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10 octobre 2015

Un Imam dans la Cité : Hocine Drouiche sera mon invité le 18 octobre



Nous resterons en France pour ma prochaine émission, que j'ai intitulée "Un Imam dans la Cité" : nous allons donc parler de la place de l'Islam, chez nous comme dans nos sociétés européennes, et j'aurai le plaisir d'avoir un invité parfaitement qualifié sur le sujet puisqu'il est lui-même musulman, responsable religieux et surtout, largement impliqué dans la société civile. Il s'agit de Hocine Drouiche, que nous aurons par téléphone depuis Nîmes, ville où il est l'Imam de l'une des trois Mosquées. Il préside le conseil des Imams de son département, le Gard ; et au niveau national il est le vice-président de la Conférence des Imams de France, une association présidée par Hassen Chalghoumi, que la majorité de nos auditeurs connaissent, et surtout apprécient pour son amitié envers la communauté juive. Il est franco-algérien, il a grandi et fait ses études supérieures d'abord en Algérie dans les années 1990 - il ne s'agissait pas à l'époque de religion mais d'économie, et il d'ailleurs eu en 1996 le diplôme du meilleur étudiant dans cette discipline à l'université de Constantine. Et puis il y a eu un changement de cap au début des années 2000, il va étudier les sciences islamiques, et ces études religieuses le conduiront à Damas, en Arabie Saoudite ; il va plus tard décrocher d'autres diplômes au Liban, à Bahreïn, en se spécialisant dans la finance islamique. Après un passage à Toulon, il est  venu à Nîmes où est l'Imam de sa mosquée depuis 2004 ; mais il a pris en parallèle d'autres engagements, avec la Mairie pour l'aide aux jeunes en difficulté, dans le domaine du dialogue inter religieux ; et puis il donne de nombreuses conférences, la dernière c'était au Palais des Nations de l'ONU à Genève ; le 1er juillet dernier il a fait un exposé à Bruxelles dans le cadre d'une rencontre interreligieuse dédiée aux Chrétiens persécutés, cette intervention a été reprise sur un site publié par le Vatican, "Asiannews.it", et j'y ferai souvent référence dans mon interview.


Parmi les questions que je poserai à Hocine Drouiche :

-        Pourquoi cette vocation religieuse un peu tardive, après des études classiques : avez-vous eu un élan mystique ? Est-ce que c'était de la curiosité intellectuelle ? Ou bien une vocation à devenir Imam, avec la dimension de guide spirituel mais aussi les responsabilités humaines liées à la fonction ?
-        A propos de la formation pour devenir Imam, vous dites que "la plupart des Imams en fonction dans les pays européens  ont été formés dans des pays où ils ont entendu que l'Europe et la laïcité étaient les principaux ennemis de l'Islam" : est-ce que vous pensiez à votre propre formation en Syrie et en Arabie Saoudite ? Et est-ce que vous pensiez aussi au Maghreb où vous êtes né ?
-        Vous êtes depuis deux ans aumônier hospitalier dans votre département du Gard. On lit souvent dans la presse des articles faisant état d'incidents parfois violents, provoqués par des maris, musulmans fondamentalistes, qui refusent que leurs femmes soient examinées, soignées ou accouchées par un homme. Est-ce que vous avez eu l'écho de ce genre de situation dans votre fonction ? Que faut-il faire face à des intégristes bornés ?
-        Vous avez évoqué à plusieurs reprises la crainte d'un choc en retour en Europe, dont seraient victimes cette fois les Musulmans qui y vivent. Bien avant le Daech et les derniers attentats, il y avait eu un sondage, publié par l'IPSOS en janvier 2013 qui montrait que les trois quart des Français pensaient que l'Islam était une religion intolérante; On a vu, récemment, l'expression d'un rejet de plusieurs élus locaux à propos des réfugiés et migrants. Quel est votre vécu dans le Gard, où le Front National a enregistré plus de 40 % des voix au deuxième tout des départementales ? Vous mentionnez le risque d'une "nouvelle Shoah" qui cette fois viserait les Musulmans en Europe, n'est-ce pas une crainte disproportionnée ?
-        A propos du conflit interminable entre Israéliens et Palestiniens, vous dites que c'est votre devoir d'aider les Palestiniens qui subissent une occupation, mais en même temps que ce n'est pas en remettant en question l'existence d'Israël que l'on fera avancer les choses, au contraire, cela donne des arguments aux extrémistes en face pour refuser toute avancée vers la Paix. Vous savez que Hassen Chalghoumi fait l'objet de violentes campagnes de dénigrement, il est accusé par beaucoup de militants de la cause palestinienne d'être un traitre : cela signifie-t-il que, dans le fond, ces militants sont plus proches du Hamas que du peuple palestinien ?

Une actualité hélas redevenue brûlante entre Juifs et Arabes donnera une tonalité encore plus forte à cette émission ... soyez donc nombreux à l'écoute !

J.C

16 février 2015

L'Islam de France face aux défis d'aujourd'hui : Anouar Kbibech sera mon invité le 22 février

Anouar Kbibech

Dimanche prochain, nous aurons une émission marquante en raison de la qualité de notre invité, Anouar Kbibech. Il est actuellement un des Vice Présidents du Conseil Français du Culte Musulman, mais surtout il doit succéder au mois de juin prochain au Président actuel, le Recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur. Quelques mots de présentation. C'est un natif de Meknès, au Maroc. Sa carrière a été à la fois celle d'un cadre supérieur de l'industrie, et celle d'un gestionnaire du culte musulman. Il est entré en 1983 à l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussée, et il est actuellement directeur des Systèmes d'Information chez un important opérateur des télécommunications.  Il préside le "Rassemblement des Musulmans de France", cette association fédère environ 550 mosquées en France, dont les fidèles sont en grande majorité des originaires du Maroc. J'ai intitulé cette émission "l'Islam de France face aux défis d'aujourd'hui". Première catégorie de défis, ceux de l'organisation du culte musulman dont il va devenir bientôt le représentant auprès des Autorités : deuxième religion de France, l'Islam doit s'affirmer dans la République tout en respectant le cadre de la laïcité ; répondre aux besoins des fidèles, tout en rassurant une majorité de Français qui voient avec inquiétude sa montée en puissance ; surmonter ses propres divisions historiques : bref c'est déjà un grand challenge qu'il va devoir relever et nous en parlerons en première partie d'émission. Mais il y a bien sûr l'actualité, le terrorisme djihadiste qui a tué à Paris il y a quelques semaines, ces massacres commis au nom de l'Islam par des fanatiques, ici comme dans le monde entier, et qui nous interpellent tous : comment combattre la radicalisation ? Y a-t-il une danger de choc en retour ? Comment éviter qu'un mur d'incompréhension sépare Juifs et Musulmans ? Nous aborderons ces questions en deuxième partie d'émission.

Parmi les questions que je poserai à Anouar Kbibech :

-        Lors de sa dernière conférence de presse, le Président de la République a été assez dur vis à vis du CFCM, en disant que cette instance n’a «pas la capacité suffisante de faire prévaloir un certain nombre de règles, de principes, partout sur le territoire». La première question qu'on se pose est celle de la représentativité : lors des élections de juin 2013, 2664 votants, ont permis d’élire les Elus au Conseil d’Administration du CFCM ainsi que les instances des Conseils Régionaux du Culte Musulman. Force est de constater que ces délégués ne représentaient que 901 mosquées affiliées aux différentes fédérations nationales, or il y a au total environ 2.300 lieux de culte musulman : qui représente  les autres ?

-        Dans la même conférence de presse, le Président François Hollande a cité la formation des imams comme chantier urgent. Il semble bien que dans beaucoup de lieux de cultes, il n'y ait pas d'imams permanents, et que donc on risque d'avoir des prédicateurs "auto-proclamés" et itinérants, avec le risque bien sûr de propagande salafiste. Or on leur demande beaucoup de qualifications pour un salaire très modeste, et cela limite les vocations. Quelles solutions envisagez-vous, alors qu'il y a très peu d'instituts de formation en France - trois au total ? Et peut-on imaginer, rapidement, un diplôme qualifiant pour les Imams ?

-        A propos de la représentativité des Institutions de l'Islam de France. D'abord à propos de l'UOIF, qui s'est retirée du CFCM en 2013, est-ce que vous pensez que c'était préférable ou au contraire qu'il faudrait que son réseau d'environ 150 mosquées soit représenté ? Ensuite, par rapport à la Fédération des associations islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles - et alors que l'islam africain en France représente peut-être la moitié de la population musulmane -, jugez-vous normal qu'ils soient sous-représentés dans votre direction ? Et enfin à propos de l'Imam Chalghoumi et de sa "conférence des Imams", il n'est pas intégré au CFCM : est-ce de son fait ou alors est-ce une exclusion et pourquoi ?

-        A propos du combat contre le Daesh. Il y a eu au mois de septembre la déclaration commune de dix grandes associations représentant le culte musulman en France - y compris d'ailleurs l'UOIF -  , condamnant de façon absolue les atrocités que commettent les djihadistes du soit disant "Califat islamique" ; il y a eu de très nombreux communiqués après les attentats en France, dont ceux du RMF que vous présidez et qui étaient particulièrement clairs. Et pourtant, cela n'empêche pas des milliers de jeunes Français musulmans d'être partis en Syrie ou d'envisager de partir, voire même de basculer dans le terrorisme en France même comme on l'a vu: quels sont les chantiers lancés par le CFCM contre la radicalisation ?

Beaucoup de sujets, beaucoup d'enjeux pour le futur Président du Conseil Français du Culte Musulman et j'espère que vous serez nombreux à nous entendre dimanche prochain.

J.C 

05 février 2015

Juifs et Musulmans, réunis contre le terrorisme



Un article bref avec deux illustrations, pour faire connaitre ici deux rencontres "post-attentats" qui ont réuni Juifs et Musulmans - et également Chrétiens, pour la seconde. Il est en effet plus nécessaire que jamais de refuser, à la fois l'horrible logique de "guerre de religions" que veulent absolument mettre en marche le islamistes radicaux de toutes obédiences ; et le repli  dans un ghetto pour la Communauté juive - ghetto mental, précisons le - hélas, l'isolement physique et la protection par l'armée sont une réalité incontournable pour un moment.

Dimanche dernier, une délégation d'imams britanniques s'est rendue en France pour manifester sa solidarité envers les Juifs de France. La délégation était composée de Shaukat Warraich, directeur de l’organisation « Faith Associates » à Londres, l’avocat et imam Qari Asmi, Hafiz Zahid Shabir, président du Conseil des Mosquées de Bristol, Ustadah Khola Hasan, femme juge de droit islamique et écrivain de Londres, et Ustadah Naima Ali Khan, professeur de sciences coranique.  Edwin Shuker, juif britannique d’origine irakienne, membre du Board of Deputies, a accompagné la délégation.
Pris par des obligations personnelles, je n'ai pu hélas faire me joindre à mes ami(e)s du CRIF qui les ont accueillis.   

Sur ce lien, le compte-rendu de leur visite par mon amie Eve Gani.

Sur la photo ci-dessous, la prière de la délégation devant l'Hypercasher de la Porte de Vincennes. On reconnait parmi eux l'imam Chalghoumi qu'ils ont rencontré, ainsi que plusieurs personnalités musulmanes.

 

La seconde illustration est une photo prise dans la bibliothèque de la Grande Mosquée de Paris, le mardi 27 janvier. Elle réunit les participants du dernier "Comité stratégique" de la Fraternité d'Abraham (voir son site en lien permanent). On me reconnait sur la gauche, entre le Secrétaire Général et le Président de la Fraternité. 

Le comité stratégique est composé de personnalités issues des milieux religieux, économiques, académiques, artistiques, engagés dans des actions proches des objectifs de notre association. Il se réunit au moins une fois l’an avec le comité directeur, qui sollicite ses avis. Étaient notamment présents le Pasteur Clavairoly, Président de la Fédération Protestante de France, le Sénateur honoraire Pierre Laffitte, Président de la Fondation Sophia Antipolis, et l'écrivain Karima Berger, qui a été l'invitée de "Rencontre" l'année dernière. Parmi les nouveaux membres du Comité Directeur, Mohammed Moussaoui, ancien Président du CFCM, et le Pasteur James Woody. 

Bien que ce genre de réunion soit, par vocation, détachée de l'actualité, l'anniversaire de la libération d'Auschwitz et la lutte contre la radicalisation islamiste ont, bien sûr, été également évoqués.


J.C