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08 novembre 2020

Du nouveau sur ma chaine Youtube, suite

Avec Caroline Fourest, novembre 2008

Dans ma publication en date du 21 septembre, je vous annonçais que pour moi la page était définitivement tournée avec Judaïques FM. Mais en même temps, je vous promettais que ma chaine Youtube - proposant une sélection d’émissions passées -, resterait bien vivante.

Elle l’a été, plus que jamais, et en voici l’illustration en quelques chiffres :

-          Mon dernier article à propos de cette chaine remonte au 21 juin. A cette date, le nombre d’abonnés venait de dépasser le cap des 400, il y avait eu environ 51.000 visites et 81 enregistrements étaient proposés.

-          Aujourd’hui, il y a 467 abonnés, environ 59.000 visites et 88 émissions sont proposées.

Ces chiffres peuvent bien sûr être vérifiés directement en visitant ma chaine sur Youtube, ils confirment l’intérêt du public le plus large pour les sujets les plus divers ; mais surtout et également, pour des invités de qualité.

Quelques mots sur les 7 dernières émissions mises en ligne : 2 ont été diffusées lors de la dernière année de sa diffusion, et figurent donc sur la playlist « Affaires Internationales » ; et 5 sont sous le libellé « Islamisme et Radicalisation ». Ci-dessous, accès vers cette dernière playlist :

Sur ce lien

Ai-je besoin de souligner ici combien ces 5 émissions entrent en résonnance avec la nouvelle vague d’attaques terroristes que nous vivons ? Surtout, je me suis rendu compte en les ré entendant, combien malgré le temps passé (ces entretiens ont 12 ans ou plus !), peu de choses ont finalement changé depuis leur diffusion. Pas, bien sûr, pour les acteurs, dirigeants occidentaux ou chefs terroristes ; mais l’actualité de nos échanges reste saisissante, pour l’idéologie totalitaire de cet ennemi d’une part, et pour les pièges de ce difficile combat, d’autre part.

C’est particulièrement le cas de cette interview de Caroline Fourest, intitulée « Comment lutter contre l’Islam radical en France », que vous pourrez entendre

sur ce lien.

Bonne écoute de tout cela !

J.C

 

02 novembre 2017

La double vie de Tarik Ramadan



 Tarik Ramadan

Il m'a fallu des années pour démontrer le double discours de Tariq Ramadan.

Depuis 2009, je savais qu'il menait aussi une double vie, à l'opposé de ses nombreux sermons sur la « conception islamique de la sexualité ». Pourtant, je n'ai pas pu l'écrire. Les faits les plus graves ne pouvaient être révélés sans preuves solides, sans qu'une victime porte plainte. D'autres, bien que révélateurs d'une pathologie aussi hypocrite que misogyne, relevaient de sa vie privée. J'avais suffisamment d'éléments à charge démontrant la duplicité de Tariq Ramadan pour ne pas aller sur ce terrain-là. Mais j'ai alerté des confrères et même des lieutenants de Ramadan. Rien ne se passait.

Les groupies du prédicateur continuaient de le citer pour rappeler que les relations sexuelles hors mariage étaient haram. Je souriais en écoutant ses sermons puritains sur la tentation et le devoir de chasteté. Comme cette cassette sur « les grands péchés », où il s'emporte contre les hommes osant se baigner dans des piscines mixtes : « Tu vas là-bas et forcément ça t'attire ! » Dans ce prêche, il presse ses ouailles à « militer » pour des « lieux où c'est sain », entendez des piscines non mixtes. Le ton de ces cassettes n'est pas celui du Tariq Ramadan policé des plateaux de télévision, mais celui d'un prédicateur obsédé par la sexualité. Ce qui trahit toujours une névrose plus personnelle.
Dans le cas de Tariq Ramadan, il semble que nous soyons face à un comportement digne de Harvey Weinstein, en peut-être plus violent

Quand je fais le bilan de tous les prédicateurs intégristes, chrétiens ou islamistes sur lesquels il m'est arrivé d'enquêter, je ne crois pas être tombée une seule fois sur un homme menant une vie sexuelle équilibrée, ou simplement conforme à ce qu'il prêchait. Le monde regorge de télévangélistes homophobes ayant des relations homosexuelles, de prêtres pédophiles et de prédateurs sexuels islamistes.

Dans le cas de Tariq Ramadan, il semble que nous soyons face à un comportement digne de Harvey Weinstein, en peut-être plus violent. Si j'écris cette phrase aujourd'hui, alors qu'elle pourrait me coûter un premier procès du principal intéressé, c'est parce qu'une femme, Henda Ayari, a eu le courage de porter plainte pour viol, agression sexuelle, harcèlement et intimidation. Bien sûr, Tariq Ramadan nie et va l'attaquer. Sur les réseaux sociaux, l'un de ses fidèles lieutenants y voit déjà un complot « sioniste international ». Ses fans accusent la victime, une salafiste repentie, de mentir et de vouloir se faire de la publicité (enviable comme chacun sait). Je ne l'ai pas rencontrée. Mais ce dont je peux témoigner, c'est que son récit, précis et terrifiant, ressemble énormément à celui de quatre autres femmes que j'ai rencontrées.

C'était en 2009, à la veille de mon fameux débat avec Tariq Ramadan chez Frédéric Taddeï. La presse l'avait annoncé. Une première femme m'a contactée pour me dire ce qu'elle avait vécu. Je me méfiais. Un faux témoignage pour me pousser à la faute ? Avec Tariq Ramadan, il faut toujours s'attendre à tout. Au début, je n'ai pas répondu. Ses écrits devenaient précis. Pour en avoir le cœur net, j'ai fini par la voir. Elle m'a montré des SMS puis des photos édifiantes. Elle m'a également mise en relation avec d'autres filles. Toutes avaient vécu à peu près la même histoire. Une demande de conseil religieux transformé en relation sexuelle compulsive, parfois consentie, souvent violente et très humiliante, avant de finir en menaces. L'une d'elles avait subi un traitement pouvant faire l'objet d'une plainte. Je l'ai présentée à un juge. Mais Tariq Ramadan lui faisait trop peur. Elle se sentait suivie. Elle était clairement trop fragile pour persévérer. Ma conscience refusait de la pousser sur un chemin dont je craignais qu'elle ne sorte déchiquetée. Je suis bien placée pour connaître la violence des réseaux des Frères musulmans quand on tient tête à « frère Tariq ». J'entends des donneurs de leçons se gausser sur le mode « tout le monde savait et n'a rien dit ». Ils sont loin d'imaginer la tornade qui se serait abattue sur cette jeune femme si elle avait osé briser l'omerta à l'époque. Maintenant que Henda Ayari a eu ce courage, c'est différent. Mon devoir est d'inviter toutes celles qui le peuvent à témoigner. Dans la presse ou à son procès. 
Pour ne pas l'abandonner, seule, face à la meute.

Caroline Fourest
Marianne.net, 27 octobre 2017