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04 décembre 2014

Relations Tunisie-Israël : demain ou jamais? Un nouvel article sur le "Times of Israël"


Comme vous le savez, j'ai rejoint la communauté des bloggeurs de l'édition française du "Times of Israël", qui réunit déjà quelques plumes prestigieuses. Un grand plaisir pour moi, comme je vous l'ai déjà dit, en raison de la diversité des contributeurs, et de la richesse des débats.

Mon nouvel article traitait à nouveau de la Tunisie, mais cette fois sous l'angle particulier des relations avec Israël : des relations longtemps minimales, un moment établies, puis rompues ; et que, malheureusement et à mon modeste avis, la configuration politique et culturelle du pays rend improbables pour longtemps !

Vous trouverez ce nouveau blog sur le lien suivant : bonne lecture !

A noter aussi que j'ai pu, de façon résumée, revenir sur cet article sur les ondes de nos confrères de Radio Shalom : Bernard Abouaf m'a interviewé mardi dernier, et vous pourrez également m'entendre en allant sur ce lien .

Enfin, et comme pour les articles publiés sur le site ami "Temps et Contretemps", vous aurez dorénavant accès à tous mes articles publiés sur le "Times of Israël" en allant sur un lien permanent, en colonne de gauche de ce blog.

J.C

12 novembre 2014

Tunisie : les islamistes ont-ils tout perdu ? Un article sur le "Times of Israël"




Une grande nouvelle, d'abord ... je rejoins les contributeurs de l'excellent média israélien the "Times of Israël", en lien permanent ici et souvent cité pour divers articles. Ou plus précisément, la communauté des bloggeurs de l'édition française, qui réunit déjà quelques plumes prestigieuses.

Un grand plaisir aussi, car comme je l'ai relevé on peut y lire - comme dans les pages "rebonds" ou "tribunes libres" de journaux papier - des textes qui invitent à la réflexion, au débat ; ou simplement un "plus", lié à l'expertise des auteurs. Et puis j'y retrouve, par la diversité des contributeurs - de droite, de gauche, juifs, non juifs - une ouverture qui reste la ligne, et de mon émission de radio, et de celle de mon propre blog.

Je parlerai sur le "Times of Israël", non pas de mes interviews sur Judaïques FM - le blog de mon ami israélien franco-israélien Jacques Benillouche les publie régulièrement - mais de sujets plus généraux, traitant à la fois des complexes relations intercommunautaires en France et ailleurs, et de l'actualité des états arabes et musulmans.

Dans ce premier article, en lien ci-dessous, vous trouverez une analyse des dernières élections législatives en Tunisie : bonne lecture !

J.C

28 octobre 2014

Elections législatives en Tunisie : Ennahda au tapis !


Résultats préliminaires des élections législatives tunisiennes selon un décompte exclusif de Anadolu Press #TnElec2014 #TunisiaVotes #تونس_تنتخب #TnElec
Résultats préliminaires quasi-complets des élections législatives tunisiennes selon un décompte exclusif établi par l'agence Anadolu après le dépouillement de la majorité des voix : Les 214 sièges du prochain Parlement sur 217 sont répartis comme suit : Nida Tounes 83 sièges, Ennahdha 68, L’Union Patriotique Libre 17, Le Front Populaire 12, Afek Tounes 9, Le Courant Démocratique 5, Le Congrès pour la République 4, Al-Moubedra 4, Le Mouvement du Peuple 2, Le Front Démocratique pour le Travail et les Libertés 2, Le Parti Républicain 1, Le Courant al-Mahabba, 1 La « Fidélité » au Projet 1, La Voix des Agriculteurs 1, Le Mouvement des Démocrates Socialistes 1, « Al-Majd » au Jérid 1, Indépendants 2.
Agence Anadolu (Turquie), 
27 octobre 2014

Nota :
Le principal parti opposé aux islamistes d'Ennahda ("Nida Tounes", du vieux leader Béji Caïd Essebsi) est la force dominante autour de laquelle se composera la majorité. On note le laminage complet des alliés des islamistes lors de la première assemblée constituante, Ettakatol qui disparait complètement du paysage ; et le "Congrès pour la République" de l'actuel président Moncef Mazourki, dont le score minable augure de sa certaine défaite à la prochaine élection présidentielle.
J.C 

14 septembre 2014

Juifs et Musulmans sous l'Occupation allemande de la Tunisie : Jean-Pierre Allali sera mon invité le 21 septembre




Dimanche prochain, nous allons laisser de côté l'actualité brûlante pour revenir à un passé vieux de plus de 70 ans, puisqu'on va évoquer la période sombre de la Seconde Guerre Mondiale et de la Shoah. Nous le ferons autour du dernier livre de Jean-Pierre Allali "Les Juifs de Tunisie sous la botte allemande", préface d'Elie Wiesel, il est publié aux éditions Glyphe Je ne compte plus les occasions que j'ai eu de recevoir mon ami Jean-Pierre, et ce fut à chaque fois avec plaisir parce que non seulement nous nous connaissons depuis plus de 30 ans, mais en plus à chaque fois, par la variété des ouvrages dont on parlait, nos entretiens ont toujours été riches d'informations. Une quinzaine de livres, des centaines d'articles, une activité infatigable au sein du CRIF et ailleurs, toute sa vie a été un témoignage d'amour et de fidélité au peuple juif, qui l'a intéressé dans toutes ses composantes. Mais c'est à notre communauté d'origine à tous les deux, celle de Tunisie, qu'il consacré le plus d'ouvrages, et celui dont on parlera aujourd'hui est vraiment important. Au delà des rappels historiques et de la compilation de travaux d'historiens sur l'occupation allemande dans ce pays, il a en effet réalisé quelque chose d'inédit : recueillir les témoignages des derniers survivants, et ceux qui étaient adultes à l'époque ont dépassé les 90 ans. Il était donc temps de le faire, et son livre donne 56 témoignages, de Juifs tunisiens nés entre 1919 et 1939. Il me fallait rester dans l'approche de mon émission qui est centrée sur le monde musulman. Alors des Arabes tunisiens bien sûr il en est peu question dans ce livre racontant  la souffrance des Juifs de Tunisie, parce que les Musulmans ne furent pas les acteurs principaux : les oppresseurs étaient les Allemands et leurs collaborateurs, principalement français ; mais ce livre évoque aussi, dans un chapitre spécifique et à différents niveaux ce sujet de l'attitude musulmane en ces jours tragiques, et nous allons donc consacrer la plus grande partie de l'émission à en parler.

Parmi les questions que je poserai à Jean-Pierre Allali :

-        Quand a commencé l'Occupation allemande de la Tunisie, quand a-t-elle fini ? En quoi ont consisté les persécutions anti-juives ? Et en quoi et peut-être aussi pourquoi le bilan humain a-t-il été beaucoup moins tragique que dans d'autres pays ? 

-        Le Bey Moncef avait signé lui-même le décret d'application de ce statut des Juifs, pouvait-il s'y opposer ? Et d'une manière générale, quelle est la part de la vérité et de la légende sur les trois souverains que la mémoire juive a retenus comme "protecteurs" pendant la Shoah, le Roi du Danemark, le Sultan du Maroc et le Bey de Tunisie ?

-        André Nahum avait 21 ans lorsque les Allemands ont envahi la Tunisie, il s'est porté volontaire quand il y a eu la réquisition des jeunes au camp de Bizerte, et il a une mémoire très précise de l'état d'esprit des populations à l'époque face au malheur des juifs. Page 101 il dit "d'une manière générale, la population locale nous était dans l'ensemble pas favorable, pas franchement hostile mais elle n'était pas fâchée de nous voir confrontés à nos problèmes". Quelle était pour chaque communauté vivant dans la Tunisie de l'époque - les colons français, les Italiens, les Tunisiens musulmans -, leur opinion dominante à cette époque ? 

-        Quelles furent les positions des "officiels" tunisiens pendant ces six mois tragiques, à la fois ceux qui étaient intégrés dans le système colonial et ceux qui au contraire, militaient de façon plus ou moins clandestine pour l'indépendance au sein du Néo-Destour ? Quelle fut l'attitude de Habib Bourguiba,  emprisonné en France pendant l'Occupation, libéré par les Allemands , puis ensuite invité de Mussolini puis de retour à Tunis ?

-        Il y eut très peu de "Justes" qui ont caché des Juifs dans la clandestinité pour fuir le travail obligatoire ou les pillages des Allemands : pourquoi n'avoir pas mis dans ce livre le témoignage de Odette Boukris, de Mahdia, cachée avec 20 personnes dans la ferme de Khaled Abdelwahab, qui lui est cité par l'historien américain Robert Satloff et qui a été proposé comme "juste" au Yad Vashem ?

Une mémoire douloureuse pour les Juifs, totalement occultée dans la Tunisie d'aujourd'hui. Et un passé qu'il ne faut peindre, comme toujours, ni complètement en rose, ni totalement en noir ... Soyez nombreux au rendez-vous dimanche prochain !

J.C

08 mai 2014

Trois navires de guerre turcs accostent à la Goulette

Chaimae Bouazzaoui sur un bâtiment de la flotte turque

Introduction :
Mon amie marocaine Chaïmae Bouazzaoui, qui achève à Tunis une formation de journaliste, m'a envoyé ce reportage tout à fait original sur un sujet dont vous n'aurez sûrement pas entendu parler dans la presse ... la tournée méditerranéenne et africaine de trois bâtiments de la flotte turque. Projection de la puissance du pays loin de ses frontières ? Désir pour cette grande nation du Moyen-Orient, d'être présente dans de nouvelles régions ? L'auteur de l'article s'est en tout cas parfaitement documentée, et elle a même pu s'entretenir à bord d'un bateau militaire avec des officiers !
J.C

La Turquie effectue un voyage "militaire", dans 27 pays d’Afrique, qui dure 102 jours. 10 jours avant la tenue des élections locales en Turquie, 3 navires de guerre ont amarré au port de la Goulette, dans le nord de la capitale tunisienne. Objectif annoncé : diffuser la paix en Afrique. Eclairages.

"Nous sommes ravis d’entamer notre voyage en Tunisie. Nous souhaitons, à travers notre départ, réaffirmer notre amitié historique et renforcer la coopération bilatérale entre le pays et la Turquie dans divers domaines notamment sur le plan militaire", nous a affirmé l’amiral Tufan Uslu, chef de quartier du groupe opérationnel naval turc Barbaros 2014 (TDGG-2014). La visite effectuée en Tunisie a duré trois jours. Conférence, cérémonie, exécution de manœuvres et exercices bilatéraux entre les deux parties, turque et tunisienne, ont été organisées.

Originalité

Pour la première fois, la Turquie "militaire" se propose d’effectuer une visite africaine, dans le sens global du terme. La visite est effectuée sous le slogan : "Au-delà de l’horizon". En 2013, la Turquie avait effectué un voyage en Afrique. Mais cinq points de différence se prêtent à la vue. D’abord si la Tunisie a été choisie, en mars 2014, comme un point de départ pour le voyage turc, en juillet 2013, le "départ du Printemps arabe" (la Tunisie) était le point d’arrivée.
Il s’agit également du nombre de navires. Cette année, trois grands navires de guerre ont amarré au port de La Goulette. Tandis que l’an dernier, un seul navire militaire ("TCG Heybeliada") a accosté au port.
A souligner qu’en 2013, la Turquie a effectué une tournée en Afrique du Nord. Cette année, le voyage englobe toute l’Afrique. Les trois navires parcourront toute la "bande" du Continent noir, avec une distance de 15000 Nm. 29 ports seront visités.
Le contexte spatial a agi sur le contexte temporel. Alors que le voyage de 2013 a duré un mois, entamé le 10 juin, celui de 2014 dure 102 jours (du 21 mars au 27 juin).
Le voyage de l’an dernier s’est étalé sur une seule saison : l’été, alors que le nouveau s’étalera sur deux, y compris le printemps "africain".

Du guerrier pour la paix

Trois grands navires de guerre dont TCG Heybeliada et TCG Gediz "œuvreront pour la paix" dans l’Afrique, notamment dans la région du grand port de Centrafrique qui a connu récemment de violents affrontements éclatés par des groupes armés.
Les navires se proposent d’apporter un soutien militaire aux Forces africaines mais également de mener une action humanitaire dans plusieurs régions de l’Afrique. "Nous avons deux objectifs humanitaires : une assistance alimentaire et une assistance médicale", nous a fait savoir Celal Ulimaz, officier du centre de l’information pour le combat. Les navires offriront une assistance en aliments de base, papeterie et équipement médical ainsi qu’une éducation sanitaire et examens médicaux.
Une série d’opérations sera également menée en Afrique pour la paix, rapporte-t-il. Il s’agit notamment d’entrainer des équipes militaires de la marine dans certains pays et contribuer à la sécurité des lignes de communication maritime et du commerce des pays africains.
Les trois grands navires soutiendront également les efforts des pays contre la piraterie.
Le groupe naval Barbaros exécutera des opérations de présence dans les océans en vue de renforcer la communication de ces pays "en relation avec notre politique étrangère" a rapporté l’amiral Uslu, sans toutefois donner plus de détails. L’objectif majeur étant de développer les liens bilatéraux entre la Turquie et les pays de l’Afrique et exposer la capacité d’industrie turque de défense, souligne-t-il.
Pour la première fois le groupe naval se rendra dans des régions situées au sud de l’Afrique et au Cap de bonne espérance. "Nous allons nous rendre dans des régions que nous avons jamais visitées notamment l’Afrique du Sud", nous précise Celal Ulimaz.
Aux alentours du port de Denel Overberg, le groupe naval conduira à titre d’essai et du 5 au 9 mai, des tirs de missiles et de canon suivant des scénarios proches de la réalité.
Parmi les navires de guerre, le navire "TCG Gediz" dispose de systèmes électroniques et d'armement évolués, ainsi que d'une plateforme d'atterrissage pour hélicoptère. Il dispose du missiles Harpoon, de canons de76 mm et à torpilles MK46.

«CV» de Barbaros

Le groupe opérationnel a été initialement activé en 2010 entre mai et juin. Au cours de la première activation des visites portuaires ont été effectuées dans 9 pays dans la Méditerranée.
La deuxième activation était en mai et aout 2011, dans le Golfe persique et l’Océan indien avec 8 escales. Cette action était co-menée avec l’OTAN pour la lutte contre la piraterie dans la région.
Mais en 2013, le groupe a navigué en Méditerranée, entre mai et juin, pour se rendre dans 6 pays. La visite de 2014 est effectuée sous l’égide de la direction des Ministères des Affaires étrangères et de la Santé publique, par l’Agence turque de coopération et de coordination relevant du secrétariat du ministère de la Défense.
La diplomatie navale sera mise en valeur par le déploiement du pavillon national turc dans les mers internationales. Cette action de communication externe renforcera la coopération entre le pays et l’Afrique. Trois journalistes internationaux feront le suivi du voyage.
A rappeler que la première navigation circulaire turque a été effectuée en 1866. Il s’agit du plus célèbre et grand amiral de la flotte ottomane qui a offert la mer méditerranéenne à la souveraineté turque au 16e siècle. Et de se conformer au dicton historique envahi par la relation information-pouvoir : "Celui qui domine les mers domine le monde".

Chaïmae BOUAZZAOUI,
Tunis