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30 octobre 2015

"Daech est un produit de notre modernité"



Ils sont parfois très jeunes, tantôt ­convertis, tantôt de famille musulmane, ruraux ou urbains, issus de milieux en difficulté ou des classes moyennes et parmi eux des jeunes filles, des couples avec enfants… Les Européens sont pris de vertige en découvrant dans les médias, semaine après semaine, le nouveau visage de leurs enfants qui, par centaines et même par milliers, partent en Syrie s’enrôler dans les rangs de l’insurrection djihadiste – ou en éprouvent la tentation.
« Nos capacités ont atteint leurs limites », s’est récemment alarmé le procureur général d’Allemagne, Harald Range, devant le nombre d’enquêtes ouvertes. En France, les services de l’Etat évaluent à un millier le nombre de personnes qui sont parties ou revenues de la « guerre sainte ».
Que signifie cet engouement à rejoindre des combattants dont la majeure partie de l’opinion ne retient que des têtes tranchées, des otages exécutés et des localités entières martyrisées ?
Comment comprendre ce qui convainc des jeunes, parfois jugés bien insérés, d’aller risquer leur vie – et même de vouloir mourir – pour une cause à laquelle, parfois, rien ne semblait les prédestiner ? Comment interpréter la vitesse à laquelle ces jeunes semblent se décider, comme en témoignent des parents atterrés et impuissants ?

« Le phénomène dépasse largement les communautés musulmanesDepuis un an et demi, il est beaucoup plus global. Il touche maintenant la tranche des 15-17 ans, les classes moyennes », Farhad Khosrokhavar, sociologue
Ce sont les convertis à la religion musulmane qui, pour le chercheur Olivier Roy, professeur à l’Institut universitaire européen de Florence, livrent une première « clé de compréhension » du phénomène. « Leur fort pourcentage (20 % à 25 %) montre qu’il ne s’agit pas de la radicalisation d’une partie de la population musulmane, observe-t-il. C’est une constante depuis quinze ans. Il y en avait la même proportion dans le gang de Roubaix », composé pour la plupart d’anciens membres de milices défendant la cause musulmane pendant la guerre de Bosnie, au milieu des années 1990.
« Le phénomène dépasse largement les communautés musulmanes, approuve le sociologue Farhad Khosrokhavar, auteur d’un livre intitulé Radicalisation (Maison des sciences de l’homme, 2014). Depuis un an et demi, il est beaucoup plus global. Il touche maintenant la tranche des 15-17 ans, les classes moyennes. » « Daech, analyse Olivier Roy, n’est pas l’expression d’une culture traditionnelle musulmane. Ses membres se posent comme seuls détenteurs du savoir, comme seuls vrais musulmans et considèrent tous les autres comme des hérétiques. »
Comment expliquer cette vague d’enrôlement ? Pour Olivier Roy, ces jeunes seraient pris dans un « mouvement générationnel », marqué par une forme de nihilisme. « Dans les messages que certains laissent, ils disent : “J’avais une vie vide, sans but.” La vie telle qu’ils l’appréhendent dans leur famille “ne vaut pas d’être vécue”. Ma génération choisissait l’extrême gauche, eux le djihad, car c’est ce qu’il y a sur le marché. »
Pour comprendre cet engagement de génération, il faut revenir à l’origine, c’est-à-dire à la révolte syrienne contre le régime de Bachar Al-Assad. Car on oublie qu’avant ce moment-clé, comme l’explique Samir Amghar, chercheur à l’université du Québec à Chicoutimi, « on était dans une phase de déclin du djihadisme ». La mort d’Oussama Ben Laden, l’emprisonnement de nombreux cadres, la réinsertion d’autres par des régimes du Golfe se conjuguaient pour que le mouvement s’étiole. « Les printemps arabes lui ont donné un second souffle, résume le chercheur, notamment avec la libération de nombreux djihadistes emprisonnés, comme en Tunisie et en Libye. Et la Syrie est venue fournir une zone de conflit, une nouvelle utopie. »
Le changement, confirme Mohamed-Ali Adraoui, auteur d’un essai intitulé Du Golfe aux banlieues, le salafisme mondialisé (PUF, 2013) a précédé l’avènement de l’Etat islamique (EI). « Beaucoup sont partis se battre contre Assad. C’est la clé, cela en a convaincu un bon nombre. »
Le fait que les Occidentaux aient renoncé à intervenir militairement contre le régime de Bachar Al-Assad à l’été 2013, après qu’il eut fait usage d’armes chimiques, a pu renforcer la révolte contre le sentiment d’abandon de l’opposition syrienne. « Il n’y a pas eu une seule autocritique là-dessus » chez les Occidentaux, relève Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po Paris. « Il y a quelques mois, en France, tout le monde était d’accord pour renverser Assad, note Olivier Roy. Eux tentent de le faire aujourd’hui. »

Pour décrire ce qui fait l’attrait si puissant de l’abcès syrien, au point que certains soient prêts à tout abandonner pour le rejoindre, Mohamed-Ali Adraoui fait un parallèle à première vue audacieux avec la capacité de mobilisation d’une organisation non gouvernementale. Une ONG « fonctionne à la mondialisation et à l’utopie, explique-t-il. Lorsqu’une catastrophe se produit quelque part, des personnes animées par l’esprit de solidarité partent sur ce théâtre ». Cette catastrophe, c’est le conflit syrien, avec ses images d’enfants tués, de civils pris pour cible ou empoisonnés à l’arme chimique.
Dans les motivations de ceux qui sont partis ces derniers mois, affirme aussi Farhad Khosrokhavar, « il y a une réinterprétation de l’humanitaire. Une bonne partie d’entre eux ne sont pas dans le djihad comme l’était Mohammed Merah. Il y a un mélange d’humanitaire et de néocommunautaire. Ils sont prédjihadistes. Une fois sur place, avec l’endoctrinement, ils peuvent se transformer ». La facilité d’accès aux scènes de guerre contribue aussi à faire du phénomène une vague sans précédent, selon Jean-Pierre Filiu. « On part de Paris le matin, on y arrive le soir. »

Depuis la première guerre d’Afghanistan jusqu’à la Syrie et à l’Irak aujourd’hui, en passant par la Tchétchénie, la Bosnie, le Cachemire, des non-musulmans d’origine se sont impliqués dans des conflits. « A condition que les théâtres soient accessibles, nuance Mohamed-Ali Adraoui. Ce n’est pas le cas par exemple de la Palestine ou de la Chine, pays où le djihad demeure endogène. » L’Algérie des années 1990, cadre d’un très sanglant affrontement entre l’Etat et les islamistes, représente aussi un contre-exemple instructif. En dépit des liens entre ce pays et l’Europe, et singulièrement la France, il n’avait pas eu un tel effet d’appel sur de jeunes Européens. C’est, explique Farhad Khosrokhavar, que contrairement au drame syrien il ne s’inscrivait pas dans le contexte d’espérance collective des révolutions arabes.
Le chercheur discerne aussi une dimension proprement européenne à cette tentation djihadiste. D’abord parce que de nombreux pays du continent sont touchés à une même échelle, bien davantage, proportionnellement, que les Etats-Unis. « Il y a un malaise européen. La nation, au cœur de la construction européenne, est en crise. L’Europe ne parvient plus à donner un horizon d’espérance à sa jeunesse », analyse-t-il.
Auteur de L’Apocalypse dans l’islam (Fayard, 2008), l’historien Jean-Pierre Filiu insiste sur l’importance de la dimension apocalyptique, associée au territoire sur lequel l’EI étend son emprise. Le « Cham », l’équivalent du Levant avec, au centre, le continuum syro-irakien, est affilié dans la tradition musulmane à des prophéties eschatologiques sur fond de bataille de la fin des temps. Elles sont au cœur du discours des djihadistes et participent, aux yeux de ces spécialistes, à la « séduction » exercée par ce champ de bataille. « Moins la culture musulmane des candidats au djihad est forte, plus elles ont d’emprise », souligne Jean-Pierre Filiu. « Cette dimension est liée à la fascination de la violence, à la culture gore que l’on retrouve partout, estime Olivier Roy. C’est un phénomène profondément moderne et générationnel. La dimension apocalyptique est dans notre culture. On ne veut pas voir que Daech est un produit de notre modernité », affirme-t-il.
Cet univers s’illustre à travers certains des documents, notamment vidéo, mis à disposition des candidats au djihad sur Internet. Dounia Bouzar et le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam étudient depuis des mois ce que des jeunes tentés par un départ regardent sur le Web. La chercheuse note une sophistication récente de la propagande djihadiste, qui présente maintenant « des offres individualisées » pour se couler dans « les univers de référence » variés de ces jeunes. Certains mettent en avant des « valeurs humanistes » et altruistes, d’autres empruntent à l’univers des jeux vidéo (notamment d’Assassin’s Creed), d’autres insistent sur la « communauté de substitution » que des jeunes ayant du mal à trouver leur place rechercheraient dans cet engagement. « Au départ, relève Dounia Bouzar, ils sont captés sur Internet par des choses qui n’ont parfois rien à voir avec l’islam, notamment des théories du complot, des récits de manipulations… »
La chercheuse décrit aussi longuement dans son rapport « les techniques des dérives sectaires » utilisées par les « recruteurs » du Net : isolement puis rupture avec les proches, dépersonnalisation, théories du complot. Cette approche est critiquée par certains. La théorie de l’emprise sectaire « est un refus de comprendre, selon Olivier Roy. C’est nier à quelqu’un la raison de son action. Ces jeunes sont volontaires. Ce sont eux qui vont chercher sur des sites ».
« Ce n’est pas Internet qui incite à partir. C’est plutôt un copain, une rencontre, un leader charismatique », Samir Amghar, chercheur à l’université du Québec à Chicoutimi
La Toile serait-elle donc le premier agent recruteur du djihad ? Samir Amghar en doute : « Internet est un lieu de socialisation, d’alphabétisation djihadiste. Mais ce n’est pas Internet qui incite à partir. C’est plutôt un copain, une rencontre, un leader charismatique. » Le Web et les réseaux sociaux, quoi qu’il en soit, servent puissamment une autre dimension dans l’engagement de ces jeunes qui a trait à la construction de soi. Désormais, ceux qui partent font parfois profiter les internautes de leur parcours en postant photos et vidéos de chaque étape. Ils s’affichent avec une kalachnikov, un drapeau noir, même s’ils n’ont jamais combattu. « La personne se transforme, résume Jean-Pierre Filiu. Elle devient chevalier. Maxime Hauchard, [un Français qui apparaît sur des vidéos de décapitations] devient Abu Abdallah Al-Faransi, il porte des explosifs, des armes. La transformation physique aussi est impressionnante. Ils finissent par ressembler à Al-Baghdadi », le chef de l’Etat islamique.
L’« amateurisme » de ces nouvelles recrues va de pair avec la « théâtralisation » de leur engagement, selon Samir Amghar. « C’est une esthétisation de l’islam. On rejoint moins la Syrie pour combattre Assad que pour montrer qu’on est capable de partir. C’est une posture. Ces jeunes sont le produit d’une société occidentale où l’image est centrale et où il est difficile de vivre dans l’anonymat. Même sans trop de talent, on peut devenir une vedette. » Et jouer avec la mort.

Cécile Chambraud

Le Monde, 9 janvier 2015

29 octobre 2015

Un nouvel article publié sur le "Times of Israël" : Troisième Intifada ?



Un nouvel article a été publié le 9 octobre comme bloggeur associé à l'édition du "Times of Israël". Mais en vérité, une première version de ce papier avait été mis en ligne sur mon propre blog ici le 8 octobre. La version reprise pour le grand journal israélien était, vous le verrez, un peu plus longue avec des ajouts pour le début et la fin.

Mais cela fait maintenant près de trois semaines que je l'ai écrit, et l'important aujourd'hui est de se demander si  déjà l'actualité ne l'a pas déjà rendu obsolète. Sans faire "une réponse de Normand", je dirais que oui et non à la fois : oui, car il y a eu hélas des attentats bien plus graves que les attaques au couteau, à l'arme automatique à Jérusalem comme à Beersheva, et déjà le bilan côté israélien dépasse les dix tués ; non, car rien ne prouve encore qu'il s'agit d'une offensive planifiée, organisée et partie pour durer des années. Mais - et en cela que l'analogie avec fin 2000 est hélas vraie - les fils du dialogue entre les dirigeants des deux camps n'arrivent décidément pas à être renoués, malgré les efforts des USA comme de l'U.E.

Vous pourrez lire la totalité de l'article :


Enfin, je rappelle que vous avez accès à tous mes articles publiés sur le "Times of Israël" en allant sur un lien permanent, en colonne de gauche de ce blog.

J.C

27 octobre 2015

Bibi et le Mufti : un dossier pour comprendre

Adolf Hitler et le Grand Mufti, rencontre du 28 novembre 1941

 

Tout le monde a suivi le scandale provoqué par les déclarations "révisionnistes" de Netanyahou sur la Shoah, présentant le Grand Mufti de Jérusalem, Mohammed Amine al Husseini, comme le véritable inspirateur de la Shoah, réclamée à un Adolf Hitler ainsi dédouané - lui et son régime - du Génocide. Au delà de ma propre compilation d'articles dans la presse israélienne, j'ai lu beaucoup de choses intéressantes sur des pages "d'ami(e)s" de mon réseau FaceBook ; et certaines m'ont permis de rassembler des analyses et informations que j'ai donc plaisir à partager avec vous dans ce "dossier".

 

Mais disons d'emblée aussi  que la lecture de certains commentaires prenant la défense de "Bibi" m'ont à la fois surpris et désolé, car je me rends compte que les "groupies" ne se découragent jamais, quoique disent ou fassent leurs idoles : naïveté ? Esprits bornés ? On a l'impression que certaines et certains sont incapables de jugement indépendant. On a aussi l'impression que l'esprit de nuance a déserté certains esprits, qui sont incapables de formuler en même temps deux vérités complémentaires : oui, le Grand Mufti était un allié des nazis et un antisémite meurtrier ; oui, Hitler a voulu, conçu et réalisé la Shoah bien avant sa rencontre avec lui. Alors je publierai des liens en ce sens, même si certaines ou certains ne veulent connaitre qu'une des faces de la même vérité.


 

Commençons par les faits "basiques" pour les lecteurs qui ne seraient pas au courant : ils ont d'abord été rappelés jeudi matin sur notre antenne par mon ami Gérard Akoun,  lire ici . Allant plus en profondeur sur l'affaire, mon ami Ilan Scialom - qui a été un des invités de "Rencontre, voir son nom en libellé - a écrit un article percutant sur son blog du "Times of Israël" . Il dit à propos de la thèse de Netanyahou : "Elle minimise totalement l’antisémitisme violent de Hitler qui atteint son paroxysme avec l’extermination systématique des Juifs dès l’été 1941. Netanyahu se comporte ici en révisionniste historique et le fait pour des raisons politiques claires." Quelles sont ces raisons ? "Créer un lien entre nationalisme palestinien et nazisme", le passé permettant de justifier un refus présent de négocier.


 

Généralisant le propos, mon ami Jacques Benillouche a publié un bref billet d'humeur sur cette tendance, déplorable, à "nazifier" les ennemis d'aujourd'hui. Il n'y a aucune commune mesure entre le bilan du nazisme et les centaines ou les milliers de victimes de chaque "round" de confrontation, et les assimiler est une insulte aux victimes de la Shoah.


 

Bien entendu, en partageant ce point de vue, je me dois de dire aussi - et en particulier à mes ami(e)s musulman(e)s - que la "nazification" d'Israël dans la propagande arabe - bien antérieure à l'actuel gouvernement israélien -, est quelque chose de tout à fait insupportable. Voilà par exemple le genre d'illustrations que l'on trouve sur des pages FaceBook antisionistes radicales, mais il y en a des dizaines d'autres !



 

Et question révisionnisme historique, puisque effectivement Bibi en a fait, la veille des sites antisémites et antisionistes radicaux permet d'en trouver tous les jours : par exemple,  ce délire complotiste faisant d'Adolf Hitler, non seulement un complice des "Sionistes", mais en fait un Juif caché ... descendant d'un Rothschild : étonnant non ?

 

Mais revenons aux faits, et à la délirante "thèse" du Premier Ministre israélien : il faut savoir qu'il a subi une avalanche de critiques en Israël, aussi bien sur le caractère incendiaire et provocateur de ses propos que, surtout, sur le fond : les plus éminents historiens de la Shoah - aussi bien dans le pays que dans la Diaspora -, sont montés au créneau pour le dénoncer, lire ici .


 

L'excellent "Times of Israël"  a publié un enregistrement des échanges entre Adolf Hitler et le Grand Mufti de Jérusalem, tels qu'on peut les trouver dans les archives du Ministère allemand des Affaires Etrangère. C'est bien une déclaration d'allégeance, dans une guerre contre les trois ennemis partagés, les Juifs, les Anglais et les Communistes. Mais il n'est pas question de la Shoah !


 

Certes, me direz-vous, mais les deux leaders n'allaient pas faire état en public d'un projet secret d'extermination qui d'ailleurs avait déjà commencé sur le terrain, depuis l'été 1941, par les fusillades massives en Ukraine ... alors d'où Netanyahou a-t-il tiré sa théorie sur le rôle du Mufti ? Lui et d'autres révisionnistes s'appuient sur les déclarations d'un bras droit d'Adolf Eichmann, Dieter Wisliceny, lors du procès de Nuremberg. Or d'autres historiens n'accordent aucun crédit à ces déclarations, lire cet autre article très fouillé . A noter que le titre de cette dernière publication n'a rien à voir, puisqu'est cité le père de Bibi, lui-même historien réputé. Mais il est question, à la fin du texte, d'un autre révisionnisme, celui-là concernant l'histoire des Marranes, "revue et corrigée" par Benzion Netanyahou.


 

Ceci étant dit - mais hélas, non suffisamment souligné par les grands médias - les propos inadmissibles de Netanyahou ne doivent pas, non plus, faire oublier qui fut Mohammed Amine al Husseini, père historique du nationalisme arabe en Palestine : lire tout d'abord cette synthèse assez complète sur Wikipedia, où est notamment cité un historien d'origine palestinienne, Philipp Mattar disant : "il ne fait néanmoins aucun doute qu'Husseini « a coopéré avec le régime le plus barbare des temps modernes ».


 

Deuxième élément à verser au dossier, cette critique très documentée de l'article signé par Henry Laurens dans "L'encyclopédie des relations entre Juifs et Musulmans des origines à nos jours" (voir lien en libellé), article où cet historien - très hostile au Sionisme, et qui a marqué des générations d'arabisants en France - a minimisé son rôle. Merci à Rudi Roth pour cette longue analyse historique, démontrant en particulier que le Mufti avait, autour de lui et parmi ses héritiers politiques, d'authentiques nazis.


 

Troisième élément, un long texte mis en ligne sur sa page FaceBook par Antoine Vitkine, lui aussi historien et que j'ai eu le plaisir de recevoir dans mon émission (voir son nom en libellé). Il s'agit d'un long extrait tiré de son propre livre "Mein Kampf, histoire d'un livre". Je ne reproduis ci-dessous que le début de sa publication :


"Le grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, partisan du panarabisme, adversaire acharné de la présence juive en Palestine, est l’un des hommes clefs du rapprochement arabo-allemand et participe tôt à la diffusion du livre dans l’ensemble du Moyen-Orient. Il est ainsi à l’origine de la publication des extraits de Mein Kampf, en 1934, dans le journal Le Monde arabe de Bagdad. Ayant fui en Irak en 1937, le mufti aide à la mise en place du régime proallemand de Rachid Ali. La rébellion se maintient au pouvoir quelques mois, le temps d’un pogrom contre les Juifs, auquel participe Husseini. La collaboration du grand mufti avec les nazis ne sera pas sans conséquences. Celui-ci se réfugie en 1941 en Allemagne et rencontre Hitler. Dans ses mémoires, Husseini relate : « La condition fondamentale que nous avons posée aux Allemands pour notre coopération était d’avoir les mains libres dans l’éradication de tous les Juifs, jusqu’au dernier, en Palestine et dans le monde arabe. J’ai demandé à Hitler qu’il me donne son engagement explicite pour nous permettre de résoudre le problème juif d’une façon conforme à nos aspirations nationales, correspondant aux méthodes scientifiques inventées par l’Allemagne pour son traitement des Juifs. J’obtins la réponse suivante : “Les Juifs sont à vous.” "


 

Enfin, quatrième et dernier élément, ce texte du célèbre journaliste Albert Londres, relatant les pogroms de 1929, à Safed et à Hébron où vivaient des communautés juives séculaires : il a été repris sur le "blog de Danilette" que vous trouverez en lien. Vous verrez que la responsabilité du Mufti dans les fausses rumeurs - déjà ! - d'attaques des lieux saints musulmans était évidente à l'époque :


 

J.C