Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est 11 Septembre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 11 Septembre. Afficher tous les articles

13 février 2014

Pour en finir avec la théorie du complot



Coup de colère du site libanais Raseef22 contre la tendance de nombreux Arabes à voir dans l'Histoire une succession de complots dirigés contre eux. Une explication confortable qui dispense de toute autocritique.

Si vous interrogez des Arabes sur la cause de tous leurs malheurs, beaucoup vous répondront par un mot : complot. La théorie du complot est devenue un trait de la mentalité arabe, théorie confortable qui vous dispense de faire l'effort de réfléchir aux causalités comme de faire votre autocritique. Elle permet au contraire de se considérer comme une victime et de croire que tout irait bien sans les manigances de l'ennemi.
Généralement, les adeptes de cette théorie n'ont pas beaucoup de mal à en démontrer la véracité. Les interventions étrangères sont là pour ça, même celles qui celles qui sont motivées par des événements locaux.
Aussi beaucoup d'entre nous continuent-ils de parler avec volubilité des Protocoles des sages de Sion, preuve, selon eux, qu'il suffit d'ouvrir les yeux pour comprendre que les événements historiques peuvent tous être attribués à une poignée d'êtres maléfiques déterminés à établir leur domination sur les peuples de la terre entière.

L'exemple du 11 septembre 2001

Depuis leur traduction en arabe, nombreux sont ceux qui sont convaincus de leur véracité. Selon eux, ces Protocoles prouvent que les Juifs dirigent un complot international afin de contrôler le monde. Et cela alors qu'on sait aujourd'hui qu'il s'agit d'un faux [rédigé par la police secrète russe en 1901, à l'époque du tsar Nicolas II, et destiné à servir la propagande antisémite].
De grands intellectuels arabes, tels que [l'intellectuel et militant politique égyptien] Abdelwahhab El-Messiri et [l'universitaire et écrivain égyptien]  Youssef Ziedan, ont écrit qu'il s'agissait d'un faux. Ils sont même allés plus loin en expliquant qu'y accorder crédit ne faisait qu'ajouter au désespoir des Arabes et leur valait la réputation d'être racistes.
Or beaucoup persistent à ne pas vouloir se libérer de ce cocon intellectuel qui entrave la liberté de pensée, mais leur permet de se sentir dans le rôle confortable de la victime qui mérite la compassion.
Autre exemple, plus récent : les attentats du 11 septembre 2001. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils font l'objet de suspicion. En interrogeant les ressortissants des pays arabes, on serait surpris de voir combien d'entre eux croient que ce sont les Etats-Unis eux-mêmes – ou Israël, leur allié – qui les ont organisés, et ce afin de justifier leur guerre contre le monde arabe et musulman.

Une des assertions qu'on entend souvent est que des milliers de Juifs ne seraient pas allés travailler ce jour-là. Ils auraient été avertis à l'avance des attentats. Ceux qui avancent cette thèse n'expliquent pas comment des milliers de gens auraient pu être suffisamment discrets pour que rien ne filtre d'une information de cette importance.

Des problèmes qui sont les nôtres

Le New York Times a mené l'enquête pour arriver à la conclusion qu'en réalité 15 % des victimes étaient des Juifs. Pour ceux qui voudraient le vérifier, les noms et les photos des victimes sont toujours disponibles. Or ces informations ne semblent pas être parvenues jusqu'aux Arabes. Qui plus est, ceux-ci se montrent inébranlables dans leur conviction qu'il y a eu complot, quand bien même Oussama Ben Laden a reconnu et revendiqué avoir été à l'origine des attentats.

Le dernier exemple en date de théorie du complot répandue dans la presse arabe, c'est le "complot du 'printemps arabe'". Celui-ci découlerait du concept du "chaos créateur" cher à l'administration américaine de George W. Bush, qui voulait provoquer des changements substantiels dans la région grâce à la guerre d'Irak.

La question qu'on peut se poser est la suivante : comment un acteur, quelle que soit sa puissance, pourrait-il détruire toutes les digues et provoquer un déferlement d'événements incontrôlables tout en croyant qu'il arrivera à les maîtriser ? De même, quel intérêt y aurait-il à provoquer la chute de régimes tels que celui de Hosni Moubarak en Egypte et de Zine Al-Abidine Benali en Tunisie, fortement liés à l'Occident, pour parier sur un avenir incertain ?

Oui, l'Otan est intervenu en Libye. Oui, l'Occident est intervenu au Yémen. Oui, tout le monde intervient désormais en Syrie. Mais ces interventions sont-elles le seul élément qui compte dans tout ce qui s'est passé ? Pensons-nous réellement que les peuples arabes sont si inconscients que tout ce qui se passe chez eux ne peut avoir pour origine qu'un complot ourdi à l'étranger ? Nos propres pathologies intellectuelles, sociales et économiques dépassent de loin les capacités d'une quelconque puissance étrangère pour créer les problèmes qui sont les nôtres.

Ali Adeeb, site libanais Raseef22

Traduction "Courrier International", 26 décembre 2013

11 septembre 2011

Un 11 septembre, il y a dix ans

Sur la terrasse du World Trade Center, été 1998

Je regarde toujours avec un drôle de sentiment cette photo. Banal souvenir de vacances où je prends la pose sur la terrasse d’une des « Twins Towers », rien ne la prédisposait à prendre une valeur à la fois historique et sentimentale. Plus jamais je ne remonterai là bas, pas plus que les millions de touristes qui, comme moi, ont du s’y faire photographier pendant les 28 ans d’existence de ces symboles new-yorkais. Plus jamais on ne pourra avoir cette vision, unique, du centre de Manhattan avec (reconnaissable par sa flèche en arrière plan), l’Empire States Building redevenu le plus haut gratte-ciel de la ville après la destruction de ses orgueilleuses cadettes.

Cette photo a donc été prise à l’été 1998, il y a 13 ans, au siècle dernier dirons-nous - vraiment au siècle dernier, car le notre, le 21ème a commencé réellement lors du méga attentat du 11 septembre 2001. Avez-vous remarqué que les siècles commencent vraiment quand commencent (ou finissent) des guerres ? Le 19ème débuta en 1815 avec Waterloo. Le 20ème avec la grande guerre de 1914. La destruction apocalyptique du World Trade Center a annoncé la vraie guerre qui ensanglante partout la planète, celle qui oppose l’islam politique et les sociétés démocratiques : une guerre sournoise, souvent terroriste et urbaine (attentats de Madrid, Londres, Casablanca, Bali, Bombay ...) ; un affrontement par endroits à coups de missiles (la dernière guerre du Liban entre Israël et le Hezbollah) ; un conflit ayant des allures de guérillas (Afghanistan) ou de guerre civile (Irak) ; et se transformant peut-être demain en un choc entre armées aux développements incalculables (possible attaque de l’Iran par les Etats-Unis).

Soyons lucides. Les Français, dans leur majorité, n’ont pas réalisé l'impact international de cet évènement, et ils n'ont pas su (ou pas voulu) le comprendre.
Je me souviens, cinq ans après, comment les trois attaques terroristes (la destruction des tours jumelles, puis l'appareil écrasé sur le Pentagone à Washington) ont été vécues par mes collègues de bureau, et combien - tout de suite - j’ai senti chez une majorité d’entre eux une absence totale de compréhension rationnelle de ce qui s’était passé, bien qu’il s’agisse comme moi d’ingénieurs. Beaucoup redoutaient un krach boursier ou (déjà !) la pénurie pétrolière - mais il s'agit de peurs paniques compréhensibles, par rapport à ce que j'ai entendu par ailleurs ... Ayant appris qu’un certain Ben Laden avait conçu l’attentat, l’un m'avait déclaré : « Ou c’est un fou, ou alors vraiment il avait vraiment des raisons de se venger » (CQFD : tuer 3000 personnes en ayant espéré en massacrer dix fois plus, ce serait du domaine du règlement de compte). Une collègue, très sûre d’elle, m’assurait : « Une fois une tel coup réussi, il ne va plus recommencer » (les centaines d’infirmes à vie des attentats qui ont suivi apprécieraient) ; et de vanter (sans l’approuver) le côté génialement médiatique de la chute des « Twin ». Un autre collègue devait dire : « Face à des fanatiques qui n’ont pas peur des attentats suicides, on n’a aucun moyen de résister » (bravo pour la lucidité ... les USA se sont-ils effondrés ? Al-Qaïda a-t-il pris le pouvoir dans le monde musulman ?). On entendait (avant de la voir théoriser dans plusieurs médias), la théorie de la « juste colère des opprimés » qui se serait exprimée à New York et Washington. J’ai réagi de façon très violente quelques mois plus tard en entendant un autre collègue dire « qu’on en avait marre des Américains qui nous font ch... pour deux tours ». Si par accident, il tombait un jour en surfant sur ce blog, qu’il consulte donc le site mémorial de CNN, où sont immortalisés les visages des victimes du plus grand attentat de l’Histoire ; et qu'il imagine de braves Français à la place des New-Yorkais.

Faut-il aussi rappeler que ces perles ont été proférées AVANT l’intervention américaine en Irak ? Même si Georges W. Bush ne suscitait pas alors le même rejet qu'aujourd'hui, ce que j’ai retenu de ces réactions a tout de suite été parfaitement clair : la population française, dans ses profondeurs, n’a pas manifesté à ce moment là de sympathie spontanée pour les Etats-Unis. Pas plus d’ailleurs, quatre ans plus tard, que je n’ai entendu de solidarité pour les Britanniques après les attentats de Londres. Lire sur le blog l'article titré "le dégoût", en date du 7 juillet 2005. Cela pour des tas de raisons qu'il m'est impossible d'exposer dans cet article peut-être déjà trop long ... mais c'est ainsi.

Le 12 septembre 2001 au matin, je fixais avec de l’adhésif sur la cloison de mon bureau une petite bannière étoilée, avec la légende « God bless America ». Elle y est toujours.

 J.C

Nota de Jean Corcos :
J'ai repris en ce jour anniversaire le texte publié le 11 septembre 2006, soit cinq ans jours pour jours après le méga-attentat : il n'y avait quasiment (hormis des correctifs de détail obligatoires) pas un mot à en ajouter ou en retrancher, car il s'agissait de souvenirs. Pas un mot  à retrancher aussi, hélas, si j'avais mis par écrit d'autres échanges passés entre collègues, cette fois concernant Israël : j'évite en règle générale de parler de ces sujets, tant les préjugés inculqués par les médias et le "politiquement correct" empêchent de vrais dialogues !

03 septembre 2011

Dix ans après ... Jean-Pierre Filiu sera mon invité le 11 septembre !



Je serai ravi de vous retrouver dimanche prochain après la période des congés d'été. Voici donc revenu le mois de septembre, et dans quelques jours ce sera l'anniversaire du 11 septembre 2001, car il y a dix ans c'était les méga-attentats de New-York et Washington, des milliers de morts avec la destruction en direct des deux tours jumelles du World Trade Center et le basculement, d'un coup, dans un autre monde, avec des guerres qui ont commencé peu de temps après mais qui ne sont pas vraiment finies, en Afghanistan puis en Irak. Or justement, par un hasard de calendrier, c'est le dimanche 11 septembre que vous pourrez entendre ma prochaine émission : j'espère bien sûr qu'un nouvel et terrible attentat ne viendra pas marquer ce jour-là, ce serait fâcheux car ce sera un pré enregistré mais enfin je ne pouvais pas ignorer cet anniversaire, et pour en parler j'ai choisi l'un des meilleurs spécialistes de Ben Laden et d'Al-Qaïda, Jean-Pierre Filiu. Rappelons que j'ai déjà eu le plaisir de le recevoir à mon micro en octobre dernier. Jean-Pierre Filiu est historien et arabisant. Professeur associé à l'Institut d’Études Politiques de Paris, il a étudié en profondeur les différents mouvements jihadistes, mais surtout le phénomène Al-Qaïda ; et ceci a été synthétisé dans plusieurs ouvrages, "Les frontières du Jihad", publié aux éditions Fayard,  "Les neuf vies d'Al-Qaïda", chez le même éditeur, et puis en mars dernier "La véritable histoire d'Al-Qaïda", aux éditions Pluriel. Or, ce livre est sorti juste avant que Ben Laden ne soit liquidé par un commando américain, le 2 mai dernier, une fin brutale qui n'a pas suscité vraiment de réplique de la nébuleuse terroriste, confirmant ainsi son déclin dont il avait parlé à nos auditeurs. Mais son livre ignorait aussi le "printemps arabe" qui venait de commencer, un phénomène totalement indépendant d'Al-Qaïda mais qui ouvre aussi une période de grandes incertitudes, soulevant les espoirs des uns et les craintes des autres : alors il fallait que l'on se retrouve pour parler de tout cela, et nous allons essayer de le faire, d'abord en parlant plutôt de Ben Laden, du Pakistan où il a été tué et de l'Afghanistan, terrain principal de guerre aujourd'hui, et ensuite du monde arabe et de son devenir.

Parmi les questions que je poserai à Jean-Pierre Filiu :

- Avez-vous été surpris par cette fin brutale de Ben Laden ? Surpris, parce que c'est sous Obama, que l'on présente comme un "faible", que cette intervention armée au Pakistan, pays certes allié, mais souverain, a été décidée ? Surpris aussi par la faiblesse des réactions après ce qui a été une liquidation sans jugement ?

- Juste après le 11 septembre et une fois acquise l'information que les méga-attentats avaient été préparés et menés depuis l'Afghanistan par Al-Qaïda, implantée et protégée par les Talibans alors au pouvoir, les États-Unis sont intervenus militairement, les ont chassés et ont tenté de mettre en place un gouvernement représentatif  issu des élections. Dix ans après, et alors que plus de 150.000 soldats occidentaux sont engagés sur le terrain, on a l'impression que cette guerre s'enlise, et que les Talibans risquent de gagner : est-ce que cette intervention a effectivement privé Al-Qaïda de base arrière, et donc empêché d'autres 11 septembre ? Ensuite, est-ce que en tuant Ben Laden, l'administration Obama n'a pas voulu d'abord laisser tomber l'Afghanistan, en disant qu'il n'y avait plus de raison d'y rester ? Enfin, est-ce que la victoire des Talibans ne risquera pas d'apparaitre comme une victoire éclatante du Jihadisme international ?

- Certains ont écrit que, au moment où Ben Laden allait disparaitre mais sans que cela soit lié, Al-Qaïda avait reçu un deuxième coup décisif, car les jeunes révoltés ne se sont pas revendiqués de son discours, ni au Caire, ni à Tunis ni à Damas, mais d'un idéal de démocratie sans comptes à régler avec l'étranger occidental honni. Dans le journal "Le Monde", le 18 mars dernier sous le titre "l'intifada démocratique arabe est un mouvement de libération nationale", vous remarquiez justement, les drapeaux nationaux brandis partout en contraste avec les bannières vertes et noires des islamistes : que peut-on en penser ?

- A propos de la Libye : Kadhafi - qui a toujours eu un discours ambiguë vis à vis de l'islam politique - a voulu se présenter comme un rempart contre Al-Qaïda, accusé d'infiltrer la rébellion. Par contraste, le Conseil National de Transition a présenté l'insurrection comme un mouvement laïc et libéral, il suffisait de voir les reportages à la télévision pour noter de grandes barbes d'islamistes parmi les combattants. Et puis il y en a aussi parmi les responsables ; on dit aussi que des stocks d'armes ont déjà  été vendues à des groupes radicaux, AQMI et autres : ne doit-on pas s'en inquiéter ?

Soyez nombreux pour cette rentrée, pour une actualité toujours plus "chaude" !

J.C

10 septembre 2008

Ce matin, sur Judaiques FM, André Nahum a dénoncé les propos négationnistes de Bigard






Trois des victimes du vol AA77 American Airlines :
de gauche à droite Paul Wesley Ambrose (32 ans), Bernard Brown (11 ans) et 
Mari-Rae Sopper (35 ans)

Introduction :
J’ai hésité un peu avant d’évoquer sur le blog, en cette veille de 11 septembre, la détestable tirade négationniste de Jean-Marie Bigard, vendredi dernier lors d’une émission de Ruquier. Mais j’ai ensuite jugé nécessaire de publier la chronique radio de mon ami André Nahum, effrayé par l’absence de réactions sur le plateau face à de telles énormités - et j’ajouterais pour ma part : par les milliers de messages de soutien publiés sur les sites des grands journaux, ce qui démontre le succès inquiétant des soi disant « théories » complotistes. Il est vrai que ce grossier personnage - que ne m’a jamais vraiment fait rire - a « demandé pardon », jurant qu’il ne parlerait plus du sujet (voir l'article sur "Liberation"). Sur le même lien, on pourra découvrir ou réentendre ses propos absolument délirants, en particulier à propos des deux avions (NDLR : celui qui s’est écrasé dans une forêt de Pennsylvanie et celui lancé sur le Pentagone) « qui volent encore ».
Comme je n’avais pas envie de lui faire de la publicité en mettant une de ses photographies, j’ai décidé d’illustrer cet article par des photos de tués de ce 11 septembre, passagers malheureux du vol American Airlines AA 77 qui a fini écrasé sur Washington : Bigard aurait du parler devant les membres de leurs familles endeuillées, histoire de ramasser quelques crachats bien mérités en pleine figure ...
Pour en savoir plus sur le vol AA 77 : lire sur wikipedia
Pour avoir la liste des victimes de l’attaque sur le Pentagone : lire sur ce site
J.C
Bonjour,
 
Le 11 septembre est pour tous les hommes libres, synonyme de deuil, de colère, d’indignation et de résolution pour mettre hors d’état de nuire les criminels fanatiques qui avaient mis au point ces terribles attentats qui bouleversèrent l’Amérique il a sept ans.
Qui aurait cru qu’un jour, des anti-américains pathologiques se seraient permis de mettre en doute ou de nier ce qui s’est passé ce jour là ? C’est ce qu’a fait pourtant il y a quelques années un monsieur dénommé Thierry Meyssan avec la publication d’une pseudo enquête sous le titre "L’effroyable imposture". Les islamistes avaient voulu faire porter au Mossad la responsabilité des attentats, Meyssan accuse lui carrément les Américains de s’être frappés eux-mêmes. Cet ouvrage qui bénéficia en son temps d’une large couverture médiatique ne pouvait que complaire à tous ceux, nombreux dans notre pays, qui vomissent les États-Unis, et influencer des esprits faibles ou peu avertis.
Dans quelle catégorie faut-il ranger l’humoriste Jean-Marie Bigard quand il se permet vendredi dernier sur Europe I (émission de Laurent Ruquier), de s’en prévaloir, pour tenir des propos négationnistes qui ont choqué plus d’un auditeur ? Peut-on ne pas réagir quand on entend que le 11 septembre n’est qu’un mensonge absolument énorme, que l’État américain a créé lui-même l'histoire de ces attentats. Que pour les tours du World Trade Center, c'est une démolition contrôlée, programmée, qu’ils (les Américains) ont programmés eux-mêmes, que les deux avions, dont l'un s'est écrasé sur le Pentagone, n'ont jamais existé, et que c'est un missile américain qui a frappé le Pentagone ...
Ces propos n’ayant apparemment pas provoqué de réaction immédiate sur le plateau, il faut croire que l’humoriste n’est pas le seul à penser ainsi et qu’un certain nombre de nos compatriotes plus sensibles à la propagande anti-américaine et particulièrement anti-Bush, qu’à la réalité de faits indiscutables, sont tentés de lui faire crédit.
 
Lorsqu’un comédien sort de son rôle et se transforme en polémiste politique pour proférer de pareilles inepties, il prend une lourde responsabilité. Dans une démocratie, les humoristes sont là pour se moquer, dénoncer, imiter les gens de pouvoir et les partis quels qu'ils soient. Les Pierre Desproges, Le Luron, Coluche furent parmi les grands qui ont marqué leur époque en grossissant de leur loupe géniale ses travers et ses folies. Mais toujours sans haine. C'est ça le vrai talent. Est-ce la place laissée vacante par leur disparition qui permet à certains d'oser se frotter au difficile exercice de la parole politique pour sombrer dans le négationnisme ?
 
Dans la Rome antique, un peintre avait l’habitude d’exposer son tableau dans la rue quand il l’avait achevé et de se cacher derrière la toile pour entendre les commentaires des passants.Un cordonnier passa par là et remarqua tout haut qu’il manquait un lacet dans la chaussure du personnage central. Rentré chez lui le peintre corrigea immédiatement et se remit le lendemain en posture. Le même cordonnier flatté de voir que sa remarque avait été suivie d’effet se permit de critiquer un autre aspect de l’œuvre. L’artiste surgit alors et lui répliqua : "Que le cordonnier ne regarde pas plus haut que la chaussure".
Chez nous on aurait dit : "A chacun son métier et les vaches seront bien gardées".

André Nahum
Judaiques FM, 10 septembre 2008

25 février 2007

Le 11 septembre, presque un détail pour Le Pen

Une fois n’est pas coutume, j’ai emprunté tel quel le titre de « Libération » du 22 février. Une façon de renvoyer la dernière provocation du leader de l’extrême droite française à ses propos au micro de RTL, il y a presque 20 ans, où il déclarait que les chambres à gaz étaient un « point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale ».

Rendons cette justice au « borgne fou » qui revient à chaque fois polluer les élections présidentielles - en attendant d’en être expulsé, par la force de l’âge ou (on peut rêver) le retour à la raison d’une partie de son électorat, suffisamment grande pour lui envoyer une claque : son message, même s’il évolue au gré des électorats à conquérir, reste remarquablement stable en ce qui concerne le nazisme. Jamais évoquée en termes négatifs (« l’occupation allemande n’a pas été aussi inhumaine que cela », entretien à l’hebdomadaire « Rivarol », janvier 2005), couverte d’un halo de confusion mentale (ainsi son père, mort accidentellement après que son chalutier ait heurté une mine allemande est-il dans sa bouche « mort pour la France »), la guerre entre Alliés et Forces de l’Axe est toujours évoquée en termes défavorables aux premiers. Retour donc sur sa dernière et scandaleuse interview à « La Croix », et sur son « les 3000 victimes de attentats du 11 septembre, c’est beaucoup moins que les bombardements de Marseille ou de Dresde à la fin de la Seconde Guerre Mondiale » ... CQFD, d’après Le Pen et implicitement, les nazis n’ont jamais EUX bombardé de cités européennes, et les seules victimes civiles ont été visées intentionnellement par les Américains ... pour ne rien dire des camps de concentration ou d’extermination, sur lesquels (bien sûr) « il faut laisser les historiens discuter » (une fois supprimé la « scélérate Loi Gayssot »).

Le candidat du Front National crachant à la figure des malheureuses victimes du 11 septembre en banalisant l’évènement, cela n’a rien non plus d’inattendu quand on pense à son tournant violemment anti-américain, que j’avais déjà relevé sur le blog (lire ou relire l’article "Le Pen, candidat des Mollahs"). Mais faisons un retour sur l’article de Christophe Forcari dans « Libération » :
« En relativisant la portée des attentats du 11 septembre, Le Pen renoue avec le discours traditionnel de l’extrême droite pour qui les États-Unis représentent avant tout la patrie du capitalisme apatride. Dans son entreprise de séduction tous azimuts, il adresse également un signal fort à l’électorat d’origine maghrébine, hostile à la politique américaine au Moyen-Orient et à celle de son principal allié dans la région, Israël ».
«Le Pen n’a choqué que le petit monde politico-médiatique, pas le peuple » a dit à « Libé » un autre dirigeant du F.N, Louis Aliot. Hélas, en repensant aux réactions pas très nettes entendues au moment même du méga attentat (voir sur le blog), j’ai bien peur qu’il n’ait raison sur cette triste analyse !

Je me suis demandé enfin quelle « réponse » faire à une telle abjection, une réponse qui puisse rasséréner un peu les lecteurs. Et puis, le hasard a voulu que Irène Elster (dont on a pu apprécier des photos et un article sur le blog) me signale un extrait vidéo sur « Youtube » de « Adieu », cette chanson de Bruel "censurée sur les ondes françaises" (en fait, jamais passée à la radio comme le disait mon article). Une chanson consacrée justement, aux attentats terroristes, et dont le dernier couplet - celui évoquant le 11 septembre, à travers le regard d’un survivant - me semble tout à fait à propos. Une vraie émotion contre une vraie abjection. Regardez et entendez donc Patrick Bruel chanter au piano que ce n’était pas un « détail » !

J.C



Adieu Patrick bruel par jasmin16