Gaza, pendant qu'on lui fouettait les seins et les parties génitales? Où étaient-ils il y a quelques mois lorsqu'un dissident politique a été jeté dans la cellule de quatre criminels qui l'ont violé collectivement ? J'ai encore une très longue liste pour la campagne de persécutions perpétré par le Hamas dans la bande de Gaza contre les femmes ... et les hommes.

Les Tunisiens inquiets (tout d’un coup) du seul sort d’une journaliste soudanaise ne seraient-ils pas des agents de la propagande islamiste qui essaient de tromper l’opinion publique ? Pourquoi n’osent t-ils pas critiquer le Hamas pour son attitude humiliante contre la journaliste palestinienne Asma'Al-Ghoul ? Les laïcs tunisiens ont t-ils une affection particulière pour la théocratie religieuse, sauvage et intégriste du Hamas ?

Au Khartoum il est interdit de porter pantalon au risque de se faire exposer à des coups de fouets. Et on entend, en conséquence, assez du bruit sur l’affaire de Lubna. A Gaza le jean et le tee-shirt sont aussi interdits. Par contre le cas de Asma'Al-Ghoul à Gaza n’émeut point les « faussaires des droits de l'homme en Tunisie » : c’est un black-out total !

A Gaza pourtant, la situation des droits des femmes est plus grave sous le coup de l’islamisation accélérée de la société prônée par le califat islamique de Gaza. Sur les plages de Gaza, les femmes ont désormais intérêt à ne pas rire trop fort, sous peine d'une réprimande de la police du Hamas. Elles ne peuvent non plus s’habiller d'un jean et d'un T-shirt - une tenue considérée comme assez provocante ! L’islamisation de Gaza, avec les conséquences qu’elle porte sur les droits des femmes palestiniennes, est passée sous silence pour nos « militants des Droits de l’Homme ». Seule le cas d’une femme au Soudan les intéressent (quoique le combat de Lubna Hussein mérite tout le soutien). Mais il faut se rappeler ici que son cas n’est pas nouveau, car l’islamisme ayant conquis le Soudan depuis deux décennies avec l’arrivé Omar Al-Bashir au pouvoir en 1989. L’indignation contre l’islamisation du Soudan est donc très en retard pour nos « humanistes en hibernation prolongée ». A Gaza par contre, l’islamisation de la société est très récente. Elle commencée en décembre 2008 avec un projet de loi présenté par le gouvernement du Hamas d'Ismaïl Haniyeh, préconisant d'imposer les sanctions prévues par la Charia. Pendant que la guerre faisait rage entre Israël et le groupe terroriste, une assemblée du Hamas a décrété un durcissement de l'application de la charia, la loi islamique, dans la bande de Gaza.
En plus, le combat de la journaliste soudanaise est similaire à celui de sa confrère à Gaza, victime de la torture dans les geôles du Hamas. Comment alors comprendre que seule la soudanaise a eu le soutien du « Réseau arabe de l’Information sur les Droits de l’Homme », qui a émis un communiqué condamnant l’arrestation de Lubna Hussein et du châtiment attendu ?

Pourquoi la journaliste indépendante, Asma'Al-Ghoul, qui fait face seule au Hamas, n’a pas eu le même traitement ni par les ONG arabes, ni leurs médias, ni par ces pseudos « militantes des Droits des Femmes » ? Asma'Al-Ghoul, la journaliste palestinienne, est connue aussi pour ses écrits pro laïcité qui passent naturellement mal à Gaza et qui critique ouvertement la dérive totalitaire du mouvement. Tout juste comme sa confrère Lubna au Khartoum, qui a récemment approuvée le procès du Président soudanais devant le Tribunal pénal international ! Les deux femmes journalistes sont donc objets de vengeance contre leurs articles fustigeant les gouvernements islamiques respectivement du Khartoum et de Gaza.

Ce qui est flagrant ici est la différence de traitement des « défenseurs des Droits de l'Homme » qui s'inquiètent uniquement du sort de la journaliste soudanaise. Un terrible constat que celui du silence et de l'indifférence devant la situation de Asma'Al-Ghoul (3).
L’indifférence vire parfois à la complaisance, par exemple face à un Hamas qui cherche à appliquer son programme fondamentaliste, anti-féministe et liberticide. C’est la Charia la plus stricte, dans toute son horreur, c’est le renforcement de l’oppression contre les femmes et au-delà la réaction pour toute la société palestinienne. Ces « Talibans palestiniens » peuvent donc chasser tranquillement les femmes sur les plages de Gaza pour qu’elles soient « correctement habillés ». De même aucune ONG de gauche européenne n'a appelé à descendre dans la rue pour protester. Mais il est probable que leur bonne conscience les protégera contre le moindre souffle de culpabilité, en continuant de les aveugler face aux horreurs du réel.

Ceux, particulièrement dans le monde arabe, qui gardent le mutisme hypocrite devant le Hamas, doivent savoir que la pression exercée par les islamistes radicaux sur les gens à Gaza empêche la formation d'une société civile sécularisée et limite les chances de voir un État palestinien démocratique et respectueux des droits des femmes dans le futur.

Aujourd’hui j’ai particulièrement honte de nos « féministes sélectifs » en Tunisie, qui ont gardé un mutisme lâche et hypocrite devant le Hamas. Point de campagnes de presse portées par l'indignation, ni de manifestations de protestation pour la journaliste anti-islamiste à Gaza, Asma'Al-Ghoul. Comme si la peur de paraître « pro israélien » paralysait la faculté de percevoir l'intolérable. Seules certaines catégories de victimes paraissent mériter que la presse s'émeuve de leur sort, et que le monde de la militance « féministe » s’intéresse d’eux. Parmi ces victimes symboliquement privilégiées monopolisant la compassion militante, victimes titulaires qui ne peuvent être ni juives, ni chrétiennes, la palme revient aux Palestiniens musulmans, voire islamistes, perçus comme des « combattants » ou des « résistants ». Quoi qu'ils fassent (égorgements, attentats-suicides, tortures des femmes, ports obligatoires du voile islamique), ces derniers semblent monopoliser la faculté d'indignation ou les dispositions à la compassion.

Nos « féministes » doivent surtout savoir que leur comportement sélectif envers l’oppression des femmes encourage le glissement vers un fondamentalisme intolérant mâtiné de jihadisme, qui engouffra les droits humains universels des femmes. S’ils sont vraiment pour la cause des femmes, ils doivent le faire savoir partout dans le monde. Ils doivent se débarrasser de ce mélange de peur et de compassion sélective qui s'exprime dans les attitudes ambivalentes à l'égard des femmes.

Ftouh Souhail,
Tunis


(1) Voir article publié le dimanche 23 août sur le blog

(2) Il s’agit en l’occurrence de l’épouse d’ Abed al-Gharabli, un officier de sécurité du Fatah - qui a passé 12 ans dans les prisons israéliennes -, il aurait été kidnappé par un groupe du Hamas qui a tiré sur ses deux jambes après l’avoir torturé, devant sa famille.

(3) Les « faussaires des droits de l'Homme en Tunisie » restent indifférents et silencieux face aux massacres commis par les milices islamiques au Darfour (situé à l'ouest du Soudan) depuis février 2003, prenant la suite des massacres perpétrés dans le sud du Soudan, où les victimes étaient principalement chrétiennes et animistes. Des massacreurs « arabes » et musulmans et des victimes « noires » et chrétiennes : voilà qui ne fais pas bouger nos humanistes sélectifs.
Voir sur sujet : Jacques Julliard, « Les faussaires des droits de l'homme », Le Nouvel Observateur, n° 2321, 30 avril-6 mai 2009, p. 46.

23 août 2009

Le procès de Lubna Ahmed Hussein suscite colère et émotion en Tunisie

La journaliste soudanaise Lubna Ahmed Hussein

Le procès de la journaliste soudanaise Lubna Ahmed Hussein suscite colère et inquiétude chez de nombreux Tunisiens, qui craignent d'y voir le signe d'une montée de l'extrémisme religieux au Maghreb. Étudiants, journalistes et citoyens de la rue font part de leur inquiétude après la condamnation de Hussein, qui risque quarante coups de fouet si elle est reconnue coupable d'avoir porté des pantalons et d'avoir ainsi "offensé la décence publique" aux termes du Code pénal soudanais. Elle avait été arrêtée le 3 juillet dernier dans un restaurant de Khartoum en compagnie de dix-huit autres femmes, après que la police fut arrivée et eut vérifié la manière dont elles étaient habillées.

Le procès de la cette journaliste, Lubna, pose le cas de chaque femme arabe. Elle n'est qu'un exemple, parmi des milliers de femmes qui souffrent de discrimination et de violence dans les sociétés arabes qui les empêchent d'exercer leurs droits les plus fondamentaux. Les milieux laïcs sont choqués par l'idée de punir une fille ou une femme parce qu'elle porte des pantalons, ou par l'idée d'interférer dans les libertés personnelles. Des textes religieux dominent encore la vie publique et politique dans les sociétés arabes. C’est un désastre réel de voir une telle situation se produire au XXIe siècle. La perception que les droits des femmes sont en jeu, et que ce procès est lié à l'extrémisme religieux dans la région continue d'alimenter les conversations à Tunis. Cette affaire en dit long sur les extrémistes et les réactionnaires au Soudan qui ne respectent ni les droits de la femme, ni sa condition. Cette affaire s'est transformée en une affaire d'opinion publique en Tunisie et a attiré beaucoup de sympathisants, hommes et femmes, et des militantes des droits des femmes, en particulier parce que cette journaliste travaille comme journaliste pour les Nations Unies.

Le tribunal islamique soudanais a décidé, mardi 4 août, d'ajourner le procès au 7 septembre prochain. Ce report, le second de ce genre, intervient après que l'avocate de l'accusée eut déposé une demande devant le tribunal expliquant que sa cliente bénéficiait de l'immunité diplomatique du fait de son travail auprès de la mission des Nations Unies au Soudan.
Sur FaceBook, Lubna Hussein a mis en ligne une lettre à ses supporters, où elle précise que son objectif est de susciter le scandale, afin de dénoncer l’insupportable réalité qu’endurent les Soudanaises, en raison du code pénal du pays (voir en lien). Elle écrit : « Je vous suis très reconnaissante, et je voudrais que vous sachiez combien je suis heureuse de votre solidarité. J’espère que [mon cas] fera connaître la clause 152 du code pénal saoudien « (1)

Selon Salah Zghidi, membre fondateur de l'Association pour la défense de la laïcité en Tunisie, cette affaire confirme "l'arriérisme" qui, selon lui, caractérise les "obscurantistes" où qu'ils se trouvent.
« Je ne crois pas que cette condamnation soit uniquement due au fait du port du pantalon ; selon ce que [Hussein] a déclaré dans un entretien avec une chaîne de télévision arabe, elle tient aussi à ses écrits en tant que journaliste, » a explique la journaliste Douaja Eweidni.
Il ne faut pas oublier aussi que les [accusations] pour lesquelles Lubna Hussein est jugée ne sont pas liées aux seuls motifs religieux. Le travail de Lubna pour la mission des Nations Unies, qui a récemment approuvé le procès du Président soudanais devant le Tribunal pénal international, a aussi un lien avec cette affaire.

Toutefois, selon un rapport de CNN diffusé il a quelques jours, Lubna Hussein aurait délibérément démissionné de son poste au sein du service des médias de la mission onusienne, renonçant ainsi à son immunité pour se porter partie civile et répondre de ses accusations.

Ftouh Souhail,
Tunis

19 août 2009

"D’une seule voix" - un film à ne pas manquer

Je ne pouvais trouver plus émouvant, pour finir cette promenade estivale en musique, que de vous parler de ce film qui sort au mois de novembre à Paris : voici la bande annonce.
Il s’agit d’un documentaire qui présente les « coulisses » de la tournée en France d’un ensemble musical israélo-palestinien : la ferveur, les chants partagés, mais aussi la tension et la politique brûlante qui reprend parfois le dessus : ce clip résume parfaitement tout cela !

A noter aussi :
- la page de « fan » du film sur FaceBook sur ce lien ;
- et le site du film, ici .

J.C

17 août 2009

Un drôle de zèbre ...

Le sourire du mois
- août 2009

Bon, vous l’avez peut-être déjà vu sur le Web, mais c’est toujours drôle, surtout en cette période de vacances où certains d’entre vous sont peut-être partis dans des contrées exotiques.

Hélas, hélas, il s’agit bien sûr d’un photomontage bien réussi. Si un troupeau de zèbres avait rencontré des missionnaires en Afrique, et toute réflexion faite décidé de se convertir au Judaïsme, cela se saurait - notons que cela est déjà arrivé à quelques tribus, humaines celles-là ... Pas de message caché non plus, dans ce « joke » : on connaît le débat sur « l’éléphant et la question juive », les éléphants sont-ils antisémites, etc. Pas les zèbres, et cette photo le prouve !

J.C

16 août 2009

Un chanteur marocain en Israël !


Encore le Maroc à l’honneur, mais cette fois-ci pour un clip assez exceptionnel, et que je dois à un ami de mon réseau sur FaceBook qui me l’a signalé. Des Juifs et des Arabes chantant ou jouant dans le même orchestre ensemble, rien que de plus banal lors de soirées à Paris ou ailleurs ; c’est un peu plus rare au Maghreb où les communautés juives ont presque disparu, mais cela peut arriver à l’occasion de concerts (mon article de jeudi dernier). Des artistes israéliens en Afrique du Nord, c’est encore plus rare, mais cela arrive et j’ai ainsi pu entendre Zehava Ben lors d’un mariage à Marrakech (voir en lien).

Mais des chanteurs maghrébins en Israël, cela a été hélas encore plus rare ! Exception notable, le Maroc à nouveau, en tout cas pendant le bref intermède heureux où les deux pays avaient des relations diplomatiques « low profile », à la fin des années 1990 ...
On pourra ainsi voir dans ce clip Abdel Rahim Souiri jouer là bas, après avoir été présenté en hébreu !

J.C

12 août 2009

Duo musical marocain et judéo musulman

Un clip bien émouvant que celui-ci, car il nous fait « revivre » une grande figure de la musique traditionnelle juive du Maroc, celle de Samy El Maghribi.

Ci-dessous le (trop) bref article que lui consacre Wikipedia :
« Venant de Safi, sa famille s’installe à Rabat à partir de 1926.Il commence à se familiariser avec la musique arabo-andalouse et en autodidacte apprend à jouer du oud. Il se perfectionne par la suite en fréquentant le Conservatoire de musique de Casablanca et les cercles des maîtres de musique andalouse. A 20 ans, il décide de quitter son poste de directeur commercial pour se consacrer uniquement à la musique. Il décède le 9 mars 2008 à Montréal. »

Les Juifs marocains, partout dans le Monde, ont conservé la nostalgie de ce grand musicien - dont les airs sont encore joués dans des mariages musulmans de son pays natal. A noter aussi la disparition, celle-là très récente, d’un autre « maître » de la musique juive traditionnelle du Maroc, Joe Amar, réputé pour ses interprétations uniques des « Pyoutim », prières chantées dans le rite séfarade : mon collègue de la radio Maurice Azoulay lui rendra hommage, dans une prochaine soirée spéciale sur Judaïques FM.
Mais revenons au clip ci-dessous : il réunit dans un décor marocain somptueux, deux grands musiciens donc, un Juif, Samy El Maghribi (nœud papillon blanc), et son compatriote musulman (fez rouge), Hadj Ahmed Piro ... bonne écoute !

J.C
 

10 août 2009

Une interview courageuse du Prince Héritier de Bahreïn

« Nous, les Arabes, n’avons pas assez fait pour créer un lien avec le peuple israélien ». Ces propos sont ceux du Prince héritier de Bahreïn dans un billet publié par le « Washington Post », et dont la traduction intégrale est publiée dans le supplément magazine du « Maariv » le 21 juillet dernier. « Nous n’avons pas assez travaillé pour montrer aux Israéliens comme notre initiative peut créer une paix entre pairs », écrit-il dans l’article.

Il s’agit là d’une démarche hors du commun d’un pays membre de la Ligue arabe, qui remet en cause la position de la Ligue selon laquelle les contacts avec Israël doivent être proscrits jusqu’au retrait israélien des territoires. Malgré cela, cet article du prince Salman bin Hamad al-Khalifa n’a pas provoqué de tollé au sein de la Ligue arabe (1).
L’article du prince héritier est une démarche d’autant plus courageuse que la tension règne entre Bahreïn et l’Iran à l’heure où, à Téhéran, des voix de plus en plus nombreuses affirment que Bahreïn fait historiquement partie de l’Iran.

Le Bahreïn, pays à majorité chiite mais dirigée par une dynastie sunnite, est un des principaux alliés des États-Unis dans le Golfe. Il entretient avec Israël des contacts politiques en dépit de nombreuses résistances dans le pays. Son prince héritier, Salmane Ben Hamad Al-Khalifa, a rencontré des responsables israéliens lors du Forum économique mondial en 2000 et 2003. En 2007, son ministre des Affaires étrangères, cheikh Khaled ben Ahmad al-Khalifa, avait rencontré son homologue israélienne de l'époque, Tzipi Livni, à l'ONU. En octobre 2008, cheikh Khaled avait suggéré la création d'une organisation régionale incluant Israël, afin de parvenir à la paix au Moyen-Orient: "Israël, l'Iran, la Turquie et les pays arabes devraient s'asseoir ensemble au sein d'une même organisation", avait-il déclaré au quotidien arabe « Al-Hayat ».

Il y a quelques semaines aussi, le Bahreïn a envoyé une délégation officielle à Tel-Aviv pour rapatrier des ressortissants détenus en Israël, la première visite du genre annoncé publiquement. Selon l'agence officielle Bna, ces Bahreïnis faisaient partie d'un groupe de militants pro palestiniens se rendant dans la bande de Gaza, à bord d'un bateau arraisonné par la marine israélienne.

La démarche du Prince héritier de Bahreïn qui appelle pour « créer un lien avec le peuple israélien » est très courageuse de la part de ce petit pays Golfe. Le prince Salman bin Hamad al-Khalifa est un homme sage qui sait que la guerre n'a jamais résolu quoi que ce soit.

Les Israéliens ne veulent pas une confrontation avec le monde arabe. Et ils ne veulent pas davantage dominer ni gérer le monde arabe. Il n'y a pas de visées ou d'ambitions coloniales ou impérialistes israéliennes sur les États arabes. Ce que souhaitent les Juifs israéliens, c'est vivre en paix avec le monde arabe - pas le dominer ni en faire partie. Vivre en paix avec le monde arabe, les Arabes dans leurs États, les Israéliens dans le leur, c'est tout. Chacun chez soi. En somme, cette coexistence pacifique pourrait bien sûr s'accompagner d'échanges de tous ordres, notamment sur les plans économique et commercial, d'accords de coopération technique - par exemple sur les problèmes de l'eau, de la lutte contre la désertification où contre la pollution, d'échanges touristiques, culturels et universitaires.

Le prince Salman bin Hamad al-Khalifa a raison d’appeler à un dialogue direct avec Israël. J'espère que la démarche de ce prince progressiste arabe sera adoptée dans l'ensemble des pays arabes, de tous les pays arabes, afin qu'ils puissent se rendre compte de la stupidité à vouloir continuer une guerre avec Israël.

Ftouh Souhail,
Tunis

(1) Le Premier Ministre israélien a évoqué l’article publié par le prince héritier de Bahreïn dans le « Washington Post » et dans lequel il a appelé les pays arabes à entamer des pourparlers sur une paix régionale avec Israël. M. Netanyahu a cité le prince qui a écrit : « L’ensemble des parties doivent effectuer simultanément des démarches destinées à bâtir la confiance ». « Je voudrais faire part de mon estime pour le prince de Bahreïn. (...). C’est dans cet esprit que l’on pourra créer une atmosphère dans laquelle on aura le sentiment qu’une telle paix est possible », a affirmé M. Netanyahu au cours de sa visite exceptionnelle à la résidence de l’ambassadeur d’Égypte, à Herzliya, à l’occasion de la fête nationale égyptienne le 2 juillet dernier.

09 août 2009

Quand Sarit Hadad chantait ... en turc !

Un autre délicieux spécimen de duo, cette fois non pas judéo-arabe, mais judéo-turc : la jolie Sarit Hadad chante en effet sur scène avec le chanteur Ibrahim Tatlises, et c’est une chanson populaire en Turquie mais je serai bien incapable de vous traduire le titre : « Hoyd Soÿle ».
C’est délicieux, et la vidéo est aussi plaisante à voir qu’à écouter ... les deux ont l’air de bien s’amuser !

De quoi oublier, l’espace d’une chanson hélas, que ce grand pays musulman, dirigé depuis plusieurs années par un parti « islamiste modéré », s’éloigne d’Israël et que l’antisémitisme - quasi marginal pendant des décennies - y en train de faire des progrès fulgurants : dommage ... mais en attendant, dégustez ce charmant clip !

J.C

06 août 2009

Karim-Hervé Benkamla : contre les statistiques ethniques !

Introduction :
J’ai souvent parlé, sur ce blog, de mon ami Karim Hervé Benkamla, plusieurs fois mon invité à Judaïques FM, militant infatigable pour le dialogue judéo-musulman, et au-delà, pour plusieurs causes exemplaires, comme la libération d’Ingrid Betancourt hier et celle de Guilad Shalit aujourd’hui ... il suffit de cliquer sur son nom en libellé pour en savoir plus sur son engagement.
Profondément attaché à la laïcité républicaine, il a été choqué par la proposition de Yazid Sabegh - promu par Nicolas Sarkozy « Commissaire à la diversité » - qui vient, dans un rapport, de proposer que les postulants à un emploi soient identifiées en fonction de leur origine - ceci devant favoriser les « minorités visibles » victimes de discriminations. Ci-dessous un extrait de son interview dans le journal en ligne « diversité news ».
J.C

Karim-Hervé insiste « nous allons droit vers une dérive communautariste. Le modèle Républicain que nous connaissons tous en prend un coup. Dans la société dans laquelle nous vivons, chacun doit trouver sa place dans une logique Républicaine."Le fait que Yazid Sabeg, Commissaire à la Diversité mette en avant dans son rapport ce comptage met mal à l’aise beaucoup de personnes impliquées dans la vie sociale et politique. Comment ce comptage va-t-il se réaliser ? De quelles manières seront utilisés les dits renseignements ?
Yazid Sabeg est favorable à ce que les sondés se définissent selon leur sentiment d’appartenance à une communauté. Ainsi, le caractère ethnique ou religieux sera pris en compte (noir, blanc, maghrébin, asiatique, juif, musulman ...).
Karim-Hervé Benkamla renchérit « on s’est toujours battu pour une évolution républicaine. Ramener un modèle anglo-saxon en France sera un échec car le comptage est dangereux. Dans un premier temps il s’agira de comptage et dans un deuxième temps la dérive ira vers la carte d’identité, l’origine, la préférence sexuelle ... C’est un coup sournois mené contre la laïcité car Yazid Sabeg est assez habile pour contourner la loi. Notre pays risque à terme d’être constitué d’une mosaïque de communautés. »
Sur cette question du comptage ethnique les avis sont très partagés. Le rapport remis au Président de la République, Nicolas Sarkozy va raviver le débat autour des pour et contre cette disposition. Nicolas Sarkozy devrait trancher prochainement car comme il l’a annoncé récemment « la France doit se doter de nouveaux outils statistiques afin de mesure la Diversité ».
Le débat ne fait donc que commencer ...

Azedine Haffar 

diversitenews.org

02 août 2009

Un mois d'août musical


Et si on prenait un peu de distance avec l’actualité ?

Des évènements graves peuvent se produire, et l’Histoire avec un « grand H » ne respecte pas forcément les congés d’été : auquel cas, bien sûr, je m’efforcerais de vous donner à chaud un ou plusieurs commentaires pertinents. Mais j’imagine que la majorité des Internautes sont partis se reposer alors que je suis moi-même à Paris - les vacances sont déjà derrière moi ! - et qu’il ne serait guère efficace de trop publier d’articles en ce moment, l’audimat actuel étant à environ moins 20 % par rapport à la moyenne mensuelle.

Petite baisse donc dans le rythme des publications, qui seront d’environ trois par semaine jusqu’au 23 août. Et un peu de « légèreté » aussi, pour changer ... mais en restant dans la même thématique ! J’ai choisi de partager avec vous des vidéos où la musique fait se côtoyer Juifs et Arabes, dans des partitions orientales ou autres : et on pourrait intituler cette série « La musique adoucit les mœurs ». C’est en tout cas le libellé que j’ai choisi, libellé qui vous permettra aussi de retrouver des anciens articles sur ce thème.

A demain donc pour le premier clip musical !

J.C

31 juillet 2009

Juifs et Arabes, la paix en balade

Introduction :
J'évoquais la semaine dernière une des associations qui militent pour le dialogue judéo-musulman, "Les Bâtisseuses de Paix", dont j'espère inviter prochainement les responsables. Voici un article déjà un peu ancien, publié dans le journal "Libération" et qui relate une action très simple pour rapprocher les communautés : passer une journée ensemble, à la découverte du patrimoine culturel de "l'autre" ...
J.C

C’est une association qui veut empêcher un transfert du conflit du Proche-Orient en France. Il y a quinze jours, les Bâtisseuses de paix sont allées à l’Institut du monde arabe. Dimanche dernier, elles ont affrété un bus à Créteil (Val-de-Marne), emmenant une soixantaine de personnes de tous âges déjeuner dans le quartier juif du Marais, à Paris, puis participer à des ateliers «partage de culture» au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme.

«Vous allez découvrir tout ce qu’il y a de commun aux deux cultures. On va essayer de faire en sorte que vous vous rencontriez», lance Annie-Paule Derczansky, 47 ans, fondatrice de l’association. Après quelques tâtonnements - «le chauffeur vient de Normandie», explique une dame -, on descend du bus. Sarah, 20 ans, musulmane, est d’emblée consensuelle : «On ne pense pas à nos différences quand on est ensemble. Les Arabes, les Juifs, c’est la même chose.» Elle fait tout de même remarquer que dans son établissement de Créteil, les «jeunes Juifs se barrent» du collège pour aller dans le privé ; et aussi, que «quand on entends des gens qui disent "les Juifs c’est comme ça et comme ça", moi, je n’y crois pas. Mais certains peuvent se laisser influencer par eux». Sarah, elle, décide avec qui elle «traîne».

Racisme. Très vite, la rencontre entre les deux communautés est l’occasion de libérer la parole autour des problèmes. Sabine, Juive tunisienne, lance : «A Créteil, il y a beaucoup d’antisémitisme et de racisme, les gens ne se mélangent pas.» Hassinia, arabe, est la «meilleure copine» de Rosie (Juive d’Alger). Elles racontent leur rencontre. Hassinia : «Quand je l’ai connue, elle ne voulait pas me dire qu’elle était juive.» Depuis, elles ont élevé leurs enfants ensemble. Rosie dit qu’elle est là parce qu’elle en a marre de cette «haine». Elle détaille : les pierres lancées à la sortie de la synagogue, son verrou de porte enfoncé «parce qu’on nous accepte pas comme Juifs dans le quartier». Entre Rosie et Hassinia, ça n’a pas toujours été simple. Hassinia : «Avant, je mettais un keffieh palestinien.» Rosie : «Ça, je ne l’acceptais pas.»

Samia, 39 ans, vient d’Algérie. Elle vit en France depuis un an et demi. On lui «avait entré dans la tête que le Juif, c’est pas bien». Là, elle assure : «J’ai un voisin juif, il vaut dix musulmans. Ça se voit, on peut s’entendre.» La discussion s’engage sur le foulard, la tolérance, le respect. Chacun détaille ce que fait l’autre dans sa religion. Eléonora vient de Toulouse, convertie à l’islam après son mariage avec un Égyptien. En emménageant en banlieue parisienne, elle était «ravie d’arriver dans un contexte multiethnique, raconte-t-elle, je ne savais rien de ces tensions». Elle raconte comment une petite fille prénommée Sharon a fait se lever une mère avec ce commentaire : «Ils l’ont appelée Sharon par provocation ?» Ou encore ces familles juives qui ont vendu leur appartement lorsqu’une mosquée a été construite à Créteil. «C’est la peur», commente Marlène, Juive tunisienne.

Racines. Après le repas, c’est la visite du musée. Sabine, la quarantaine, dit avoir bien vu que, finalement, les langues arabe et hébraïque avaient les mêmes racines. Avec ses voisines de table, Samira a échangé des idées autour «des plats qu’on fait». Sarah explique ne pas savoir si elle aurait pris «seule» l’initiative de visiter le musée. Roger, Juif tunisien, entonne avec Hayet une chanson arabe de bienvenue qui porte sur l’hospitalité et qui dit, en substance : «Mon voisin, c’est mon voisin, je suis l’ami de tout le monde.»

Didier Arnaud
© Libération, 6 février 2008

29 juillet 2009

Kadhafi veut démanteler la Suisse, un blogueur lui répond !

Une photo récente du dictateur libyen,
aussi laid au physique qu'au moral

Blog en stock

Revoici une série un peu oubliée ici, et hélas revoici un personnage aussi bouffon que sinistre ...

La série, c’est « blog en stock », une rubrique qui vous permet de découvrir des blogs pour qui j’ai eu un « coup de cœur » : certains font partie des liens permanents ici, d’autres pas, et je vous invite à les retrouver en cliquer sur le libellé en fin d’article.

Le « personnage », c’est Kadhafi qui vient de se rappeler au bon souvenir des Suisses en proposant, ni plus ni moins de ... démanteler la Confédération ! Cause du délire libyen, son contentieux avec ce pays suite aux déboires judiciaires de son fils Hannibal, dont j’avais parlé l’année dernière sur mon blog (lire ici) : un interminable chantage a commencé, avec la prise en otage de deux ressortissants suisses - une affaire bien ignorée par les médias français -, et un « profil bas » choisi par la diplomatie helvétique, décidément bien compréhensive pour tout les spécimens d’islamistes et de terroristes : pour rappel, la récente réception d’un dirigeant du Hamas, non considérée par Micheline Calmy-Rey (la « cheffe » de la diplomatie) comme une organisation terroriste - ce qui a provoqué un incident avec Israël ; ou celle de Mahmoud Ahmadinejad par le Président suisse à la veille de sa fameuse diatribe antisémite à l’ONU fin avril (relire ma série d'articles et de reportages sur cet évènement mémorable).

Heureusement, tous les Suisses ne partagent pas cette lâcheté ! Baptiste Hurni, député du canton de Neuchâtel, vient de créer un blog pour dénoncer le dictateur libyen, voici son adresse : http://www.kadhafi.ch/
Dans une « lettre ouverte » en ouverture, il dit son fait à l’incroyable prétention de ce bouffon sanguinaire, qui prétend changer la carte du monde, et donner des leçons en matière de terrorisme ... extrait choisi :
"Vous prétendez donc vouloir dissoudre la Suisse, si l’on en croit les récits de vos déclarations au G.8 à Aquila, d’une part parce que c’est une plaque tournante du terrorisme, d’autre part parce qu’il est évident pour vous qu’un pays trilingue (en fait la Suisse est quadrilingue mais passons), doit se séparer en trois. Quant à la notion de « plaque tournante du terrorisme», orfèvre, vous nous expliquerez sans doute utilement ce que vous entendez par là. Pour la partition nationale, il me paraît nécessaire de rappeler que la Libye, telle qu’elle se présente aujourd’hui, est une construction datant de l’époque coloniale sans aucun sens historique, ni unité réelle (...).
Des illustrations de votre manière de concevoir un État, comme, par exemple, le fait d’exhiber votre première voiture, une charmante coccinelle si mes souvenirs sont exacts, dans le musée d’archéologie de Tripoli, où les plus belles mosaïques du monde sont exposées, ou encore le projet pharaonique de la « Grande Rivière », sensé re fertiliser le désert à grands coups de millions, sans parler de site officiel de l’État libyen, appelé « Kadhafi parle » et dont le forum de discussion libre est éternellement « coming soon », démontrent toutes la même chose : la Suisse est l’opposition terme pour terme de la Libye (...)."

J’invite enfin, et pour en finir (provisoirement) avec ce sujet inépuisable, mes propres lecteurs à consulter le libellé « Kadhafi » en libellé : entre un discours prophétisant la prochaine islamisation de l’Europe et un petit rappel du contenu de son fameux « Livre vert » qui tient lieu de constitution à son pays, ils ne seront pas déçus de la visite !

J.C

27 juillet 2009

Le philosophe égyptien Murad Wahba soutient la normalisation avec Israël et déclare : la laïcité est une nécessité culturelle

Ci-dessous des extraits d´une interview du philosophe égyptien Murad Wahba, diffusé sur la télévision ON le 22 juin 2009.

Interviewer : Croyez-vous encore au dialogue ?

Murad Wahba : Oui, et je vais vous dire pourquoi. D´abord, il n´y a pas de précédent à une guerre sans fin dans l´histoire de l´humanité. C´est pourquoi il faut mettre un terme à la guerre et amorcer la paix. La paix ne peut venir qu´avec des concessions, et les négociations nécessitent des concessions. En d´autres termes, si vous vous embarquez dans des négociations en croyant détenir la vérité absolue, ces négociations sont condamnées à échouer. Les concessions entraînent un changement de mentalité : au lieu de penser en termes d´absolu, vous devez penser en termes relatifs, afin d´arriver à la paix. Tant qu´il y aura des gens qui croiront détenir la vérité absolue - les fondamentalistes dans les camps juif et palestinien -, nous demeurerons en état de guerre. En tant qu´intellectuel, il est de mon devoir de m´efforcer de changer cette mentalité, afin d´entamer le processus de paix. C´est pourquoi je ne renonce pas à la paix. Y renoncer serait aller à contre courant de l´histoire de l´humanité.
(...)

Nous avons signé un accord de paix avec Israël. Dans cet accord de paix se trouve un article qui oblige les deux côtés à normaliser leurs relations dans les domaines économique, politique et culturel. Respecter cet accord de paix consiste à œuvrer pour la normalisation culturelle.
(...)

Les intellectuels qui se leurrent en croyant qu´il est possible de refuser la normalisation culturelle, vont à l´encontre de l´accord de paix. Deuxièmement, aujourd’hui, avec la globalisation, qui signifie la mort de la distance, aussi bien en termes de temps que d´espace, on ne peut demeurer culturellement isolé. En outre, les cultures s´enchevêtrent, que cela nous plaise ou pas. Certains disent que les Juifs s´isolent. Ce n´est pas vrai. La révolution scientifique et technologique - et c´est un point très important - a commencé au début du 20ème siècle. C´est l´époque où ont été publiées les premières études de physique nucléaire. Cela a mené à la bombe atomique, à l´utilisation de l´énergie atomique à des fins aussi bien pacifiques que guerrières. Qu´est-il arrivé à ceux qui ont mené la révolution scientifique et technologique au début du 20ème siècle ? Ils n´étaient que dix à douze, juifs pour la plupart, à mener ces recherches. Au point que la physique nucléaire a été appelée « physique juive ». En 1933, Hitler a expulsé ces gens d´Allemagne, et ils sont partis pour les États-Unis, qui les ont accueillis. C´set ainsi que les États-Unis ont accueilli la révolution scientifique et technologique dans le domaine de la physique nucléaire.
(...)

Empêcher la normalisation culturelle revient à empêcher toute participation à la révolution technologique mondiale initiée par les Juifs et à laquelle ils ont pris part activement. C´est dangereux en ce que cela nous conduit à l´isolement et au retard. La preuve en est que les universités égyptiennes ne sont plus compétitives.
(...)

Si vous instaurez la démocratie dans un contexte rétrograde, c´est la catastrophe. C´est donner du pouvoir à des gens qui détiennent la vérité absolue, comme on l´a vu dans le passé, et je vais m´arrêter là.

Interviewer : Non, je voudrais une explication.

Murad Wahba : Vraiment ?

Interviewer : En quelques mots.

Murad Wahba : Si l´on ne met pas de limites aux élections, les Frères musulmans et les autres groupes musulmans connaîtront une victoire écrasante, sous prétexte de démocratie. Est-ce ce que vous voulez ? Voulez-vous répéter ce qui est arrivé à Gaza ?
(...)

Interviewer : Vous avez dit que le terme "laïque" est tabou chez les Arabes.

Murad Wahba : Quiconque se déclare laïque se fait soit abattre, soit accuser d´apostasie. C´est ce qui est arrivé au cheikh Ali Abdel Razeq en 1925, à Taha Hussein en 1926, à Naguib Mahfouz et à Farag Fouda, qui ont été tués. Néanmoins, il me semble que la laïcité est une nécessité culturelle. J´appelle aujourd’hui à la laïcité. Nous avons donné ici quatre conférences sur le sujet, qui se sont déroulées pacifiquement, mises à part quelques menaces mineures.

Interviewer : Vous avez récemment affirmé que le fondamentalisme a conduit l´Égypte à la stérilité.

Murad Wahba : Ce qui importe le plus dans le fondamentalisme, c´est l´adhésion au texte religieux littéral, plutôt que le recours à l´esprit [pour interpréter] le texte. En d´autres termes, le fondamentalisme paralyse l´esprit. Les fondamentalistes amènent la paralysie de l´esprit, et donc de la créativité et de la pensée, ce qui induit du retard.

 Source : site MEMRI, 12 juillet 2009

26 juillet 2009

Benoit XVI : Sida, circoncision et voyage en Terre Sainte


Le sourire du mois
- juillet 2009

Merci à Sylvie R. pour m'avoir signalé ce "cartoon".
Un petit retour sur le voyage du Pape en Terre Sainte, avec un dessin finalement pas trop méchant, mais assez percutant. A noter - toute plaisanterie mise à part - que les statistiques, aussi bien en Israël que dans le monde arabe, démontrent bien que la circoncision diminue les risques de contamination par le virus HIV !

J.C

23 juillet 2009

Ces Chrétiens qu'on persécute

Introduction :Voilà donc que la presse commence - un peu - à parler d’une réalité non « politiquement correcte », celle des persécutions anti-chrétiennes. Sujet plutôt tabou en Europe (à la fois en raison d’une déchristianisation accélérée, et de la mauvais conscience envers des ex-colonisés d’autres religions), il commence enfin à être abordé. On en a reparlé tout dernièrement, suite à une nouvelle vague d'attentats contre les Chrétiens d'Irak, qui ont déjà pris la fuite en grand nombre.
L’hebdomadaire « Valeurs actuelles » a consacré à ce sujet, voici déjà plus d'un an et demi, un article fort éloquent, que l’on pourra lire dans son intégralité sur ce lien. Son auteur est Thomas Grimaux, auteur du « Livre noir des nouvelles persécutions antichrétiennes » (Editions Favre).
Ci-dessous un extrait de l’article, consacré au triste sort des Chrétiens dans une grande partie des pays à majorité musulmane.

J.C
Le phé­­no­mène fondamentaliste musulman est depuis quelques années la principale source de ces nouvelles persécutions. Pour comprendre sa haine radicale du "croisé", il suffit de lire les programmes des mouvements les plus en vue, quelle que soit l’aire culturelle ou ethnique dans laquelle il s’exprime.
Dans de nombreux pays, la simple lecture de la constitution - établie sur la charia, la loi islamique - est édifiante. L’Arabie Saoudite est le cas le plus typique. Le culte catholique y est interdit aux centaines de milliers de chrétiens qui travaillent dans le pays. Ils ne peuvent même pas se réunir chez eux, pour une simple prière ! Dans le nord du Nigeria, en Afghanistan, au Pakistan, en Indonésie, en Malaisie, mais aussi en Algérie, depuis la loi "anticonversion" de mars 2006, la situation est quasi identique.
En Turquie, tout élève qui parle en classe du génocide arménien de 1915 est passible d’une punition. L’Église catholique turque demande sa reconnaissance officielle depuis 1970. En vain jusqu’à aujourd’hui. Pour faire bonne mesure, le gouvernement a confisqué, depuis 2002, les trois quarts des propriétés du patriarcat oecuménique.
Au Turkménistan, les rares prêtres présents doivent exercer leur ministère en faveur des seuls ressortissants étrangers. Au Bangladesh, la minorité chrétienne se garde bien de célébrer Noël, faute de protection policière. Au Kosovo, placé sous la tutelle officielle de l’Otan et de l’Onu, plus de cent cinquante églises et couvents ont été détruits depuis 1999. À Pristina, la capitale de la province, l’église du Christ-Sauveur a été transformée en toilettes publiques. Même dans les paisibles et séduisantes Maldives, les dirigeants doivent être obli­gatoirement musulmans sunnites. Le culte catholique y est prohibé.
Ces pays d’islam ont développé une pensée structurée, à la fois philosophique et théologique, qui promeut la soumission ou l’élimination de fait, puis de droit, du christianisme. Le processus est toujours le même, afin d’instaurer un sentiment d’insécurité permanente : insultes, calomnies (comme dans les manuels scolaires égyptiens ou les BD du Hamas), crachats au passage du chrétien, menaces.
À Diyarbakir, la grande ville du sud-est de la Turquie, le principal imam a pu clamer dans un de ses prêches, sans apparemment choquer les autorités : « Les transferts d’organes sont licites sauf pour les prostituées, les drogués et les chrétiens. » Progressivement, la pression est telle que les jeunes filles chrétiennes se voient contraintes à porter le voile. Cela se vérifie depuis quelques années au Liban ou en Palestine.
Les enlèvements de prêtres ou de simples fidèles se sont multipliés aux Philippines et en Irak, à la faveur d’une campagne de terreur. « Les chrétiens sont poussés à l’exil pour fuir la violence de groupes fondamentalistes », constatait le 20 novembre le Secrétariat général du synode des évêques d’Asie.
Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, déplore la situation particulièrement douloureuse des chrétiens au Moyen-Orient : « La proportion des catholiques a été divisée par dix en Iran depuis 1973 et ne représente plus que 0,01 % de la population totale. Sur la même période, elle a été réduite de deux tiers en Irak, passant de 2,6 % à 1 %. En Syrie, les catholiques ne constituent plus que 1,9 % de la population contre 2,8 % en 1973. Enfin, en Israël et en Palestine, elle a été presque divisée par deux, passant de 1,9 % à 1 %. »
Ces départs affaiblissent les communautés chrétiennes et réduisent la liberté d’action de l’Église : « La carence de liberté religieuse se manifeste en particulier par des entraves à la communication entre communautés de fidèles et évêques, entre les évêques et le pape, l’interdiction de créer une conférence épiscopale ou l’obtention des visas pour les agents pastoraux, la limitation de la construction d’églises ou encore l’écartement de la vie publique. » Le catalogue des persécutions sanglantes en terre d’islam est un long martyrologe. Trop souvent, il semble laisser indifférent les défenseurs patentés des droits de l’homme.

Thomas Grimaux, 
Valeurs actuelles », 21 décembre 2007

22 juillet 2009

Rediffusions de l’été …


Comme d’habitude, Judaïques FM prend ses « quartiers d’été » au mois d’août : beaucoup d’auditeurs réguliers - et de collaborateurs - en vacances, et la programmation est donc bien allégée, hormis les obligatoires rendez-vous d’actualité.

Il en sera de même pour « Rencontre », qui ne reprendra son cours normal que le dimanche 6 septembre. Dans l’attente, quatre émissions anciennes seront rediffusées, et voici le programme. J’invite ceux qui ne les auraient pas entendues à les découvrir, bien entendu, en consultant aussi en lien la présentation donnée pour chacune sur mon blog.

Dimanche 26 juillet :

Rediffusion de l'émission du 2 novembre 2008 (présentation ici).
Sujet : « Que faire pour Guilad Shalit ? »
Invités : Maître Emmanuel ALTIT, avocat et M. Karim Hervé BENKAMLA, militant associatif

2. Dimanche 9 août :

Rediffusion de l'émission du 14 décembre 2008 (présentation ici).
Sujet : « Allah, mon boss et moi : l’islam au travail »
Invitée : Mme Dounia BOUZAR, anthropologue des religions

3. Dimanche 16 août :

Rediffusion de l'émission du 6 avril 2008 (présentation ici).
Sujet : « Lutter contre les préjugés antisémites à l’école »
Invitées : Mmes Samia ESSABAA (enseignante) et Josiane SBERRO (militante associative)

4. Dimanche 23 août :

Rediffusion de l'émission du 19 octobre 2008 (présentation ici).
Sujet : «Maintenir le dialogue entre Juifs et Musulmans»
Invités: M. Hassen CHALGHOUMI, Imam de Drancy et Bernard KOCH, journaliste

Un dernier mot à propos de ce programme : l’actualité du monde musulman est toujours agitée, mais surtout mouvante. Cela n’aurait pas eu beaucoup de sens que de repasser des interviews réalisées « à chaud » à propos d’un des pays du Moyen-Orient : c’est pourquoi, à l’image des auditeurs présents de la région parisienne, nous « resterons en France » les prochaines semaines !

J.C

20 juillet 2009

Pique-niques judéo musulmans !



Deux photos sympathiques, et quelques mots d’explication.

Ces photos ont été prises lors d’un pique-nique du groupe « Shalom-Paix-Salam, groupe créé sur FaceBook auquel j’ai bien sûr adhéré, et dont je donne le lien pour les déjà inscrits sur F.B :
Cliquer ici.

Sur la photo du bas, on découvrira (de gauche à droite) Corine Goldberger et Jamila Allaoui (deux piliers du groupe) et puis, tout à fait à droite le Rabbin Gabriel Farhi, un « collègue » de Judaïques FM qui tient une chronique tous les dimanche matin (voir aussi son site en lien permanent). Sa présence n’était d’ailleurs pas surprenante : le Mouvement Juif Libéral de France (MJLF) auquel il appartient, a toujours été « en pointe » pour le dialogue interreligieux.

Je n’ai pu hélas être présent aux deux pique-niques organisés par ce groupe, le 5 juillet au parc Itzhak Rabin et le 12 aux Buttes Chaumont, pas plus qu’à celui organisé par une association féminine plus ancienne, « Les bâtisseuses de Paix » le 14 juillet (visiter leur site). Mais, bien sûr, j’espère inviter avec plaisir toutes ces militantes courageuses du dialogue, qui redonnent espoir en des relations sereines entre Juifs et Musulmans dans notre pays - et cela, en une période bien lourde sur laquelle pèse l’ombre du procès des tortionnaires antisémites d’Ilan Halimi ... Comme les responsables d’un autre groupe de FaceBook, « Juifs, Musulmans, faisons la paix » invités il y a quelques semaines, comme bien d’autres que ma série a toujours essayé de faire connaître au grand public, elles méritent d’être soutenues. Et reconnues des médias !

J.C

19 juillet 2009

Une interview de Souhail Ftouh dans le mensuel « Tribune Juive »


Introduction :
Les lecteurs de mon blog connaissent bien mon ami Souhail Ftouh, jeune avocat tunisien et militant très courageux pour une paix véritable entre Israël et le monde arabe. Le mensuel « Tribune Juive » (numéro 49 de juin 2009) vient de consacrer un dossier au dialogue avec les Musulmans (voir illustration), et ce n’était que pure justice que cet ami soit interviewé dans ce cadre : avec son autorisation, je la reproduis ici.
J.C

« J’ai toujours pensé que le dialogue est la base de toute vie en commun et qu’il ne faut pas désespérer de l'Homme avec un grand H. J’ai toujours estimé qu'il y a un moyen d'éviter l’apocalypse ; c'est de permettre le dialogue, car la difficile mais indispensable réconciliation, est la condition première en vue d'un avenir de sécurité commun et d'une cohabitation pacifique, qui ne pourra devenir réalité que moyennant des efforts renouvelés, persévérants et sincères avec ceux qui en ont marre d'être assujettis à une poignée de fanatiques mafieux. Dans le monde musulman que je connais bien, il existe quantité d'individus qui ont une véritable sympathie pour le peuple juif et un grand désir de parvenir à la paix.
J’ai toujours cette croyance que l’Éternel nous a créés pour vivre et faire la paix, et non pour faire la guerre et mourir, et que par conséquent les Juifs et les Musulmans doivent arrêter de se crier les uns sur les autres, et à la place décider de s’écouter et d’apprendre les uns des autres à vivre en harmonie. Je refuse de croire que la seule voie soit celle de la violence, de l'extrémisme et du désespoir.
J’ai aussi la certitude que les Israéliens sont partisans infatigables d’une paix juste et durable. On a souvent appelé les Juifs « les bâtisseurs du temps ». Ce n'est pas une poignée d'extrémistes qui va dire le contraire ou faire vaciller les fondements de l'Humanité.

Enfin, j’ai toujours la conviction que les ennemis des Arabes ne sont pas les Juifs, les ennemis des Arabes sont les fanatiques. Les Juifs et les Arabes sont un seul et même peuple, une seule et même race, un seul et même sang. L'ennemi des deux peuples frères, c'est le fanatisme islamique, qui cherche à nous monter les uns contre les autres, parce qu'il sait que, unis, Juifs et Arabes ont toujours été mieux que les autres et le redeviendront. Avec les contextes sociétaux et mondiaux actuels, il est important de combattre l’obscurantisme et il est primordial que nous continuons de remplir nos devoirs premiers : former des citoyens instruits et informés. Il faut reconnaître que l'ignorance, la désinformation et la négation ont entraîné les guerres, l'Inquisition, la Shoah, les mouvements djihadistes dont nous sommes témoins.
Je voudrais enfin dire qu’il y a ici une preuve que la tradition juive n’est pas exclusive, et que du coté des médias de la presse communautaire tout est mis en œuvre aujourd’hui pour « reconnecter » les modérés à la tâche qui les attend au futur processus de paix, car l'espoir est permis entre les Arabes et Israël. »

Souhail Ftouh,
Tunis