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24 janvier 2011

"Débenaliser le système : était-ce un rêve ou une réalité ?" 1/3 par Chaimae Bouazzaoui

Leila Ben Ali-Trabelsi,
épouse du Président tunisien déchu

Introduction :
C'est un document exceptionnel que je publie sur ce blog. Un long texte, qui sera découpé en trois articles et que m'a envoyé une jeune Marocaine, que les hasards de sa formation ont conduit à vivre la chute de Ben Ali. Chaimae Bouazzaoui est une apprentie journaliste, originaire de Meknès. Elle a passé des stages dans différentes institutions médiatiques en Tunisie et au Maroc, et a étudié ces derniers mois à Tunis au sein de "l'Institut de presse et des sciences de l'information". Elle apporte sur les évènements extraordinaires que nous venons de vivre, à la fois le regard neuf et objectif d'une étrangère au pays, la fraicheur de l'indignation et, déjà, un professionnalisme certain, puisqu'elle a suivi comment cette révolution s'est faite, malgré le "blocage médiatique" des officiels : bonne lecture ! 
J.C
          

Débenaliser « ensemble relevons les défis », fut-ce temps ? Et oui, la Tunisie a connu enfin le vrai changement inéluctable après 23 ans de règne.
La République vit des moments historiques : 1800 prisonniers, nombre de personnes ayant commis - seulement - des petits délits, ont été graciés. Un gouvernement durant moins de 24 heures … un record de trois présidents en une journée… est-ce un rêve ou une réalité ?
On est passé d’une effervescence virtuelle, "Facebookienne" du genre, à une agitation sur terrain, conduisant à une évanescence surprenante de la dictature. L’avenue Bourguiba a rendu la monnaie de la pièce à Ben Ali en 1987, Ben Ali a fait un coup d’État à Bourguiba. En 2011, alors que la roue a tourné, l’avenue Bourguiba a rendu un coup d’État fétiche à ce président déchu.

Zi-nabab-bedaine et les quarante Trabelsi

La révolution de « Jasmin », euphémisme que certains ont choisi d’utiliser sans s’en rendre compte, a indubitablement dévoilé la face exécrable du fameux "fabricant du changement", soit le Président déchu Zine El-Abidine Ben Ali, connu pour son slogan "ensemble relevons les défis !".
En effet, Ben Ali, Leila Trabelsi et leur clan ont volé 12 milliards d’euro au peuple tunisien, a-t-on appris d’une chaine télévisée française, et investi en France, à Dubaï, en Argentine, au Canada et dans d’autres pays, ce qui dépasse le budget de l’état tunisien, soit environ 14 milliards de dinars tunisiens. Un esprit sensible ne convient pas à qui porte épée… il a bien compris ! Il a tout compris !
Aujourd’hui en Tunisie, rares sont les humoristes capables de nous faire rire jusqu’aux larmes autant que Leila Trabelsi lors de ses performances aux différentes réunions qu’elle a présidées, c’est pourquoi nous l’encourageons vivement à monter un spectacle de qualité, si elle revient un jour, dans lequel, accompagnée de sa troupe si elle le souhaite, elle pourrait traiter des sujets légers et amusants tels que : "escroquerie et fraude : quel horizon ?" ;  "Cleptodame professionnelle : est-ce inné ou acquis ?" ; "Quand l’amour de la famille se transforme en talent de condensation de fortunes" ; "La stratégie de la prochaine fraude électorale"… et encore d’autre. C’est vrai, il faut avouer, que Ben Ali, réélu il y a un an à l’issue d’un pseudo-scrutin présidentiel sans prendre le moindre risque, a promis de céder la place, enfin à sa femme bien entendu, en 2014, mais le peuple tunisien en avait marre et l’a chassé le 14 janvier sans prendre le moindre risque de passer encore 20 autres années ou plus avec des éléments "benalisés" !
Pourquoi faire rêver le peuple avec cette logomachie constituée des "réalisations accomplies", des "acquis réalisés" ? Des "miracles", inspirés du chiffre 7 (novembre), et qui font de ce pays "un modèle de réussite", pourtant agrémenté d’une avalanche de chiffres souvent invérifiables ? Cela ne semble plus émouvoir personne dans une république qualifiée de royale ...
Pourquoi est-ce que le Président ne pouvait pas prononcer un discours en dialecte tunisien, dans lequel il pouvait absorber le mécontentement du peuple tunisien ? Pourquoi n’a-t-il pas pu exprimer son point de vue personnel à propos des événements de Sidi Bouzid et ensuite proposer des solutions à mettre en œuvre immédiatement comme le faisait M. Bourguiba ? - se demandaient nombre de journalistes au début des émeutes.
Nombre d’entre nous se demandait aussi si le pouvoir disposait encore d’assez de ressources, d’intelligences et de capacité d’écoute et de discernement pour pouvoir se ressaisir. Après des réflexions, le résultat était : rien ...
On a effectivement écouté Ben Ali prononcer ses derniers discours "inaudibles" à travers le petit écran, en dialecte tunisien, parler de l’affaire de Sidi Bouzid, mais c’était trop tard, le fameux dicton "jamais trop tard pour bien faire", n’est plus valable dans un pareil contexte, lui et son clan ont volé des millions et des millions de dinars au peuple tunisien, ont assombri les médias, les libertés de presse et d’opinion,  ont écrasé les droits de l’homme, qu’attendons-nous de plus ? Les "cartouches"… Juste après avoir fait une avalanche de promesses, il s’est enfui à destination de plusieurs pays.
Mais non, il ne faut surtout pas exagérer ! 300 000 emplois, l’une des promesses qu’il a faites, ont été créés, justement après son départ ; comprendre : 300 000 habitants et même plus ont pris leurs postes, pas loin de chez eux,  de gardiens et de gardiennes pour faire face aux milices qui veulent bruler le pays, voler et violer à tout prix.
Pourquoi, à chaque crise, charge-t-on le ministère de l’intérieur de résoudre le problème avec  violence ? Pourquoi les Tunisiens n’avaient-ils pas le droit d’organiser des manifestations? Pourquoi les médias n’en parlaient pas ?

Chaimae Bouazzaoui
Tunis

16 janvier 2011

Exit Ben Ali : premières réflexions après la révolution tunisienne


"Profil" utilisé par de nombreux internautes tunisiens sur FaceBook

Le doute n'est désormais plus permis : après le départ de l'ex-président tunisien, mis K.O après 23 ans de règne mais seulement quelques semaines de manifestations, nous venons d'assister à un évènement quasi-inédit dans le monde arabe : la chute d'une dictature.

Certes, d'autres chutes de régimes ont marqué l'histoire de ces pays, mais le contexte fut tout à fait différent : il a fallu l'invasion américaine de 2003 pour renverser Saddam Hussein, et cette démocratie "importée" ne fut pas le fait du peuple irakien - qui l'a d'ailleurs bien mal accueillie au final ; il y a eu le "printemps de Beyrouth" après l'assassinat de Rafic Hariri, mais les occupants syriens sont quasiment rentrés par la fenêtre après être sortis par la porte - et surtout, l'enjeu tenait plus de la géopolitique  régionale que du régime au pouvoir, le Liban ayant toujours connu le pluralisme politique. Dans le cas de la Tunisie, on vient d'assister à la victoire d'un peuple, ayant réalisé seul et sans concours extérieur une révolution, au prix de sacrifices réels - les dizaines de tués sous les balles de la police : les Tunisiens en sont très fiers, et on ne peut que le comprendre et leur dire notre admiration.

Avons-nous été conscient de la situation ? Avons-nous assez soutenu leur aspiration à plus de liberté ? Le régime Ben Ali a joué sur la peur des islamistes pour durer, on l'a assez rappelé ces derniers temps : et le dialogue - de sourds - entre partisans et opposants tournait toujours autour de deux discours : "s'il tombe, ce sera une révolution à l'iranienne", disaient les uns ; "justement, plus il y a de répression, et puis les islamistes profiteront du vide pour s'imposer", disaient les autres. Le fait est que l'opposition démocrate, laminée, n'a guère noyauté cette révolte "des gueux", née d'abord dans les régions oubliées du Centre et du Sud du pays, après l'indignation suscitée par le suicide par le feu du malheureux marchand ambulant de Sidi Bouzid ... Suivant au quotidien les pages FaceBook de mes nombreux amis tunisiens - qui étaient presque tous, avec une prudence variable, partisans de la révolution -, je peux attester que l'équation "anti-Ben Ali = partisans d'une république islamique" était une escroquerie. Parmi eux, par exemple, le militant des droits de l'homme Adnen Hasnaoui que vous avez pu lire sur mon blog, défend courageusement l'établissement de relations officielles avec Israël ; plus prolifique en articles, Souhail Ftouh (avec qui je correspond régulièrement), m'a avoué ces tout derniers jours que sa position de "supporter" était due à la peur - peur d'un régime policier qui a duré presqu'un quart de siècle avant de s'effondrer comme un château de cartes !

Mais revenons à ma question, en faisant mon propre "examen de conscience" : je m'efforce, dans mes émissions, d'amener les auditeurs à réfléchir à invitant des personnalités d'opinions diverses. Par rapport à la Tunisie, j'ai eu comme invité en novembre 2001 le professeur Mohamed Talbi, critique féroce du régime - comme de toutes les dictatures arabes ; en juin 2003, par contre, je recevais Mezri Haddad venu parler d'un livre où il défendait le régime, parlant d'une "campagne de désinformation contre la Tunisie" (je reviendrai plus loin sur cette personnalité, très exposée dans les médias ces derniers jours) ; j'ai reçu, à propos de son livre de référence, "Maghreb, la démocratie impossible ?" un historien critique - mon ami Pierre Vermeren, dont vous avez pu lire un article presque prophétique lundi dernier - tout comme l'orientaliste Antoine Sfeir, avocat dévoué de la Tunisie de Ben Ali - lire ici. Enfin, et surtout, il faut aussi dire que l'évocation du passé juif de la Tunisie, ou de la tolérance dont bénéficiait la minuscule communauté restée dans le pays, n'a jamais été accompagnée dans mes propos de paroles soutenant son régime ; et si je me réjouis d'avoir été invité, il y a plus de trois ans, à un colloque de la "Chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions", l'ambition de ces rencontres universitaires sans rapport avec la politique intérieure ne mérite pas l'opprobre : il est quasi certain que tout ce qui portera ce patronyme désormais honni sera renommé dans le futur ; espérons quand même que sur le fond, ces forums de rencontres seront maintenus, et avec eux ces fragiles passerelles entre Juifs et Musulmans.

Mais revenons, pour finir, à Mezri Haddad qui m'a fait l'honneur de son amitié - et qui doit se sentir bien seul aujourd'hui. Brillant universitaire, ancien opposant ami de Moncef Marzouki, rallié au régime par crainte des islamistes et de ce qu'il jugeait être une complaisance de l'opposition démocrate à leur égard, il avait donc défendu à mon micro l'hypothèse d'une marche progressive de la Tunisie vers une vraie démocratie. En était-il sincèrement convaincu, alors même que devenu plusieurs années après ambassadeur de son pays à l'UNESCO, il devait continuer de défendre un régime de plus en plus indéfendable ? Il a démissionné de son poste "à minuit moins une", ce vendredi à midi, à quelques heures donc de la fuite de Ben Ali. Cruelle ironie, lui qui avait si courageusement dénoncé l'obscurantisme des islamistes - on pourra lire grâce à son nom en libellé des articles sous sa signature publiés sur mon blog -, il aura vu le dirigeant qu'il avait soutenu trouver refuge ... en Arabie Saoudite, centre mondial du Wahhabisme et de l'intégrisme sunnite ! On lira sur ce lien l'hommage d'un homonyme, juif celui là - Raphael Haddad, ancien président de l'UEJF. On pourra aussi lire sa lettre de demission, publiée par le journal "Le Monde", et le voir et l'entendre ici.

Jean Corcos

27 novembre 2009

Antoine Sfeir fait l’éloge de la Tunisie et de son Président Ben Ali ...

Antoine Sfeir

Introduction :
Quelques mots d’introduction, pour présenter de larges extraits de ce nouvel article reçu de mon ami de Tunis, Souhail Ftouh. Je n’ai pas évoqué sur ce blog les élections présidentielles en Tunisie, tenues il y a un mois : devoir de réserve journalistique, et alors que j’ai des ami(e)s tunisien(ne)s aussi bien fervents supporters du Président réélu (comme justement Souhail), que féroces critiques (comme Adnen Hasnaoui, militant pour les Droits de l’Homme et dont vous avez pu lire aussi des articles ici). FaceBook est un meilleur support pour des débats, et j’ai ainsi donné la parole sur ma page là-bas pour des longs et passionnés débats !
J’ai retenu cependant cette article parce qu’il cite largement Antoine Sfeir, orientaliste bien connu des tableaux de télévision et qui a été plusieurs fois mon invité : bonne lecture !

J.C

Habitué des plateaux de télévision français Antoine Sfeir, n’hésite pas à défendre l’homme qui a sauvé la Tunisie. Il est déjà monté au créneau à plusieurs reprises. Il l’a récemment refait dans Le Figaro du 23 octobre 2009, "La Tunisie, rempart contre la déferlante intégriste dans la région"  :
(...) "La Tunisie a certainement un long chemin devant elle, personne le conteste. Pourtant, force est de reconnaître que le pays progresse régulièrement depuis l’arrivée au pouvoir de Ben Ali. C’est un fait dont tous les organismes internationaux font état dans leurs rapports. C’est cette ouverture et cet assainissement progressifs de la vie publique que je souhaite évoquer aujourd’hui, sans pour autant me voiler la face sur les problèmes qu’il reste à résoudre.
(...)
La condition des femmes est également à mettre au crédit du président sortant : avec 25 % de femmes au Parlement, la Tunisie fait mieux que la France. Comme autrefois la Turquie, qui avait accordé aux femmes le droit de vote dix ans avant la France ... Et tout le monde connaît le rôle actif des députés tunisiens, hommes ou femmes !
En outre, la Tunisie a clairement choisi son camp dans la lutte contre l’intégrisme religieux. Le régime est intransigeant vis-à-vis de tout embryon de prosélytisme islamiste, mais mène parallèlement à sa politique répressive une vaste campagne de pédagogie, appuyée sur une pratique sereine et modérée de la religion. C’est pour cette raison que le pays constitue véritablement un rempart contre la déferlante intégriste dans la région ; c’est pour cette raison également que la Tunisie est un enjeu crucial, et une cible de choix pour l’islamisme et le terrorisme. Si elle venait à tomber, il faudrait craindre à nouveau pour l’Algérie, mais également le Maroc, la Libye et peut-être même l’Égypte, tous menacés par un effet de dominos."
(...) Arrêtons-nous un moment de parler de la Tunisie pour regarder les Tunisiens, qui, eux, agissent », écrit notre courageux intellectuel. Il ne ménage pas sa peine et défend la Tunisie partout où il peut.
Antoine Sfeir, le patron de la revue d’études et de réflexion sur le monde arabe et musulman, l’auteur de "Tunisie, terre des paradoxes", parue en 2006, a même fait paraître une revue qui est consacrée à la Tunisie sous la direction de Ben Ali sous le titre "L’exception tunisienne".
Six grands textes aux titres suggestifs ont l’ambition de présenter "les progrès qui ont été accomplis sur la voie d’une démocratisation et d’un assainissement de la vie publique" selon l’éditorial même d’Antoine Sfeir. Ainsi peut-on lire : La Tunisie Un rempart contre l’intégrisme, la Tunisie dans la cité, Patrimoine archéologique et renouveau culturel, Des succès économiques confirmés, Les instruments de solidarité tunisienne ...
Antoine Sfeir, déclare dans "Les Cahiers de l’Orient", de l’hiver 2010, "cherche à montrer à quel point le peuple tunisien occupe, de plus en plus, une place à part dans l’espace arabe, et apparaît comme un exemple pour toute la région". Un exemple pour le monde arabe mais aussi pour l’Afrique. C’est du moins, ce que croient aussi les journalistes africains. En effet, il y a quelques jours seulement des journalistes africains co-auteurs du livre "La Tunisie émergente : une voie pour l’Afrique", publié aux Editions Médiane à Paris, présentaient à Paris leur ouvrage de 262 pages, rassemblant dix-huit contributions de journalistes et personnalités africaines de diverses spécialités. Sfeir présentait son point de vue aux côtés de François Bécet, auteur d’un autre livre intitulé "Le pays, porte ouverte sur la modernité", nouvel ouvrage en hommage à l'oeuvre du Président Ben Ali

D’ailleurs la Tunisie et ses réussites étaient à l'honneur, le 19 Octobre 2009, à Genève, à l'occasion de deux conférences organisées, la première au club suisse de la presse à Genève, dirigée par M. Guy Mettan, député de Genève président du parlement de cette cité, et la deuxième, au Cercle des dirigeants d'entreprises de Genève, présidé par Mme Testa Enza Haegi. Autour du journaliste français, de François Bécet et de son confrère Antoine Sfeir, les journalistes suisses et internationaux ainsi que ceux de la presse accréditée auprès des Nations Unies et de nombreuses personnalités du monde économique et universitaire helvétique, ont passé en revue les diverses facettes des réussites de la Tunisie durant ces vingt deux dernières année. Après avoir ouvert, au club suisse de la presse, la première conférence intitulée "Regards croisés sur la Tunisie", M. Guy Mettan a, ensuite, cédé la parole à M. Antoine Sfeir dont le propos a tourné autour du thème: "La Tunisie, un pays qui marche".
M. Sfeir a évoqué, pour soutenir son propos, les multiples réalisations du pays dans différents domaines, tels l'éducation et la santé, la croissance économique et les multiples mécanismes de solidarité mis en œuvre par le Président Ben Ali pour redistribuer équitablement les fruits de la croissance économique au sein de la société, comme peut en témoigner, entre autres l'élargissement continu de la classe moyenne qui englobe 80 % de la population. M. Sfeir a, également, souligné le rôle moteur joué par l'Etat tunisien qui a su assumer avec efficacité ses missions au service de ses citoyens et mettre son peuple à l'abri de l'instrumentalisation de l'Islam qui a causé tant de ravages ailleurs. Présentant quelques articles du dossier consacré à la Tunisie par sa revue, M. Sfeir a expliqué les raisons de l'attachement du peuple tunisien qui soutient son leader, grâce à qui il est entré, depuis deux décennies, dans une ère de prospérité et de stabilité sans précédent dans son histoire. Il a également souligné le patriotisme des Tunisiens de tous bords qui, tout en exerçant leur esprit critique quand il le faut, rejettent les tentatives de falsification des réalités auxquelles se livrent certains opposants téléguidés de l'extérieur. M. Sfeir a conclu sur le fait que la Tunisie était certes un pays petit par la taille géographique, mais un pays qui marche et excelle dans de nombreux domaines, et qui pourrait servir de modèle à de nombreux autres, en ce qu'il a réussi en comptant sur une unique matière première : l'intelligence de ses citoyens. Le directeur des "Cahiers de l'Orient" qui a préfacé le livre de François Bécet n'a pas manqué, en outre, de fustiger les donneurs de leçons occidentaux qui s'acharnent sur la Tunisie, alors qu'il s'agit d'un exemple rare sur le continent africain et dans la région, d'un pays qui marche et avance dans tous les domaines. François Bécet a ensuite présenté son dernier ouvrage  "Tunisie, porte ouverte sur la modernité", mettant en relief la "voie propre choisie par le Président Ben Ali". Une voie authentiquement tunisienne, qui a permis de développer son pays, tout en veillant à la redistribution des richesses. L'auteur a évoqué quelques caractéristiques du modèle tunisien de développement et son bilan largement positif qui est souligné du reste par de nombreuses institutions internationales et instituts mondiaux de notation les plus réputés que l'on ne peut soupçonner de partialité.

Des échanges ont eu lieu par la suite avec le nombreux public présent, permettant aux orateurs d'apporter des éléments de réponse aux préoccupations des uns et des autres. Une autre cérémonie de présentation du livre de François Bécet s'est déroulée à l'hôtel Richemond de Genève, offrant aux deux auteurs l'opportunité d'exposer le modèle de développement solidaire et équilibré mis en œuvre en Tunisie par le Président Ben Ali.

Le même ouvrage, édité par la maison "Le cherche midi", a été au centre d'une rencontre organisée, le 20 octobre 2009 , à l'Institut du Monde Arabe, à Paris, rencontre à laquelle ont participé plusieurs journalistes et personnalités. (...)
 


Ftouh Souhail, 
Tunis

01 octobre 2009

« Rétablissez des relations avec Israël » : une lettre ouverte d’Adnen Hasnaoui au Président Ben Ali

Introduction :
Adnen Hasnaoui est un journaliste tunisien courageux, militant à la fois des Droits de l’Homme et pour la Paix israélo-arabe. J’avais parlé en octobre 2008 (cliquer sur ce lien) de sa plainte déposée contre Mahmoud Ahmadinejad devant les tribunaux de son pays. Depuis, nous sommes restés en contact, et il fait partie de mon réseau sur FaceBook, où nous échangeons souvent.
Il vient de publier sur son blog, en langue arabe, une lettre ouverte au Président Ben Ali, à l’occasion de la Journée mondiale de la paix, le 21 septembre. Cette lettre
(article original) appelle au rétablissement des bureaux de liaison entre la Tunisie et Israël. Et j’en reproduis, ci-dessous, la traduction réalisée par mon ami Souhail Ftouh.

J.C

Lettre ouverte à Son Excellence le Président de la République de Tunisie Monsieur le Président Zine El Abidine Ben Ali

Salutations distingués.

Objet : à l'occasion de la Journée mondiale de la paix qui coïncide avec le 21 Septembre, 2009, je voudrais Monsieur le Président, attirer votre attention sur l'importance de la réouverture du bureau des intérêts de la Tunisie à Tel-Aviv à l'appui des efforts internationaux pour avancer et instaurer une paix juste et durable dans cette partie du monde.
La Tunisie a été et restera pour toujours une oasis de paix et un facteur de stabilité et de progrès dans la région, et les Tunisiens sont à l'avant-garde dans la défense de la liberté et la paix.
Monsieur le Président,
Il est indiqué dans votre discours à l'occasion du cinquante-troisième anniversaire de l'indépendance, que « la politique étrangère de la Tunisie est caractérisée par sa modération et son ouverture, si bien qu'elle doit contribuer activement aux efforts déployés pour la paix et la sécurité, la stabilité et le développement global de tous les peuples de la terre » et que « la Tunisie a joué un rôle actif dans le processus de paix au Moyen-Orient, depuis l'organisation de la Conférence de Madrid à travers les diverses étapes par lesquelles les Palestiniens accéderont à l'indépendance, et la création de l'Autorité nationale palestinienne, et les initiatives ultérieures et conférences visant à parvenir à un règlement, pour mettre fin au conflit dans la région et à rétablir la paix, la sécurité et la stabilité ».
Monsieur le Président,
Je suis sûr que la décision de fermeture du bureau israélien était liée à protestation de ce qu'a subi le peuple palestinien, mais en ces jours, la réouverture de ce bureau serait un nouveau mécanisme qui offrira à la Tunisie la possibilité de défendre en mieux les droits palestiniens, en s'appuyant sur une diplomatie direct à Tel-Aviv pour faire valoir ses droits.
Et à vous le bon choix, Monsieur le Président

Adnen Hasnaoui,
Tunis le 18 septembre 2009
traduction Souhail Ftouh