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06 avril 2017

Un nouvel article publié sur le "Times of Israël" : Halal, une tradition inventée



Un nouvel article publié le 3 avril dernier, sur le "Times of Israël". Il s'agit de la recension de mon émission du 26 mars avec Florence Bergeaud-Blackler.

Pour rappel, cette invitée est anthropologue, chargé de recherche au CNRS à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, Université d’Aix Marseille. Spécialiste de ce sujet depuis vingt ans, son livre est une somme extrêmement dense qui, en un peu plus de 250 pages, fait vraiment le tour de ce domaine si mal connu et qui a pris une importance considérable en quelques décennies. Tous les aspects, historique, religieux, technique, juridique, sociologique et même politique sont passés en revue à travers le prisme du Halal.

Vous pourrez le lire :  

sur ce lien 

Enfin, je rappelle que vous avez accès à tous mes articles publiés sur le "Times of Israël" en allant sur un lien permanent, en colonne de gauche de ce blog.

J.C

16 août 2015

Un sex-shop halal à l'assaut du monde musulman



El-Asira, un site néerlandais de vente de produits érotiques certifiés conformes à la loi islamique, a fusionné avec le géant allemand des sex-shops Beate Uhse. Objectif : se développer dans le monde musulman. Et pourquoi pas à La Mecque ?

Un sex-shop, même halal, à La Mecque, lieu saint par excellence pour les musulmans ? L’idée peut paraître saugrenue et provocatrice. Pourtant, cette perspective fait partie des projets de la fusion, entérinée mercredi 4 juin, entre le sex-shop halal néerlandais en ligne El-Asira (“la société” en arabe) et le géant allemand de l’érotisme Beate Uhse qui possède 96 enseignes dans 11 pays européens.
Nul ne sait quand ni si cette implantation en Arabie saoudite aura lieu. Mais la perspective d’une plus grande ouverture au monde musulman fait saliver Abdelaziz Aouragh, le fondateur d’El-Asira. “Il y a énormément de potentiel étant donné que nous nous adressons à un marché mondial de 1,8 milliard de personnes”, a-t-il expliqué à l’agence de presse AFP.
Même enthousiasme côté allemand. “Nous pouvons beaucoup apprendre d’El-Asira sur l’exploitation du marché érotique musulman”, a assuré Linda Blommaert, porte-parole de Beate Uhse. Pour les deux partenaires, ce marché à conquérir vaut plusieurs milliards d’euros.

Dix-huit produits érotiques conformes à la charia

Grâce à cette fusion, dont les détails financiers n’ont pas été révélés, Abdelaziz Aouragh escompte “amener nos 18 produits islamiques sur le marché à travers [le réseau de distribution] de Beate Uhse”. Une gamme d’accessoires érotiques certifiés conforme à la charia, d’après la charte d’El-Asira. Depuis 2010, ce site vend, par exemple, des huiles de massage sensuel et des gels qui ne contiennent ni alcool, ni gélatine, deux ingrédients interdits par la loi islamique. Ils sont composés, entre autre, d’huile de calambac ou de “bois d’agar”, l’une des matières premières les plus chères au monde.
En revanche, El-Asira ne propose pas certains produits traditionnels. Pas de DVD de films pornographiques, ni godemichets ou encore poupées gonflables. L’offre du site ne vise “pas l’acte sexuel, mais ce qui se passe autour. Nos produits améliore l’atmosphère et renforce le sentiment de sensualité”, assure Abdelaziz Aouragh.
Beate Uhse et El-Asira ne sont pas les seuls à s’intéresser aux désirs érotiques des musulmans. Depuis 2010, une femme exploite, au Bahrein, le magasin Manama, actuellement le seul dans le monde arabo-musulman à vendre des produits érotiques.

France 24.com, 
le 5 juin 2014

19 mars 2013

Musulmans et juifs peuvent-ils manger du poisson nourri aux farines animales ?

Elevage de poissons

Les autorités musulmanes balancent entre interdire et déconseiller. Il ne semble y avoir aucune réserve, en revanche, du côté du consistoire juif.

Ne dites pas "farines animales". À la rigueur "protéines animales", ou plutôt "PAT", pour "protéines animales transformées". C'est le terme - volontairement neutre - consacré par la Commission européenne pour parler de ces protéines à base de porc et de poulet qui seront autorisées dès le 1er juin prochain pour nourrir les poissons d'élevage. Elles seront constituées plus précisément "des os, des organes ou tissus non consommés dans nos pays et des chutes de parage, la préparation de la viande pour la vente au détail".
Consommer des poissons nourris avec des protéines animales pose déjà quelques problèmes éthiques à certains. Mais il y a aussi un volet religieux : les musulmans qui mangent halal et les juifs pratiquants pourront-ils consommer ces poissons qui ont ingéré du porc, ou même du poulet tué sans respecter les rites ? La Commission "ne s'est pas penchée sur cette question", indique Frédéric Vincent, porte-parole chargé de la santé et de la protection des consommateurs. Le Point.fr a donc interrogé des responsables de ces deux communautés.

Les théologiens musulmans sont partagés
Selon le président de l'exécutif musulman de Belgique, Semsettin Ugurlu, "c'est un sujet nouveau pour la communauté musulmane, qui nécessite une étude approfondie au niveau théologique et scientifique". Semsettin Ugurlu demande du temps pour "réunir le Conseil des théologiens". En attendant, "nous nous référons à un cas similaire dans la théologie musulmane connu sous le nom jallâla: la consommation d'animaux qui se nourrissent d'impuretés au sens large", précise le président.
Il explique : "Sur cette question précise, les théologiens musulmans sont partagés en deux points de vue. Certains disent qu'il est haram (impur selon l'islam, et donc interdit, NDLR) de manger des animaux qui se nourrissent eux-mêmes d'impuretés. D'autres, plus nuancés, disent qu'il est makrouh (déconseillé selon l'islam, NDLR) de consommer de tels animaux." Interdit ou déconseillé, "ces deux points de vue peuvent être pris en compte par les musulmans dans l'attente d'une étude approfondie et spécifique", conclut Semsettin Ugurlu.
Pour les juifs, Michel Gugenheim, grand rabbin de Paris, spécialisé dans la cacherout (l'ensemble des règles alimentaires juives, NDLR), ne fait état d'aucune réserve : "Il pourrait y avoir une difficulté si on risquait de trouver des morceaux de gélule ou de cachet en nettoyant le poisson. Mais à partir du moment où l'animal a ingéré, assimilé les aliments non cachère, il n'y a pas de problème", tranche ce membre du tribunal rabbinique de Paris.


Il y aura désormais trois types de poissons sur les étals des marchés
La décision, prise en juillet dernier par la majorité des représentants des Vingt-Sept, sur la base d'une proposition de la Commission européenne, n'a pas été endossée par trois États membres : la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. La France importe 85 % de sa consommation totale de poisson. Mais le ministère de l'Écologie veut renforcer et promouvoir la charte de "l'aquaculture de nos régions", qui concerne 80 % de la production française et dans laquelle les animaux ne mangent qu'une nourriture conforme à "leur régime alimentaire naturel". 
À partir du 1er juin, il devrait donc y avoir trois types de poissons sur les étals des marchés et des supermarchés : pêchés en mer, élevés selon les règles de l'UE, donc nourris avec des protéines de porc et de poulet, et issus d'une pisciculture sans protéines de porc et de poulet. Bonne nouvelle : les pisciculteurs qui choisissent cette filière peuvent donc espérer percer sur le marché halal. Au moins dans l'attente d'une étude théologique approfondie.
Click here to find out more!Alain Franco,

Le Point, 6 mars 2013


14 mai 2012

Bientôt sur le Net, un sex-shop halal


Abdelaziz Aouragh est musulman. Il vit à Amsterdam. Et il vend des articles érotiques. Sa boutique en ligne, El Asira, destinée à une clientèle musulmane, proposera prochainement des capsules Pure Power, qui “intensifient les performances, le désir et le plaisir des hommes”. Mais aussi des capsules destinées aux femmes, des stimulateurs des sens pour lui et pour elle, et des lubrifiants à base de beurre de cacao, d’eau ou de silicone. El Asira se veut “la première boutique en ligne musulmane à vendre des articles érotiques et des produits de soins”.

Combiner islam et produits érotiques n’est pas une évidence. Quand l’associé d’Abdelaziz Aouragh, Stefan Delsink, lui a suggéré de créer un sex-shop, il n’était guère convaincu. Mais dès le lendemain, il a changé d’avis : “Je sais que les musulmans ont besoin de ce type d’articles. Des gens en rapportent du Moyen-Orient pour les offrir à des jeunes couples.” Ne sachant pas si sa religion permettait ce genre de commerce, Abdelaziz Aouragh s’est tourné vers un imam, qui s’est à son tour adressé à un cheik saoudien. Verdict : l’islam autorise ce type d’activité, tant que les produits sont halal et qu’ils sont destinés à améliorer les relations sexuelles du couple marié. “Il existe même une fatwa à ce propos.”

Abdelaziz Aouragh, 29 ans, est un musulman orthodoxe doté du sens des affaires néerlandais. Outre l’aspect financier, le jeune entrepreneur aimerait que son sex-shop change l’image de l’islam hostile aux femmes. “L’image de la femme soumise, dans la cuisine, habillée en burqa, est fausse. Il y a beaucoup d’amour. L’islam a beaucoup de respect pour les femmes. Notre boutique place la femme au centre des choses.” El Asira offre également des informations et des réponses aux questions que les gens se posent sur la sexualité. L’imam qui a conseillé Abdelaziz Aouragh s’appelle Boularia Houari. Spécialiste des câbles en fibre optique, il enseigne le Coran et prêche dans diverses mosquées. Il raconte qu’il donne des conseils en matière de sexualité à de nombreux couples mariés. “Les gens ont peur du Viagra ; c’est un médicament. L’islam privilégie les herbes médicinales. De l’huile de graine de pavot, du miel pur. Les religieux aussi les recommandent.” Le sexe selon l’islam est simple : en dehors du mariage, il est interdit ; dans le mariage, il est encouragé. Et les préservatifs ? Abdelaziz Aouragh et l’imam s’entretiennent en arabe. “Oui, les préservatifs sont acceptés. La pilule contraceptive aussi, même s’il est mieux de ne pas l’utiliser, car elle continue à agir sur certaines femmes lorsqu’elles ne la prennent plus.”

Pour répondre à une autre question de M. Aouragh, l’imam explique que le coït interrompu est permis, mais que les préservatifs devraient être privilégiés. “Un préservatif assure plus de plaisir parce que le pénis n’est pas retiré au moment de l’orgasme. Dans l’islam, c’est important que l’homme et la femme aient un orgasme. Si la femme n’est pas satisfaite, elle aura recours à des méthodes impures comme la masturbation ou les vibromasseurs.” Stefan Delsink, 29 ans, a conçu le site Internet d’El Asira, qui signifie quelque chose comme “société”, “tribu” ou “village”. D’origine néerlandaise et surinamaise, Stefan Delsink travaille dans un foyer d’accueil et dirige une agence de graphisme avec son frère. Abdelaziz Aouragh explique que son partenaire respecte l’islam. “Avant de faire quelque chose, il demande si c’est autorisé. Par exemple, il n’y a pas d’image d’homme ou de femme sur le site. Car ce n’est pas permis.” “Je les supprime. J’ai dû construire un site érotique au style unique. Essayez un peu sans images !” lance Stefan Delsink.

Ni lui ni Abdelaziz Aouragh ne s’y connaissaient en articles de sex-shop. Abdelaziz Aouragh a passé le Net au crible, à la recherche de produits halal sans graisses animales. Il a d’abord eu des contacts avec un Néerlandais, mais les choses sont tombées à l’eau. “Ses articles contenaient des produits chimiques et il y avait des photos d’actes répréhensibles sur les emballages”, explique-t-il.

Les produits en vente sur El Asira sont halal. Mais si une personne célibataire achète des capsules Pure Power ? Ou si un couple utilise le lubrifiant d’une manière proscrite par l’islam, par exemple pour des rapports pendant les menstruations ? “C’est ce que j’ai demandé à l’imam, raconte Abdelaziz Aouragh. Il m’a dit d’oublier ces questions. Qu’elles n’engageaient pas ma responsabilité. Les gens seront punis de leurs péchés après leur mort.”
"Courrier International" 
le 25 mars 2010
Source: NRC Handelsblad, Rotterdam