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07 avril 2013

La semaine du Maroc !



Les lecteurs fidèles de mon blog savent que j'essaie, pas aussi souvent que je le voudrais, d'agrémenter les centaines d'articles publiés par des petits "dossiers" par pays. Il y a quelques années, je vous avais proposé des mois particulièrement riches ... et j'espère le refaire à l'avenir.

Plus modestement, je préfère pour le moment vous proposer des séries plus brèves : et voici donc, à partir de demain, "La semaine du Maroc".

Mais en vérité, vous pouvez - si vous aimez comme moi ce beau pays - commencer par découvrir ou redécouvrir les dizaines d'articles associés et déjà publiés : 38 exactement depuis 2005, il suffit de cliquer ci-dessous sur les libellés par année !

Bon surf donc et ... à demain !

J.C

13 décembre 2011

Eugène Tommasi, peintre méconnu

Le mariage marocain,
toile de Eugène Tommasi

Une toile sur la Toile
- décembre 2011 

Quelqu'un connait-il Eugène Tommasi ?

Je sais seulement qu'il s'agit d'un peintre italien. Il a sans doutes vécu à la belle époque des orientalistes ... Mais rien sur sa biographie, ni en cherchant sur un moteur de recherche, ni sur Wikipedia : informations bienvenues, donc, à l'adresse du blog !

Sinon, j'avoue avoir été séduit à la fois par les couleurs et le mouvement des personnages. Une toile pleine de gaité, comme un mariage certes, mais qui fait aussi un peu oublier l'actualité bien agitée du monde arabe.

J.C

23 novembre 2011

David Messas (z"l), in memoriam

David Messas décoré par le Roi du Maroc
(photo tirée du site judéo-marocain www.darnna.com)


Trois jours après la disparition du Grand Rabbin de Paris, David Messas, nous réalisons de plus en plus le vide qu'il aura laissé ...

Le Consistoire israélite de Paris, dont il était le Guide spirituel depuis 16 ans, lui a rendu hommage dans sa newsletter, et je vous invite bien sûr à lire sur ce lien les paroles très émouvantes de son président, Joël Mergui, le récit de son inhumation à Jérusalem qui a réuni des centaines de personnes, sa biographie ainsi que les messages reçus des personnalités les plus diverses.

Fidèle à la vocation de dialogue, à la fois de mon émission et de ce blog, je reproduis ci-dessous les hommages musulmans à cet homme de dialogue qui vient de nous quitter.

Docteur Dalil Boubakeur, Recteur de l’Institut Musulman de la Grande Mosquée de Paris
[…]« Cet homme de bien fut un sage dans sa foi et sa relation avec les autres spiritualités de France. »[…]« La Grande Mosquée de Paris veut apporter son témoignage de grande estime, de profonde amitié ainsi que son profond regret pour la perte de cet homme de culte et de foi dont nous ressentirons longtemps la disparition. »

Anouar Kbibech, Président du Rassemblement des Musulmans de France
a salué la mémoire du Grand Rabbin qui «a œuvré sans relâche pour le rapprochement entre juifs et musulmans en France».

«Son action et son rayonnement, qui ont largement dépassé les frontières de la France, ont été récompensés par de nombreuses décorations, et notamment par l'une des plus hautes distinctions du Royaume du Maroc»(Grand Officier du Ouissam Alaouite, décerné par le roi du Maroc)

Conseil Français du Culte Musulman (CFCM)
Le CFCM a fait part de son «immense tristesse et une grande émotion» après le décès de ce «grand ami des musulmans de France». Le CFCM a aussi tenu à «exprimer sa compassion et sa solidarité avec l'ensemble de la communauté juive de France».

Vous comprendrez ainsi pourquoi j'ai choisi une photo bien originale pour illustrer ce petit article : celui de sa remise de décoration de l'ordre du Ouissam Alaouite par le Roi Mohamed VI, décoration remise à un natif de Meknès dont le Maroc était très fier ...

Mais j'y ajouterai un petit témoignage personnel : n'évoluant pas dans les milieux religieux, je n'ai pu apprécier pleinement l'érudition et le rayonnement spirituel du Grand Rabbin disparu, que beaucoup pleurent aujourd'hui. Mais je l'avais vu et entendu à plusieurs reprises s'exprimer lors de manifestations de l'Amitié Judéo Musulmane de France, association dont l'ACIP était l'un des parrains. Je me souviens de ses paroles chaleureuses évoquant son père, ancien Grand Rabbin du Maroc qui fut un jour nommé au poste prestigieux de Grand Rabbin séfarade de Jérusalem. Apprenant son départ, le Roi Hassan II le fit venir au Palais, et lui demanda de bénir sa famille ... un geste touchant, presque surréaliste quand on pense aux torrents de haine qui sont venus envahir, hélas, les relations entre Juifs et Musulmans. Mais aussi un souvenir exemplaire, que je suis heureux de rappeler sur ce blog.

J.C

27 juin 2011

L'UEJF sur tous les fronts : Arielle Schwab et Jonathan Hayoun seront mes invités le 3 juillet

Arielle Schwab


Dimanche prochain, pour cette dernière émission de la saison, j'aurai le plaisir d'avoir avec moi deux jeunes invités de l'Union des Étudiants Juifs de France, Arielle Schwab, l'actuelle présidente de l'U.E.J.F et Jonathan Hayoun, vice-président. J'ai intitulé cette émission "L'U.E.J.F sur tous les fronts", peut-être que certains y verront un clin d'œil à l'actualité politique avec la montée très inquiétante du Front National, dont la candidate risque vraiment de provoquer aux prochaines élections un nouveau "21 avril", en éliminant le candidat de gauche ou de droite pour le deuxième tour des prochaines présidentielles. Mais il ne s'agit pas seulement de cela. Depuis quasiment l'origine de cette série radiophonique, j'ai souvent eu comme invités des responsables de ce syndicat, parce que l'Union des Étudiants Juifs de France a toujours été en prise directe avec des sujets évoqués à ce micro : actualité tourmentée au Moyen-Orient, avec tellement d'espoirs de Paix après les accords d'Oslo et tellement d'inquiétudes depuis plus de dix ans ; remontée brutale de l'antisémitisme en France, qui a frappé directement la jeunesse juive, et on sait que sur certains campus universitaires il n'est pas facile d'afficher son identité ; tensions avec une partie de la jeunesse musulmane, les préjugés de part et d'autre revenant au grand galop alors même que les valeurs de ce syndicat, fondé en 1944 à la Libération, l'ont toujours fait militer contre tous les racismes : alors j'ai régulièrement invité des présidents en exercice de l'U.E.J.F, et c'est pourquoi je serai heureux de faire un point aujourd'hui avec deux de ses dirigeants pour parler de leurs dernières actions.

Parmi les questions que je poserai à Arielle Schwab et Jonathan Hayoun :

- Vous avez réagi vivement au projet, avorté, d'invitation de Marine Le Pen chez nos confrères de Radio J le 13 mars dernier. Pensez-vous qu'il y a vraiment un risque qu'une partie non négligeable des citoyens juifs de notre pays votent pour le Front National ? Et quels arguments leur donner, alors même que les discours classiques, "moralisateurs" semblent ne plus fonctionner ?
- Sans parler de certains Juifs qui reprennent à leur compte des slogans carrément racistes et haineux, contre les Musulmans ou les populations d'origine maghrébine, il y a une réelle inquiétude que partagent une majorité de Français,  celle d'une immigration totalement incontrôlée qui modifierait la démographie du pays. Or le problème de la gauche en général, ou d'une organisation comme SOS Racisme à laquelle l'U.E.J.F est très liée, c'est le refus d'accepter de déconnecter deux choses : le racisme envers des citoyens français d'origine étrangère ; et le refus de flux migratoires sans limites, alors même que nos finances sont en lourd déficit et que l'intégration se fait de plus en plus difficilement : qu'en pensez-vous ?
- L'Union des Étudiants Juifs de France devait tenir sa convention nationale au Maroc, du 26 au 30 mai dernier : or ce voyage, d'après ce que j'ai compris, avait fait des vagues avant de se dérouler, il y a eu des prises de position hostiles sur place : pourriez-vous raconter à nos auditeurs ce qui s'est exactement passé ?
-  Sous le titre "S’accommoder des pratiques religieuses pour les concours n’est pas trahir la laïcité", vous avez dénoncé dans une tribune du journal "Le Monde" le calendrier de certains concours d'entrée aux Grandes Écoles, qui interdisait d'examen les étudiants juifs pratiquants. Est-ce que l'on constate, effectivement, une tension grandissante à propos de la laïcité dans l'éducation nationale ? Est-ce que c'est la peur de subir, en parallèle, des pressions des Musulmans pour leurs fêtes ? Et, d'une manière plus générale, n'est-il pas devenu plus difficile d'être un jeune Juif à l'Université, à une époque à la fois l'état d'Israël et le fait religieux sont devenus des sujets polémiques ?

J'espère que vous serez nombreux à l'écoute, pour cette dernière émission avant les traditionnelles rediffusions de l'été !

J.C 

29 mai 2011

Le Maroc, déstabilisation ou démocratisation ? Lhoussain Azergui sera mon invité le 5 juin

Manifestation devant le Parlement marocain à Rabat,
20 février 2011


Nous allons poursuivre dimanche prochain notre tour des révoltes dans le monde arabe en parlant du Maroc, qui semble vraiment à la croisée des chemins après ce qu'il a vécu ces dernières semaines. D'un côté il y a eu, dans le sillage des révolutions tunisienne et égyptienne, des grandes manifestations qui ont débuté le 20 février, donnant naissance au mouvement du même nom ; suite à cela on a eu l'impression que le pouvoir prenait peur, le Roi a prononcé un discours important le 9 mars, qui annonçait des réformes profondes ; et depuis, on a l'impression que ce mouvement s'essouffle. Mais il y a eu ensuite le terrible attentat de Marrakech le 28 avril qui a fait 17 morts dont 8 Français, et le spectre du terrorisme est revenu dans le pays, alors même qu'il n'y avait pas eu ce genre d'évènements depuis 2007. Alors, où va le Maroc ? Que va devenir ce grand pays, ami de la France et qui conserve par ailleurs une des dernières communautés juives au Sud de la Méditerranée ? Qu'est-ce qui va l'emporter, la déstabilisation par les Islamistes ou la démocratisation grâce à la société civile ? Pour en parler j'aurai le plaisir de recevoir un jeune journaliste marocain, Lhoussain Azergui. Lhoussain Azergui est un journaliste indépendant, chef du projet "Afrique du Nord, Proche Orient" à l'ESISC, centre européen de recherche en matière stratégique basé à Bruxelles. Il est né en 1975 à Tinejdad, dans le Sud Est marocain, et il est très attaché à son identité berbère puisque qu'il a publié un roman en langue amazighe, il écrit dans des sites berbères et il a été le lauréat du prix de la "Fondation Matoub Lounes" en juin 2008. Il s'intéresse beaucoup à cette menace islamiste, il vient de publier "le Maroc face à l'islamisme" (Editions Edilivre Aparis), un ouvrage que je n'ai pas encore lu ; mais je l'ai découvert, en fait, par l'interview qu'il a donnée au journal "Le Monde" au lendemain de l'attentat de Marrakech. Il avait dit dans ce journal : "pour les djihadistes salafistes, Marrakech est le symbole de la débauche. La littérature islamiste en parle comme de la nouvelle Sodome et Gomorrhe".

Parmi les questions que je poserai à Lhoussain Azergui :

- A propos de cet attentat : est-ce que des signes avant-coureurs avaient été relevés ces derniers mois ? On a beaucoup parlé de la filiale d'Al-Qaïda au Maghreb, l'AQMI, après des attentats en Mauritanie, des enlèvements de Français au Niger, mais le Maroc semblait à l'abri : la frontière saharienne est-elle déjà poreuse pour des infiltrations, ou alors, les terroristes se recrutent plutôt dans le pays même ? On a arrêté assez rapidement les auteurs de l'attentat du café Argana sur la place Jemaa el-Fna, en particulier celui qui a posé la bombe déclenchée à distance : on a l'impression d'une action isolée, qu'en pensez-vous ?
- Est-ce qu'on ne risque pas de faire une confusion entre des organisations clandestines effectivement dangereuses et qui ont été durement réprimées ces dernières années, et des organisations légales comme le grand parti PJD - parti pour la justice et le développement ? Le PJD participe aux élections, condamne le terrorisme, et pourtant vous dites dans une interview qu'il partage la même idéologie que les islamistes "illégaux"
- A l'origine de la première série de manifestations, on a eu comme en Tunisie et au Maroc des jeunes lançant des appels sur FaceBook. Nombre de partis politiques ou des ONG ont apporté leur soutien, sans vraiment canaliser le mouvement au début mais petit à petit on a l'impression que cela a changé. A votre avis, une récupération par les Islamistes ou l'extrême-gauche est-elle possible, et y a-t-il au Maroc une partie de la population prête à aller jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'au renversement de la Monarchie ?
- Le Roi Mohamed VI a semblé très vite comprendre que le terrain politique devenait dangereux, puisqu'il a surpris son peuple en annonçant, dans un discours télévisé dès le 9 mars, une réforme profonde des institutions : le Premier Ministre issu des élections doit devenir le vrai chef de l'exécutif, la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice seront inscrites dans la constitution, la composante berbère amazigh du Maroc sera effectivement reconnue : pensez-vous que le pays se transformera rapidement en une vraie monarchie constitutionnelle, comme beaucoup de pays européens ?

Je sais que parmi mes auditeurs nombreux sont les amoureux de ce pays, si proche de la France : j'espère donc que vous serez nombreux au rendez-vous dimanche prochain !

J.C

01 mai 2011

Marrakech : le choc, puis la colère

Place Jemaa-el-Fna, juillet 2009 

C'est volontairement que je n'ai pas voulu reprendre sur mon blog la photo du café Argana, ravagé jeudi dernier par l'attentat terroriste qui a fait 16 tués, dont sept Français. Cette photo de la place Jemaa-el-Fna, je l'avais prise par une paisible journée de juillet, alors que le cœur touristique de Marrakech grouillait de monde et que rien ne laissait présager une pareille horreur ... une atmosphère paisible, mais surtout un lieu magique fréquenté par des millions de touristes : probablement ce qu'ont voulu détruire les poseurs de bombe, et très probablement aussi la filiale locale maghrébine d'Al-Qaïda, la déjà célèbre AQMI. Dans une interview au journal "Le Monde", Lhoussain Azergui, journaliste indépendant marocain, explique pourquoi  "Pour les djihadistes salafistes, Marrakech est symbole de débauche" . Car, souligne-t-il, "La littérature islamiste en parle comme de la nouvelle Sodome et Gomorrhe, la ville qu'il faut détruire. Ils dénoncent une "invasion" de "mécréants" occidentaux. Le café Agrana était le symbole du lieu de rendez-vous des "mécréants". Il y a toujours cette profonde haine de l'Occidental dans la littérature islamiste. Il est porteur de toutes les valeurs de modernité et de laïcité."

J'espère vous faire entendre prochainement ce journaliste, et nous parlerons bien sûr de son pays, passé jusqu'à présent au travers de la vague révolutionnaire arabe, mais qui risque de connaitre des temps troublés, le pouvoir monarchique devant très vite concilier à la fois ouverture politique et contrôle sécuritaire face au terrorisme. Mais en attendant, je pense et repense au sort tragique de ce jeune couple juif, fauchés par l'attentat, un jeune d'origine marocaine venu avec son épouse israélienne passer les fêtes de Pessah chez sa famille de Casablanca. Le journal "Le Parisien" évoque, sur ce lien, cette tragique disparition : la jeune femme était enceinte, et ils laissent un orphelin en bas âge ... En pensant à de la famille très proche venue au Maroc pratiquement au même moment, et pour la même raison, je dois avouer avoir été particulièrement choqué par cette tragédie - ceci dit, bien sûr, sans oublier les autres victimes, d'autres nationalités et religions, fauchées par un terrorisme toujours aveugle. 
Choc, donc, mais aussi colère : colère de voir, peut-être, disparaitre des destinations touristiques le Maroc, sans doutes le plus ouvert sur l'Occident dans le monde arabe ; colère de voir ainsi les Jihadistes couper un nouveau pays du monde extérieur, élevant ainsi des remparts étanches entre les peuples : après l'Egypte qui perd sa manne touristique et la Tunisie qui ne la retrouve pas, le "Printemps arabe" risque d'avoir un goût bien amer ...

J.C

19 février 2011

Où va le Maghreb après la révolution tunisienne ? Pierre Vermeren sera mon invité le 27 février

Manifestation à Alger (cliché copyright STR/AFP)
cliquer sur la photo pour agrandir


Nous allons enfin aborder les évènements extraordinaires qui ont mis le monde arabe au premier plan de l'actualité ces dernières semaines. Révolution en Tunisie, renversement de Hosni Moubarak, émeutes dans plusieurs pays , il va falloir parler de tout cela mais en essayant d'aborder les choses en profondeur, avec des invités qualifiés et à chaque fois en prenant un angle précis de réflexion. Nous parlerons de l'onde de choc au Moyen-Orient lors de notre prochaine émission, le 13 mars, puis deux semaines plus tard le numéro de "Rencontre" sera exclusivement consacré à la Tunisie. Dimanche prochain, nous allons parler du Maghreb, en voyant si la "Révolution du jasmin" peut gagner, à leur tour l'Algérie et le Maroc, et mon invité sera Pierre Vermeren. Mes auditeurs fidèles le connaissent bien car il est venu souvent sur mon plateau, rappelons qu'il est historien de formation, arabisant, et maître de conférences en histoire du Maghreb contemporain à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. J'avais fait sa connaissance il y a déjà plus de six ans, autour de son livre au titre bien en phase avec l'actualité : "Maghreb, la démocratie impossible ? ," publié aux éditions Fayard. Il est un des seul experts français à avoir posé, à l'époque, le scandale de l'absence de libertés dans ces pays si proches du notre, mal connus malgré les liens historiques et économiques, et pourtant traités avec tellement de condescendance. Mais il y a un autre raccourci que je voudrais évoquer ici : il m'envoie, de temps en temps, un article que je publie sur ce blog : or j'ai publié le 10 janvier, soit juste avant la chute de Ben Ali un texte titré "En attendant Godot", et écrit alors que personne ne prévoyait ni son départ ni celui de Moubarak ; il disait, je le cite : "Désarmée, endettée, sans vision manifeste et sans illusion, l’Europe est spectatrice. Or une grande alternance se prépare au Sud de la Méditerranée. Les Présidents d’Égypte, d’Algérie et de Tunisie doivent passer la main entre 2011 et 2014." Tout s'est précipité depuis, la grande alternance s'est faite brutalement, et nous allons y revenir ensemble.

Parmi les questions que je poserai à Pierre Vermeren :

- Personne n'a vu venir la révolution tunisienne, mais personne non plus n'avait prévu les grandes révolutions, 1789, la révolution bolchévique, la chute des régimes d'Europe de l'Est, etc. Pourquoi ?
- Vous avez publié dans le journal "l'Express" une tribune libre, co-signé avec Khadija Mohsen-Finan, universitaire à Paris VIII, qui était un véritable "coup de gueule" contre les autorités politiques françaises, complètement surprises par ce qui s'est passé en Tunisie en restant sur des images simplistes des trois pays du Maghreb. Comment expliquer cet aveuglement ?
- Vous aviez été interviewé par le journal "Libération" le 5 janvier dernier, alors que les émeutes se développaient en Tunisie ; votre analyse était que "le modèle chinois", où "chacun est libre de s’enrichir et le parti s’occupe de tout" n'a pas fonctionné. Pourquoi cet échec, alors que tout le  monde vantait la croissance dans ce pays, qui a été de 5 % par an pendant de nombreuses années ? On a dit que les détournements de fonds maffieux du clan Ben Ali  avaient coûté des milliards d'euros au pays, est-ce la seule raison de ce naufrage ?
- Pour le moment, le régime algérien semble tenir. La grande marche dans Alger le 12 février n'a rassemblé que quelques milliers de courageux manifestants, face à des policiers dix fois plus nombreux qui les ont isolés après avoir quadrillé la capitale. La C.N.C.D, "coordination nationale pour le changement et la démocratie" a décidé de continuer les actions jusqu'à la chute du régime Bouteflika, mais jusqu'à présent elle semble isolée. Comment l'expliquez-vous ?
- Une révolution au Maroc vous semble-t-elle possible ? On répond toujours, quand on fait le rapprochement avec la Tunisie, deux choses : premièrement, le Roi et la dynastie disposent d'une légitimité que n'ont pas des dictateurs comme Ben Ali ou Bouteflika ; deuxièmement, le "Makzen", cercle de pouvoir autour du trône, a su mettre en place des soupapes de sécurité, une presse plus ou moins libre, des partis politiques, des syndicats ... est-ce toujours vrai, ou peut-on avoir une grosse surprise ?

Une actualité brûlante, et un expert de qualité, qui s'exprime de plus en plus souvent, aujourd'hui, dans les colonnes des journaux : j'espère que vous serez nombreux au rendez-vous dimanche prochain !

J.C