Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Emission 2017. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Emission 2017. Afficher tous les articles

02 janvier 2018

Bye-bye 2017 ... et un coup d'oeil dans le rétroviseur



Et revoici le moment de vous proposer ce « marronnier » au moment d’entamer l’année nouvelle, et que connaissent bien mes lecteurs fidèles : vous inviter à jeter un petit coup d'œil dans le rétroviseur, en dressant le bilan de l'année précédente pour ma série radiophonique. Vous en avez une édition complète en cliquant sur le lien situé à droite de la page, sous le répertoire "Invités et émissions", à l'année 2017.

En voici donc une petite synthèse.

1. 19 nouvelles émissions au total, un "score" identique à celui des deux années précédentes ; Toujours le dimanche matin avec le même rythme bimensuel auquel vous êtes habitués, modulo la période des congés.

2. 2017 a été particulièrement riche en nouveaux invités, 12 l'année dernière. En voici la liste, par ordre de diffusion : Hamit Bozarslan, Hakim El Karoui, Karim Ifrak, Florence Bergeaud-Blackler, Laure Marchand, Jacob Oliel, Maya Nahum, Fatiha Dazi-Héni, Eric Gozlan, Kemadou Gassama, Dominique Reynié et Stéphane Girardot. A tous un grand merci, en espérant avoir le plaisir de les recevoir à nouveau.

3. "Rencontre" a ses "invités réguliers", et en général tous ceux qui sont venus sur mon plateau souhaitent y revenir : remercions donc ici Jacques Benillouche, journaliste franco-israélien ; Dorothée Schmidt, chercheur à l'Institut Français des Relations Internationales ; Jean-Pierre Filiu, historien, spécialiste du monde arabe ; Isabelle Kersimon, journaliste ; Pierre Vermeren, historien, spécialiste du Maghreb. Beaucoup d'entre eux sont devenus des amis, au fil des années. Mais ce fut aussi un plaisir, pour moi, de faire entendre à mes auditeurs deux invités reçus dans les premières années de l’émission, l’historien Michel Abitbol et le Rabbin Michel Serfaty.

4. Plusieurs invités, nouveaux ou non, ont parlé de leurs derniers livres. Vous pourrez accéder directement à leur présentation en cliquant sur les nouvelles couvertures ajoutées sur la page d'accueil. Citons-les, par ordre d'émission : « Le marché Halal » ; « La Turquie en 100 questions » ; « Le miroir de Damas » ; « Triple assassinat au 147 rue Lafayette ; « Culture religieuse ». Et ceci, sans compter les études très riches présentées, pour l’Institut Montaigne par Hakim El Karoui, et pour la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) par Dominique Reynié. Nous reviendrons plus loin sur les différents ouvrages abordés, dont l’éclectisme reflète bien l’ouverture de ma série.

5. Faut-il le rappeler ? « Rencontre » a été choisi comme titre de l’émission à ses débuts, quand son objet principal était de faire se rencontrer Juifs et Musulmans, pour le dialogue et l’échange. On ne parlait pas encore de « vivre ensemble », et ceux qui en faisaient la promotion ne se faisaient pas traiter de « bisounours ». Cependant, les initiatives et les actions concrètes se sont développées depuis, et plus encore que les années précédentes j’ai tenu à m’en faire l’écho. Michel Abitbol
a parlé d'une nouvelle réalisation du projet Aladin, les premiers ouvrages d'une collection intitulée "Histoire partagée", qui évoquent la coexistence passée dans différents pays. Chez nous et à notre époque, le Rabbin Michel Serfaty continue d’animer l’Amitié Judéo-Musulmane de France, et il est venu à notre radio en parler, accompagné de deux jeunes musulmans engagés à ses côtés ; l’Imam Hassen Chalghoumi a organisé une marche des musulmans contre le terrorisme, et j’ai reçu deux personnes qui étaient à ses côtés, Eric Gozlan et l’Imam Kemadou Gassama. Enfin, Stéphane Girardot, responsable de la Pastorale du Lycée Saint-Paul de Vannes - établissement catholique - a raconté à l’antenne comment il donnait aux jeunes une « culture religieuse » pour combattre les préjugés.

6. Mais ceux qui font l’effort de nous suivre régulièrement savent cet attachement au dialogue n’a impliqué pour mon émission, ni mièvrerie ni déconnexion de la réalité. Cette réalité – moins tragique en France que les années précédentes, mais toujours menaçante – est celle du terrorisme islamiste, et de la peur qu’il inspire. « Comment lutter contre la radicalisation ? » a été le sujet abordé avec Karim Ifrak, chercheur au CNRS. L’historien Pierre Vermeren a apporté le regard d’un habitué des « temps longs » pour cette guerre qui n’en finit pas, et fait surtout des victimes en terre d’islam. Quant au politologue Dominique Reynié, il a parlé de la dernière étude de Fondapol réalisée dans 26 pays européens et qui rapporte, pratiquement partout, à la fois une montée des populismes et une peur de l’islam. Enfin, « Islam, laïcité et manipulations » fut le titre d’un nouvel entretien avec la journaliste Isabelle Kersimon, qui suit avec lucidité les confusions et polémiques sur ces sujets-là dans notre société.

7. « Le monde musulman », dont mon émission cherche, modestement, à vous donner une meilleure « connaissance », concerne maintenant aussi la France où les hommes et les femmes nés dans cette religion représentent probablement près de 10% de la population. Qui sont-ils ? Comment vivent-ils leur identité ? Comment se positionnent-ils dans la République ? C’était le thème d’un rapport de l’Institut Montaigne qui a marqué les esprits, « Un islam français est possible ». Et j’ai eu le plaisir de vous faire entendre son auteur, Hakim El Karoui. Mais une dimension identitaire nouvelle et qui a pris en quelques décennies une importance considérable, est la nourriture halal. Mon émission vous a permis d’entendre aussi Florence Bergeaud-Blackler, chercheur au CNRS et qui est la grande spécialiste du sujet.

8. « Le monde musulman », ce sont aussi des dizaines de pays, passés en revue année après année. Il concerne directement Israël, et j’ai eu ainsi deux émissions avec Jacques Benillouche qui vit dans le pays. En janvier, nous avons parlé des Arabes israéliens, dont les représentants politiques dérivent de plus en plus vers le nationalisme ; et en septembre, de la crise avec la Jordanie suite à « l’affaire des portiques » sur le Mont du Temple à Jérusalem. J’ai eu le plaisir de recevoir à nouveau Dorothée Schmid à propos de son livre « La Turquie en 100 questions », ouvrage de synthèse évoquant à la fois le passé et le présent d’un pays qui nous inquiète de plus en plus. Mais nous avons aussi parlé de la Turquie et de sa guerre contre le PKK avec Laure Marchand, journaliste au Figaro : elle a raconté l’assassinat en plein Paris de trois militantes kurdes, dans un livre qu’on dévore comme un roman policier. Nous avons évoqué la Tunisie avec Maya Nahum, « collègue » sur Judaïques FM, qui a parlé de son voyage à Tunis en pleine polémique – antisémite - à propos du spectacle de l’humoriste Michel Boujenah. Enfin, nous avons parlé du Yémen - où se déroule loin des médias une horrible guerre civile -, avec Fatiha Dazni-Héni, politologue spécialiste de la péninsule arabique, chercheur à l’IRSEM (Ecole Militaire).

9. L’Histoire n’a pas été oubliée, cette année comme les précédentes. J’ai eu le plaisir de recevoir à nouveau Jean-Pierre Filiu, qui dans un petit livre éblouissant où le passé répond en miroir au présent (« Le miroir de Damas), a raconté les deux mille ans qui ont fait la Syrie, ravagée aujourd’hui par un autre conflit horrible. Sujet rarement évoqué et très peu connu, l’histoire des Juifs de Sahara, communautés disparues et dont nous avons parlé avec le grand spécialiste du sujet, Jacob Oliel. Et nous avons survolé aussi plusieurs siècles avec Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’EHESS, en parlant de l’histoire des Kurdes, ce peuple mystérieux qui a survécu à plusieurs empires et aspire, plus que jamais, à la liberté.

Merci aux auditeurs qui me liront pour votre fidélité ; et en espérant ne pas vous décevoir en 2018, à nouveau mes meilleurs vœux à toutes et tous.

Jean Corcos

09 décembre 2017

Peut-on apprendre les religions à l’Ecole ? Stéphane Girardot sera mon invité le 17 décembre



Dimanche prochain, nous n’allons pas aborder directement le monde musulman, mais plutôt le regard qu’ici, en France, nous portons sur lui. Comme le savent ce qui nous suivent régulièrement, j’ai invité dans cette série presque tous les acteurs travaillant dans le domaine du rapprochement interreligieux, mais c’est la première fois que nous allons parler de l’enseignement des religions à l’école. Mon invité sera Stéphane Girardot. Stéphane Girardot est « animateur en pastorale » au Lycée St Paul de Vannes, c’est un établissement catholique et il nous expliquera à quoi correspond cette fonction. Passionné par la transmission des savoirs, le dialogue interreligieux est pour lui, je le cite, « à la fois une nécessité culturelle, citoyenne, et en tant que chrétien, évangélique ». Nos chemins devaient fatalement se croiser car j’ai rejoint il y a quelques années la Fraternité d’Abraham, dont la vocation est le rapprochement entre les trois grandes religions monothéistes. Cela fait une vingtaine d’années qu’il propose aux élèves volontaires de son école, un parcours de découverte des différentes religions, qui se déroule de la Seconde à la Terminale. Il a tiré de cette expérience un livre, « Culture religieuse », publié aux éditions du Jubilé : cet ouvrage est riche, il donne de nombreux exemples de questionnements éthiques ou sociétaux abordés avec les jeunes, mais vu la thématique de ma série j’insisterai surtout sur l’interreligieux appliqué à l’islam.

Parmi les questions que je poserai à Stéphane Girardot :

-          Combien y a-t-il d’élèves au Lycée St Paul de Vannes ? Vannes est la Préfecture du Morbihan, une ville moyenne d’environ 60.000 habitants, et la population y est beaucoup moins mélangée qu’en région parisienne. En conséquence, quels sont élèves qui fréquentent votre école : sont-ils en majorité des catholiques croyants ? Et accueillez-vous aussi des juifs et des musulmans ?
-          Vous êtes rentré vous-même dans cet établissement en septembre 1995. Vous écrivez que vous avez été frappé par la liberté de parole qui y régnait, ainsi que par l’encouragement aux initiatives : ayant eu l’expérience de l’Ecole publique, est-ce que c’était un mieux ? Ensuite, vous avez pris l’initiative d’approfondir votre connaissance de votre religion : est-ce que cela vous a donné, aussi, la curiosité d’en apprendre plus sur les autres religions monothéistes ?
-          Cet enseignement de la « culture religieuse » est-il obligatoire ? Est-il différent de « l’enseignement du fait religieux » que l’école laïque a décidé, avec du retard, de dispenser également ? Est-il uniquement théorique ou comprend-il également des discussions avec les élèves, et des échanges avec des juifs et des musulmans en dehors ?
-          Est-ce qu’en se limitant strictement à l’exposé de ce que sont les différentes religions monothéistes on ne passe pas – surtout concernant les musulmans - à côté d’une réalité qui est complexe : il y a aussi tout un aspect sociologique et culturel ; il y a des mémoires qui peuvent se heurter, par exemple des visions différentes de l’Histoire proche et lointaine ; et puis il n’y a pas seulement « un islam  modéré » face à un « islam djihadiste », il y a plusieurs écoles religieuses, les Sunnites qui affrontent les Chiites, les Soufis, etc. Parlez-vous aussi de tout cela ?
-          Votre chapitre 6 est intitulé « Voyages scolaires et rencontres ». Vous venez régulièrement en région parisienne, et se rencontrent ainsi vos terminales et celles des élèves juifs des lycées de l’Alliance ; vous évoquez bien tout ce qui rapproche jeunes juifs et chrétiens dans le mode de vie. Mais au-delà de cette fierté, il y a chez les juifs un sentiment de peur dû à des agressions et à la remontée de l’antisémitisme ; cela les médias l’abordent, enfin, mais ne semble pas évoqué dans votre enseignement ?
-          Vous avez entrepris cet enseignement depuis une vingtaine d’années, or il y a eu une « bascule » dans l’opinion publique depuis les attentats de janvier 2015. Où en sommes-nous, dans le « peuple chrétien », celui que vous fréquentez et qui va à la messe le dimanche ? Est-ce qu’on n’a pas, malheureusement, une polarisation entre « cathos de gauche » - pour qui l’islam serait un autre christianisme - et « cathos identitaires », pour qui les musulmans sont des envahisseurs ?

Une émission originale, que j’espère vous serez nombreux à suivre le 17 décembre.

J.C

26 novembre 2017

Migrants, Islam, la grande peur des Européens : Dominique Reynié sera mon invité le 3 décembre

Un groupe de migrants marche vers l'Autriche, au départ d'un camp basé à Sentilj, en Slovenie. Samedi 24 octobre 2015 (AP Photo/Petr David Josek) 


« Migrants, Islam, la grande peur des Européens », tel est le titre d’un article publié par Judith Weintraub dans le « Figaro Magazine » le 29 septembre. Dans cet article, cette journaliste interviewait Dominique Reynié, que nous aurons le plaisir de recevoir dimanche prochain. Dominique Reynié est professeur à Sciences Po Paris, et directeur général de Fondapol, la Fondation pour l’innovation politique. Fondapol publie régulièrement des analyses très intéressantes, mais une de ses originalités c’est de faire réaliser et de commenter des enquêtes d’opinion parfois à une échelle internationale. C’est le cas d’une étude concernant 26 pays, et intitulée « Où va la démocratie ? » Les résultats détaillés de cette enquête, mais surtout les commentaires, pays par pays, ont été publiés dans un ouvrage de 320 pages édité chez Plon. Dans sa présentation, Dominique Reynié écrit : « Depuis plusieurs années déjà, les signes d’une fragilisation du monde démocratique se multiplient. La hausse de l’abstention, l’installation d’un puissant vote populiste et les fractures territoriales et culturelles en sont les signes les plus remarquables. À des degrés divers, la défiance à l’égard des institutions, des acteurs politiques et du monde médiatique est commune à la plupart des démocraties ». Alors, nous allons nous centrer sur un élément qui est, pour les uns la cause, pour les autres un symptôme de la crise de nos démocraties : la peur de l’Islam, un islam souvent associé aux migrants.

Parmi les questions que je poserai à Dominique Reynié :

-          A la question « L’islam représente une menace pour notre pays », 58% des citoyens de l’Union Européenne ont répondu « oui ». La réponse est majoritaire sauf dans deux Etats. Comment se situe la France pour les réponses ? Et quels sont les pays où cette peur est la plus forte ?
-          Pour vous, cela ne traduit pas un racisme, mais vous utilisez – tout en étant critique de son utilisation politique – le terme « d’islamophobie », « une peur née du constat partagé un peu partout (…) que les problèmes de cohabitation, les contentieux interculturels, mais aussi les violences – sans parler des attentats – sont toujours associés à une certaine interprétation de l’islam ». A-t-on analysé, pays par pays, la cause principale de ce rejet ? En Europe de l’Est où le rejet semble massif, les populations musulmanes sont très peu nombreuses, et il n’y a quasiment jamais eu d’attentats : comment l’expliquer ?
-          En Allemagne, malgré une économie florissante, la victoire mitigée d’Angela Merkel aux dernières élections et le succès du parti anti-islam Afd seraient dus à l’accueil massif d’un million de migrants, en majorité des réfugiés syriens. Vous mentionnez l’impact qu’auraient eu les agressions sexuelles massives la nuit de la Saint-Sylvestre 2016 : est-ce sûr, car on a su ensuite que la grande majorité des personnes inculpés pour ces délits n’étaient pas des migrants ?
-          Au Royaume-Uni, le modèle multiculturel d’une part, la complaisance des Autorités avec les islamistes militants, d’autre part, n’ont pas empêché des attentats meurtriers ces derniers mois. Or d’après votre étude, la peur de l’islam reste relativement modérée. Surtout, le référendum qui a conduit au Brexit semblait plutôt liée à une rancœur contre les travailleurs détachés d’Europe de l’Est.
-          Le rejet de l’Europe et la peur de l’Islam sont-ils systématiquement liés ? Quels sont les motifs invoqués quand les deux sont associés : les accords de Schengen, par rapport à la menace terroriste ? Les avis de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui pourrait imposer la réunification familiale ?
-          Vous dites que « les classes dirigeantes ont échoué partout en Europe à poser les problèmes de l’immigration, de l’islam, de l’islamisme et du conflit des valeurs dans des termes politiquement recevables », et que « cela est particulièrement vrai pour la France ». Est-ce que ce sont des sujets toujours clivants pour la société française, ou y a-t-il des consensus ? Les discours polarisés et simplistes sur ces sujets de chaque extrême – Front National d’un côté, France Insoumise de l’autre – sont-ils porteurs, ou au contraire posent-ils les limites de leur progression ?
-          Les communautés juives à travers l’Europe sont partout sur la défensive, en raison du grand retour de l’antisémitisme, et surtout d’un antisémitisme nouveau alimenté à la fois par la propagande de l’islamisme radical, et par celle de l’extrême gauche antisioniste ; en face, un antisémitisme plus ou moins affiché colle le plus souvent à l’identité de ces partis politiques. Le recul des partis politiques modérés est-il durable, et si oui est-ce une vraie menace pour l’avenir des juifs européens ?

Un entretien passionnant à suivre sur notre antenne, soyez nombreux à l’écoute !

J.C