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29 novembre 2008

Bombay : la nounou, deux victimes et le "politiquement correct" …

Moshe Tzvi Holtzberg et sa "nounou" indienne qui lui a sauvé la vie
(photo Amy Ginzbourg pour le "Yedioth Aharonot")

Écrire trois jours après le début de la méga attaque terroriste de Bombay - appelée, fort justement, un « 11 septembre indien » par beaucoup de commentateurs -, n’est pas un exercice simple. Question de pudeur, alors que le sang des 195 tués et des centaines de blessés n’est pas encore séché, et alors que la capitale économique de l’Inde sort à peine de scènes d’apocalypse. Question aussi d’intérêt pratique pour les lecteurs qui en ont déjà tellement lu et appris - et singulièrement, dans les médias juifs et israéliens, à propos de la prise d’otages tragiquement finie au Centre Loubavitch, avec l’assassinat d’au moins cinq personnes (aux dernières nouvelles, d’autres corps auraient été trouvés dans les ruines de l’édifice), et parmi elles, de Rabbi Gavriel Holtzberg et son épouse (zal), qui avaient 29 et 28 ans ...

Tsipi Livni, le ministre israélien des Affaires Étrangères, l’a dit à propos de cet aspect spécifiquement antisémite des évènement, lors d’une conférence de presse suite à l’attentat, et tous les Juifs l’ont compris, même si - hélas, voir plus loin - tellement de soit-disant experts cherchent toujours à noyer le poisson : "Notre monde subit une attaque, cela ne fait aucune différence si elle a lieu en Inde ou ailleurs, il y a des extrémistes islamiques qui n’acceptent ni notre existence ni celle des valeurs occidentales".

Je serais probablement amené à bousculer la programmation prévue les prochains mois, en revenant sur les sujets récurrents et angoissants d’Al-Qaïda, du Pakistan et de ce front bien ouvert de la guerre déclarée par les « nazislamistes ». En attendant, j’ai voulu attirer votre attention sur trois éléments assez peu commentés dans les grands médias.

- D’abord en publiant la photo de la « nounou » héroïque du Centre Chabad, une jeune indienne employée au Centre « Chabad » de Bombay : dès l’intrusion des terroristes, elle a fui en prenant dans ses bras le jeune Moshe Tzvi Holtzberg, deux ans, le sauvant d’une mort atroce ... nouvelle preuve qu’il existe des « Justes », à toutes les époques et parmi tous les peuples ; et que les Juifs ont des amis partout, n’en déplaise aux commentateurs vénéneux que l’on ne lit que trop dans la presse nationale !

- Ensuite, en évoquant les deux victimes françaises de l’attentat, Loumia Hiridjee et son mari : on l’a déjà évoqué, c’était la créatrice de la marque de sous-vêtements « Princess Tam Tam ». Ce que l’on a moins dit - Olivia Cattan lui rend hommage sur le site de l'association "Paroles de Femmes" - c’est qu’elle était engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes par les intégristes religieux. Ce que l’on a surtout moins dit, c’est qu’elle était née à Madagascar de parents musulmans originaires de l’Inde, et que l’islam était aussi la religion de son mari Mourad (lire sur Wikipedia) : preuve, s’il en était besoin, du caractère aveugle et imbécile du terrorisme islamiste, qui tue sans scrupules des « frères en religion » !

- Enfin en rappelant aussi (mais cela me révulse tellement, que je n’ai pas envie d’en parler trop longuement), la cohorte des commentaires fielleux ou odieux lus ici et là : ainsi, sur le gratuit « métro » du 28 novembre, Olivier Guillard, directeur de recherche à l’IFRI qui justifie (en creux) l’attentat, en disant tranquillement : « Il est clair que des ressentiments ont pu naître entre la majorité hindoue et la minorité musulmane, qui représente tout de même 150 millions d’individus. Nombre d’Indiens musulmans estiment - souvent à juste à titre - qu’ils ont moins de droits que d’autres communautés indiennes ». L’indécrottable "20 heures" de France 2 évoquait pour sa part les guerres passées et le départ de 12 millions de musulmans vers le Pakistan après 1947 ... sans rappeler l’échange de populations avec l’Inde qui a concerné autant de personnes de part et d’autre ! Toujours la même ligne « politiquement correcte » donc, de commentateurs faisant passer, en Inde comme au Moyen Orient, le discours réchauffé d’un islam par définition victime des autres . On remarquera, aussi, que le sort des Hindous du Pakistan n’est jamais évoqué - pour la simple raison qu’il n’en reste pratiquement plus. « Politiquement correct » enfin, avec les inévitables guillemets associées au mot « terroriste » à propos des massacreurs de Bombay, dans les dépêches de l’AFP (mais Reuters ou l’A.P ne font pas mieux) : on lui préfère les vocables de « militants » ou « d’activistes » ... quelle belle manière en effet, de militer pour une cause, que de tirer à la Kalashnikov dans une gare, un hall d’hôtel ou un hôpital ! Bref, vous avez compris : si demain de jeunes musulmans français se jugent « à juste titre » avoir moins de droits que d’autres, ils pourront massacrer à vue au titre du « militantisme » ...

J.C

02 juillet 2008

Attentat rue Jaffa : le compte-rendu détaillé d’Isabelle-Yaël Rose depuis Jérusalem

Un attentat a eu lieu dans la rue Jaffa, l'artère principale de Jérusalem, ce matin vers les 11 heures. Un ouvrier arabe, employé sur le chantier de construction du tramway qui doit entrer en fonction fin 2009, et qui traverse la rue Jaffa, a utilisé son tracteur monté sur des chenilles pour détruire tous les véhicules à sa portée. 3 personnes ont été tuées, des dizaine de personnes blessées ont été hospitalisées, tandis que l'homme n'a pu être immobilisé qu'après l'intervention d'un soldat en civil. Le terroriste est mort sur place. L'attentat a eu lieu juste sous le bâtiment qui abrite les agences d'informations étrangères, telles que l'Associated Press, Reuters, et l'AFP, qui ont pu filmer en direct le déroulement des événements.

A ce niveau de Jaffa, la rue se rétrécit, à cause des travaux de construction du nouveau tramway et des couloirs de bus. Elle est habituellement bloquée par des embouteillages. Autant dire que les véhicules poursuivis par le terroriste avaient très peu de chance de s'en sortir, pris au piège entre les bus, les voitures, et les travaux.
L'homme, âgé de 29 ans, est un arabe de Jérusalem Est titulaire de la carte de résidence - la « téoudat chroula » - qui a été délivrée aux habitants de Jérusalem Est depuis qu'elle est sous souveraineté israélienne. Si elle n'offre pas la nationalité israélienne, que la plupart des Arabes de Jérusalem Est ont refusée, elle donne en revanche accès au reste de la ville, à Israël, et aux services sociaux. Le terroriste, père de deux enfants, était un habitant de Zour Baher, un quartier de Jérusalem Est. D'après la télévision israélienne, il s'était marié une première fois avec une femme juive, avant de divorcer et de se remarier avec une femme arabe de laquelle il a eu ses deux enfants. Il ne semblait pas appartenir à une organisation, ni être proche des mosquées ou même pratiquant. Il était employé sur le chantier de construction du tramway, et rien ne semblait indiquer que l'homme se destinait à commettre un attentat aussi violent.
Vers 11h du matin, il est sorti du chantier, au volant d'un gros tracteur monté sur des chenilles. Il a alors foncé sur tous les véhicules se trouvant sur son chemin, détruisant voitures, motos, et renversant un autobus qu'il a tiré sur le trottoir de la rue Jaffa. Les véhicules, bloqués dans cette partie de la rue, n'ont pas pu se protéger. Piétons et passagers se sont retrouvés pris au piège. D'après les images immédiatement diffusées par la télévision, les événements se sont déroulés en deux temps : l'homme a d'abord renversé le bus et écrasé des autos, avant d'être arrêté grâce à l'intervention d'une policière, de deux vigiles, et d'un soldat en civil. Blessé par un tir, il s'est évanoui, et les passants ont commencé à porter secours aux blessés. Un homme aurait alors jeté une pierre contre le terroriste. Le coup l'aurait réveillé et c'est alors qu'il a de nouveau appuyé sur la pédale d'accélération de son tracteur. Les images montrent très bien la pause entre la première partie des événements et la seconde, où l'on voit le tracteur se lancer contre les piétons. C'est un jeune soldat en civil, perché sur la cabine du tracteur, qui a abattu le chauffeur en utilisant l'arme d'un vigile, tandis que celui-ci était bloqué entre les jambes du terroriste, dans une tentative pour l'immobiliser. Le soldat, qui est parvenu à mettre un terme à la course mortelle, est le beau-frère de l'officier de police qui avait abattu le terroriste de la yeshiva du rav Kook, il y a trois mois. Lors de cet attentat, où un terroriste était entré dans une yeshiva de Jérusalem avec une mitraillette, 8 étudiants avaient été assassinés. Dans les deux cas, il s'agissait d'habitants de Jérusalem Est titulaires de la carte de résidence.
L'attentat n'a pas été revendiqué, ni par le Hamas ni par le Jihad islamique.

Cet attentat ne manquera pas de relancer les tensions entre les habitants arabes et les habitants juifs de Jérusalem. Un débat social et juridique, ouvert à la suite de l'attentat de la yeshiva, porte essentiellement sur deux sujets : la destruction de la maison du terroriste, l'annulation des droits sociaux tels que sécurité sociale, allocations familiales, retraite. Eitan Cabel, du parti travailliste, membre de la commission de la défense et de la sécurité de la Knesset, a déclaré sur la chaîne 10 qu'il s'opposait à la seconde mesure car elle s'apparentait à une punition collective, qui punit indistinctement le terroriste et les enfants. Le Premier ministre Ehoud Olmert et le ministre de la Défense Ehoud Barak ont immédiatement adressé une lettre au conseiller juridique du gouvernement Menachem Mazouz, demandant la destruction de la maison du terroriste de la rue Jaffa. Une telle mesure, jusque maintenant de règle en Israël, avait été levée avant d'être de nouveau envisagée suite à l'attentat contre la yeshiva. La Cour suprême, saisie du dossier, n'a pas encore statué sur sa légalité. Le Likoud et les partis religieux demandent depuis trois mois qu'elle soit appliquée.
Quelques minutes après l'attentat, les transports publics étaient de nouveau en fonction à Jérusalem. Des témoins de l'attentat attendaient les bus sur les lieux de l'événement, déclarant avec fatalisme qu'ils étaient « de Jérusalem ». Ils se référaient ainsi à la vague d'attentats perpétrés dans la ville, prenant pour cible des autobus, pendant la seconde Intifada. La rue Jaffa avait connu pendant cette période des dizaines d'attentats et de morts, dont les noms jalonnent la rue sur des plaques commémoratives. Deux d'entre elles sont situées à seulement quelque mètres de l'attentat d'aujourd'hui.

Les forces de sécurité israéliennes ont immédiatement bloqué le quartier d'habitation du terroriste. Le Shin Bet est présent dans la maison pour protéger la famille d'éventuelles représailles. A la suite de l'attentat contre la yeshiva, des militants des partis religieux sionistes s'étaient dirigés contre la maison, et la famille avait reçu des menaces de mort. Les frères du terroriste de la rue Jaffa ont été arrêtés et sont actuellement interrogés. L'homme est connu de la police pour des actes mineurs qu'il a commis par le passé. Mais rien aujourd'hui ne le désignait : aucun lien avec aucune organisation criminelle ou groupe religieux et politique. Au moment où le jeune soldat en civil a pris d'assaut la cabine du tracteur, le chauffeur a crié « Allah Aqbar », avant de mourir de tirs dans la tête. Une femme de sa famille en deuil a crié devant la télévision : « un shahid ! un shahid ! que Dieu prenne pitié de lui ». La famille est en train de monter une tente de deuil, comme le veut la tradition musulmane, qui risque elle aussi de susciter de vives réactions côté israélien : lors de l'attentat de la yeshiva, des voix avaient dénoncé l'usage qui était fait de cette tradition pour vanter l'acte du mort désigné comme modèle. Les partis de droite avaient réclamé que le deuil public soit interdit en cas de terrorisme pour éviter toute apologie.
Que ce soit dans l'attentat d'aujourd'hui ou dans celui qui a eu lieu il y a trois mois, dans les deux cas l'homme n'était pas connu des services de sécurité israéliens et ne s'était pas fait remarquer par un comportement violent ou « militant ». Il menait une vie normale, avec une famille, un travail en règle, qui indiquaient une personne apparemment équilibrée et socialement intégrée. Si aucun lien ne rattache ces deux individus à un mouvement terroriste, il semble donc que leur acte s'explique par des initiatives individuelles lesquelles sont significatives d'une grave crise dans la population de Jérusalem Est. La plupart des Arabes sont tiraillés entre leurs liens professionnels et économiques avec Israël et leur identification avec « la cause palestinienne ».
Parmi les trois victimes de l'attentat, une mère est morte sur place tandis que son bébé est miraculeusement sorti indemne. La plupart des blessés étaient sortis de l'hôpital en début de soirée et la circulation était normale rue Jaffa. Jérusalem est placée en état d'alerte. Les réactions politiques seront vraisemblablement très vives les jours à venir.

Isabelle-Yaël Rose
Jérusalem, 2 Juillet 2008

Nouvel attentat à Jérusalem : « Israël ne se bat pas à armes égales avec des gens capables d’un tel mépris de la vie et de la condition humaine »

Jérusalem, 2 juillet 2008 : la peletteuse poursuit sa
course folle, après avoir renversé un bus
(photo AFP)

Ce matin, notre billettiste André Nahum avait évoqué sur nos ondes l’échange « prisonniers contre dépouilles » que le gouvernement israélien venait d’entériner avec le Hezbollah. Et il devait dire, fort justement : « cette décision douloureuse, qui honore le gouvernement et le peuple d’Israël sera certainement célébrée par le Hezbollah comme une immense victoire et pousse le Hamas à faire monter les enchères pour libérer éventuellement Guilad Shalit. »
Et mon ami André remarquait aussi : « Israël, ne se bat pas à armes égales, avec des gens capables d’un tel mépris de la vie et de la condition humaine. Mais que pouvait-on attendre de fanatiques qui n’hésitent pas à envoyer leurs propres enfants se faire exploser dans le seul but de tuer le plus possible « d’Infidèles », qui privilégient la mort sur la vie et éduquent leur jeunesse dans le culte du martyre et de la haine ? » 
C’était quelques heures avant le nouvel et effroyable attentat de Jérusalem, où un Palestinien employé de la société française responsable du chantier du futur tramway de la capitale, allait broyer férocement de nombreux véhicules en roulant avec sa pelleteuse à contre sens, renversant même un bus avant d’être enfin abattu par un policier : 3 morts, des dizaines de blessés ... (voir la photo).

Un évènement qui fait frémir, mais auquel on peut aussi répondre en pensant à la conclusion d’André Nahum ce matin :
« Mais Israël est fort. Très fort ».

J.C

19 mars 2008

Enfants assassinés de Jérusalem : un dessin redevenu d'actualité


J'ai illustré la semaine dernière un article d'Isabelle-Yaël Rose ("Après l'attentat contre la Yeshiva"), par la photographie des malheureuses victimes qui avaient, rappelons-le, en majorité entre 15 et 18 ans - ce que beaucoup d'agences de presse auront édulcoré, en parlant "d'étudiants" ...

Le choc passé, il m'est alors revenu une autre chose également effacée dans trop de commentaires de nos grands médias : le mépris absolu de toute règle d'humanité par les terroristes islamistes, qui ciblent volontiers des enfants : ainsi, lors de la prise d'otages il y a quelques années dans une école de Beslan, il y eut des centaines d'enfants tués ... mais la plupart des commentateurs occidentaux ont disserté sur la responsabilité des forces spéciales russes, présentées comme les vrais responsables du massacre.

Mais en voyant les regards de ces huit malheureux pris pour cibles, il m'est aussi revenu un autre souvenir : celui d'une époque, déjà lointaine, où mon engagement journalistique et bénévole portait sur un autre domaine, celui du dessin de presse ... et où je publiais sous le pseudonyme de "GAN" dans les médias communautaires. Ce dessin avait été fait suite à l'un des attentats antisémites qui allaient ensanglanter l'Europe au début des années 1980, et qui furent attribués au groupe terroriste Abou Nidal. J'avais fait ce dessin d'après la photographie de David Kohane (z"l), jeune écolier de 15 ans et demi assassiné lors d'une fusillade à Anvers en août 1980. Et il m'avait été "commandé" par l'ABK, "Association des bourses du Keren de l'Université de Tel Aviv", dont il devait illustrer le calendrier pour l'année 5742 ... plus de 25 ans après, j'ai conservé ce petit calendrier tout jauni. 

J.C

11 mars 2008

Après l'attentat contre la Yeshiva

Les huit adolescents assassinés dans la Yeshiva Merkaz Harav

Jeudi 6 mars vers les 20h30, alors que les étudiants de la Yeshiva du Rav située dans le quartier de Kyriat Moshe étudiaient et célébraient le commencement du mois d'Adar, Ala Abou Dhaim, un résident de 25 ans de Jérusalem Est, a fait irruption dans le bâtiment sacré, massacrant avec une arme à feu des adolescents sans défense. Huit d'entre eux, âgés en moyenne de 16 ans, sont morts - parmi les victimes, un jeune français : Segev Peniel Avihail, 15 ans, de Neveh Daniel.
Cet acte n'est pas sans rappeler l'attentat-suicide de 2002 qui avait pris pour cible l'Université hébraïque de Jérusalem. Un autre jeune français, David Gritz, étudiant en philosophie, décrit par tous comme un jeune homme doux et tolérant, était mort. Le terroriste, en frappant l'Université, l'une des premières institutions créée par Israël, savait où il frappait : un lieu d'étude et de savoir, mais aussi un lieu de rencontres et d'échanges inter-culturels. Un lieu tourné activement vers la paix.

Le ministre de la Sécurité intérieure Avi Dichter a réagi dès vendredi à l'attentat, alors qu'il revenait d'Efrat [implantation en Judée] où l'une des victimes a été enterrée : « Nous devons trouver un moyen légitime et légal pour jeter dehors les quelques Arabes palestiniens qui choisissent d'aider et de participer au terrorisme. Il faut les expulser à Ramallah ! ». Deux jours plus tard, le président du parti national religieux, le député Zébulon Orlev, a déclaré que la loi devait être changée pour permettre l'expulsion de la famille Dhaim vers Gaza.
Un groupe jusqu'alors inconnu - « les martyrs d'Imad Mougnieh », du nom du chef du Hezbollah éliminé à Damas il y a un mois - a d'abord revendiqué l'attentat sur les ondes d'Al Manar, la télévision du Hezbollah qui émet depuis le Liban. Les officiels du Hezbollah ont pourtant rejeté toute implication dans le massacre. De son côté, le Hamas qui avait initialement revendiqué l'attentat est revenu sur sa déclaration.
Tout se passe comme si le Hezbollah et le Hamas, d'habitude prompts à revendiquer des attaques de cette sorte, se sont ravisés. Est-ce un effet de l'élimination de Mougnieh ? De l'opération « Hiver chaud » de la semaine dernière ? Cette retenue, cet effacement inhabituels, sont en tous les cas à méditer.
Pour sa part, le journal de langue arabe Al-Hayat, publié à Londres, a rapporté samedi 8 mars que la Syrie était derrière l'attaque. Selon l'article, celle-ci chercherait à détourner l'attention des pays arabes du Liban, pour la tourner vers la bande de Gaza et la Cisjordanie. Il y a deux semaines, certains pays - dont l’Égypte et l'Arabie Saoudite - avaient en effet menacé de boycotter le sommet de la Ligue arabe qui se tiendra à Damas à la fin du mois si une solution n'était pas trouvée à la crise présidentielle libanaise. Un officiel égyptien a confié au journal financé par les Saoudiens que l'escalade sur le front palestinien servait les intérêts syriens.
Quoiqu'il en soit, l’Égypte est de nouveau dans l’œil du cyclone : deux mois après la destruction de la frontière de Rafiah - qui protège l’Égypte de la bande de Gaza - la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en visite en Israël mardi dernier, a demandé à l’Égypte d'utiliser son influence pour calmer le Hamas. Lors des rencontres organisées au Caire entre les officiels égyptiens et les officiels du Hamas et du Djihad islamique, ceux-ci ont posé trois conditions à un arrêt de leurs activités : que la frontière de Rafiah soit de nouveau ouverte, que le Hamas en partage le contrôle, qu'Israël cesse ses actions militaires en Cisjordanie. En demandant cela, le Hamas a donné un coup non seulement à la souveraineté de l’Égypte, et à celle de l'Autorité palestinienne qui est l'interlocuteur naturel pour tout ce qui concerne la Cisjordanie, mais aussi à celle des États-Unis : l'administration Bush agit en effet pour que le contrôle de Rafiah soit partagé entre l’Égypte et l'Autorité palestinienne sous la supervision d'une présence européenne. La présence du Hamas est exclue.

Mais l'attentat contre la Yeshiva a provoqué un autre débat dans la société israélienne : celui qui porte sur le deuil de la famille et sur la manière dont celle-ci doit être traitée. Débat moral, mais aussi religieux si l'on veut bien admettre que les lois du deuil sont un sujet religieux et non pas seulement sécuritaire ou politique, qui engage l'idée que nous nous faisons du Judaïsme. Et des normes éthiques qui doivent être celles de la première démocratie juive. Car Israël n'est pas comme les nations : Israël a été élu pour être la lumière des nations.
Le président du Likoud Benyamin Netanyahou a déclaré sur les ondes de Kol Israël dimanche 9 mars que la « tente de deuil » dressée par la famille du terroriste - suivant la loi islamique - devait être détruite. Il s'est réclamé de l'exemple des Jordaniens qui ont interdit à la famille du terroriste résidant près d'Amman de faire un deuil public.
Une source du ministère de l'Intérieur du royaume Hachémite a expliqué que l'interdiction du deuil public avait été décrétée pour des raisons de sécurité. Il a indiqué que la Jordanie ne permettrait à aucun groupe ou aucun individu de porter atteinte à sa sécurité nationale en organisant des événements qui soutiennent publiquement la violence contre des civils. Ces deuils publics sont en effet utilisés par les islamistes pour organiser des rassemblements qui célèbrent le « martyre », la « guerre sainte » contre «l'ennemi sioniste » mais aussi contre les pouvoirs et les institutions arabes modérés. La Jordanie est l'un des seuls pays arabes à avoir condamné l'attaque terroriste contre la yeshiva.
De son côté, un officiel du ministère de la Sécurité intérieure a déclaré qu'il fallait laisser la famille du terroriste célébrer le deuil tant qu'elle n'enfreignait pas les lois d'Israël. «La famille a le droit de faire son deuil public comme la famille de Baruch Goldstein. Je ne me souviens pas que quiconque a demandé à la famille de Goldstein d'interrompre son deuil après que celui-ci a tué des Arabes. C'est le même acte. Ils ont le droit de monter une tente de deuil : ce n'est pas illégal ». En 1994, Baruch Goldstein, habitant de Kyriat Arba, avait pénétré dans une mosquée proche de la Tombe des Patriarches à Hébron en pleine prière musulmane. Armé d'une mitraillette et revêtu de l'uniforme de Tsahal, il avait tiré sur les 500 fidèles désarmés en prière, tuant 29 personnes. Son acte était un geste de protestation contre la gauche et les accords d'Oslo, qui serait bientôt relayé par le meurtre de Rabin. L'assassin de Rabin, actuellement en prison, bénéficie du soutien des partis religieux sionistes qui réclament régulièrement sa libération.

Dimanche 9 mars, alors qu'elle se rendait à la yeshiva pour témoigner de sa solidarité, la ministre travailliste de l'Education Youli Tamir a été accueillie aux cris de : « Assassin ! Assassin ! ». Tandis qu'elle cherchait à retourner dans son véhicule pour se protéger, les étudiants s'en sont pris à elle physiquement ainsi qu'à ses gardes du corps. Malgré la bousculade, personne n'a été blessé.
Le grand rabbin de la yeshiva, le Rav Shapira, a organisé une conférence de presse dans la bibliothèque où le carnage s'est déroulé. Le Rav Mordechaï Eliyahou, ancien grand rabbin d'Israël et figure centrale du sionisme religieux, honore la Yeshiva de sa présence pour soutenir les étudiants. La direction rabbinique de la yeshiva a fait parvenir un message au bureau du Premier ministre lui indiquant qu'il n'était pas le bienvenu car sa politique était contraire à la Torah. Le Rav Shapira et le Rav Eliyahou avaient appelé les soldats à désobéir aux ordres lors du désengagement de Gaza. Benyamin Netanyahou avait démissionné du gouvernement, nommant à la direction de son cabinet le président de Yesha, l'organisation qui regroupe tous les habitants des implantations de Judée-Samarie. Ils avaient vivement critiqué le Premier ministre d'alors, Ariel Sharon, l'accusant de trahir la Torah et le Judaïsme. C'est pourquoi, quand celui-ci avait été victime de son attaque cérébrale - et quand son fils, la semaine dernière, a été jeté en prison - certains y ont vu une « punition de Dieu ». Le Rav Lior, figure populaire de Yesha, a soutenu l'idée de punition collective contre les Arabes. Le Shas s'est opposé à cette vision jeudi dernier quand le fils du Rav Ovadia Yossef, présidant un conseil de rabbins orthodoxes, a déclaré qu'avant de bombarder un lieu, Tsahal devait faire une annonce qui permette aux habitants innocents de l'évacuer.
L'attentat va accentuer la pression sur le Shas, sur tous les éléments modérés de la société israélienne, mais aussi sur tous les Arabes israéliens déjà sensiblement déconnectés du reste d'Israël. Si le Hezbollah et le Hamas n'ont pas revendiqué l'attentat, il correspond parfaitement à leur projet.
Dans l'après-midi de dimanche, des militants du parti national religieux ont manifesté devant la maison de la famille Dhaim tandis que les hommes du Shin Bet (services de sécurité intérieurs) lui remettaient une convocation. La famille a déclaré avoir reçu des menaces de mort.

Isabelle-Yaël Rose,
Jérusalem, le 10 mars 2008

08 mars 2008

Les pogromistes de Gaza

Photo Reuters, 4 mars 2008

Photo copyright Avi Ohayon, 6 mars 2008

Deux images choc valant souvent mieux qu’un long discours, j’ai pensé qu’il était d’abord utile de rapprocher ces deux photos récentes.

Vous connaissez peut-être celle du dessous, prise dans la Yeshiva « Merkaz Harav » juste après l’attentat de jeudi soir : un livre hébraïque dégoulinant du sang d’un jeune juif criblé de balles ; elle a été reprise sur de nombreux sites, y compris celui du journal « Le Monde » pourtant si habile à toujours trouver des circonstances atténuantes aux islamo-fascistes ... Elle évoque irrésistiblement la réalité de l’évènement, qu’il faudrait être aveugle pour ne pas voir en face, celle d’un pogrom - les adolescents juifs ayant été tué dans la bibliothèque d’un lieu d’études religieuses et payant, symboliquement, pour le fait d’être des Juifs « estampillés comme tels » ; exactement comme les trente tués du Seder de Pessah du Park Hôtel de Netanya en mars 2002, attentat qui allait déclencher l’opération « Rempart défensif ».

La photo du dessus a été prise lors d’une manifestation du Hamas dans la bande de Gaza, deux jours avant, le 4 mars 2008. Les deux femmes sont donc, elles, « estampillées bonne musulmanes » par les dirigeants du Califat établi sur ce confetti de territoire : musulmanes modèles à la sauce islamiste, elles portent le niqab ... et elles font irrésistiblement penser à des corbeaux, ou plutôt à des vautours : des vautours tout excités par l’odeur du sang, le sang de tout le monde d’ailleurs : celui des victimes civiles collatérales des incursions de Tsahal, comme celui des jeunes Juifs sacrifiés en holocauste ; la mort, la mort, toujours la mort, comme s’il n’y avait rien de beau sur Terre à vivre - et quand on s’habille (ou quand on est forcé à s’habiller) comme cela, effectivement il ne reste pas grand-chose !

On a écrit, un peu partout, que le gouvernement israélien allait lancer, enfin, une opération de « relations publiques » pour mieux faire connaître la face immonde des ennemis qu’il doit affronter. Je me dois d’aider, même à mon très modeste niveau, cette campagne et je profite donc de ce petit article pour vous donner un certain nombre de liens à visiter ou à revisiter.
1) Cet enregistrement vidéo qui date déjà de quatre ans, d’un prêche du vendredi dans une mosquée de Gaza, où il est clairement dit que les Juifs - « ces fils de porcs et de singes » - méritent la mort, voir le clip de "memritv" (langue arabe, sous-titres en anglais).
2) Cette page du Ministère israélien des Affaires Étrangères, en langue française, avec liens sur le site Internet du Hamas et ses messages très clairs à la population juive du pays : « nous vous voulons morts » (aller sur le lien).
3) Enfin le texte en français de la charte du Hamas, tiré du site des « Amitiés Québec Israël » : un petit monument de fanatisme religieux et de haine antisémite !

J.C

06 mars 2008

Après l'attentat de Jérusalem : Djihad, l'horreur en face

Après un attentat en Israël, photo d'archive

Voici encore revenu le temps des sales nouvelles en provenance d'Israël ... alors que Jérusalem avait repris l'habitude de vivre avec un sentiment de sécurité, une attaque terroriste dans une yeshiva a fauché les vies des 8 jeunes, tandis que plusieurs autres ont été grièvement blessés. Déjà, on imagine que de nombreuses organisations islamistes vont revendiquer l'attentat, et elles gagneront - hélas - en popularité dans les pays arabes voisins, tant les massacres de civils ont toujours constitué un mode normal pour s'opposer à l'existence de l’État juif !
Si on laisse de côté l'Irak où les massacres de civils au nom de la "résistance" sont quasi quotidiens, le pays qui a le plus souffert du terrorisme islamiste reste, bien sûr, le petit Israël : plus d'un millier de tués et des dizaines de milliers de blessés depuis la deuxième intifada des années 2000 - la plupart des victimes étant des civils, massacrés lors d'attentats suicides à l'intérieur des frontières internationalement reconnues de l’État. Si l'on tient compte du rapport des populations, cela représenterait en France l'équivalent de plus de 9000 tués. Cela, pour ne pas parler des milliers de victimes d'avant, les centaines tués par le Hamas alors que l'on espérait encore après les accords d'Oslo, ou les milliers assassinés par un terrorisme qui ne se disait pas encore "islamiste" dans les années 50 à 80 ... la "belle époque" des mouvements dits "laïcs" qui avaient, déjà et toujours, la sympathie de la gauche tiers-mondiste (voir sur le blog mon article en date du 10 février après la disparition de Georges Habash). Il est vrai que tuer, tuer et encore tuer reste le seul acte irréversible pour ce genre de révolutionnaires : cela ne change rien à l'ordre des choses, mais la destruction des victimes et le désespoir de leurs familles révolutionne - pour de bon - le cours de pauvres existences.

Mon ami Alain qui vit là bas et dont j'ai mis le blog en lien permanent ("A frenchie in the Holy Land") avait publié il y a déjà deux ans trois articles sur cette actualité douloureuse. Dans celui titré "Putain de terreur", il évoque les morts oubliés, ces blessés dans un état critique qui finissent par succomber des semaines après l'attentat comme ce jeune touriste américain de 16 ans victime d'un attentat à Tel Aviv. Dans "Le malheur a frappé si près", il évoque ses voisins de palier, un jeune couple qui vient de perdre ses parents dans un attentat, des sexagénaires qui n'auront jamais pu profiter d'une retraite bien méritée et dont il ne reste qu'une photo souriante.

Et enfin, dans "juste mesure", il pose la question qui n'est pratiquement jamais posée dans les médias européens et français en particulier : pourquoi cette absence totale de scrupules dans le camp d'en face ? Pourquoi les crises de conscience, les débats dans la presse après chaque bavure de l'armée - et Tsahal en fait comme toutes les armées du monde, et cela lui a été amplement reproché la semaine dernière à Gaza - n'ont jamais leur équivalent chez les Palestiniens ? Et il écrit : "Le monde islamiste ne ressemble pas à cet Occident démocratique, libéral tel que nous l'avons construit au cours du vingtième siècle. Les valeurs morales semblent différentes et il va falloir l'assimiler rapidement. Sinon on est très, très mal barrés ..."

J.C

10 février 2008

Georges Habash (1925-2008), un leader terroriste et cinq commentaires

Georges Habash, Beyrouth 1979
(photo A.P)

Les journaux nous ont appris la disparition, d’une crise cardiaque, de Georges Habash, le 26 janvier dernier

Mais qui se souvient encore de Georges Habash ? Figure marquante du terrorisme palestinien alors que j’avais une vingtaine d’années, son nom n’évoque sûrement pas grand-chose pour les jeunes Internautes, passionnément engagés dans un camp ou l’autre de cet interminable conflit ... La mémoire française semble l’avoir particulièrement effacé, si l'on en juge par l’absence d’article en son honneur sur l’édition française de Wikipedia. L’édition anglaise, au contraire, a mis en ligne une biographie assez complète, associée, naturellement, à un long article sur le "Front Populaire pour la Libération de la Palestine" dont il fut à la fois le cofondateur et le leader jusqu’en 2000 - après avoir perdu, et depuis longtemps, de sa superbe à la fois pour des raisons de santé et parce que l’Histoire avait marginalisé son courant : révolutionnaire « marxiste-léniniste », soutenu en sous-main par le KGB de la défunte URSS, ayant à son programme le renversement de tous les régimes arabes pro-occidentaux (on se souviendra par exemple de la révolution manquée de septembre 1970 en Jordanie), cet ancien dirigeant du « Front du Refus », hostile aux accords d’Oslo, aura connu l’amertume de se voir dépassé par les islamistes du Hamas et du Djihad islamique, devenus les vrais « révolutionnaires » au yeux des nouvelles générations de Palestine, et du monde musulman en général.

Cinq commentaires, que l’on n’aura pas beaucoup lus dans les articles consacrés à sa disparition :

1. Né dans une riche famille grecque orthodoxe de Lydda (aujourd’hui Lod, en Israël), il incarnait l’antisionisme farouche de l’ensemble de la société palestinienne, et en premier lieu des Chrétiens qui, plus riches et mieux éduqués, avaient les meilleures positions du temps du mandat britannique ; un point à souligner, alors que l’on réduit aujourd’hui le conflit à une guerre de religions : le refus arabe d’Israël est d’abord nationaliste, même si les références à l’islam ont contribué, dès l’origine, à radicaliser le conflit.

2. Théoricien révolutionnaire « marxiste-léniniste », on n’aura guère connu Georges Habash se faire le praticien d’une société nouvelle : c’est, vous répondra-t-on, que les malheureux Palestiniens n’avaient pas d’État à gérer. Mais le mouvement sioniste a-t-il attendu l’indépendance d’Israël pour fonder des Kibboutz ou des coopératives ouvrières - à l’époque où il était, majoritairement, d’obédience socialiste ? Ses slogans « révolutionnaires » n’auront été que des mots, rien que des mots pour Habash comme pour hélas la presque totalité des leaders palestiniens, la priorité étant toujours portée à la destruction « de l’autre ».

3. Amnésiques ou ignorants, des journalistes nous auront inlassablement seriné au cours des dernières années la rengaine du « pauvre kamikaze désespéré qui tue en se suicidant, par désespoir » ... L’utilisation de ce « mode opératoire » par tous les terroristes islamistes de la Planète aura, depuis et largement, décrédibilisé leurs propos. Mais c’était aussi oublier que l’arme terroriste a été le choix fait, dès le début, par tous les mouvements combattant au nom de la cause palestinienne, des plus « laïcs » aux plus religieux. En lisant l’article consacré au FPLP, vous découvrirez la longue litanie d’attaques contre des civils, détournements d’avions, mitraillages d’aéroports ou d’ambassades - sans oublier l’explosion en vol d’un avion de la Swissair en route pour Tel Aviv, en février 1970 - attentat que cette « glorieuse figure de la résistance palestinienne » avait ouvertement revendiqué à l’époque !

4. Justement, il faut aussi retenir que ce terrorisme là, qui aurait pu être terriblement dévastateur - la stratégie du FPLP étant d’isoler complètement Israël, en coupant ses liaisons aériennes avec le monde extérieur - a été un échec complet : non pas que les dangers du terrorisme algérien aient disparu, ils se sont même étendus au monde entier depuis le 11 septembre. Mais des contre-mesures ont été trouvées, la surveillance adaptée, bref l’État juif et les Démocraties qui le soutiennent ont su, presque parfaitement, trouver les parades. Idem aujourd’hui pour les kamikazes islamistes avec la « barrière de sécurité » (1) ; idem demain avec le « bouclier anti-missiles » en cours de développement, pour répondre aux bombardements de « kassams » et autres « katiouchot ». Chroniqueurs de l’instantané et du sensationnel (le terrain choisi par les terroristes), les médias ne prennent guère le temps de s’attarder sur les victoires silencieuses, comme celle d’Israël contre Georges Habash.

5. Enfin (cela on aura pu le lire sur des sites ou blogs juifs), la décision de l’Autorité Palestinienne de décréter un deuil national de trois jours après sa mort a quelque chose de profondément choquant - comme la messe dite en l’honneur d’un ex-terroriste dans une Église d’Amman, alors même (comme on l’aura rappelé plus haut) qu’il avait tenté de renverser la monarchie hachémite au début des années 70 ! En voyant de tels hommages, les Israéliens ne peuvent guère se faire d’illusions sur les « modérés » avec lesquels, soit ils sont en Paix (la Jordanie voisine), soit ils négocient (Mahmoud Abbas).

Jean Corcos

(1) : C'est justement parce que cette barrière était restée inachevée au Sud d'Hébron que les deux terroristes de l'attentat de Dimona, lundi dernier, ont pu s'infiltrer par cette faille ...

08 février 2008

André Nahum : trouver des excuses au terrorisme islamiste, c'est préparer pour nos enfants et petits-enfants des lendemains bien sombres ...

Enfant palestinien distribuant des friandises à Gaza,
pour célébrer l'attentat du Hamas à Dimona
(photo Reuters, le 4 février 2008)

Bonjour.
 
Peu d'entre vous s'en souviennent peut-être, mais c'est aujourd'hui le 74e anniversaire du 6 février 1934 au cours duquel, la République faillit être renversée par les fascistes. Il s'en est fallu de peu que la Cagoule et les ligues rassemblées place de la Concorde prennent d'assaut la Chambre des Députés.
Six ans plus tard, en juin et juillet 1940, les factieux prenaient leur revanche sur la "gueuse", c'est à dire la République, à la faveur du désastre militaire qu'avait subi la France et instauraient à Vichy, sous la protection des baïonnettes allemandes, le régime totalitaire et antisémite du maréchal Pétain ...
Février 1934, la France échappe de peu à la dictature et la République gagne un court répit avant de sombrer dans le drame.
Février 2008, le monde se trouve confronté à une puissante entreprise totalitaire et terroriste qui sous prétexte de religion foule aux pieds les principes les plus sacrés des religions, c'est à dire le respect et la protection de l'homme, censé avoir été créé à l'image de Dieu selon la Thora, les Évangiles et le Coran. C'est au Nom de Dieu que le cheikh libanais Hassan Nasrallah qui dirige le Hezbollah, c'est à dire "le parti de Dieu", se glorifie de détenir des cadavres de jeunes juifs morts au combat, et exerce un chantage odieux sur Israël pour les négocier au prix fort. Au Nom de Dieu, les assassins d'Al-Qaïda, après avoir égorgé et décapité des innocents dont ils filmaient l'agonie, pratiquent maintenant une euthanasie d'un genre nouveau. Ils utilisent en Irak des femmes trisomiques, c'est à dire des déficientes mentales pour en faire des kamikazes et pour tuer des dizaines d'autres musulmans.

Il y a 70 ans, l'Allemagne nazie se débarrassait de ses malades mentaux en les gazant mais Adolf Hitler n'a jamais prétendu agir au Nom de Dieu. Bien au contraire. Avant-hier en Israël, à Dimona, le Hamas et une organisation liée au Fatah - c'est à dire au parti qui négocie actuellement la paix avec Israël - ont envoyé deux jeunes gens transformés en bombes vivantes se faire exploser dans un café pour tuer des civils juifs, encore au Nom de Dieu ...
Pourquoi l'ONU, l'Europe, les Nations, nos gouvernants, nos media ne dénoncent-ils pas comme crimes contre l'Humanité ces actions infâmes que l'on commet au Nom de la religion ? Qu'attendent les responsables religieux, en islam comme ailleurs, pour condamner leurs auteurs avec force et les reléguer au ban de l'Humanité ? Ne pas combattre le terrorisme islamiste où qu'il se manifeste avec la dernière énergie, c'est se faire son complice. Lui trouver des excuses, accepter la banalisation de ses forfaits contre Dieu et contre l'homme comme une fatalité inéluctable, c'est préparer pour nos enfants et petits-enfants des lendemains bien sombres.

Mais n'ayez crainte, on s'en sortira !
 
André Nahum
Judaïques FM, le 6 février 2008

03 février 2008

Une émission prémonitoire ...

Avez-vous passé une bonne semaine ? Ravi de retrouver aujourd’hui les lecteurs fidèles, alors même que je n'ai pu commenter « à chaud » bien des évènements ... car sur les sujets intéressant ce blog, l’actualité ne chôme vraiment jamais !

Parmi les "news" de la semaine, j'ai particulièrement relevé le "buzz" médiatique autour du dernier livre d'Eric Zemmour, "Petit frère" (Editions Denoël), un passionnant débat entre Abdelwahab Meddeb et Tariq Ramadan, ainsi que la disparition de l'ex-leader terroriste palestinien Georges Habash. De tout cela, il sera question dans les prochains jours et semaines, pour ceux qui reviendront à cette adresse.

Mais je voudrais évoquer pour commencer l'attaque contre l'Ambassade d'Israël à Nouakchott, dans la nuit de jeudi à vendredi : rarement une de mes émissions aura été aussi prémonitoire, car dimanche dernier, avec mon invité Monsieur Ould Saleck El Arby, nous avions évoqué son pays, la Mauritanie, avec à la fois l'ombre d'Al-Qaïda (qui avait déjà frappé il y a quelques semaines), et les relations avec Israël (mon invité avait dit à l'antenne que, à son grand regret, la majorité de l'opinion là bas était pour les rompre).
On lira en lien l'article du "Haaretz", où sont détaillées les circonstances de cet attentat ainsi que les dernières nouvelles, qui sont plutôt rassurantes : message de sympathie du Ministre des Affaires Étrangères à l'Ambassadeur, Boaz Bismuth (un ancien journaliste du "Yedioth Aharonot" qui s'était spécialisé dans les missions dans les pays arabes) ; et arrestation rapide de trois suspects.

Les auditeurs fidèles auront donc, à quelques jours d'intervalle, entendu parler d'un pays quasiment oublié des grands médias (a fortiori, du 94.8 FM !), revenu à son corps défendant aux premières loges de l'actualité quatre jours après. Comme ils auront été parmi les premiers en janvier 2006 à entendre parler des infirmières bulgares ... bien avant leur libération, tellement médiatisée en juillet de l'année dernière ! En choisissant des sujets hors des sentiers battus et rebattus - et les arcanes de la politique israélienne commentées ad nauseam sur la fréquence juive en sont un triste exemple -, mes auditeurs auront eu l'impression d'avoir une petite longueur d'avance sur les évènements.
J'en suis très heureux, et je voudrais remercier à nouveau mon invité de dimanche dernier - en espérant le recevoir à nouveau pour une prochaine émission sur l'Afrique, continent hélas toujours oublié des médias !

J.C