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02 janvier 2013

Bye bye 2012 ... et un petit coup d'oeil dans le rétroviseur !



Je n'oublie jamais ce grand classique au moment d’entamer l’année nouvelle : vous inviter à jeter un petit coup d'œil dans le rétroviseur en dressant le bilan 2012 de ma série radiophonique. Vous en avez une édition complète en cliquant sur le lien situé à droite de la page, sous le répertoire "Invités et émissions", pour avoir le descriptif de chaque numéro ; mais en voici une petite synthèse.

1. 19 nouvelles émissions au total, un "score" quasi équivalent à celui de l'année précédente (18). Toujours le même rythme bimensuel auquel vous êtes habitués, modulo la période des congés.

2. Toujours et hélas, l’impression de manquer de temps cette année, car en dehors de cette série radiophonique - et toujours bénévole - il y a toujours ma présidence de la "Commission pour les relations avec les Musulmans" du CRIF, ce depuis la rentrée 2009 ; mais aussi - et depuis l'année dernière - mon nouveau poste de Vice Président à la Fraternité d'Abraham, où j'ai l'honneur de représenter la communauté juive ; et toujours FaceBook, où j'ai le bonheur de retrouver lecteurs et auditeurs, et d'autres encore connus à travers le monde. Nouvellement à la retraite, j'espère assumer encore mieux tout cela, et l'actualité restera toujours riche pour vous proposer des sujets variés et, je l'espère, sous un mode original par rapport à ce que l'on peut entendre sur la fréquence juive.

3. 2012 a été particulièrement riche en nouveaux invités, et je suis fier de vous avoir fait entendre des voix nouvelles dont voici la liste par ordre chronologique : Jean-Yves Camus, Eve Gani, Antoine Vitkine, Albert Naccache, Marah Saday, Hélène Maitre, Alexandra Gantier, Sofiane Torkmani, Denis Cohen-Tannoudji, Lyazid Abid, François Rebière, Randa Kassis, Edmond Lisle, Stéphane Juffa ... comme toujours, une grande diversité d'origines et de compétences A tous un grand merci, en espérant avoir le plaisir de les recevoir à nouveau !

4. Je l'avais évoqué à mon retour de vacances, il y a deux de ces voix nouvelles que vous n'entendrez plus : la malheureuse Candice Cohen-Ahnine, disparue tragiquement trois mois après mon interview ; et Farid Hannache, qui a complètement "tourné casaque", en se ralliant ensuite, et de manière incompréhensible, à un militantisme antisioniste radical.

5. "Rencontre" a ses "invités réguliers", et en général tous ceux qui sont venus sur mon plateau souhaitent y revenir : remercions donc ici mon ami Karim-Hervé Benkamla, toujours présent pour promouvoir le rapprochement entre Juifs et Musulmans ; l'opposant syrien en exil Ferec Namir, déjà reçu il y a plusieurs années sous un autre "pseudo" ; mon ami de trente cinq ans André Nahum, avec qui nous avons fait un émouvant "numéro spécial" pour les 15 ans de "Rencontre" ; le jeune et brillant politologue Eric Keslassy ; et le cinéaste Jean-Pierre Lledo, avec qui j'ai eu deux entretiens sur son premier livre consacré au fameux "Printemps arabe" ... auquel il ne croit guère !

6. Les invité nouveaux, que je vais saluer maintenant, nous auront permis d'aborder des sujets variés mais également intéressants : les révolutions arabes, toujours, avec Antoine Vitkine sur la Libye qu'il connait parfaitement, et Randa Kassis, opposante en exil, sur la révolution en Syrie ; les risques de guerre entre Israël et l'Iran, avec le journaliste Stéphane Juffa ; l'offensive de l'islamisme radical en Afrique avec Marah Saday ; mais aussi des pages d'Histoire, avec les souvenirs tunisiens d'Albert Naccache, les Juifs d'Algérie avec Denis Cohen-Tannoudji et l'esclavage chrétien en Terre d'Islam avec François Rebière ; nous avons aussi évoqué - et c'est un sujet qui avait été laissé de côté ces dernières années - la lutte pour l'autonomie de la Kabylie, avec Lyazid Abid. Est-il nécessaire de le redire ici ? Mon soutien à toutes les associations œuvrant pour le rapprochement intercommunautaire est permanent, et c'est ainsi que j'ai reçu Edmond Lisle, pour la "Fraternité d'Abraham", et trois jeunes responsables de l'association "Coexister", Hélène Maitre, Alexandra Gantier et Sofiane Torkamni.

7. Enfin, et c'est une grande nouveauté depuis quelques mois, vous pouvez maintenant réécouter mes dernières émissions grâce au nouveau site de Judaïques FM : voir le nouveau lien permanent sur la colonne de droite !

Merci aux auditeurs qui me liront pour votre fidélité ... et en espérant ne pas vous décevoir en 2013, à nouveau mes meilleurs voeux à toutes et tous.

Jean Corcos

09 décembre 2012

Islamistes contre démocrates arabes, qui va gagner ? Suite de mon entretien avec Jean-Pierre Lledo le 16 décembre



Nous allons poursuivre dimanche prochain notre entretien avec Jean-Pierre Lledo. Rappelons à nouveau qu'il est né à Tlemcen en 1947, d'une mère juive et d'un père pied-noir d'origine catalane ; qu'il connait parfaitement l'Algérie et les sociétés arabes, car ses parents avaient fait le choix de rester dans le pays après l'Indépendance et qu'il n'est parti qu'en 1993, menacé de mort par les islamistes. Réalisateur de cinéma de talent, il a écrit pour la première fois un livre politique, qui a pour titre "Révolution démocratique dans le monde arabe - ah si c'était vrai", il est édité chez Armand Colin ; et j'ai trouvé son livre tellement intéressant - même si je n'étais pas forcément d'accord avec toutes ses analyses -, que j'ai jugé nécessaire de lui consacrer deux émissions. La dernière fois, nous avions parlé de son décryptage de ce fameux "Printemps arabe", et dimanche prochain nous allons voir ensemble qui va gagner dans ce bras de fer entre démocrates arabes et islamistes, les seconds ayant remporté la première manche. Je dois dire aussi que son livre ne se lit pas du tout comme un ouvrage académique : on reconnait le cinéaste et ainsi, il présente cet affrontement comme un véritable match de catch entre le David démocrate quil appele de son nom arabe "Daoud" et le Goliath islamiste, nommé donc "Jalout". Un extrait, page 271 : "Sur le ring, Daoud doit tenir le plus longtemps possible. Debout, avec son bon jeu de jambes, avec son bon cœur, il peut facilement s'envoler et planer. Mais face au monstre, il doit garder le moral ; le match risque d'être long, très long. Il faut donc l'encourager".

Parmi les questions que je poserai à Jean-Pierre Lledo :

- Sur l'évaluation du rapport des forces aujourd'hui : page 77, vous écrivez qu'en mettant bout à bout tous les Arabes qui se reconnaissent dans nos normes démocratiques fondamentales, on arrive au maximum à 20 % : est-ce pour vous une moyenne ou une situation extrapolable dans tous les pays ?

- Vous avez eu le grand mérite dans votre livre de démonter le grand camouflage médiatique du "modèle turc", qui a permis à des journalistes et experts complaisants de nous dire que les islamistes au pouvoir en Tunisie étaient des "modérés" s'inspirant de l'A.K.P d'Erdogan, dont le parti serait "démocrate musulman" comme il existe des partis "démocrates chrétiens" en Europe : pourriez-vous démontrer que ce modèle n'est en rien rassurant ?

- Vous dites à plusieurs reprises que des élections libres cela ne suffit pas pour avoir une démocratie, pourriez expliquer pourquoi à nos auditeurs ?

- Deux des chapitres de votre livre, qui se suivent et se répondent quelque part, m'ont mis un peu mal à l'aise : le chapitre 15, intitulé "Voici ce qu'est aussi le réel du monde arabe et musulman", vous listez des horreurs passées ou contemporaines, génocides, persécutions de minorités religieuses, crimes d'honneur, esclavage des noirs, autant de faits réels qui ont été trop souvent minorés dans nos médias ; au chapitre 16, consacré à l'islamophobie, vous dénoncez à juste titre le chantage que l'on fait contre l'Occident dès que ces faits sont dénoncés ; mais en même temps, vous semblez justifier l'hostilité aux Musulmans qui se répand en Europe, et que confirment les sondages : cela n'est-il pas à la fois dangereux et contre-productif ?

Une nouvelle discussion passionnante, que j'espère vous serez nombreux à suivre dimanche prochain !

J.C

25 novembre 2012

Le Printemps arabe, que s'est-il vraiment passé ? Jean-Pierre Lledo sera mon invité le 2 décembre


Dimanche prochain, nous allons revenir sur les bouleversements qui secouent le monde arabe depuis presque deux ans, et nous allons le faire à partir d'un livre vraiment iconoclaste et qui pose des questions rarement abordées par les experts parlant sur les plateaux de télévision. Ce livre a pour titre "Révolution démocratique dans le monde arabe - ah si c'était vrai", il est édité chez Armand Colin et pour en parler j'aurai le plaisir de recevoir son auteur, Jean-Pierre Lledo. Jean-Pierre Lledo est né à Tlemcen en 1947, d'une mère juive et d'un père pied-noir d'origine catalane. Ses parents ont fait le choix de rester dans le pays après l'Indépendance et il n'est parti qu'en 1993, menacé de mort par les islamistes. Réalisateur de cinéma de talent, il a consacré plusieurs films au rêve trahi d'un pays multiethnique, et nous avons parlé ensemble dans une précédente émission de son très émouvant documentaire "Algérie, histoires à ne pas dire". Il est passé de la caméra à la plume de l'analyste politique, et son premier livre est vraiment féroce : en 327 pages, il démonte cet autre rêve, celui des peuples arabes accédant brusquement à la démocratie après les révolutions du fameux "Printemps". Et je dois dire que son livre m'a bouleversé : souvent j'ai été en accord avec ce qu'il écrivait, parfois en décalage, mais je me suis dit qu'il fallait vraiment consacrer au moins deux émissions successives pour en faire le tour. Le 2 décembre, nous allons essayer de décrypter ensemble ce qui s'est passé, et puis la fois suivante, nous verrons comment, sur le long terme, les démocrates du monde arabe pourront enfin l'emporter sur les islamistes.


Parmi les questions que je poserai à Jean-Pierre Lledo :

- Vous le dites vous même dans le prologue, vous n'êtes ni historien, ni politologue, ni grand reporter et j'en passe. De quelle légitimité vous réclamez-vous, pour critiquer si durement tous les experts qui nous ont raconté que l'on assistait à l'avènement de la démocratie dans le monde arabe ?

- Vous défendez l'idée que les ressemblances structurelles entre tous ces états l'emportent sur les dissemblances, et expliquent pourquoi seuls deux courants idéologiques se sont imposés successivement, le nationalisme puis maintenant l'islamisme : pourriez-vous développer cette idée ?

- Vous présentez ces révolutions comme une fusée à plusieurs étages : le troisième et dernier étage, c'est ce que vous appelez "l'effet domino", avec la conjonction de trois forces s'aidant mutuellement, les islamistes bien sûr, mais aussi Al-Jazeera et les Etats-Unis. A propos des Etats-Unis : vous faites dire au fameux discours de Barack Obama au Caire, en 2009, un message subliminal en direction des islamistes, pourriez-vous le démontrer à nos auditeurs ? Vous écrivez aussi, pages 73 à 75, que les Etats-Unis sont à la fois pragmatiques et machiavéliques, qu'ils sont conscients que l'islamisme est une force incontournable et que donc il faut faire un marché avec eux : lequel et comment ?

-  Vous faites l'hypothèse d'un complot de ceux qui avaient le vrai pouvoir dans les pays arabes (c'est à dire l'armée et les services secrets, les "Moukhabarat", avec en tête de gondole des dictatures familiales). Vous dites que vu l'échec de leurs économies, vu le blocage de ces sociétés par tous les clans maffieux existants, seuls restaient comme recours les islamistes, qui présentaient l'avantage de soutenir le libéralisme économique. Les militaires ne sont pas fous, or ils ont vu ce qui leur est arrivé ailleurs, en Iran en laissant tomber le Shah, et en Turquie aujourd'hui ; alors pourquoi prendre ce risque ? 

-  Vous avez eu le grand mérite de relever un phénomène sur lequel nos médias ont fait font un quasi silence radio, cet antisémitisme grossier et ouvert dès les premiers mois du "Printemps arabe" : le Juif bouc-émissaire, vous pensez que c'est la marque des islamistes ou, au delà, de toutes les sociétés arabes ?

Cette émission a déjà été enregistrée, avant la nouvelle guerre entre le Hamas et Israël : le sujet ne sera donc pas abordé, mais j'espère que vous serez quand même nombreux à nous suivre, car ce livre pose vraiment des questions de fond !

J.C

15 novembre 2012

Pas d'émission le 18 novembre


L'automne a ses rendez-vous réguliers, et pour la communauté juive un de ces rendez-vous est "L'appel national pour la Tsedaka".

A cette occasion, les quatre stations de la fréquence juive font antenne commune, et tous les programmes sont bouleversés : le 18 novembre ayant été la date choisie pour ce "radiothon 2012", mon émission de ce jour là est annulée.

Rendez-vous donc le 2 décembre !

J.C

28 octobre 2012

Peut-on éviter une guerre avec l'Iran ? Stéphane Juffa sera mon invité le dimanche 4 novembre


Manoeuvres en Iran : tir de missile

Retour à l'actualité dimanche prochain, une actualité brûlante puisque le sujet est : "Peut-on éviter une guerre avec l'Iran ?". Et pour en parler, j'aurai vraiment un invité compétent et concerné puisqu'il s'agit de Stéphane Juffa. Stéphane Juffa est israélien, journaliste et rédacteur en chef de l'agence de presse "Metula News Agency". Je fais partie des privilégiés qui reçoivent régulièrement les articles de son agence, et on peut dire que grâce à lui et à son équipe on a un regard original et qui change de ce que l'on peut lire ailleurs. C'est vraiment un observateur de terrain, puisque Metula est un petit village qui jouxte la frontière libanaise, et il nous envoie parfois des photos prises de sa fenêtre, où on voit flotter juste en face le drapeau du Hezbollah : autant dire, donc, qu'il serait aux premières loges si une guerre avec l'Iran éclatait. Même si cela ne l'enchante pas, il pense que seule une action militaire serait à même d'empêcher la République Islamique d'acquérir l'arme atomique ; et que si les Américains ne voulaient pas y aller, et bien il faudrait qu'Israël tente de détruire seul les installations nucléaires de l'Iran. Alors soyons bien clair, parce que c'est un sujet trop grave pour qu'on l'aborde de façon superficielle ; il y a quelque chose de tout à fait insupportable dans certains articles publiés sur des sites juifs francophones, par des commentateurs qui nous vendent depuis des années la guerre pour demain matin, et qui spéculent sur de soit disant armes miracles qui mettraient l'Iran à genoux et en quelques heures. Ce n'est pas le cas de cet invité, je sais qu'il pèse et re pèse ses arguments : aussi allons-nous, je l'espère, éclairer nos auditeurs.

Parmi les questions que je poserai à Stéphane Juffa :

- Le 17 août dernier, on apprenait que les lignes haute tension alimentant l'usine souterraine d'enrichissement d'uranium de Fordo, près de Qom, avaient été sabotées ; le 6 octobre, on apprenait ensuite qu'un drone iranien était parvenu à déjouer la surveillance israélienne et à survoler des installations sensibles dont Dimona ; le 25 octobre, que des avions venus probablement d'Israël avaient détruit une usine d'armement iranienne près de Khartoum, au Soudan : dans le fond, la guerre n'a-t-elle pas déjà commencé ?

- A deux jours des élections américaines, partagez vous le jugement de Guy Millière qui fait partie de vos collaborateurs et qui a écrit le 16 janvier dernier : "Les objectifs fondamentaux de son premier mandat ont été largement remplis : ils consistaient à ruiner le pays (...) et à rendre le Proche-Orient plus sûr pour l’islam radical." ? Et pensez-vous que Mitt Romney serait plus dur vis à vis de l'Iran et qu'il prendrait le risque d'une guerre, vu par ailleurs la situation calamiteuse des finances américaines ?

- En retenant le scénario catastrophe d'une guerre avec l'Iran : d'abord, la défense civile est-elle prête dans le pays ? Quand on voit que la moitié de la population n'a pas encore de masques à gaz, et qu'il n'y a que quelques batteries de missile anti-missiles "Dôme d'acier" que l'on déplace de ville en ville à mesure des bombardements du Hamas dans le Sud, on peut en douter. En partant du postulat qu'il y aura cette fois des destructions massives au centre névralgique du pays, est-ce que les images de tours détruites ou en feu à Tel Aviv ne seraient pas un coup terrible porté à la dissuasion d'Israël au Moyen-Orient ? Il y a le coût humain : pensez-vous que les victimes se compteraient en centaines ou en dizaines de milliers de victimes ? Et il y a le coût économique, une estimation de 42 milliards de dollars circule : qu'en pensez-vous ?

- Un paramètre clé est l'évaluation de l'attitude du monde arabe. Il y a deux scénarios, l'optimiste et le pessimiste. L'optimiste, c'est la prédominance du clivage sunnite / chiite, ce sont les deux mondes qui s'affrontent aujourd'hui en Syrie alliée de l'Iran, et l'espérance d'une neutralité bienveillante des régimes sunnites, Turquie comprise, en cas de guerre. La pessimiste, c'est une explosion de haine de la part de la "rue arabe", maintenant dominée par les islamistes et qui s'engouffrerait dans un choc frontal contre Israël et les États-Unis : qu'en pensez-vous ?

Mais je ne vais pas dévoiler tous les sujets que j'espère avoir le temps d'aborder, et sur lesquels il faut réfléchir, froidement et en pesant le pour et le contre de chaque décision possible ... je vous espère donc très nombreux au rendez-vous, dimanche prochain pour suivre l'émission ; et pour celles et ceux qui l'auraient manqué, pendant plusieurs mois sur la page de podcasts de Judaïques FM !

J.C