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14 juin 2007

J'y pense tous les matins en me rasant !

Le Président Habib Bourguiba
dans son palais de Carthage, 1964
(photo tirée du livre "Bourguiba", tome 2, Un si long règne,
Sophie Bessis et Souhayr Belhassen, Jeune Afrique Livres)


Le sourire du mois
- juin 2007


J'adore cette photo qui révèle une face très humaine d'un personnage historique ...

"Grand homme" Habib Bourguiba le fut, assurément, père de la Tunisie indépendante, "Combattant suprême" comme le désignait l'hagiographie officielle. Et son bilan est impressionnant : avoir obtenu la liberté de son peuple sans passer par la violence terroriste (qui fut la marque de fabrique du F.L.N dans l'Algérie voisine) ; avoir aboli la monarchie beylicale, sans massacres ou règlements de comptes comme devaient les connaître d'autres états du Tiers Monde ; avoir progressivement repris le contrôle des leviers économiques, sans provoquer (ou presque) de crise trop violente avec l'ex-colonisateur ; avoir gagné le respect du monde arabe, sans céder aux sirènes du Nassérisme, puis de l'islamisme ; et surtout, surtout, avoir tenté de laïciser la société tunisienne, en donnant tout de suite aux femmes musulmanes des droits qu'elle n'avaient nulle part ailleurs dans le monde arabe : un bilan remarquable, qui - sans vouloir oublier ses erreurs, ou le caractère autoritaire de son régime, ou sa triste fin cramponné au pouvoir dans l'hiver de sa vie -, doit être salué !
Mais simple humain, de petite taille et contraint aux obligations ordinaires de ses semblables, il le fut aussi : cette photo nous le montre, banalement, en train de se raser ... Alors j'ai voulu vous la montrer, en clin d’œil pour un autre Président, notre nouveau Chef de l’État.
Souvenez-vous : à Alain Duhamel qui lui demandait lors d'une émission de télévision si "il pensait à devenir Président le matin en se rasant", Nicolas Sarkozy répondit, avec beaucoup de franchise : "Non Monsieur Duhamel, pas seulement en me rasant !"


Question subsidiaire : à quoi pensait Bourguiba, tous les matins en se rasant ?


J.C

12 juin 2007

Un an de croissance sur le blog !


Voici un graphique et un tableau qui se passent de commentaires trop longs ...
Cliquer sur l'image pour l'agrandir, si nécessaire. Et admirez au passage le nouveau "design" offert par le logiciel "sitemeter" qui comptabilise les visites - en parallèle à "NeoCounter" installé il y a quinze mois, et qui donne la ventilation par pays d'origine des visiteurs ... les petits drapeaux qui s'empilent sur la colonne de droite.
Ce graphique et ce tableau vous donnent les statistiques détaillées (nombre de visites / nombre de pages ouvertes) de mai 2006 à mai 2007 : une audience multipliée d'un facteur 3,5, cela encourage à persévérer, et à faire encore mieux.
Merci pour votre fidélité aux visiteurs maintenant fidélisés, et qui constituent quelques 20 % des 120 à 150 "hits" quotidiens. Merci à celles et ceux qui découvrent cette adresse, et peut-être en même temps l'émission "Rencontre", en espérant les avoir prochainement à l'écoute, un prochain dimanche matin.

A toutes et tous, je donne rendez-vous dans quelques semaines pour un ou plusieurs articles où je rappellerai les nombreuses fonctionnalités de ce blog, la plupart du temps ignorées par les Internautes.

J.C

11 juin 2007

Législatives en banlieue (suite)

J’ai évoqué, à deux reprises (posts du 27 mai et du 3 juin), l’émotion soulevée par la candidature de Djamel Bouras sous les couleurs du « Modem », en Seine-Saint-Denis. Ne pouvant pas tenir ce blog comme je le ferais d’un journal - si j’étais un chroniqueur professionnel et à plein temps ! - je ne vous ai pas, en temps réel, fait part de la plaidoirie « en défense » de l’intéressé, qui a rencontré des responsables locaux de la communauté juive le mardi 5 juin, dont le président des C.C.J mon ami Sammy Ghozlan, qui en a immédiatement informé le maximum de journalistes et responsables par mail circulaire.

Djamel Bouras a, par ailleurs, pu s’exprimer au micro de mon confrère de Radio J, Michel Zerbib, ce jeudi 7 juin. Bernard Koch, responsable du site « diasporablog » (en lien permanent) en a donné une retranscription complète que vous pourrez lire ici. Autant de publications qui ont entraîné à leur tour une avalanche de mails de commentaires (dont j’ai eu à nouveau le bonheur de me retrouver en copie !) et qui, pour beaucoup, doutaient de la sincérité du « mea culpa » de l’ex-judoka, souhaitant une prise de position sur un media non communautaire pour plus de crédibilité.

Dont acte. Je ne me permettrais pas de trancher, ayant cependant (et par un minimum de déontologie) transmis ces dernières informations à propos d’une affaire traitée ici « à charge » uniquement.

Moins discutable, en tout cas, le caractère ouvertement communautariste de la candidature de Faouzia Zebdi-Ghorab, dont j’ai reproduit l’affiche en illustration ... Candidate sous les couleurs de « Résistance citoyenne » dans la quatrième circonscription des Hauts de Seine (lien sur le site), elle combat ouvertement la loi de mars 2004 prohibant le port ostentatoire des signes religieux à l’école, loi qualifiée de « liberticide » !

Petit post-scriptum :

Le Ministère de l’Intérieur ayant publié les résultats officiels pour toutes les circonscriptions, il est donc intéressant d’examiner les scores obtenus par ces deux candidats « de la diversité » (« mot-valise » pour désigner les Français d’origine maghrébine ou africaine) :
- Dans la 2ème circonscription de la Seine-Saint-Denis, le candidat du Modem a obtenu 9,57 % des voix ; ce n’est pas ridicule, compte tenu de la contre-performance du globale du parti de François Bayrou en ce premier tour des législatives, mais ce n’est pas tellement plus que pour d' autres candidats présentés sous les mêmes couleurs, partout ailleurs en France ; moralité, malgré sa notoriété médiatique et sa popularité chez les jeunes beurs, l’ex-judoka n’a pas drainé de « vote ethnique ».
- Dans la quatrième circonscription des Hauts de Seine, la candidate voilée jouant ouvertement la carte du communautarisme n’a rassemblé que 1,99 % des voix : encore un échec de ce genre de démarche, dans une circonscription (Puteaux), où pourtant la population d’origine maghrébine est nombreuse.

J.C

10 juin 2007

Colloque de Tunis 7, 8 et 9 mai 2007, 3 : encore des photos !

A la tribune, le Professeur M'Hamed Hassine Fantar,
titulaire de la Chaire Ben Ali pour le Dialogue
des Civilisations et des Religions
Arrivée (deuxième à partir de la gauche)
du Professeur Lazhar Bouaouni, Ministre tunisien de l'Enseignement Supérieur

Monseigneur Marouan Lahham, Evêque de Tunis

Ofer Bronchstein, Président du 
Centre International pour la Paix

Sonia Fellous, Chargée de Recherche au CNRS

Le Professeur Christian Lochon
qui a déjà été deux fois l'invité de "Rencontre"

Robert Bismuth, Président du Comité de Coopération
Marseille Provence Méditerranée
 
Et voici encore des photos du colloque de Tunis ... celles-là, de meilleure qualité que celles de mon reportage précédent, ont été prises par le photographe accrédité !


Mille merci à Imed Ben Abderrahim, le jeune et dynamique administrateur de la "Chaire Ben Ali pour le Dialogue des Cultures et des Civilisations", qui m'a envoyé de nombreux clichés par mail. Bien difficile de faire un choix ... mais ces portraits vous donnent, sûrement, une idée de la diversité des intervenants au cours de ces trois journées, très riches en enseignements et en rencontres.

J.C

Colloque à Tunis, 7, 8 et 9 mai 2007, 2 : mon intervention



Photo officielle prise à la tribune, lors de ma présentation (9 mai 2007)

Introduction :
Rassurez-vous, je vais vous épargner la publication intégrale de ce « papier » qui sera publié, normalement, dans les actes du colloque ... Juste quelques extraits, et un petit rappel en guise d’introduction. Mon exposé portait sur la série radiophonique « Rencontre », cette production originale dédiée à la connaissance du Monde musulman sur la fréquence juive de Paris, mi-enquête à la France Culture, mi-passerelle ayant permis de maintenir sur les ondes des espaces de dialogue. Je publie donc ici le début de mon intervention, où j’ai évoqué mon émotion de revenir là-bas, et la fin, où j’ai cité tous les invités tunisiens reçus au fil des années à mon émission, ainsi que mon admiration - sincère - pour l’ouverture d’esprit des Tunisiens. Bonne lecture !
J.C


« Monsieur le Président, Monsieur le Professeur Fantar, Mesdames, Messieurs,

Avant de vous lire cette rapide présentation de la série radiophonique que j’ai l’honneur de produire sur les ondes de la bande FM, à Paris, je voudrais vous faire part de ma reconnaissance pour l’invitation de la Chaire Ben Ali, et de mon émotion particulière d’être ici parmi vous.

Reconnaissance, car je me sens un peu gêné de prendre la parole dans cette assemblée, où sont venus d’éminents experts en matière de sociologie, d’histoire des religions ou de philosophie. Expert je ne le suis pas, mon seul domaine d’expertise étant purement technologique et correspondant à ma formation et à mon travail d’ingénieur. Mais homme de bonne volonté, je pense l’être un petit peu, ayant œuvré de façon bénévole dans ma communauté depuis une trentaine d’années, et plus particulièrement, donc, comme journaliste producteur d’une émission de la radio « Judaïques FM », émission qui essaie, au-delà de l’actualité brûlante ou des préjugés, de faire mieux connaître le monde musulman. Ce fut donc un vrai plaisir que de pouvoir entendre ici plusieurs participants venus de nombreux pays, je le ressens en tout cas avec le même bonheur que celui que j’éprouve en recevant, à notre radio d’éminents hommes de foi, historiens, écrivains, journalistes, personnalités de la vie politique ou de la société civile.

Reconnaissance donc, mais avant tout émotion : en venant en Tunisie pour quelques jours, j’ai tout à fait l’impression de « revenir à la maison » : je suis en effet natif de ce beau pays, et vous savez combien les années n’effacent pas les premières émotions de l’enfance, lorsque l’on découvre la vie à travers un ciel, des paysages, des odeurs, une atmosphère que l’on n’oublie jamais. Né dans une vieille famille judéo tunisienne, j’y ai vécu jusqu’au baccalauréat préparé au Lycée Carnot de Tunis, et après avoir expérimenté - mais sans le deviner - ce qui constitue le bel idéal de la chaire Ben Ali : le dialogue des civilisations et des religions était une réalité dans la ville cosmopolite où j’ai grandi, où les enfants musulmans, juifs et chrétiens venaient recevoir en partage à la fois la culture française et un savoir vivre ensemble exceptionnel. Deux clins d’œil, à ce sujet : ma première émission le 15 mai 1997 - nous fêtons donc ce mois-ci nos dix ans - avait pour invité le président et la trésorière de l’Association des Anciens Élèves du lycée Carnot de Tunis, un juif et une musulmane ; et j’ai consacré il y a trois ans une émission à un livre magnifique, « Les lycées français du Soleil », où sont racontés les souvenirs des anciens élèves ou professeurs illustres d’Algérie, du Maroc ou de Tunisie : combien leur témoignage est précieux, et combien on aimerait voir prise en exemple cette émulation, cette sélection par le haut, alors que les écoles françaises n’arrivent plus à intégrer à la République de trop nombreux jeunes issus de l’immigration, en particulier maghrébine !
(...)
Je parle donc de pays un peu lointains, mais je m’aperçois que j’ai évoqué aussi la Tunisie, ce pays qui n’est pas pour moi, dans le fond, «à l’Étranger » comme je vous le disais en introduction. Il m’est vraiment agréable d’évoquer ici les personnalités nées ici et avec qui j’ai eu l’honneur de dialoguer : le brillant Abdelwahab Meddeb, auteur d’un ouvrage de référence, « l’islamisme, la maladie de l’islam » ; le très grand Albert Memmi, qui a tellement réfléchi sur les relations entre Juifs et Arabes et rêvé de les voir plus apaisées ; le philosophe Mohamed Talbi, doyen de l’université de Tunis ; le député Pierre Lellouche ; des représentants, donc, des anciens élèves du Lycée Carnot ou de l’association « Arts et traditions populaires des Juifs de Tunisie » ; et puis bien sûr, bien sûr, je voudrais lui rendre hommage ici, mon ami Mezri Haddad, philosophe et théologien rigoureux qui s’est engagé, avec beaucoup de courage à mon micro et si souvent par écrit, contre la barbarie obscurantiste. Mezri a déjà été trois fois mon invité ! Et enfin, je ne voudrais pas oublier plusieurs universitaires tunisiens de la Faculté de Tunis Manouba, le professeur Kazdaghli, le professeur Chater, qui travaillent dans le cadre de la « Société d’Histoire des juifs de Tunisie », une magnifique société savante laïque et internationale qui étudie les archives de ma communauté, cette communauté dispersée mais encore tellement vivante par sa mémoire. Un de mes plus grands bonheurs aura été de réaliser en commun avec la radio « Beur FM », deux émissions à propos d’un colloque de cette société tenu à La Sorbonne il y a deux ans.

Monsieur le Professeur Fantar, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, arrive donc la fin de cette présentation et je la finis par la Tunisie évoquée en introduction. Voyez-vous, j’ai été amené à lire des dizaines d’ouvrages dont il a été question dans mon émission qui tient plus, vous l’avez compris, de France Culture que de France Info comme référence radiophonique. Et au bout donc de dizaines de livres et de centaines d’articles lus je me suis demandé : « pourquoi ? » Pourquoi la Tunisie a-t-elle eu la chance d’éviter les soubresauts qui ont ravagé des pays voisins ? Pourquoi la Tunisie conserve-t-elle, même si elle est bien amoindrie, une minorité juive qui est rejointe en ce mois de pèlerinage par des milliers d’originaires, qui viennent et reviennent à la « Ghriba » de Djerba ? Pourquoi, alors qu’ailleurs, une partie du passé est occultée, ici des universitaires ont le grand mérite d’étudier d’autres religions ou de s’intéresser au passé des minorités ? Les historiens qui ont étudié le grand naufrage moral de la nation allemande après la première guerre mondiale, ce naufrage qui a produit le nazisme, provoqué une autre guerre et permis la Shoah, ont décrit presque tous un vertige identitaire, un doute mortifère lorsque rien de solide ne paraissait résister à la défaite, et à la crise économique. Lorsque l’on n’est pas sûr de soi et de sa valeur, la haine de « l’autre », vécu comme un miroir insupportable de son propre échec, apparaît comme le seul exutoire. En contraste, l’unité nationale jamais démentie de la Tunisie, la profondeur des racines de ce petit pays qui a su assimiler ses envahisseurs sans jamais perdre son âme, ses succès économiques qui doivent tant à des choix intelligents faits dès l’Indépendance, tous ces atouts lui permettent d’aborder sans crainte une mondialisation tranquille. La main tendue de la Tunisie, vers les Juifs comme vers les Chrétiens, témoigne de sa confiance en elle-même, et en fait, sans nul doute, un acteur qualifié pour parler du « dialogue des religions et des civilisations », sans doutes le plus grand défi pour le siècle qui commence.

Je vous remercie. » 

Jean Corcos

08 juin 2007

Colloque à Tunis, 7, 8 et 9 mai 2007, 1 : mon photo-reportage

A la tribune, deux éminents orientalistes, les Professeurs Paul Fenton et Tony Lévy
Le Grand Rabbin de la Région Provence,Charles Bismuth, faisant un exposé sur
"La foi et la raison selon la traditionà travers Maïmonide"
Au premier rang de l'assistance, onreconnait au centre le Professeur Mohamed Arkoun,qui fit une présentation remarquable

L'ouverture du colloque par le Ministre tunisien de l'Enseignement Supérieur,
de la Recherche et de la Technologie

La magnifique piscine de l'Hôtel : hélas, des sessions bien remplies et une
météo moyenne m'ont empêché d'en profiter !

L'Hôtel El Mouradi est situé dans lecadre verdoyant de Gammarth,
station balnéaire au nord de Tunis

Je vous reparle donc, comme promis, du colloque tenu à Tunis il y a quelques semaines sous l'égide de "La Chaire Ben Ali pour le Dialogue des Civilisations et des Religions", à l'Hôtel El Mouradi de Gammarth (voir mon article du 10 mai sur le blog).


Voici d'abord, donc, un petit photo-reportage.


On s'en veut toujours de ne pas avoir eu le temps de prendre plus de photos intéressantes. Et le temps a filé tellement vite entre les exposés des quelques 75 intervenants, et les conversations bien intéressantes avec certains conférenciers - dont certains ont été, ou seront mes invités - que je réalise qu'il manque une photo souvenir de moi en compagnie de quelques personnalités ... ce sera pour la prochaine fois, en tout cas je conserve un souvenir vraiment agréable de ce bref séjour "de retour au Pays" !

J.C

07 juin 2007

Pourquoi les Arabes doivent se débarrasser de Khaled Meschaal : un point de vue original d'Isabelle-Yaël Rose

Khaled Meschaal quittant le bureau
du Vice-Président syrien, 31 mai 2007 (photo A.P)

Le Moyen-Orient, comme l’Afrique ou l’Amérique du Sud, est une région violente : la vie d’un homme n’y vaut pas grand chose. Il se trouve en effet de nombreuses personnes qui pour quelques dollars - des sommes insignifiantes aux USA ou en Europe - sont prêtes à tuer utilisant mitraillettes, pistolets, ou bombes. Parfois, des moyens plus sophistiqués qui feront passer la mort pour un accident parmi tant d’autres. Tel est le quotidien du Moyen-Orient, où les hommes tombent comme des mouches. Pas seulement les hommes : la main assassine n’épargne pas les femmes et les enfants.
Actuellement, le Moyen-Orient compte ce que les diplomates appellent « trois points chauds » : l’Irak, le Liban, et Gaza. Mais rien n’indique que ces « trois points chauds » ne finissent par contaminer toute la région, et un jour l’Europe ; les actions terroristes ne connaissent pas de limites dans l’espace ou dans le temps - tel est le grand enseignement des attentats de Madrid et de Londres. Aussi, il devient urgent d’appliquer certaines mesures de précaution. Pour la stabilité de la région. Plus encore : pour la stabilité du monde. Mais pour parvenir à appliquer ces mesures urgentes de précaution, encore faut-il pouvoir espérer une entente minimale entre les acteurs locaux, les acteurs internationaux, et le nerf de la guerre : les centres de financement.
La semaine dernière, Khaled Meschaal, « chef politique » du Hamas, a fait une déclaration à un journal britannique : les attaques sur Sdérot doivent se poursuivre quelque soit le prix à payer par les habitants de Gaza. Dans le principe, rien de nouveau : il s’est toujours trouvé des leaders politiques pour sacrifier leur propre peuple à leur seule ambition - les Arabes n’ont pas le monopole. Ce qui est en revanche formidable, c’est le lieu à partir duquel Khaled Meschaal a fait sa déclaration : de sa retraite confortable syrienne. En gros, les Palestiniens n’ont qu’à faire le boulot, s’exposant aux représailles israéliennes - sacrifiant hommes, femmes et enfants - tandis que lui attend tranquillement. Pendant ce temps, il tire les ficelles de la guerre déclarée entre le Hamas et le Fatah, et puis une fois qu’Abou Mazen et Haniyé auront été liquidés - que ce soit au sens propre ou au sens figuré n’a aucune importance : l’important est qu’ils soient liquidés - Khaled Meschaal pourra, tel le sauveur tant attendu, sortir de son repaire. Mais d’abord, aux autres de travailler. Aux autres de s’entretuer. Meschaal ne quittera la Syrie que lorsque le champ sera libre : une fois que sa précieuse vie sera en sécurité. Drôle de leader politique qui encourage les siens à s’entretuer, pour lui faire la place libre, tandis que lui reste caché, planqué, bien en sécurité. Cela ressemble furieusement à Yasser Arafat qui profitait de son séjour en Tunisie pour envoyer le peuple palestinien en première ligne contre Israël. Du Liban, de la Jordanie, de la Syrie, de Gaza, des « Territoires occupés ». On ne peut qu’être admiratif devant un tel cynisme. Et on ne peut qu’être désolé au spectacle de ces hommes qui se massacrent pour le bénéfice d’un autre. Au moins, Arafat était un « combattant », dans la terminologie arabe. Du moins, au commencement.

Mais ce n’est pas seulement à Gaza ou en Cisjordanie que Khaled Meschaal tire les ficelles dans l’ombre. On peut aussi lire sa signature en Syrie ou au Liban. Jusque dans de tous récents événements. Que peut faire Bashar El Assad ? En vérité, pas grand chose. Il est coincé entre l’Iran et les organisations terroristes palestiniennes - et autres - qui sont installées sur son territoire. Lesquelles, à défaut de mettre en danger son pouvoir (mais allez savoir ?), lui imposent de grandes restrictions. On se rappellera en effet de ce qui s’est passé quand le Roi Hussein de Jordanie a voulu les expulser : tout simplement une guerre, où la vie du Roi lui même était en danger. Certes, la Syrie n’est pas la Jordanie : les Palestiniens ne revendiquent pas le pouvoir dans le pays. La seule chose qu’ils revendiquent : pouvoir utiliser le territoire au gré de leur volonté. Comme au Liban. Et l’on vient de voir ce qui se passe quand un président entend expulser des organisations terroristes de manière à récupérer sa souveraineté - pleinement. Aussi, voilà ce qui guette la Syrie, à moins qu’il ne soit déjà trop tard : devenir un Liban.

Aussi, de deux choses l’une : soit Assad est effectivement, comme il l’a déclaré dernièrement, le chef dans son pays. Auquel cas il doit expulser Meschaal immédiatement. Parce que Meschaal est en train de détruire Gaza, la Cisjordanie, le Liban, mais aussi, à long terme ... la Syrie. Si la Syrie tombe, nous assisterons de nouveau à une guerre, dont personne ne peut prédire la portée, dans le Moyen-Orient. Avec un Irak à feu et à sang, un Liban qui boite des deux jambes, une Égypte qui soulève des inquiétudes, un Iran qui prétend gouverner la région, le monde ne peut pas se permettre un écroulement de la Syrie. Impensable. Hors de question.
Soit, Assad n’a pas sa liberté d’action dès que l’on touche à la question « Khaled Meschaal » et aux « organisations palestiniennes » qui ont fait leur nid en Syrie. Jusqu’à infiltrer les institutions garantes de la stabilité de la nation. Si tel est le cas, c’est une catastrophe. Parce que Khaled Meschaal continuera à allumer des feux à Gaza, en Cisjordanie, au Liban - en fait, partout où il le pourra. Jusqu’en Syrie et en Jordanie. Jusqu’en Europe.

Les Arabes doivent se débarrasser de Khaled Meschaal. C’est dans leur intérêt. Mais il y a fort à parier qu’ils ne parviendront pas seuls à faire ce que le bon sens commande de faire. D’où deux questions :
- l’ONU s’apprête à faire un procès à la Syrie à propos de l’assassinat de Rafik Hariri. Elle cherche les preuves qui l’impliquent pour remonter jusqu’à elle. Attend-elle l’assassinat d’Abou Mazen, d’Haniyé, de Dalhan - de centaines de Palestiniens - pour faire un procès à Khaled Meschaal ? Sans doute l’Onu craint-elle pour son personnel. Si tel est le cas, qu’elle la ferme.
- Il existe un Tribunal International de la Haye. Lequel s’est rendu célèbre avec le pathétique procès de Milosevic. Les déclarations de Meschaal, qui appellent les Palestiniens de Gaza à continuer de lancer des roquettes sur Israël, sont-elles légales ? Dit autrement : Meschaal ne se rend-il pas coupable de tentative d’assassinat sur le peuple palestinien en l’incitant au terrorisme qui provoquera infailliblement la riposte d’Israël ? Et qu’en est-il de son implication dans les affrontements entre le Fatah et le Hamas ? Entre les groupes armés ? Ce serait tout de même le diable si un Tribunal ne voyait pas ce que le simple vendeur de patates comprend en regardant sa télé.

Le sang des Palestiniens est sur la tête des pays Arabes. Il est sur la tête des Institutions Internationales et du monde entier. La lâcheté n’a jamais protégé aucun pays du terrorisme - pas plus qu’aucun particulier. Meschaal doit donc être expulsé de Syrie : que je puisse tranquillement arpenter les rues de Damas sans risquer de buter sur lui, au risque de déplaire à sa majesté.

Jérusalem,
Isabelle-Yaël Rose

06 juin 2007

Un voyage pour la Paix

Les membres du voyage sur la place du Trocadéro,
Paris, 3 juin 2007 Photo J. Ayissi, AFP

Le quarantième anniversaire de la Guerre des Six Jours nous aura valu une collection d’articles, dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’incitent ni à l’optimisme quant à la fin du conflit (les sites israéliens ou communautaires, de droite ou de gauche s’accordent là dessus), ni même à un espoir d’embellie pour les relations franco-israéliennes malgré le changement de Président ici (tant certains médias s’acharnent à diaboliser l’État juif par tous les moyens).

Restent, heureusement, de nobles initiatives comme ce « Voyage pour la Paix » qui a conduit à Paris de jeunes enfants, dix Palestiniens et dix Israéliens, pour témoigner que la coexistence est possible, et qu’ils croient encore à la réconciliation.
Cliquer sur ce lien
http://www.levoyagepourlapaix.com/main.html pour en savoir plus sur les différentes manifestations programmées cette semaine, avec le concours à la fois de médias (notre consœur Radio RCJ et Beur FM, cette dernière toujours impliquée dans ce genre d’initiatives - mais aussi LCI ou la chaîne d’info israélienne Infolive TV, en lien permanent), des institutions nationales comme le Sénat ou la Mairie de Paris, voire même des sponsors comme la FNAC ou Disneyland ... Mobilisation aussi de personnalités du « Show biz » comme Michel Boujnah, Emmanuelle Beart, Smaïn, la révélation de la « Star-Ac » Sofiane ou l’acteur Yvan Attal, et beaucoup d’autres !

Un seul regret, mais ce sera peut-être réparé la prochaine fois ... que notre radio n’ait pas été d’avantage associée à ce beau projet.

J.C

05 juin 2007

Le 5 juin 1967, à Tunis il y a quarante ans

Sefer Thora brûlé, Tunis 1967 (documentation Freddy Galula)

Les médias vont le rappeler abondamment cette semaine, c’est le quarantième anniversaire de la Guerre des Six Jours. Et sans préjuger de ce que l’on pourra lire ou entendre, ici ou là, je m’attends à nouveau au choc de deux mémoires.

- La mémoire « officielle » des peuples européens, à qui l’on ne rappelle (presque) jamais les circonstances de l’attaque israélienne le 5 juin 1967 au matin, alors que le pays était encerclé de toutes parts et menacé d’extermination par des foules arabes en transe : blocus maritime du détroit de Tiran, coupant les liens de l’État juif vers l’Asie (et à l’époque, l’approvisionnement en pétrole venant ... d’Iran) ; départ (à la demande de Nasser) des troupes de l’ONU faisant tampon dans le Sinaï, puis arrivée de divisions blindées égyptiennes près de la frontière ; volonté de revanche sur la défaite de 1956, exacerbée par dix ans de propagande ; refus de la France du Général De Gaulle de se joindre à une tentative internationale de briser le blocus ; et enfin (deuxième coup de couteau dans le dos, alors même qu’il n’y avait ni guerre, ni « territoires occupés »), embargo sur les armes à destination d’Israël décrété le 1er juin ce qui - faute de pièces détachées - risquait de rapidement clouer au sol l’aviation de Tsahal (à l’époque, mais tout le monde l’a aussi oublié, essentiellement de fabrication ... française !).

- La mémoire juive, dans toutes les Diasporas et singulièrement pour les minorités subsistant encore en terre arabe, qui voyaient en une sinistre résonance, à la fois le souvenir proche de la Shoah - avec les propos du leader de l’O.L.P, Ahmed Choukeiry, disant que « en cas de conflit, il ne subsisterait guère de survivants juifs en Palestine » -, et la peur de pogroms là où ils vivaient. Oui, Israël avait attaqué le premier car il risquait d’être submergé par un monde arabe réclamant unanimement (à l’époque) sa destruction, oui ses frontières étaient presque indéfendables (et les bombardements de Sderot ces dernières semaines et du Hezbollah libanais l’année dernière rappellent son manque de profondeur stratégique). Et si, à l’époque, les opinions publiques le comprenaient fort bien, 40 ans de regards biaisés et de propagande l’ont fait oublier. Un livre de Raphaël Delpard ("la Guerre des Six Jours : la victoire et le poison"), sorti pour cet anniversaire, vient à point pour rappeler un certain nombre de vérités !

Ayant 16 ans alors, je me souviens avoir vécu - à distance, heureusement - les émeutes anti juives de Tunis comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Bénéficiant de vacances à rallonges (le lycée étant traditionnellement fermé dès le mois de juin pour permettre les épreuves du baccalauréat), je suivais - en maudissant les piles faiblardes de mon transistor - le début de la guerre au Proche Orient, m’inquiétant plus en fait pour le devenir immédiat d’Israël (on ne savait pas très bien qui avait attaqué ce lundi 5 juin, à l’aube, et les radios arabes rivalisaient dans les communiqués de victoire) que pour ma propre communauté. Je me souviens donc de notre stupéfaction lorsque nous avons appris qu’une foule déchaînée avait mis à sac la Grande Synagogue, brûlé des commerces juifs en centre ville, avant de s’en prendre successivement aux Ambassades de Grande Bretagne et des Etats-Unis ! Je me souviens de « l’évacuation » de ma grand-mère, qui vivait dans le quartier Lafayette où venait juste de passer cet ouragan, et qui était venue dormir chez nous. Je me souviens avoir entendu, distinctement sur une radio française « Ce soir à Tunis, les Juifs ont peur », et avoir éprouvé la bizarre impression que l’on parlait aussi de moi : de ce moment précis date mon engagement personnel, et mon refus de subir l’Histoire sans réagir. Je me souviens enfin (et cela éclaire un autre engagement, mais qui est venu plus tard), qu’il y a eu aussi des « justes » dans le peuple tunisien après ces évènements qui leur faisait honte : des amis musulmans qui nous ont appelés pour nous proposer de « passer la nuit chez eux, à l’abri » ; et le Président Bourguiba, qui condamna immédiatement à la radio les pogromistes, et envoya l’armée pour sécuriser la capitale, après ce qui (mais on ne l’apprit qu’ensuite) apparut comme une provocation montée par une Ambassade arabe - celle d’Irak, déjà l’Irak !

Pourquoi le nier ? Cette terrible journée m’a marqué, longtemps, gravant dans ma mémoire un fort ressentiment pour l’ensemble de la Tunisie, alors que cette abjection fut le fait de quelques centaines d’émeutiers. Il m’a fallu des années pour revenir sur cette rancœur, les évènements vécus plus de trente ans après en France (avec un manque de solidarité effrayant de la part de la majorité de mes compatriotes), y ayant fortement contribué ...

Il ne reste pratiquement aucune photographie disponible sur la Toile de ce pogrom du 5 juin 1967 à Tunis, hormis l’image de ce « Sefer Thora » brûlé dans la Grande Synagogue de Tunis, que j’ai mise en illustration. Je l’ai trouvée sur le site « Harissa.com » dont je vous parlais il y a deux jours. 

Également sur le même site, deux témoignages émouvants, que je vous invite à lire en liens :

- Le témoignage d'Alain Madar


Jean Corcos


04 juin 2007

Un été à La Goulette ou quelques moments de bonheur ...

Photo tirée du film "Un été à La Goulette" de Ferid Boughedir (Tunisie, 1996)

Mon Dieu, comme ces trois jeunes filles sont jolies ! Se dorant au soleil, rêvant encore au Prince charmant, elles vivent quelques moments de bonheur en ne réalisant pas que le vent de l'Histoire viendra, très vite, balayer la brise du bord de mer. La Juive, la Musulmane et la Chrétienne fille de pêcheur sicilien, toutes trois sont les héroïnes du film "Un été à La Goulette" du réalisateur tunisien Férid Boughedir.

L’histoire du film mêle une fiction (le serment de trois copines jurant de perdre leur virginité en même temps, et créant un « remake » de Roméo et Juliette à la puissance trois en s’amourachant de trois jeunes gens tous d’une religion différente à la leur), à un arrière plan historique que j’ai parfaitement vécu, étant le contemporain exact des trois jeunes filles, obligé de quitter la Tunisie à l’heure du départ des minorités - et de l’effacement définitif de la communauté juive au lendemain de la Guerre des Six Jours.

Si le thème du mariage mixte est un classique du cinéma (ainsi "Mauvaise foi", évoqué sur le blog), Ferid Boughedir a eu le courage de traiter d’un sujet volontiers ignoré dans la mémoire tunisienne, à l’exception de quelques historiens dont certains furent mes invités à la radio (lire ici). L’année du film (1996) fut aussi une année de grand espoir pour le rapprochement avec la Tunisie, puisque ce pays échangea des « bureaux d’intérêts » avec Israël, où se rendit même le cinéaste tunisien pour présenter son film. Ces relations furent rompues en 2000 au moment où éclatait la deuxième Intifada, mais on ressent une timide volonté de rapprochement dont j’ai souvent parlé sur le blog.

Pour ceux qui voudront revivre des années d’enfance à La Goulette, et même entendre le bruit de la mer, voir un court métrage tout à fait charmant !

J.C

03 juin 2007

Djamel Bouras et les législatives, suite

Décidément, l’investiture de Djamel Bouras par le Mouvement Démocrate dans la deuxième circonscription de Seine-Saint Denis n’en finit pas de faire des vagues.

Je reproduis, d’abord, le communiqué publié le 31 mai dernier par la LICRA :

La LICRA tient à marquer son étonnement, sa stupéfaction et son incompréhension devant l’annonce par le nouveau courant centriste de François Bayrou, le Mouvement Démocrate, de la candidature aux Législatives (en Seine-Saint-Denis) de M. Djamel Bourras sous l’étiquette du MoDem.
La LICRA croyait partager avec le dirigeant du MoDem des valeurs républicaines communes, à savoir la laïcité, le refus des communautarismes, la défense de l’égalité entre homme et femme, le rejet de l’antisémitisme.
La LICRA tient à rappeler à M. Bayrou, membre du comité d’honneur de la LICRA, s’il ne le savait pas, que M. Bourras fut un soutien actif de la liste Euro-Palestine en 2004 et récemment de M. Dieudonné, a défendu le droit d’émettre en France de la chaîne du Hezbollah, Al-Manar, a contesté la légitimité de notre République à légiférer sur les signes religieux à l’école publique, a préféré dédier sa médaille olympique en 1996 à « tous les musulmans du monde » plutôt qu’à la nation qu’il représentait.
La LICRA regrette qu’un membre de son comité d’honneur soutienne, en parrainant la candidature de M. Bourras, des prises de positions contraires aux valeurs de la démocratie française.


J’ai reçu d’un jeune blogueur, Olivier, nouvel adhérent du Mouvement de François Bayrou, un mail où il me signale qu’il a interpellé (sans grand succès) le directeur de campagne de Djamel Bouras, en mettant également en ligne une pétition : visitez son blog.

Reçu également le lien vers la vidéo, très instructive, du face à face entre Max Gallo et Djamel Bouras dans l’émission « Tout le monde en parle » (série disparue de France 2, produite par Thierry Ardisson) : cliquer ici. C’était en février 2006 : 15 mois après, d’une manière peu surprenante dans le fond, le premier s’est rallié à Nicolas Sarkozy ; tandis que le deuxième est soutenu par un parti politique qui tend, de plus en plus, à se définir comme le grand rassemblement des « anti-Sarko » qui ne sont pas de gauche ... A noter, aussi dans ce débat, l'appui résolu de l'ex-judoka à Dieudonné, avec un argument d'une infinie mauvaise foi : non, ce n'est pas seulement un sketch douteux de ce dernier (lors d'une émission de Fogiel), qui a motivé sa censure sur les plateaux télés ; Dieudonné a tenu, à plusieurs reprises, des propos ouvertement antisémites, qui ont d'ailleurs été condamnés par la Justice.

J.C

Harissa.com, « the » site tune de référence !


Impossible de démarrer ce « mois de la Tunisie » sans d’abord faire découvrir aux internautes - qui ne le connaîtraient pas encore - le site de référence incontournable des « Tunes », « harissa » ... cliquer d'urgence sur ce lien !

Quelques rappels, d’abord.

L’harissa, purée de piments rouges - plus ou moins piquante, selon sa concentration - n’est plus vraiment une denrée exotique en France, maintenant que le « choc des cultures » est devenu une réalité quotidienne dans les assiettes, y compris dans les cantines à l’heure du déjeuner. Mais si nos compatriotes en connaissent la version liquide, arrosant le couscous plus ou moins authentique qu’ils dégustent à l’occasion, sa version solide (fraîche en pot de verre, industrielle en tube ou en boite de conserve (voir illustration) leur est moins familière. Pour les originaires du Maghreb - et particulièrement de Tunisie -, elle sert de condiment obligé pour accompagner grillades ou volailles ; avouons tout ici, l’harissa occupe sur ma table familiale la place de la moutarde pour les Français moyens ...

Mais l’harissa a servi aussi de titre au site de référence des « Tunes », dont il me faut donner la définition : les Juifs originaires de Tunisie se sont en effet attribués cette appellation (quand ? encore un mystère), et se reconnaissent dans des articles, sites Internet ou livres de mémoire, alors même que les vents de l’Histoire ont dispersé leur communauté pour les faire atterrir, en majorité, en France et en Israël. Le site « harissa.com » joue, à ce titre, un rôle indispensable pour préserver vivantes leur mémoire, et leur nostalgie du pays perdu. En allant en haut de la page d’accueil, vous découvrirez facilement les liens vous conduisant à toutes les facettes de ce patrimoine séculaire : coutumes, culture, galeries photos, histoire, souvenirs ... sans oublier « la bouffe » qui a toujours joué un rôle disproportionné dans l’identité judéo-tunisienne : sans les Tunes, les restaurants et traiteurs cacher de Paris n’auraient jamais eu ce lustre unique au Monde, une des rares facettes heureuses, hélas, d’une communauté juive en plein désarroi !

J.C

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01 juin 2007

C'est le mois de la Tunisie sur le blog

Armoiries de la Tunisie

Amis Internautes, lecteurs réguliers ou occasionnels, voici venu le deuxième « mois à thème » de mon blog. Nous continuons ensemble le « tour du monde musulman » qui comprendra, je l’espère, de nombreuses et riches étapes ... et prendra sans doutes plusieurs années !

Au mois de mars, c’était je vous le rappelle « Le mois de la Turquie » - cliquer sur le lien pour découvrir, ou redécouvrir ce dossier.

Je consacrerai ce mois de juin à la Tunisie. Un pays qui n’est pas, pour moi, une terre étrangère, puisque né dans une vieille famille judéo-tunisienne, j’y ai passé mon enfance et le début de mon adolescence, jusqu’au baccalauréat, passé au célèbre Lycée Carnot de Tunis (autre article à venir, bien sûr). Un pays aussi où j’ai eu la chance de retourner dernièrement, à l’occasion d’un colloque où j’ai été invité (lire sur le blog) : je reviendrai sur cette manifestation, avec en particulier un petit reportage en photos.

Mais au-delà de la nostalgie et de souvenirs personnels, j’essaierai de publier quelques documents vous aidant à mieux connaître cette petite nation du Maghreb, de la façon la plus objective possible. Ce ne sera pas forcément facile, vu mon « faible » naturel pour ma terre natale. Mais il faudra aussi rendre compte de la réalité vécue par ma Communauté dans le passé, car tout n’a pas été rose ; ce mois-ci, en particulier, le quarantième anniversaire de la Guerre des Six Jours réveille des souvenirs douloureux, dont je vous parlerai aussi.

Merci d’avance pour vos prochaines visites à l’occasion de ce dossier spécial. A noter, enfin, que en cliquant sur les libellés « Tunisie » en fin d’article, vous pourrez déjà lire ou relire les articles déjà publiés sur ce thème dans le blog.

J.C

30 mai 2007

Sarkozy - Ramadan : un débat à revoir

Alors que Nicolas Sarkozy vient à peine d'accéder à la Présidence de la République, il n'est peut-être pas inutile de revoir cet extrait de l'émission "100 minutes pour convaincre" diffusée sur France 2 le 20 novembre 2003 : à ce moment là, la commission Stasi n'avait pas encore (ce fut fait le 11 décembre suivant) remis son fameux rapport préconisant l'interdiction des signes religieux ostentatoires à l'Ecole ; et, justement, le Ministre de l'Intérieur du moment allait interpeller sur ce sujet (et de façon très directe), Tariq Ramadan - le plus roué des dialecticiens islamistes ... Une petite vidéo pour rappeler, donc, que le contentieux entre le nouveau Président et l'islam militant remonte à plusieurs années ... 

A lire aussi sur le blog mon article du 21 mars 2007 intitulé, justement, "Sarkozy et l'islam : feu à volonté"

J.C


29 mai 2007

Christian Delacampagne, in memoriam

Je viens d’apprendre la disparition du philosophe et écrivain Christian Delacampagne le 20 mai dernier, disparition prématurée car un cancer l’a emporté alors qu’il avait 57 ans.

Je dois avouer que j’ignorais son œuvre, qui est tellement riche et diverse. Mais je l’avais vu et entendu pour la première et dernière fois de ma vie, donc, en décembre dernier. C’était lors de la grande soirée tenue à l’amphithéâtre de Science Po., sous l’égide de « L’Appel aux dirigeants européens à la fermeté face à l'Iran » et de l’association « Le Cercle ». En cliquant sur le libellé en fin d’article, vous pourrez découvrir et relire les articles déjà consacrés à l’action de ces intellectuels de toutes origines, qui se sont mobilisés face aux menaces d’extermination lancées contre Israël ; et, en particulier, voir la très belle photo de cet universitaire à la tribune , prise par Irena Elster.

Il est devenu très difficile, hélas, dans l’Europe d’aujourd’hui, d’exprimer publiquement son inquiétude quand à la survie de l’État juif, ou de ne pas se réjouir des déboires américains au Moyen-Orient. Fuyant une ambiance qu’il jugeait de plus en plus étouffante, Christian Delacampagne qui était un fin connaisseur de l’Orient (il avait dirigé les Centres Culturels français du Caire et de Tel Aviv), enseigna de 2002 à 2006 à la John Hopkins University à Baltimore (Maryland). Je me souviens, très précisément, comment il nous avait raconté lors de cette soirée son inquiétude face au sentiment isolationniste qui gagnait de plus en plus l’Amérique, suite au fiasco irakien. Ci-dessous des extraits de son intervention, archivée grâce au recueil publié par « le Cercle », dont j’avais invité le Président à l’une de mes émissions en début de l’année (voir émission du 22 janvier 2007). Des phrases directes, lourdes de sens - et que l’on doit lire, aussi, en hommage à un homme courageux et ami du peuple juif (lire aussi en lien son texte "A un ami Palestinien", publié dans la revue « Commentaires » à l’automne 2001).
« Je sais seulement une chose : pour pouvoir se retirer d’Irak, l’Amérique va devoir, à un moment ou à un autre, engager des négociations avec ces "deux États voyous", ces deux "Rogue States" que sont la Syrie et l’Iran (...)
Des concessions sont peut-être nécessaires ou seront peut-être nécessaires à un moment donné, à une phase donnée de cette négociation future. Mais ne sous-estimons pas, nous autres Occidentaux, deux choses que nous avons bien du mal à comprendre, parce qu’elles sont difficilement compatibles avec notre rationalisme.
D’abord, ne sous-estimons pas la dimension de folie messianique et apocalyptique qui anime les dirigeants iraniens, ou plus exactement cette petite secte issue du chiisme qui a fait main basse sur le régime iranien. Ne sous-estimons pas, en particulier, sa fascination pour la mort.
Deuxièmement, ne sous-estimons pas non plus sa très profonde indifférence pour les infidèles, et en particulier pour la vie des infidèles. Donc, prenons garde à ne pas laisser aller l’Amérique, et encore moins l’Europe, aller trop loin dans la voie de n’importe quelles concessions à l’égard du régime iranien - des concessions trop lourdes, trop maladroites et au surplus irréparables (...) »
Christian Delacampagne

J.C

28 mai 2007

Quelle éducation face au radicalisme religieux ? Dounia Bouzar sera mon invitée le 3 juin

Dounia Bouzar,
photo tirée du site www.siatar-europa.org

Dounia Bouzar est une figure assez connue des téléspectateurs. Anthropologue du fait religieux, ayant une expérience à la fois d'éducatrice et de sociologue, elle s'est penchée depuis plusieurs années sur la question de l'Islam de France à laquelle elle a consacrée plusieurs ouvrages. D'origine à la fois marocaine et algérienne, elle s'inquiète - à juste titre - de l'insertion harmonieuse des jeunes d'origine maghrébine dans notre pays. Après avoir été désignée comme personnalité qualifiée au sein du C.F.C.M (Conseil Français du Culte Musulman), elle en a démissionné avec fracas ... preuve de son indépendance, et de sa personnalité !


Dounia Bouzar travaille actuellement au département "Recherche - Études - Développement" du Centre National de Formation et d’Étude de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Et elle a coordonné l'année dernière un ouvrage collectif rassemblant son vécu pratique au sein de cet organisme, livre qui servira de fil d'Ariane à mon interview : "Quelle éducation face au radicalisme religieux ?" (Éditions Dunod). Disons le tout de suite, il s’agit d’un ouvrage un peu difficile à lire parce qu’il a été écrit à plusieurs mains, si l’on puis dire : on découvre des cas concrets de basculement sectaire de plusieurs jeunes musulmans, et ensuite on a la retranscription des débats entre éducateurs sur les diagnostics et les réponses à leur donner. Ce livre donne aussi, en toile de fond, des rappels sur ce qui alimente le radicalisme musulman dans notre société.


- Comment peut-on définir précisément le terme « radicalisme religieux » ?


- Qu’est ce que ces jeunes ont envie d’entendre quand ils rejoignent des groupes radicaux, et pourquoi se sentent-ils bien à l’intérieur ?


- Comment, pour la citer, « le discours radical fabrique des frontières strictes pour séparer les individus les uns des autres par la religion » ?


Autant de questions que je poserai à Dounia Bouzar dans une émission, je l'espère, bien intéressante !


J.C

27 mai 2007

Djamel Bouras, une très mauvaise pioche pour le MoDem !

Petit rappel, d’abord : en se rapportant au libellé sous son nom en fin d’article, les lecteurs pourront vérifier que François Bayrou n’aura guère été critiqué sur ce blog ; et les différents articles publiés au cours de cette année électorale les auront, je l’espère, convaincu de mon devoir de réserve.

Mais la désignation comme candidat aux législatives en Seine - Saint Denis de l’ex-judoka Djamel Bouras, me force à épingler le tout jeune « MoDem » (« Mouvement Démocrate ») lancé par François Bayrou cette semaine : au mieux, ce choix est une erreur de casting, au pire (s’il fait l’objet d’un appui confirmé), une faute lourde, qui éloignera beaucoup d’électeurs du nouveau parti.

On se reportera en effet à l'article d'Alexandre Sulzer sur le site du « gratuit » 20 minutes : il rappelle que, au-delà d’une solidarité naturelle envers la cause palestinienne, Djamel Bouras a publiquement défendu des organisations terroristes comme le Hezbollah (lire aussi dans les archives du NouvelObs le récit de sa manifestation avec Dieudonné en faveur d’Al-Manar, la télé de l’organisation chiite) ; mauvaise pioche aussi pour le MoDem en matière de symbole contre le communautarisme, lorsque l'on sait que le même Bouras a manifesté pour le port du voile islamique à l’École, en compagnie des pires intégristes.

On notera, enfin, que Patrick Klugman (ancien Vice-Président de l’UEJF, aujourd’hui porte-parole actif du Parti Socialiste et Vice-Président de SOS-Racisme), monte au créneau pour dénoncer quelqu’un qu’il connaît bien : il avait écrit à France 2 pour dénoncer les propos de Djamel Bouras lors d’un numéro de « Tout le Monde en parle » sur France 2, c’était en octobre 2000 soit au tout début de l’Intifada - alors que la communauté juive de France venait de subir une première vague d'agressions. On se reportera à l’article publié sur le blog "antisemitisme.blogspot.com" pour redécouvrir la violence de ses propos.

J.C

25 mai 2007

Coup de pompe à la Knesset !



Le sourire du mois
- mai 2007

Il arrive que les caméras ou les appareils photo soient cruels ... les députés (hommes ou femmes), de gauche ou de droite, israéliens ou de toutes les nationalités, peuvent alors être surpris sous un jour peu flatteur. Rien de bien méchant, d'ailleurs : qui n'est pas épuisé certains jours ? Qui n'a pas envie de bailler aux corneilles, et de bon cœur ? De Ehud Olmert (le premier en haut à gauche) à Meir Sheetrit (la photo du dessous), ces dix honorables membres de la Knesset n'ont sans doutes pas aimé être réunis dans une telle collection. Mais ils n'avaient pas le moindre pouvoir de poursuivre le journal qui l'a publiée, où alors ils se seraient couverts de ridicule dans un État où les citoyens sont particulièrement irrespectueux de leurs élites. Du reste, les scandales se sont tellement succédé dans les plus hautes sphères du pouvoir ces derniers mois, qu'une telle publication semble presque gentille par rapport à ce que l'on peut lire, aujourd'hui, dans la presse israélienne ... et l'actualité, qui n'est pas brillante (avec les bombardements sur Sderot, voir photos sur le blog publiées lundi dernier), n'arrange rien à l'affaire !

Il y a aussi une autre façon de vous faire partager ce "sourire" particulier, où, c'est vrai, j'évoque Israël et pas ses voisins arabes : à quelques dizaines de kilomètres de la Knesset, qui pourrait imaginer de telles photos dans la presse ? Qui pourrait se moquer des parlements de pacotille de Damas ou de Téhéran ? ... mais qui, aussi, oserait poser en France ce genre de questions ? 

J.C

21 mai 2007

Sderot, ville martyre

Pompiers en action à Sderot
(photo Amir Cohen)
Résidents de Sderot s'apprêtant à fuir la ville
(photo Tsfarir Abayov)
Résidents de Sderot traumatisés
après un bombardement
(photo A.P)


Quelques photos, sans faire de commentaires trop longs ...
L'objet de mon émission, comme du blog, n'est pas directement Israël : est-il besoin cependant, pour les auditeurs ou pour les lecteurs bien pressés et peu attentifs, de rappeler que sa survie et sa prospérité m'interpellent chaque jour, même si je n'en parle pas régulièrement ? La bande de Gaza, évacuée par Ariel Sharon à l'été 2005, bascule dans un chaos sécuritaire pour le plus grand malheur à la fois des Palestiniens (les combats entre Hamas et Fatah ont fait 50 morts en une dizaine de jours), et des Israéliens, qui ont le malheur d'habiter à proximité de la frontière. Régulièrement bombardés depuis des années, les habitants de Sderot vivent un moment très dur depuis la semaine dernière, et des milliers d'entre eux ont déjà fui, sans que cela correctement appréhendé par nos opinions publiques. A force d'oublier qui a pris l'initiative de ces nouvelles violences, à force de répéter que les roquettes des islamistes sont "artisanales", à force de ne donner des images que d'un seul côté, les télévisions continuent d'orienter les opinions publiques chez nous : puissent ces quelques images, trouvées sur le site du journal "Yediot Aharonot", donner à quelques visiteurs une vision moins manichéenne de ce qui se passe là-bas en ce moment.

J.C

20 mai 2007

Rachida Dati, un parcours exemplaire !

Rachida Dati, nouveau Garde des Sceaux
(photo AFP)

Au cours de la semaine écoulée, les sites communautaires juifs ont été remplis des rumeurs concernant le futur locataire du Quai d’Orsay : il y a eu d’abord la forte inquiétude de voir revenir aux affaires Hubert Védrine, un pilier de la fameuse « politique arabe de la France » - si longuement évoquée ici ces derniers jours, à propos de Jacques Chirac ; puis la satisfaction de voir arriver Bernard Kouchner, un « idéaliste » défenseur des Droits de l’Homme - et un des très rares hommes politiques français à avoir approuvé le renversement par la force de Saddam ; il avait d’ailleurs préfacé un ouvrage de référence, « Le livre noir de Saddam Hussein », qui avait fait l'objet d'une émission de ma série. Mais restons prudent ... je suis un peu trop vieux, et j’ai vécu trop de mouvements à la tête de la République pour ne pas craindre d’être à nouveau déçu en matière de politique étrangère !

J’aimerais plutôt parler ici d’une autre élue du nouveau gouvernement, dont la promotion mérite d’être saluée, surtout sur ce blog : contrairement à - hélas - trop de sites de ma communauté, où on ne s’intéresse de façon singulière (ou collective) aux Musulmans qu’à travers les prismes du conflit israélo-arabe où de l’islamisme antisémite, j’essaie de rendre compte ici d’autres personnalités, d’autres discours, et d’autres parcours qui font honneur à la communauté musulmane. La nouvelle et très jeune (41 ans) Ministre de la Justice a vu récompensés par Nicolas Sarkozy, non seulement son talent de porte-parole au cours de la campagne présidentielle, mais aussi un travail de conseiller important au sein du Ministère de l’Intérieur, après une ascension sociale fulgurante due à un travail acharné.

Retour d’abord sur son cursus, reproduit ci-dessous d’après un article du journal « Libération » :
Rachida Dati symbolise l'ouverture aux Français d'origine immigrée, à cette «diversité» que les partis politiques se sont engagés à prendre en compte. Que cette promesse soit tenue par le président Sarkozy met la gauche face à ses propres atermoiements. Fille d'un ouvrier marocain, Rachida Dati est la première personnalité d'origine maghrébine à décrocher un ministère régalien.
Sur son CV, Rachida Dati, 41 ans, mentionne qu'avant d'être diplômée de l'Institut supérieur des affaires puis de l’École nationale de la magistrature elle fut aide-soignante. Deuxième d'une fratrie de douze enfants, elle a grandi dans un HLM de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), s'occupant de ses frères et sœurs aux côtés de sa mère, femme de ménage algérienne, «lumière de sa vie», aujourd'hui décédée. Son vieux père collectionne les photos de sa fille dans les journaux et magazines où, adolescente, Rachida Dati observait le parcours des puissants et les chemins de l'ascension sociale. Pour réussir, elle pensait ne pouvoir se contenter d'être bonne élève. Déterminée à s'arracher à son milieu social, elle s'est aussi imposée à force de candidatures spontanées. Son premier rendez-vous avec Sarkozy, elle ne l'a obtenu qu'à la troisième tentative, après deux courriers restés sans réponse. A partir de 2002, elle sera conseillère du ministre de l'Intérieur, en charge du projet de loi sur la prévention de la délinquance.

D’autres précisions sur l’encyclopédie en ligne wikipedia. A découvrir en lien aussi une belle interview d’Anne-Cécile Sarfati dans le journal "Elle" . A noter, enfin, l’hommage appuyé que Rachida Dati a rendu Place Vendôme à deux « bonnes fées » qui se sont penchées sur sa carrière, Simone Veil et Jacques Attali, deux éminentes personnalités de la communauté juive.

En nommant cette fille d’immigrés maghrébins à l’un des plus hauts postes de l’État, Nicolas Sarkozy a su parfaitement (comme le dit un quotidien qui ne l’aime pas particulièrement) « mettre la gauche face à ses propres atermoiements ». Et pas seulement la gauche : Jacques Chirac ne s’était pas montré très généreux non plus ; rappelons-nous les deux portefeuilles attribués à des Musulmans dans le précédant gouvernement, celui de « l’égalité des chances » sans attribution précise ni budget accordé à un Azouz Begag, tellement aigri qu’il est passé à l’opposition ; et le modeste Secrétariat d’État aux Anciens Combattants confié à Hamlaoui Mekachera. Il est enfin tout à fait heureux que Rachida Dati, en n'ayant pas pris le délicat porterfeuille de "l'immigration et de l'identité nationale", se retrouve dans des fonctions qui correspondent tout à fait à son cursus - et pas dans le rôle, ingrat, de "l'Arabe de service".

J.C

Nota de Jean Corcos (ajouté le 9 juillet 2008) :
Vous avez été des centaines à venir sur cet article, après avoir fait la recherche « Rachida Dati juive » sur un moteur de recherche ... le contenu de cet article vous aura donc déçu.
Je vous invite donc vivement à consulter sur ce lien un récent article de mon blog, qui répondra, je pense, à votre curiosité !