Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est AQMI. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est AQMI. Afficher tous les articles

21 janvier 2016

Attaque de Ouagadougou : l'itinéraire brisé de Leila Alaoui

Leila Alaoui

Artiste et militante, Leila Alaoui, photographe franco-marocaine grièvement blessée le week-end dernier lors de l'attentat de Ouagadougou, a fini par succomber à ses blessures lundi.

"Je ne me considère pas tellement comme une artiste, je milite en utilisant un langage artistique…" Au Maroc où elle a passé son enfance, au Liban, à New-York, la photographe franco-marocaine Leila Alaoui n’a cessé de promener son objectif à travers le monde, pour mieux témoigner d'une réalité dont elle, la jeune fille "qui a eu le droit à une éducation", se sentait "responsable". Jusqu'à ce que son chemin croise celui d'illuminés au pays des hommes intègres…
Attirée par la thématique de la migration, habituée à travailler avec les ONG et plus encore, selon ses propres termes, "en immersion", Leila Alaoui était arrivée il y a moins d’une semaine à Ouagadougou, dans le cadre de sa participation à une campagne d’information sur le mariage précoce au Burkina Faso et au Mali, portée par Amnesty International.

Vendredi dernier, alors qu’elle est à la terrasse d’un café-restaurant de la capitale burkinabé notoirement fréquenté par les expatriés, plusieurs terroristes armés d’Al Mourabitoune, ralliés à Al-Qaïda au Maghreb (AQMI), surgissent et ouvrent le feu avant de se retrancher plus loin, d’abord dans un hôtel puis dans un bar. L’attaque fera au moins trente morts, dont le chauffeur de Leila. Blessée à l’abdomen, au bras, à la jambe et au rein, la jeune femme a fini par succomber à ses blessures, ce lundi 18 janvier. Elle avait 33 ans.

L’une de ses dernières séries de portraits, intitulée "Les Marocains", exposée jusqu’à la semaine dernière, à la Maison européenne de la photographie, résume à elle seule la démarche de l’artiste, partie en "road trip" à travers le Maroc avec son studio photo mobile. Là, au gré des marchés et des villages, Leila Alaoui avait notamment tenté de capter ce qu’il reste des "traditions qui disparaissent" dans son Maroc, arabe, berbère, multi-ethnique, et multiculturel. Un travail "d’archives" sans "condescendance", précisait-elle. 

Depuis l'annonce de son décès, les hommages se sont multipliés. Responsables politiques, collègues, amis, anonymes... tous saluent le travail et le talent de la photographe assassinée.

Bouleversée que #LeilaAlaoui, jeune et talentueuse photographe franco-marocaine, ait succombé ce soir à ses blessures à Ouagadougou.
— Fleur Pellerin (@fleurpellerin) 18 Janvier 2016
C'est avec tristesse que nous avons appris le décès de Leila Alaoui. Leila travaillait sur un projet avec notre secrétariat international.
— Amnesty France (@amnestyfrance) 19 Janvier 2016
Photographe Leila Alaoui 1982 -2016 pic.twitter.com/2ji4QTIKbc
— JiPe (@carlader) 19 Janvier 2016

Marianne, 19 janvier 2016

01 novembre 2013

Tourisme en Tunisie, séjours à risques ?



L'impasse politique dans le pays, les assassinats de personnalités de l'opposition, la crise économique, tout ceci a créé un climat tendu avec des manifestations fréquentes et parfois des heurts violents.

Mais ces dernières semaines on est, semble-t-il, passé à la "vitesse supérieure" avec des actions terroristes sanglantes, dont les principales victimes ont été des militaires et des policiers : agissant à partir du Sud Saharien ou de la frontière algérienne, des groupes armés sont passés à l'attaque : est-ce une offensive de l'A.Q.M.I ? De groupes salafistes locaux agissant pour leur propre compte ?

Le fait est que maintenant une grande partie du pays n'est plus sûr pour le tourisme : le Quai d'Orsay vient de publier cette "carte des risques" montrant que seule la Côte - et ses stations balnéaires - ne demande "qu'une vigilance normale" ; en rouge, par contre, les zones les plus dangereuses où opèrent des terroristes armés. 

A noter cependant que cette carte a été rapidement dépassée par les évènements : mercredi dernier, on signalait un attentat sur la plage de Sousse - n'ayant fait, heureusement, comme victime que le Kamikaze - et une tentative d'attentat déjouée à Monastir, près du mausolée du président Habib Bourugiba.

Sur ce lien les conseils aux voyageurs du Quai d'Orsay.

J.C

17 mars 2013

Les Touaregs et la géopolitique du Mali : Yasmina Oubouzar sera mon invitée le 24 mars

Rebelles touaregs du M.N.L.A

Nous allons à nouveau parler de l'actualité dans un pays du monde musulman, et il s'agira vraiment d'une actualité brûlante puisqu'elle concerne un état dans lequel notre armée est engagée depuis le 11 janvier : ce pays, vous l'avez deviné, c'est le Mali. Seulement, pour en parler j'ai choisi un angle d'enquête un peu original puisque j'ai voulu dépasser le cadre précis du conflit dans lequel se situe l'intervention française : nous entendrons en effet une représente du "Mouvement National de Libération de l'Azawad", mouvement touareg du Nord Mali, Yasmina Oubouzar. Yasmina Oubouzar est une militante du M.A.K, mouvement pour l'autonomie de la Kabylie. C'est par solidarité berbère qu'elle participe ici en France au soutien au M.N.L.A, son représentant officiel en France M. Mossa Ag Attaher ayant du fuir en Afrique suite à cette guerre. Quelques rappels rapides, pour planter le décor de cette émission : bien sûr qu'il y a eu la menace de main mise des groupes armées djihadistes sur l'ensemble du Mali, et sur d'autres états de l'Afrique occidentale ; bien sûr que - comme la majorité de nos compatriotes -, je soutiens cette intervention, qui, rappelons-le, s'est faite à l'appel du gouvernement de Bamako et en accord avec la résolution 2085 du Conseil de Sécurité de l'ONU de décembre 2012. Seulement en même temps, et même si nous devons être solidaires de nos soldats contre l'A.Q.M.I et les autres groupes islamistes armés, ce serait être bien injuste et bien simpliste que de résumer la géopolitique du Mali à cela. Il y a eu, quasiment depuis l'indépendance en 1960; des conflits internes sanglants, des révoltes des populations touaregs du Nord contre le pouvoir central, totalement entre les mains des Africains noirs, surtout de l'ethnie dominante bambara. Et c'est cette histoire, ce point de vue et cette problématique qui seront le menu de notre émission.


Parmi les questions que je poserai à Yasmina Oubouzar :

-     Pour clarifier les idées chez nos auditeurs qui souvent, par manque de recul, confondent "touaregs", "arabes", "islamistes", qui sont les Touaregs ? Ils sont environ un million et demi au total, répartis dans le Sahara central et les confins du Sahel, dans quels états vivent-ils ? En quoi peut-on dire que eux sont de purs Berbères ? Et puis, pour revenir à cette immense région du Nord Mali appelée "Azawad" par les indépendantistes, n'y a-t-il pas aussi des populations qui ne sont ni noires, ni touarègues ?

-      On peut émettre des hypothèses pour expliquer qu'il n'y ait jamais eu dans le passé d'état touareg. Première explication, c'est un agglomérat de tribus, nomades par tradition, qui s'est en partie sédentarisée au cours des dernières décennies mais qui n'avait pas d'espace précis pour s'administrer ; deuxième hypothèse, les Touaregs qui ont été les derniers à se soumettre au pouvoir colonial français, n'ont pas su au moment des indépendances des années 60 se positionner pour obtenir au moins une autonomie ; troisième hypothèse, dans le fond chaque groupe de tribus défend ses intérêts, il n'y a pas une revendication touareg transnationale comme c'est le cas des Kurdes, par exemple ; et on est frappé de la soumission parfaite au pouvoir algérien, des Touaregs du Hoggar et de Tamanrasset : qu'en pensez-vous ?

-        Il y a eu la fondation du Mouvement National de libération de l'Azawad en 2010, puis le refus des autorités de Bamako de négocier quoique ce soit ; alors est fondé le M.N.L.A, qui lance une action militaire en janvier 2012. Un dirigeant touareg historique, qui a basculé dans le salafisme fonde son propre mouvement, "Ansar Eddine" ("les défenseurs de la religion"), et ce mouvement armé, allié à l'A.Q.M.I - branche maghrébine d'Al-Qaïda - et au Mouvement pour l'Unicité et le Djihad en Afrique de l'Ouest, le M.U.J.A.O, vont prendre le contrôle de tout le Nord du pays et imposer la Charia, jusqu'à l'intervention française : comment expliquer leur succès militaire ? On a vu qu'ils avaient une flotte de véhicules importante, des dépôts logistiques, de l'essence, des armes lourdes : quelle était leur base arrière ?

-         Dans une interview au site PRIMO info en date du 16 mai 2012, et alors que l'indépendance de l'Azawad venait d'être proclamée, Mossa Ag Attaher révélait plusieurs évènements absolument pas médiatisés : la révolte touareg de 1963, qui a été matée dans le sang ; les grandes sécheresses, qui ont contraint ces populations à émigrer ; et le fait que leurs terres aient été confisquées pour les Maliens noirs. Sans nier ces éléments, est-ce que le fait aussi que les Touaregs ont été des acteurs de la traite négrière pendant des siècles n'explique pas aussi, en partie, le ressentiment des Africains noirs ?

-       A propos du rôle historique de la Libye du colonel Kadhafi dans cette histoire contemporaine des Touaregs : c'est une relation vraiment complexe. D'un côté, Kadhafi était le fils spirituel de Nasser, un pan arabiste convaincu qui a écrasé la culture berbère dans son pays. Mais d'un autre côté, les Touaregs du Mali en particulier, ont trouvé refuge dans le pays, ils ont été entrainés militairement par le régime, et au final ils ont défendu cette dictature jusqu'au bout. A la chute de Kadhafi, ils sont repartis en nombre avec armes et véhicules, pour aller justement au Mali : que répondez-vous à ceux qui disent que cette révolte touarègue est le résultat de ces évènements ?

Une émission je l'espère originale, sur un conflit complexe et à propos de populations mal connues : j'espère que vous serez nombreux à l'écoute !

J.C

22 janvier 2013

Une présentation du M.N.L.A touareg.

Mossa Ag Attaher, porte-parole du M.N.L.A


Introduction :


Mes amis de Primo Info avaient pris contact, dès l'année dernière, avec le Mouvement National de Libération de l'Azawad, organisation touareg non djihadiste revendiquant l'indépendance de la partie nord du Mali. Ceux-là ont été balayés par d'autres touaregs, islamistes ceux-là (la milice Ansar Dine, elle-même épaulée par les djihadistes de toutes nationalités combattant dans l'AQMI) Complexe situation ... les moins islamistes des rebelles se retrouvent quand même en opposition frontale avec la France, qui défend avec les états africains le principe de l'intangibilité des frontières issues de l'ancien ordre colonial. Quant aux Touaregs, bien que constituant un même peuple, ils apparaissent bien divisés selon les pays, voir cette interview.

Pour en savoir plus sur ces populations qui ont tant fasciné l'imaginaire occidental, une introduction ici.


J.C

Le MNLA (Mouvement National de Libération AZAWAD) a fait la Une de l'actualité lors des événements du Mali. Bien des choses ont été dites sur ce drame et les médias français se sont tordus les mains devant la prise de Tombouctou et la fuite éperdue de l'armée malienne. Mais tout n'est pas aussi simple.
Cet entretien a été mené par Josiane Sberro, Sophie Chauveau et Richard Rossin, pour Primo. Fidèle à sa vocation, Primo propose un autre éclairage. Il était important de comprendre ce qui se passe dans cette partie de l'Afrique, dans ce pays du Mali et connaître un peu mieux les protagonistes de cette affaire, dont le MNLA. Nous vous proposons cet entretien en deux parties.

Primo : Merci de nous accorder cet entretien. Tout d’abord, votre mouvement n’étant connu en France que par des raccourcis médiatiques, pouvez-vous vous présenter et nous dire quelle est votre fonction ?

Mossa Ag ATTAHER : Je suis le porte parole du MNLA de l’ancien Nord Mali. Cette appellation subsistera jusqu’à notre reconnaissance par l’ONU au nom du droit des peuples.

Primo : Pouvez vous nous expliquer le mouvement, son histoire et son combat ?

Mossa Ag Attaher : Le combat du MNLA ne date pas de janvier 2012. C’est un processus enclenché depuis 1960. Depuis l’indépendance du Mali.
Dès 1958 avant l’indépendance du Mali, l’ensemble des chefs Touareg ont adressé une lettre à la France.
En 1960, la France cède les territoires AZAWAD au Mali. Sur le plan de la sensibilité, le régime qui s’instaure avec Modibo Keita est entre PC et PS.
Les terres sur lesquelles les Touaregs nomades faisaient paître leurs troupeaux, leur sont retirées pour les redistribuer à des agriculteurs sédentaires maliens. Cette décision ne tient aucun compte des contraintes et traditions culturelles et éducatives des Touaregs. L’équilibre sociétal est ainsi rompu.

Primo : Il y a ensuite eu des événements dramatiques.

Mossa Ag ATTAHER : Tout à fait. En 1963, une révolte Touareg est bien vite écrasée par le pouvoir malien car les armes sont inégales. Sabres contre armement lourd. Les révoltés sont massacrés en public devant femmes et enfants ; les familles sont tenues d’applaudir au massacre des leurs.
Ce traumatisme ne s’effacera jamais. Les jeunes qui ont assisté à ce massacre ont pris en nombre les routes de l’exil vers l’Algérie et les camps militaires de la Libye de Kadhafi.
Leur passage dans les troupes libyennes leur permet d’acquérir la solide formation militaire qui leur a fait défaut en 63.Cette formation et participation se déroulent sous statut de soldats libyens et non de mercenaires.

Primo : affrontements, massacres mais aussi catastrophes naturelles.

Mossa Ag ATTAHER : Bien sûr. Tous les 10 ans. En 1963, 1973, 1983 : trois périodes d’une terrible sécheresse qui déciment les troupeaux. Les disettes de 1974 et 1984 ont par ailleurs augmenté l’émigration des jeunes.
En 1990, il y a une deuxième rébellion. Les jeunes rejoignent la Libye. Le Front unifié de l’AZAWAD concerne Tombouctou, Gao et Kidal.
Les consignes maliennes de répression sont terribles. Formation d’équipes d’élites de « Nettoyage » les Kocadiens. Les puits des pastoureaux sont empoisonnés. Les troupeaux sont décimés. Les troupes maliennes ont employé des moyens de guerre totale : avions et blindés contre les Touaregs.

Primo : Sur le plan politique, quelle a été l’évolution ?

Mossa Ag ATTAHER : En 1991, Traoré est évincé. En 1992 a lieu la signature du Pacte National. La paix est signée avec le concours de l’Algérie et de la France.
Les Touaregs seront intégrés à la Fonction Publique et à l’armée malienne. C’est du moins une promesse. En fait, les touaregs intégrés ne gravissent pas les échelons, ne bénéficient pas des formations et n'ont jamais de postes de commandement. Le pacte promet la décentralisation des pouvoirs, la création d’une route Transsaharienne reliant les trois régions du Nord. A ce jour, la route est toujours la piste des origines.
Bien que cautionnés par la France et l’Algérie, ces engagements n’ont pas été tenus. Tout juste quelques Touaregs enrôlés dans l’armée malienne. Les postes importants sont tous confiés à des Bambaras.
Aucun accès pour les Touaregs aux secrets, à la promotion. Ils sont même toujours et partout appelés « les rebelles ».

Primo : Quel a été le rôle de la France et de l’Algérie dans le suivi du déroulement des accords ?

Mossa Ag ATTAHER : Strictement aucun ! Rien, malgré les cris de détresse. De 92 à 97 en dépit du Pacte National, la milice des Kocadiens continue les massacres. En 1996 à Gao où vit la tribu la plus pacifique, le village est détruit, la population décimée.150 morts.
La tombe du plus grand Marabout Touareg à 150 km de Gao est détruite, et le Marabout jeté en fosse commune. Depuis l'indépendance du Mali, on compte près de 100 000 morts par les milices du gouvernement malien.

Primo : cet accord s’engageait pourtant dans la durée.

Mossa Ag ATTAHER : Bien entendu, mais de 1996 à 2004, aucune promesse n’a été tenue.
En 2006 ont eu lieu de nouvelles rébellions. Il y a eu un arrêt des massacres et une demande d’autonomie. C’est un soulèvement qui a touché tout le Nord (Kidal / Gao/ Tombouctou). Les Touaregs ne s’attaquent qu’aux symboles de l’Etat. Jamais aux civils.

Primo : existe-t-il une solidarité de clan entre les Touaregs du Mali et du Niger ?

Mossa Ag ATTAHER: Ce sont de simples soutiens informels. Par contre, il faut bien noter que les Touaregs du Mali n’ont aucun rapport avec les Sahraouis ou le Polisario, car eux ont déclaré une république arabe, ce qui n’entrait pas dans notre orientation.

Primo : Les Touaregs passés aux côtés de Kadhafi sont tout de même des mercenaires, c'est-à-dire d’une identité autre que celle du territoire défendu ?

Mossa Ag ATTAHER : Non, ils ne sont pas des mercenaires. Ils n’ont violé aucune identité propre ! N’ayant ni passeports ni carte d’identité au Mali, ils ont pris la nationalité libyenne.
Le Mali n’a jamais fait de nous des citoyens maliens. Sans papier ni droits civils, nous sommes en exil sur notre propre territoire !
2006 est l’année de la 3ème rébellion menée par Ibrahim Bahanga. Les accords d’Alger prévoient la démilitarisation du Nord et l’implication des Touaregs contre le narcotrafic et le terrorisme islamique qui traverse tout le territoire Touareg. Il nuit violemment à nos ressources touristiques et nomades. Mais cet accord n’a eu aucun résultat sur le terrain.
En 2010, tous les jeunes Touaregs se réunissent à Tombouctou pour lancer le MNA. Ce sont de jeunes Touaregs qui ont fait des études. Ils constituent un parti politique et rédigent un Cahier des Charges pour l’Etat malien. Mais l’Etat malien envahit la réunion et arrête les participants.

Primo : c’est à compter de ce jour que le MNA (Mouvement National de l’AZAWAD) devient MNLA (mouvement National de Libération de l’AZAWAD) ?

Mossa Ag ATTAHER : Ne pouvant mener la lutte sur le seul plan politique, le MNLA a deux instances, l’une politique qui oriente la lutte, l’autre militaire avec une base militaire créée dans les montagnes. Ce sont ces troupes qui ont procédé à l’attaque de la garnison de Ménaka, le 17 janvier 2012

Primo : Financés par qui ?

Mossa Ag ATTAHER : 99 % des Touaregs ont déserté l’armée malienne. Les soldats Touaregs ont quitté la Libye avec beaucoup d'armes et une excellente formation militaire. C’était indispensable, car notre mouvement n’est soutenu par aucun pays, ni aucune institution. Nourriture et carburant nous parviennent grâce à une mobilisation nouvelle de la diaspora Touareg.

Primo : Quelles sont vos relations avec les Touaregs d’Algérie ?

Mossa Ag ATTAHER : Nous, Touaregs du Mali n’avons aucune connexion avec les Touaregs du Hoggar ni ceux de Tamanrasset.
Ceux d’Algérie sont protégés et favorisés par le gouvernement algérien qui tient à son pétrole et à son gaz ; au niveau politique, ils sont à fond dans le système algérien.
De nombreux réfugiés de l’AZAWAD se sont sauvés vers leurs frères en Algérie, mais ils ont été mal reçus et mal traités.
Un Touareg qui se met au service d’un pays et ignore ou renie ses frères, n’a plus que le chèche du Touareg, car il accepte d’être à l’aise dans un système oppresseur sur le plan des identités. Le Touareg tient aux valeurs de solidarité et de sang de sa famille.


Josiane Sberro, Sophie Chauveau & Richard Rossin

© Primo Info , 16 mai 2012