Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Résistance aux Extrémismes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Résistance aux Extrémismes. Afficher tous les articles

10 mars 2022

Pause - très - longue encore prévue.


 Vous l’avez remarqué, mon blog est de moins en moins actif. Aucune publication depuis le 30 janvier, et je regrette de vous informer, au moins par correction, qu’il en sera ainsi pour un long moment.

Passons sur l’historique proche, que j’avais rappelé dans mes vœux du jour de l’an. Mon émission ayant disparu en même temps que notre station, ce qui motivait pour une bonne part mes publications disparaissait. Le blog a quand même, vaille que vaille, été alimenté tout au long de l’année 2021, par des nouvelles activités sur lesquelles je ne reviendrai pas. Mais deux évènements plus qu’inquiétants sont venus, l’un absorber le plus clair de mon énergie, et l’autre nous plonger tous dans une incertitude locale.

-          Le premier, vous le savez, c’est l’élection présidentielle avec le score effroyable annoncé pour Eric Zemmour, candidat radical de l’ultra-droite qui risquerait de faire basculer la France dans un autre type de société. Je me suis fortement engagé contre lui, vous le savez car j’ai repris ici quelques articles sous ma signature, ou sous celle d’autres bénévoles engagés dans l’aventure d’un nouveau site, « Résistance aux Extrémismes ». Ce site a eu un succès inattendu : en 5 mois, plus de 250 articles et de 32.000 visiteurs. Le lien permanent vous est donné en colonne de gauche du blog, et vous retrouverez sur celui-ci mes propres articles . Si j’en trouvais le temps, j’aurais pu reproduire de temps en temps mes publications de ce site, mais dans le fond quel intérêt ? Cette priorité absolue m’a également fait prendre du retard par rapport aux nouvelles émissions prévues sur ma chaine Youtube, et pour les interviews réalisées pour la « Revue Civique ». Mais j’espère que cela ne durera pas, et que après les législatives un gouvernement stable émergera, Zemmour étant devenu un cauchemar (presque) oublié.

-          Mais le deuxième évènement, tout le monde le sait, est tristement illustré par cette couverture de « Libération » que j’ai choisie en illustration. Depuis deux semaines ce jeudi, notre continent voit se dérouler une guerre atroce avec l’invasion brutale de l’Ukraine par la Russie. Déjà le bilan humain – des milliers de morts, plus de deux millions de réfugiés, des destructions dans de grandes villes – est terrifiant. Mais fait également peur « la suite » : risques de dérapage entre des puissances nucléaires de part de d’autre ; risques d’extension du conflit, aux frontières directes de l’Ukraine ou plus loin, alors qu’on réalise - après une longue léthargie et souvent beaucoup de complaisance – que Vladimir Poutine peut très bien utiliser le même genre de méthodes bestiales ailleurs, comme hier en Syrie ; mais fait enfin partie de la « suite » la crise économique qui s’annonce, alors qu’on avait à peine pansé les plaies de la pandémie.

Que pourrait donc apporter ce modeste blog, alors qu’on entre dans un brouillard inquiétant et que l’on peut apprendre tant et tant de choses dans d’innombrables médias ? Pour celles et ceux qui seraient quand même curieux de me lire, merci de me suivre sur Twitter où je suis très actif, et où mon compteur des followers est monté en flèche en quelques mois.

Merci de m’avoir lu, merci pour votre patience, et en espérant vous retrouver dans pas trop longtemps malgré tout.

J.C

 

27 novembre 2021

Derrière le mythe du “grand remplacement” la haine des réfugiés fuyant les guerres, par Firas Kontar


 Image d’Alep le 19 décembre 2016, après avoir détruit leur ville et leurs maisons dans une stratégie de crimes contre l’humanité, Assad et Poutine organisent la déportation des habitants d’Alep-Est vers la province d’Idlib comme pour Homs, la Ghouta, Deraa… et cela sous le regard indifférent de la communauté internationale

Introduction

J’ai connu Firas Kontar grâce à Twitter, où nous échangeons souvent. Franco-syrien, ayant fui son pays et la répression des Assad, c’est un militant de l’opposition.

A notre demande, il a bien voulu écrire pour notre site « Résistance Aux Extrémismes » cet article consacré aux « migrants » - en fait réfugiés – chassés de leur pays par les exactions effroyables du régime. Comme il l’écrit, « l’extrême droite européenne dans son ensemble a surfé sur le malheur de millions de syriens : elle présentait la fuite des civils face aux bombes d’Assad et de ses alliés qui les ciblaient délibérément comme étant un acte d’invasion massif de l’Europe par des hordes de terroristes, de délinquants, de violeurs ».

Cette extrême-droite, représentée principalement dans notre pays par Marine Le Pen et Eric Zemmour, est l’alliée du dictateur syrien : cela, on ne le rappellera jamais assez. J’ajouterai enfin que dans notre pays qui a reçu au final si peu de ces réfugiés, on a tendance aussi à oublier que ce sont des être humains, surtout en cet hiver glacial et alors que nous venons de voir disparaitre dans la Manche, par une nuit glaciale, 27 hommes, femmes et enfants.

J.C

 

En 2017 alors que la campagne électorale était polluée par la question migratoire, notamment suite à la crise des réfugiés de 2015, j’écrivais un article intitulé « Marine peut remercier Poutine pour ses bombardements en Syrie »[1]. L’extrême droite européenne dans son ensemble a surfé sur le malheur de millions de syriens : elle présentait la fuite des civils face aux bombes d’Assad et de ses alliés qui les ciblaient délibérément comme étant un acte d’invasion massif de l’Europe par des hordes de terroristes, de délinquants, de violeurs... Le Rassemblement National et ses acolytes européens, soutiens de Poutine et Assad, oublient la responsabilité de ces derniers face à la pire tragédie humaine de ce siècle : la Syrie. Malheureusement en 2015 une grande partie des responsables politiques français reprenaient les éléments de langage du RN, et préféraient parler du chantage d’Erdogan sur les réfugiés plutôt que des responsabilités de Poutine et Assad dans la vague migratoire. Il est certain qu’Erdogan a fait du chantage à l’Union européenne avec les réfugiés, mais il ne faut pas oublier que la Turquie accueille depuis 10 ans la plus grande partie des réfugiés syriens soit environ 3,5 millions de personnes. Ces réfugiés en Turquie ont fui les crimes d’Assad et de ses alliés, qui pour gagner la guerre contre les syriens ont adopté une stratégie de bombardements massifs des civils et des infrastructures vitales comme les hôpitaux ou écoles. L’objectif de cette stratégie était de provoquer un changement démographique en Syrie en faveur du régime syrien, Assad faisant partie de la minorité alaouite voit en la majorité arabe sunnite qui constitue 70% de la population une menace pour son pouvoir et son clan. Cet exil massif des syriens a toujours été un des objectifs du régime Assad, d’ailleurs la victoire militaire d’Assad aidé par Poutine, parrain des fascistes européens, ne s’est pas traduite par un retour des réfugiés. Human Rights Watch[2] ainsi qu’Amnesty[3] ont publié ces dernières semaines deux rapports distincts sur les exactions et crimes commis contre les réfugiés rentrés en Syrie : viols, tortures,  exécutions … Toute honte bue Eric, Zemmour comme Marine le Pen et comme beaucoup de dirigeants de l’extrême droite européenne s’en prennent à ces malheureux fuyant la guerre, et soutiennent leurs bourreaux. Ces derniers jours, en pleine crise entre l’Union européenne et le Bélarusse sur la question des réfugiés, pas un mot de condamnation des responsables de l’extrême droite française à l’encontre de Loukachenko, d’Assad et de Poutine qui ont organisé une crise de réfugiés et des scènes de désolation aux portes de l’Europe. Marine Le Pen se contente de parler d’une agression migratoire sans nommer les responsables, là où Zemmour parle d’une attaque de migrants à la frontière polonaise.

Les gouvernements européens tétanisés par la question des réfugiés et de l’immigration n’ont pas su apporter une réponse à la crise de 2015. Seules l’Allemagne et la Suède ont sauvé l’honneur de l’Europe en accueillant massivement des réfugiés. Cette crise sans réponse politique a malheureusement contribué à engendrer ce monstre français qu’est Eric Zemmour, à travers un discours nauséabond qui reprend les thèses du grand remplacement de l’essayiste d’extrême droite Renaud Camus.

Les paroles de Zemmour sont constamment analysées, reprises et diffusées à travers les médias qui participent à leur diffusion, alors que ce discours n’est que l’expression d’une haine tenace et raciste qui reprend le pire de l’idéologie de l’extrême droite. Zemmour surfe sur la peur utilisant la crise des réfugiés de 2015 et la vague d’attentats islamistes qui touchent le Vieux continent pour diffuser des récits nauséabonds, comme le 29 septembre 2020 où il déclare sur la chaîne qui l’embauche "ils n'ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c'est tout ce qu'ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu'ils viennent". Il se revendique gaulliste tout en défendant Pétain qui aurait « sauvé des juifs ». L’idéologie de Zemmour et son obsession pour les religions, les origines voire les races devraient être un cas d’étude psychiatrique et non un sujet de débat politique. Mais l’effet conjugué de la crise migratoire et des attentats du terrorisme islamiste apportent du grain à moudre à Zemmour et surtout à ses récits fantasmés sur le grand remplacement ; et il est aidé par Bolloré, qui a mis à sa disposition son groupe médiatique.

D’après Zemmour, l’Europe et ses 447 millions d’habitants sont menacés par une invasion migratoire alors que l’ensemble des pays de l’Union accueille environ un million de réfugiés depuis 2015, bien moins que la Turquie où 3,5 millions de syriens ont trouvé refuge, alors que des petits pays comme le Liban ou la Jordanie accueillent chacun environ un millions de réfugiés pour une population de 6 millions d’habitants au Liban et de 10 millions en Jordanie. Devons-nous constamment contre argumenter face à l’idéologie de la haine qui fait du noir, de l’arabe, de l’afghan, du chinois un voleur, un violeur, un terroriste… Devons-nous nous résoudre à expliquer aux responsables politiques d’un pays comme la France, qui vend pour plusieurs milliards d’euros d’armes par an, qu’ils ne devraient pas faire écho aux diatribes de Zemmour en s’en prenant à l’aide médicale d’état qui permet aux étrangers de se soigner et dont le budget est de 500 millions d’euros ? Ou devons-nous simplement exprimer notre devoir d’humanité à l’encontre de ceux qui souffrent et ceux qui fuient les guerres ? Alors parlons d’eux. Mon oncle Salman Kontar a fui la Syrie à l’été 2015, il avait une cinquantaine d’année. Il a travaillé dur toute sa vie en Libye, en Jordanie, au Liban pour construire une modeste maison et fonder un foyer. En 2013 sa maison dans les faubourgs de Damas s’est retrouvée sur la ligne de front, il a été contraint de quitter son quartier et de délaisser son petit commerce qui était son gagne-pain pour s’installer avec sa famille dans l’appartement de mes parents, dans une des proches banlieues de la capitale. Il songeait déjà à quitter le pays non pas pour lui, il savait qu’il devrait tout recommencer à zéro dans un pays dont il ne connaissait pas la langue, mais pour ses enfants. Il n’y a pas d’avenir envisageable pour eux dans la Syrie d’Assad. Ce qui le retenait à ce moment c’était son père, mon grand-père fatigué et malade, il est resté à ses côtés jusqu’à ses derniers jours en 2015. C’est au printemps de cette même année qu’il a pris la route pour l’Allemagne. Il faisait partie de ces milliers de syriens qui ont traversé la mer Egée depuis la Turquie. L’embarcation qui le transportait avec une cinquantaine de personnes, tous syriens, a chaviré à une centaine de mètres du rivage mais par miracle tous s’en sont sortis indemnes. S’en sont suivi de longs jours de marche avant d’arriver en Allemagne au début de l’été 2015. Le bonheur de mon oncle s’entendait quand il parlait de cette nouvelle vie qui s’offrait à lui en Allemagne, il a découvert la nature verdoyante de la Bavière, il était admiratif des infrastructures du pays, des services proposés aux citoyens et aux migrants : la santé, l’éducation, la formation … Il a surtout découvert la liberté d’expression, la possibilité de débattre sans peur d’être arrêté, et de pouvoir manifester librement sans crainte. Il disait que c’est en Allemagne qu’ il s’est senti, pour la première fois, considéré comme un être humain. Il était impatient de finir les démarches administratives pour le regroupement familial afin de faire partir de l’enfer syrien sa femme et ses deux enfants alors âgés de 12 et 13 ans. Le 24 décembre 2015, alors qu’il préparait un réveillon de Noel avec d’autres réfugiés syriens pour remercier de leur accueil les habitants d’un petit bourg à la frontière autrichienne, il décède d’une crise cardiaque.  La dureté du voyage, l’éloignement de sa famille surtout de ses enfants, et l’effondrement de son pays ont été probablement trop lourds à supporter, son cœur a lâché.

Chaque réfugié a sa propre histoire, et chaque migration subie est une blessure. Nous devons considérer tous ces réfugiés et migrants comme des êtres humains, comme nos égaux. Nous ne pouvons plus accepter qu’ils soient déshumanisés comme l’a fait l’élu RN Julien Odoul qui appelait à laisser les migrants mourir de froid à la frontière polonaise. Ce qui fait la grandeur de l’Europe c’est son humanisme. Ceux qui prétendent que notre civilisation, sous-entendu européenne ou occidentale,  est supérieure aux autres, et appellent à se comporter comme les pires des tyrannies en laissant mourir nos semblables à nos frontières ne sont supérieurs en rien, ils sont les héritiers de la haine fasciste. Je crois à la supériorité morale des états libres et démocratiques qui placent l’humain devant toutes autres considérations qu’elles soient économiques, religieuses ou ethniques. Sauver ces migrants et ces réfugiés c’est avant tout nous sauver nous de l’autoritarisme et du totalitarisme qui s’invitent là où les droits humains sont bafoués…

L’histoire de mon défunt oncle a trouvé un dénouement imprévu dans une petite commune du Gard. Un collectif de citoyens qui a appris son histoire par une amie a réussi à obtenir le statut de réfugiés pour la femme de mon oncle et ses enfants. Grâce aux membres de ce collectif, l’aîné passe son baccalauréat cette année et son frère est en première alors que leur mère travaille à plein temps en CDI dans une petite entreprise de la région. Rien ne distingue aujourd’hui ces deux adolescents de leurs camarades français, ils parlent français sans accent, l’un est membre de l’équipe de football du village et l’autre envisage une carrière dans la légion étrangère. Les valeurs morales des membres de ce collectif, leur humanité, leur générosité sont supérieurs à toute l’idéologie crasse de Zemmour et de l’extrême droite. Ce sont ces gens qui font l’Europe des Lumières, ma famille et moi, nous nous souviendrons longtemps qu’un bout de terre du Gard a servi de refuge à des enfants syriens qui ont fui la guerre.

Firas Kontar

Cet article a été publié le 25 novembre sur le site "Résistance Aux Extrémismes"



[1] Marine peut remercier Poutine pour ses bombardements en Syrie –Un œil sur la Syrie 30 avril 2017 –  https://www.lemonde.fr/blog/syrie/2017/04/30/marine-peut-remercier-poutine-pour-ses-bombardements-en-syrie/

[2] Syria: Returning Refugees Face Grave Abuse –HRW- 20/10/2021 https://www.hrw.org/news/2021/10/20/syria-returning-refugees-face-grave-abuse#

[3] Viols, torture, disparitions : le terrible sort des réfugiés syriens qui rentrent dans leur pays – Amnesty International- 07/09/2021 https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/viols-torture-disparitions-refugies-syriens-qui-rentrent-dans-leur-pays

20 octobre 2021

Resistance aux extrémismes, un nouveau site à suivre !

 

Le premier tour de l’élection présidentielle est pour dans six mois, mais déjà elle pollue toute l’actualité, les chaines d’information en particulier « zappant » le reste de l’actualité pour ne parler quasiment que de cela.

Disons-le clairement, l’angle d’analyse « course de petits chevaux » ne m’intéressent pas du tout. Je n’ai jamais été catastrophé, par exemple, par les victoires successives de la Droite, de la Gauche puis du Centre en 2017, 2012 et 2017. Mais pour 2022, le paysage est bien différent : en supposant que les sondages présentent bien les rapports de forces actuels – et qui peuvent changer bien sûr -, l’extrême-droite totalise plus de 30% des voix, ce qui est plus qu’inquiétant. Mais surtout est apparu le phénomène Zemmour, choyé par les grands médias, alors qu’il s’agit d’un vulgaire polémiste dont la vision de la société et du monde est pire, largement, que celle du Rassemblement National d’aujourd’hui.

Autant le dire clairement : l’accession éventuelle au pouvoir d’un juif honteux, qui vomit sa communauté d’origine et qui pousse le pays à la guerre civile contre les musulmans, est un cauchemar. J’essaie de fédérer le maximum de gens pour le contrer. Et, parmi les actions concrètes, le lancement tout récent d’un nouveau site, « Résistance aux Extrémismes », qui traitera bien sûr d'autres extrémistes que E.Z. Vous le retrouverez donc parmi les liens permanents du blog ; et vous pourrez avoir directement accès à tous les articles publiés sous ma signature – y compris des reprises d’autres publications – en cliquant sur l’icône du site, en haut à gauche.

Adresse du site : https://resistancextremismes.eu/

J.C