Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Femmes musulmanes 2008. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Femmes musulmanes 2008. Afficher tous les articles

04 novembre 2010

Femmes musulmanes, sujet inépuisable ...

-->
Avouons-le, je regrette de ne pas avoir consacré encore une émission (ou plus) au sujet de la Femme en Islam - le "I" majuscule englobant la civilisation islamique, au delà de la religion pour laquelle il est convenu d'utiliser une minuscule.
Certes, le sujet fut évoqué, souvent, lorsque mes invités ont traité de l'islam radical, dont le "machisme" absolu est un des marqueurs idéologiques. Evoqué ainsi, à propos du sujet incontournable du voile, comme ce fut récemment le cas avec Viviane Teitelbaum, opposante résolue, ou auparavant avec Dounia Bouzar, qui a une approche beaucoup plus nuancée. Autre regret, lors d'une vieille et mémorable émission (2001 !) avec Elisabeth Schemla et son amie Khalida Messaoudi - interviewée depuis Alger -, de ne pas avoir pris plus de temps pour parler de leur livre d'entretiens, "Une Algérienne debout" (Editions Flammarion) ; sur la place de la sexualité dans le délirium islamiste, la seconde avait tenu des propos très clairs dans cet ouvrage dont je reproduis un extrait :
"Comme tous les purificateurs, ils haïssent et persécutent la différence, la séduction, le mystère, le trouble et aussi l'altérité, qui est immédiatement visible sur leur corps. Voilà pourquoi les islamistes tiennent à le cacher, à le voiler, à faire disparaitre la différence biologiques dans ses signes extérieurs"
Cacher, vraiment ? S'il s'agit de la burqa ou du niqab, la question ne se pose pas et je crois, au travers de nombreux articles publiés ces derniers mois, avoir clairement marqué mon soutien à la loi votée à l'Assemblée Nationale, par une écrasante majorité. Mais tous les voiles ne masquent pas la beauté, comme le démontre cette frappante photographie en noir et blanc, publiée dans un site hagiographique de l'islam (www.linkmuslims.com) ...
En tout cas, au niveau du blog j'aurais proposé au fil des ans quelques dizaines d'articles avec le libellé "femmes musulmanes" : je vous invite donc à "surfer", et à lire et relire ces documents !

 J.C

28 septembre 2008

La libération de la femme tunisienne : j’en parlerai avec Gérard Cardonne le 5 octobre


J’ai déjà eu le plaisir d’avoir Gérard Cardonne à notre micro il y a un moins d’un an, nous avions parlé de son livre « La nuit afghane » publiée aux éditions Hirlé. Vous pouvez d’ailleurs télécharger cette émission en allant sur ce lien. Rappelons que c’est un écrivain engagé. Alsacien de naissance et très attaché à sa terre natale, il n’a pas eu peur de sillonner le Monde, et pas pour des destinations toujours touristiques puisqu’il s’est rendu dans des régions ensanglantées par de terribles conflits : l’Afghanistan, donc, mais aussi la Bosnie et l’Algérie. Et le fil conducteur de tous les romans que ont inspiré ces voyages, c’est le combat des femmes en terre d’islam, qui sont souvent victimes de préjugés machistes au nom de la religion.

Nous allons parler dimanche prochain de son dernier ouvrage, et celui-là est par contraste lumineux, rempli d’optimisme car il parle du pays arabe où la libération de la femme a fait des bonds gigantesques, ce pays c’est la Tunisie. Le livre a pour titre « Selma, une femme libre » (Le Verger éditeur). Petit clin d’œil, c’est justement en Tunisie que nous avions fait connaissance l’année dernière, à l’occasion d’un colloque. Et, je le répète assez souvent, ce pays est cher à mon cœur car c’est là où je suis né et où j’ai grandi, et je dois dire que de Sidi Bou Saïd à Djerba en passant par Hamamet et Korbous, j’ai retrouvé des paysages gravés dans ma mémoire, j’ai retrouvé aussi des évocations bien appétissantes de la gastronomie locale, bref on peut dire que l’auteur a donné envie de visiter ou de redécouvrir un pays dont il est vraiment tombé amoureux. Amoureux, d’ailleurs, comme son héros avocat, alsacien comme Gérard Cardonne, et qui finit par succomber au charme de Selma, l’héroïne tunisienne qui était pourtant la « partie adverse » dans son roman ... En quelques mots, voici la trame de l’histoire : un avocat arrive à Tunis, chargé par son cabinet de défendre les intérêts d’un client algérien, que sa femme tunisienne a abandonné en fuyant dans son pays natal et surtout en amenant leur enfant, une petite fille née en France donc de nationalité française. Et là, vont s’affronter deux législations diamétralement opposées sur le droit des femmes, le « Code de la famille » algérien et le « Code du statut personnel » tunisien.

Les auditeurs me connaissent assez pour savoir que je ne suis pas excessivement complaisant dans mes interviews, et donc que, aussi sympathiques que soient et mon invité et le sujet traité, je ne vais pas avoir peur de poser des questions délicates. Ainsi :
- Est-ce que l’auteur n’a pas un peu enjolivé la situation de la femme dans le pays en mettant en avant les profils modernes que l’on rencontre plutôt dans les grandes villes, et alors que d’autres témoignages évoquent plutôt la multiplication des foulards islamiques en Tunisie ?
- Gérard Cardonne a imaginé dans son roman le personnage d’une jeune juive tunisienne d’origine djerbienne et qui semble très heureuse de vivre dans son pays natal, mais pourquoi n’avoir même pas évoqué le passé, et le départ massif des Juifs de ce pays ?
- Entre une dictature laïque et une démocratie où les islamistes gagneraient les élections, qu’elle serait sa préférence ? Et ne pense-t-il pas qu’il existe aussi en Tunisie, un courant à la fois d’opposition et non islamiste ?

Merci d’être à l’écoute dimanche prochain, car je suis sûr que Gérard Cardonne sera aussi percutant que dans ma précédente interview ! 

J.C

05 juin 2008

"Ni vierges, ni soumises" : signez la pétition !

Une manifestation de "Ni putes ni soumises"

Vous avez certainement été à la fois estomaqués et écœurés en apprenant la décision du Tribunal de Grande Instance de Lille, qui a annulé un mariage au motif de la non virginité d’une jeune musulmane ... lire un petit rappel des faits et de la vague d’indignation qui a suivi, sur le site de l'Union des familles laïques : féministes, militants de la laïcité et associations diverses se sont émus, mais pas seulement ; car, en utilisant avec habilité la lâcheté de trop de représentants de la République, magistrats, enseignants ou autres, l’intégrisme islamique n’en finit pas de grignoter ce que des siècles de combat progressiste avaient obtenu, et trop c’est trop !

L’association « Ni putes ni soumises » a mis en ligne une pétition, que je vous invite à signer en allant lire le texte complet en lien ci-dessous. En voici le début :

« Parce qu’elle n’était pas vierge, son mariage a été annulé par le tribunal de Téhéran? De Kaboul ? NON !! Par le tribunal de Grande Instance de Lille. Le verdict est tombé comme une fatwa contre la liberté des femmes de France. L’appel par le parquet de Douai est une première victoire, mais la bataille est loin d’être gagnée.
Le tribunal a reconnu la virginité comme une qualité essentielle d‘une femme pour valider un mariage. Cette décision est une véritable régression qui va à l’encontre de l’évolution des mœurs et de nos principes républicains. En donnant raison à cet homme, on donne raison aux bourreaux de notre féminité, aux barreaux de notre liberté ! Même si incontestablement la justice de notre pays est indépendante et souveraine, il n’en demeure pas moins que le débat est lui aussi libre et indépendant. L’écrasante condamnation de cette jeune fille, s’inscrit dans un contexte social, et condamne avec elle des millions de jeunes filles qui, rappelons le, vivent en permanence sous la pression et le poids des traditions patriarcales (...) »


J.C

26 janvier 2008

Mon amour, mon trésor ...

Dessin publié dans le journal jordanien
"Al-Dustur", le 18 mai 2007

Le sourire du mois
- janvier 2008

Merci au "memriblog" (en lien permanent) pour cette petite perle, dénichée dans la presse arabe. Oui la Femme est vraiment un trésor bien précieux !

J.C

13 janvier 2008

Iran : Juliette qui rie, Raheleh qui pleure



Je ne suis pas toujours d’accord avec les analyses, décryptages et commentaires publiés sur le site « iran-resist », en lien permanent ; et je m’en suis ouvert, franchement, avec son webmaster Kavéh Mohseni, qui a été déjà trois fois mon invité à la radio. Reste que ce media d’opposition en exil est une irremplaçable source d’information sur ce qui se passe là-bas, loin de la langue de bois de la majorité de nos journalistes, qui s’accommoderaient très bien d’un maintien ad vitam aeternam de la République Islamique - une fois remisé au placard le trop scandaleux nabot antisémite faisant présentement office de Président !

« iran-resist » publie périodiquement des photos saisissantes, et j’ai voulu rapprocher deux images publiées à quelques mois d’intervalle ... celles de deux femmes, l’une, radieuse et jolie, qui sourit, et l’autre qui pleure - avant d’être tuée.

Commençons donc par la première (photo du dessus) : comme relaté dans un article ( lire sur ce lien ), la jolie et tellement sympathique Juliette Binoche s’est rendue à Téhéran, à l’invitation du cinéaste Abbas Kiarostami dans le cadre d’un projet de film rapporté par le journal « Le Monde ». Comme l’écrit fort justement Kavéh Mohseni :  
« En regardant les films de Kiarostami, qui peut deviner que dans ce pays la pédophilie est légale ? Qui peut deviner que l’on arrache les yeux des condamnés sur des places publiques ? Qui peut imaginer la situation des femmes ? Pour être une vraie artiste, il ne suffit pas de voter à gauche, il faut aussi donner de soi et peut être renoncer à un contrat pour dénoncer des injustices écœurantes. Au lieu de ça, Binoche est en Iran et elle en reviendra sans rien dire, contrat oblige. »

Maintenant, à propos de la deuxième photo, publiée il y a une dizaine de jours (lire ici) : Raheleh Zamani était une mère de famille de 27 ans, ayant tué son époux qui l’avait chassée du domicile conjugal - donc « ayant tout faux » pour la justice macho de la République Islamique ! Mais qui a évoqué sa pendaison dans nos grands médias ? Alors que d'innombrables reportages télévisés ont dénoncé la peine de mort aux États-Unis, l’exécution récente de centaines de personnes en Iran n’émeut guère les « belles âmes », surtout de gauche ... comme Juliette Binoche, qui aurait pu s’en inspirer pour un grand film !

J.C

04 janvier 2008

La nausée, par Gérard Cardonne


Introduction :
L'écrivain Gérard Cardonne a été mon invité le 4 novembre dernier à l'occasion d'une émission consacrée à l'Afghanistan, un pays plongé dans le malheur de guerres sans fin et particulièrement cher à son cœur ; il s'y est souvent rendu, et il avait publié un livre émouvant ("La nuit afghane") en 2001.
Mais c'est surtout la cause des femmes, humiliées trop souvent en terre d'islam quand elles ne sont pas carrément martyrisées, qui le révolte ; et au delà des femmes musulmanes, la violence subie même chez nous par la moitié "faible" de l'Humanité lui a fait pousser un "grand coup de gueule" dans le journal "les Dernières Nouvelles d'Alsace", quotidien de son Alsace natale !
Avec son aimable autorisation, voici la retranscription de sa tribune intitulée "la nausée", publiée il y a quelques semaines dans ce journal (photo).
J.C

La nausée

Une seule journée contre la violence faite aux femmes face aux multiples coups ! Les femmes ont fait entrer dans la sphère publique des sujets estimés à tort réservés à la sphère privée : les violences faites au femmes soi-disant inspirées par le puritanisme et la religion. Ce n'est pas légiférer sur la sexualité que de réprimer les violences conjugales ou la traite des femmes-esclaves sur les trottoirs de nos villes. Refuser de nommer ces problèmes, c'est participer de leur déni. En psychanalyse, ce qui n'est pas nommé n'existe pas.
La Palestinienne Yusra Azzami fut massacrée par des sbires du Hamas pour un crime d'honneur. Elle se tenait trop près de son fiancé dans leur voiture ! La parité au Parlement pourquoi pas ? Dans la vie certainement pas ! Quant à l'honneur, rien à faire quand il s'agit d'un meurtre religieux! Yusra n'avait que 20 ans et croyait avoir toute la vie devant elle. Des imbéciles religieux en ont décidé autrement à sa place. Il paraît que c'est de la religion : il est interdit d'en parler alors qu’il s’agit de la pire des délinquances.
La Chine est le seul pays au monde où les femmes se suicident plus que les hommes. C'est "une arme archaïque de protestation" contre le mépris ancestral réservé à l’oppression de leur sexe. Quant aux Tibétaines, elles sont avortées et stérilisées!
La Pendjabi Mukhtar Mai est devenue le symbole du combat de la femme pakistanaise. Victime d'un viol collectif sur les ordres d'un conseil clanique pour venger une supposée relation de son frère, son procès mit en lumière la réalité des "crimes d'honneur" commis par des hommes, qui, au nom du code tribal, entendent défendre la réputation de leur famille ... et violent un millier de femmes chaque année. Outreau pakistanais !

Violence institutionnalisée

L'analphabétisme féminin a toujours été de règle, orchestré par les pères et frères jaloux de leur autorité et irrités de voir qu'une femme pouvait leur être supérieure. Quant à l’étoile jaune des musulmanes, affirmons de façon claire que, lorsque la justice française accepte que le voile soit assimilé non à une oppression de la femme mais à un simple signe religieux, elle confirme par là les thèses des intégristes.
Chez nous, une femme meurt tous les trois jours de violences au sein du couple. Il est indispensable d'allier la sanction judiciaire à l'obligation de soins. Une minorité d'hommes violents, 1 sur 5, sont prêts à êtres suivis en thérapie. Leurs ressorts sont l'immaturité affective, l'égocentrisme, la mise de l'autre sous emprise, un "moi" faible et peu assuré. Que faire pour aider les victimes ? Il faut convaincre les femmes de parler plus tôt. Plus elles le font, plus elles ont de chances de sauver leur couple. Il y a des plaintes qui ont valeur de libération à la suite d'un quotidien invivable infligé par un tyran domestique.
Que dire de la violence des voyous : Aung Sun Suu Kyi, la Dame de Birmanie, et Ingrid Bettencourt, la marchandise des FARC, martyrisées au vu et au su de tous !

La parité dans la mort

Affublé d’honneur ou de passion le crime est aussi insultant pour la femme que dégradant pour l’homme. Balayons devant notre porte : l’insoutenable crime de Vilnius vaut bien celui de Téhéran quand c’est, en définitive, la femme qui est rejetée dans la mort avec la loi pour linceul. Incompréhension devant l’inversion de l’ordre des choses : l’assassin est sur le devant de la scène. La victime gît dans son cercueil.
Sous le poids déshonorant de leur voilure, les spectres bleutés frôlent toujours leur terre sans murmure : les Afghanes restent d'une discrétion fantomatique. Les talibans ne sont pas partis : ils sont dissous dans la population. Craintives, les femmes n'ont pas remisé leurs tchadris. La peur flotte dans l'air. Redoutant les bastonnades, les vitriolages dont la vogue indienne a filtré dans leur pays, les Afghanes voilent leur regard noir diamant. Leur seule revanche réside dans la fragilité des Bouddhas de Bâmiyân. Les talibans ont pu détruire ce symbole de la civilisation. Ils n'ont pu voler la beauté des Afghanes alors qu'elle provoquait leur esprit attardé.

Gérard Cardonne,
"Dernières Nouvelles d’Alsace", 13 novembre 2007