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02 décembre 2013

A Istanbul, le pouvoir turc rêve d'islamiser Sainte-Sophie

Sainte-Sophie
Crédits photo : Weiflfufl/©Imago/Rue des Archives

Le vice-premier ministre turc a profité samedi de la cérémonie d'ouverture d'un Musée du tapis, dans le quartier historique de Sultanahmet, pour exprimer son souhait de voir la basilique Sainte-Sophie qui se trouve juste à côté reconvertie en lieu de culte musulman. «La mosquée Sainte-Sophie, a espéré Bülent Arinç, sourira bientôt de nouveau», selon les médias. Cette déclaration intervient dans un contexte tendu où le Parti de la justice et du développement au pouvoir (AKP) est accusé d'islamiser la société et l'espace public turcs1 en multipliant les réformes en faveur d'une certaine conception de la religion.
Pour étayer sa démonstration, le numéro deux du gouvernement a critiqué le statut actuel de l'édifice religieux, transformé en musée par un décret de 1934. Selon lui, «un lieu de culte ne peut pas servir à une autre fonction que celle initiale». Et à sa grande satisfaction, c'est fort de ce précepte que deux églises-musées également nommées Sainte-Sophie, l'une à Trabzon, sur les rives de la mer Noire, l'autre à Iznik, dans l'ouest du pays, ont été enregistrées comme des mosquées ces derniers mois.
Attraction touristique phare d'Istanbul2, Sainte-Sophie est un joyau architectural avec son immense coupole de trente mètres de diamètre et ses mosaïques recouvertes de feuilles d'or. Édifiée au VIe siècle après Jésus-Christ par l'empereur Justinien, la bâtisse qui fut le siège du patriarche orthodoxe de Constantinople, a été mise à sac au cours de la quatrième croisade puis changée en mosquée lors de la prise de la ville par les Ottomans en 1453.

Les demandes de transformation de Sainte-Sophie en mosquée se multiplient

Sa reconversion en mosquée est une vieille revendication de l'extrême droite et des islamistes turcs. L'année dernière, au mois d'octobre, le jour de la fête du sacrifice, une centaine de membres du Parti de la grande unité (BBP), des islamo-nationalistes, a ainsi prié devant le musée-basilique. Mais ces derniers mois, les demandes se multiplient. Une pétition de particuliers réclamant sa transformation est ainsi étudiée par une commission parlementaire depuis le mois de février. Le numéro d'août de Skylife, le magazine de la compagnie aérienne Turkish Airlines3, dont l'actionnaire majoritaire est l'État turc, consacrait sa couverture à «La mosquée des sultans». Sans faire mention de l'origine chrétienne de «cet héritage en grande partie ottoman», le dossier met en doute la légalité du statut de musée. Mosquée Sainte-Sophie «Comment ce nom résonne-t-il à vos oreilles?, fait mine de s'interroger l'éditorialiste Burak Bekdil dans le Hürriyet Daily News. () Que signifierait la synagogue al-Aqsa ou l'église Sultanahmet pour les musulmans? Défaite et injustice n'est-ce pas? Cela serait exact.»
Les propos de Bülent Arinç sur l'avenir de Sainte-Sophie suivent de quelques jours son opposition à un projet du premier ministre. Début novembre, Recep Tayyip Erdogan4 s'en était pris aux dortoirs mixtes pour étudiants5, au motif que certains «modes de vie» ne sont pas «légitimes». Des descentes de police dans des colocations avaient suivi dans des immeubles de plusieurs grandes villes de Turquie6. Cette prise de position morale, vécue comme une violation de la vie privée par une grande partie de la population, avait également été critiquée par le vice-premier ministre. Mais le statut de Sainte-Sophie s'ajoute à une liste, qui ne cesse de s'allonger ces derniers mois, de mesures en faveur d'une présence plus visible de l'islam, qu'il s'agisse de restrictions de la vente d'alcool ou de l'introduction de cours supplémentaires sur la religion sunnite dans le cursus scolaire.

Laure Marchand,
Le Figaro, 19 novembre 2013


22 septembre 2013

Les monarchies du Golfe craignaient l’exportation de la révolution des Ikhwane chez eux

Analyse : ce que Riyad n’a pas pardonné à la confrérie, c’est son flirt avec l’Iran chiite ...
La majorité des dirigeants arabes ont appuyé tacitement le coup de force sanglant contre les Frères musulmans en Égypte, y voyant un coup d’arrêt à la menace que représente la confrérie pour leur pouvoir, estiment des experts. Seuls le Qatar, parrain de la confrérie, et la Tunisie, où le parti au pouvoir appartient à la même mouvance, ont condamné de manière virulente le bain de sang qui a fait près de 600 morts mercredi, selon un bilan officiel. En revanche, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a proclamé hier son appui au pouvoir égyptien « face au terrorisme » et a appelé « les Égyptiens, les Arabes et les musulmans à s’opposer à tous ceux qui tentent de déstabiliser l’Égypte ».

« Toutes les monarchies du Golfe, à l’exception du Qatar, ainsi que la Jordanie et d’autres pays arabes craignaient l’exportation de la révolution des Frères musulmans chez eux. C’est pour cela qu’elles ont misé sur un retour au schéma classique d’un pouvoir fort en Égypte, pays pivot du monde arabe », note Khattar Abou Diab, professeur à Paris-Sud. La majorité des pays arabes, Riyad en tête, « ont constaté avec déplaisir le poids grandissant de la Turquie et de l’Iran sur tous les dossiers concernant le monde arabe. Leur soutien au (nouveau) régime égyptien montre leur volonté de refonder un nouveau système régional purement arabe sur des bases plus classiques », estime M. Abou Diab, spécialiste du monde arabe. Pour M. Abou Diab, « l’option démocratique dans le monde arabe est plus ou moins stoppée. Ce qui s’est passé en Égypte peut donner des idées à d’autres en Libye et en Tunisie et cette mainmise de l’armée en Égypte pourrait faire tache d’huile ».


« Guerre froide arabe » 

Même son de cloche pour Shadi Hamid, expert du Moyen-Orient auprès du Brookings Doha Center : « Ce qui s’est passé en Égypte s’inscrit dans ce qu’on peut appeler une “guerre froide” arabe et il est facile aujourd’hui de savoir qui est le vainqueur. » Selon lui, les gagnants sont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, principaux parrains du nouveau pouvoir en Égypte, au détriment du Qatar et des Frères musulmans. Riyad et Abou Dhabi « ont été ravis du coup d’État militaire qui profite à leurs intérêts régionaux et qui porte un coup à leurs plus dangereux opposants que sont les Frères musulmans », ajoute l’expert. Rappelons que les relations entre l’Arabie et les Frères musulmans, bonnes durant trois décennies, se sont dégradées avec la première guerre du Golfe en 1990 quand la confrérie a critiqué le royaume pour avoir accepté des bases américaines sur son territoire. Beaucoup de Frères musulmans ont été expulsés, et les relations se sont tendues davantage après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. À l’époque, Riyad avait accusé les Frères musulmans d’être à l’origine de l’idéologie jihadiste et le ministre de l’Intérieur, le prince Nayef, avait déclaré publiquement en 2002 que « tous les groupes extrémistes sont issus des Frères musulmans ».


« Pour les Émiratis et les Saoudiens, les Frères musulmans ont une ambition régionale qui peut être un danger pour les monarchies du Golfe », renchérit Stéphane Lacroix, professeur à l’Institut des sciences politiques de Paris et spécialiste des Frères musulmans. « Ces monarchies estiment que leur intérêt est d’avoir plutôt des dictatures que des régimes démocratiques qui sont trop instables et imprévisibles à leurs yeux », ajoute l’expert. Ce que Riyad n’a pas pardonné à la confrérie, c’est son flirt avec l’Iran chiite, principal rival du royaume sunnite au Moyen-Orient. « Les Frères n’ont jamais été hostiles à des relations avec l’Iran chiite alors que pour les Saoudiens, c’est une ligne rouge tant du point de vue de l’orthodoxie sunnite que pour des raisons de géopolitique régionale », estime M. Lacroix. « Les deux pays se battent pour la suprématie dans la région et pour Riyad, Téhéran est l’adversaire numéro un », ajoute-t-il.

Ankara vs Le Caire


De son côté, la Turquie a durci très fortement le ton envers l’Égypte, rappelant son ambassadeur Huseyin Avni Botsali au Caire après la répression sanglante des Frères musulmans, « pour discuter des derniers développements qui se déroulent en Égypte », a déclaré un porte-parole du ministère turc, avant que l’Égypte ne réplique en rappelant son ambassadeur en Turquie pour consultations, selon les médias égyptiens. Le président turc Abdullah Gül a cependant nié toute ingérence de son pays dans les affaires intérieures de l’Égypte, affirmant que les messages d’Ankara devaient être vus comme des « avertissements amicaux ». « Tous ces événements sont une honte pour le monde islamique et les pays arabes », a jugé M. Gül, cité par l’agence Dogan News lors d’une visite en Azerbaïdjan. « Les amis (de l’Égypte) souffrent. Je souffre pour chaque mort égyptien », a-t-il ajouté.


Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, chef du Parti de la justice et du développement (AKP) issu de la mouvance islamiste, avait fortement renforcé les liens entre son pays et l’Égypte sous la présidence de Mohammad Morsi, élu en juin 2012, Ankara ayant fait du Caire l’un de ses partenaires privilégiés dans sa stratégie d’influence régionale. Le Premier ministre, qui a d’emblée condamné un « coup d’État » de l’armée en Égypte et reconnu Mohammad Morsi comme unique représentant légitime du pouvoir, avait écourté ses vacances en juillet pour participer à un sommet sur la crise égyptienne. Mais malgré les vives critiques contre les militaires après le coup de force dirigé par le général Sissi, les dirigeants turcs ont laissé entendre qu’ils ne rompraient pas les relations avec l’Égypte. Les analystes estiment cependant que la répression sanglante des manifestants pro-Morsi constitue un « point de non-retour » pour la Turquie, qui rendra très difficile une réconciliation entre le gouvernement d’Erdogan et le régime militaire en Égypte.

L'Orient Le Jour, 17 août 2013

30 juin 2013

Et la liberté guidait leurs pas ...



"La liberté guidant le peuple" est un des tableaux les plus célèbres de Delacroix.

Réalisée en 1831, cette toile évoquait le souvenir tout proche des "Trois glorieuses", qui avaient l'année précédente balayé, en quelques jours du mois de juillet, la Monarchie des Bourbons que l'on croyait immortelle. Tout les petits écoliers ont appris, depuis, que le drapeau tricolore, fièrement brandi au premier plan, allait redevenir pour toujours celui de la France.

Ces émeutiers turcs, sur leur barricade, brandissent bien sûr le drapeau de leur pays ; clairement, ce ne sera pas en trois jours que sera déboulonné Erdogan ; mais le rapprochement entre les deux scènes est trop frappant, et ce montage photographique trop réussi pour que j'hésite à le publier ici ... en hommage aux jeunes d'Istanbul et d'ailleurs !

J.C

11 juin 2013

Je veux siroter mon raki sur le Bosphore, Monsieur Erdogan !

Nedim Gürsel

Monsieur le premier ministre, c'est la deuxième fois que je vous adresse une lettre ouverte. Dans ma première lettre, à laquelle vous n'avez pas répondu, j'évoquais non pas le procès intenté à mon roman Les Filles d'Allah, accusé de blasphème, car la justice doit être indépendante dans une démocratie, mais le rapport que la direction des affaires religieuses, qui dépend de vous, avait rédigé pour me faire condamner à une peine de prison. J'ai été acquitté au bout d'un an de procédure judiciaire mais le compositeur Fazil Say et l'écrivain Sevan Nisanyan ont été récemment condamnés pour le même motif, alors que le délit de blasphème n'existe pas en principe dans un Etat laïque. Aujourd'hui, je m'adresse à vous pour prendre part, à ma manière, à ce grand mouvement de contestation contre la dérive autoritaire de votre gouvernement.

Monsieur le premier ministre, vous avez tort de considérer que ce mouvement, qui marque à mon sens le déclin de votre pouvoir, est le fait de "quelques casseurs et de pillards", comme vous venez de déclarer. Il s'agit d'une réaction légitime à votre politique répressive qui veut nous imposer un mode de vie conservateur et musulman. La jeunesse, tout comme la société civile, qui manifestent non seulement à Istanbul mais dans une cinquantaine de villes de Turquie, n'ont pas besoin de vous pour savoir ce qu'elles doivent manger et boire. Vous ne pouvez pas me dire, comme vous venez de le faire, d'aller boire mon verre de raki en cachette chez moi comme si je devais en avoir honte. 


Je veux siroter mon verre de raki au bord du Bosphore, monsieur le premier ministre, où se trouve notre maison de famille et si possible au coucher du soleil. Car j'aime ma ville dont j'ai souvent parlé dans mes romans. Vous n'avez pas le droit de me priver de ce plaisir, même si vous avez été élu avec cinquante pour cent des voix.
Vous ne pouvez pas non plus construire à la place Taksim, un des symboles de la République, une caserne ottomane, même transformée en centre commercial. Car Istanbul, voyez-vous, n'est pas Dubaï et sa population veut que les sites historiques et l'environnement soient protégés.

Monsieur le premier ministre, quand les négociations d'adhésion de notre pays à L'Union Européenne ont commencé en octobre 2005, vous avez déclaré que c'était "le projet du siècle" pour atteindre, comme l'avait prévu Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de notre République, "le niveau de civilisation contemporaine". Aujourd'hui, vous semblez avoir tourné la page européenne. Car les valeurs de la démocratie européenne n'ont jamais été un objectif pour vous mais un moyen pour contrecarrer le poids de l'armée sur la scène politique. Je dois reconnaître que sur ce point vous avez réussi et je vous félicite. Quant à votre bilan sur le plan économique, je n'ai aucune compétence pour le juger. Mais pour le reste c'est un échec total, notamment dans les domaines de la liberté d'expression et de la laïcité qui sont la condition sine qua non d'une vraie démocratie.

Monsieur le premier ministre, vous gouvernez notre pays depuis plus de dix ans. Le moment est venu de remettre en cause votre arrogance , votre autosuffisance et surtout votre politique autoritaire qui commencent à bien faire. Vous semblez confondre "le populisme plébiscitaire" avec la démocratie qui permet à la minorité de critiquer le pouvoir et de préserver ses droits fondamentaux. Il est temps que preniez un peu de repos car après votre opération vous manifestez quelques signes de fatigue. Même si vous ne dégagez pas, comme je le souhaite, essayez au moins de "dégazer" la jeunesse de notre pays que vous vouliez, selon vos propres termes, "obéissante et conservatrice". Je constate aujourd'hui que ce n'est pas le cas et je m'en réjouis. Vous aviez déclaré aussi, à propos des boissons alcoolisées qu'il valait mieux manger du raisin que de boire du vin en ignorant que vous teniez ce langage arrogant dans le pays de Dionysos. Vous avez aussi traité ceux qui boivent du vin, ne serait-ce qu'un verre, d'alcooliques. Eh bien j'irai boire un verre de vin à votre santé dans le pays des bordeaux et des bourgognes.

Nedim Gürsel (Ecrivain turc, directeur de recherche au CNRS)

Le Monde, 6 juin 2013

07 juin 2013

Mai 68 à Istanbul, par Gérard Akoun




L’épreuve de force qui a débuté, il y a une semaine, à Istanbul entre le gouvernement et la jeunesse s’étend aux grandes villes de Turquie  et bouscule le pouvoir. L’élément déclencheur peut paraitre mineur, la destruction d’un petit parc dans le centre ville, mais il a cristallisé le mécontentement d’une jeunesse urbanisée, l’inquiétude d’une partie de l’opinion publique face aux tentatives de l’AKP, le parti "islamiste modéré" et de son chef, Recep Tayyip Erdogan, d’imposer, par  petites touches,  une islamisation de la société au niveau de l’enseignement, des  mœurs, et de la liberté religieuse. Des lois sont votées autorisant le port du voile à l’université, l’enseignement religieux dans les écoles, interdisant la vente d’alcool après certaines heures, interdisant aux amoureux de se tenir par la main dans la rue, réduisant le délai légal pour avorter, condamnant le blasphème …..  Ce n’est pas encore la charia, la Turquie moderne est depuis des décennies,  une République laïque, une laïcité instaurée de force par Atatürk, mais à laquelle adhère une bonne partie de la population urbanisée. Il est donc difficile de faire régresser, ce que beaucoup  considèrent  comme des acquis. Les manifestations qui ont lieu ces derniers jours en témoignent. Mais une autre partie de la population, moins urbaine, plus conservatrice, plus religieuse est satisfaite par ces réformes. Deux Turquies s’opposent.

Ce serait une erreur de vouloir comparer ce qui se passe en Turquie aux « différents printemps arabes ». Dans ces pays, de la même manière que le printemps, le bourgeonnement et la floraison des plantes chasse l’hiver,  le désir de démocratie  et de liberté a  chassé  des dictateurs au pouvoir depuis des décennies. La situation n’est pas la même en Turquie, la démocratie n’y est pas parfaite mais elle existe. L’AKP (Parti de la justice et du développement) est arrivé au pouvoir à la suite d’élections libres, et ce par trois fois. Ce parti détient la majorité et c’est en se prévalant de cette légitimité des urnes qu’il essaie d’islamiser la société. Ceux qui se heurtent à la police, qui a réagi très brutalement, sont à comparer selon certains observateurs aux manifestants de Mai 68 en France. En effet, les revendications ne sont pas économiques, le niveau de vie est en hausse et le pays se classe dans les vingt premières économies mondiales. Les manifestants   sont des «  indignés » qui réclament la démission du Premier ministre Erdogan, dont l’autoritarisme, la mégalomanie  et le côté provocateur  deviennent  insupportables y compris aux yeux de ses propres amis. Les Israéliens sont bien placés pour le savoir : ils en ont fait les frais dans les instances internationales avec l’affaire du Marmara.

Erdogan traite par le mépris ces manifestations qui sont le fait en majorité, de jeunes laïcs, de gauche et d’extrême gauche, mais aussi de nationalistes et même de religieux de la minorité Alevi. Le Premier ministre  continue sa visite officielle dans les pays du Maghreb alors que les manifestations s‘étendent dans plus de quarante villes et que des syndicats importants appellent à manifester. Il demeure  toujours autiste, accusant ces manifestants d’être manipulés par des forces étrangères, alors que le vice premier ministre, Bülent Arinç, et le Président de la République, Abdullah  Gül, membres eux aussi de l’AKP, font au contraire un pas en direction des indignés. Erdogan voulait que la Turquie soit le modèle islamique de développement et de démocratie pour les pays du «  printemps arabe » : il n’est pas certain que ce modèle soit enthousiastant pour ceux, en Europe et aux Etats Unis, qui voyaient dans l’AKP l’équivalent pour les islamistes d’un parti démocrate chrétien.

Gérard Akoun   

Judaïques FM, le 6 juin 2013