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30 septembre 2014

Cette femme fait trembler les jihadistes


Une femme pilote des Emirats arabes unis, à la tête d'une escadrille, a participé aux premières frappes aériennes menées contre les jihadistes du groupe Etat islamique en Syrie.
 
Le commandant Mariam al-Mansouri a «non seulement piloté un avion (de combat), mais a commandé une escadrille» de l'armée de l'air des Emirats qui a participé à ces raids mardi, a ajouté cette source. Les autorités d'Abou Dhabi n'ont ni confirmé ni démenti l'information.
Mariam al-Mansouri, 35 ans, a été la première femme émiratie à piloter un avion de combat, selon des médias locaux. Formée à prendre les commandes d'avions de combat F-16, elle avait défendu plusieurs fois à la télévision le droit des Emiraties à servir leur pays, y compris dans l'armée. «L'homme et la femme ont le droit d'intégrer tous les domaines (...) pour se hisser au plus haut niveau», avait-elle déclaré récemment à la télévision d'Etat d'Abou Dhabi. La jeune femme, diplômée en 2007 du Khalifa bin Zayed Air Force College, a dit «s'être lancée des défis à elle-même pour améliorer ses compétences» et s'imposer face à ses collègues masculins.

Frappes contre des champs pétroliers

Sa mission en Syrie pour bombarder les jihadistes de l'EI a trouvé rapidement un écho sur Twitter. Plusieurs tweets lui ont rendu hommage pour son engagement et salué le rôle croissant que jouent les femmes aux Emirats, un pays plutôt conservateur. Sur les rares photos d'elle, on voit Mariam al-Mansouri la chevelure recouverte du voile traditionnel. Mais des extrémistes ont attaqué la femme pilote et proféré des menaces à son encontre. «On ne doit pas oublier le visage d'un criminel. Gardez-le en mémoire jusqu'à ce qu'il soit puni», a menacé un partisan de l'EI, alors qu'un autre tweet a dénoncé «une pilote émiratie criminelle».
Des pilotes saoudiens ayant participé aux frappes de mardi ont pour leur part fait l'objet de menaces de mort mercredi sur les réseaux sociaux de la part de l'EI, après la publication de leurs photos par des médias. Parmi ces pilotes figurait le prince Khaled ben Salmane, fils du prince héritier saoudien, selon des journaux saoudiens. Outre l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, Bahreïn et la Jordanie ont confirmé avoir participé aux frappes de mardi, les premières menées par les Etats-Unis en territoire syrien. L'Arabie et les Emirats ont participé mercredi soir à de nouvelles frappes contre des champs pétroliers contrôlés par l'EI en Syrie.

AFP,

publié sur le journal "20 minutes" le 25 septembre 2014

29 septembre 2014

La Turquie, Israël et les Juifs, un état des lieux : Michel Alfandari sera mon invité le 5 octobre



Retour à l'actualité du Moyen-Orient pour ma prochaine émission, et nous allons parler à nouveau d'un pays incontournable de la région, la Turquie. Pour en parler, j'aurai le plaisir de recevoir sur nos ondes Michel Alfandari. On peut dire que ce pays est cher à son cœur puisqu'il en est originaire, il est en effet né dans une famille séfarade d'Istanbul. Il a ensuite vécu à New-York où il a fait des études d'ingénieur, puis en France où il est cadre dans une grande entreprise internationale. On peut dire également que, à la fois son intérêt pour l'actualité et son attachement à son pays natal l'ont poussé, en parallèle, à faire du journalisme bénévole ; c'est d'ailleurs un "collègue" blogueur, d'abord sur son adresse : www.alfandar.fr où il parle de la Turquie, et aussi sur l'excellent journal en ligne "The Times of Israël".  Michel Alfandari a écrit une très bonne synthèse intitulée "La Turquie, Israël et les Juifs, un état des lieux", et c'est le titre que j'ai retenu pour cette interview. Elle a été publiée en avril dernier, bien sûr le paysage de la région a évolué depuis et nous en tiendrons compte. Deux précisions, cependant. D'abord, bien sûr, tous nos auditeurs se souviennent du choc qu'avait été la presque rupture avec Israël après l'abordage sanglant du "Mavi Marmara", venu briser le blocus de Gaza en 2010 ; mais depuis les années ont passé, il y a eu des tentatives de rapprochement, et ceux qui suivent régulièrement cette série savent que je n'accepte pas les conclusions pré conçues, c'est pourquoi je tenais à ce que l'on fasse un point objectif : tout est-il perdu ? On essaiera d'y voir plus clair. Ensuite, après avoir parlé d'Israël et des Juifs je voudrais que l'on n'oublie pas les drames qui ravagent le Moyen-Orient, l'épouvantable guerre civile en Syrie, et la guerre maintenant ouverte avec le terrifiant "Califat islamique" : la Turquie est une grande puissance régionale qui joue un rôle souvent trouble, et de cela aussi nous parlerons en fin d'émission.
 
Parmi les questions que je poserai à Michel Alfandari :

-        Vous rappelez au début de votre article rapidement comment les relations turco-israéliennes ont été correctes jusqu'en 1995, puis celles d'une véritable alliance après 1995, jusqu'à l'arrivée au pouvoir du parti islamiste AKP aux élections de 2002 : avant l'épisode du "Mavi Marmara", vous parlez d'une "ambivalence" du Premier Ministre Erdogan, pourriez-vous donner des exemples précis à nos auditeurs ?

-        Après l'abordage de la marine israélienne qui allait faire 9 tués parmi les activistes islamistes du "Mavi Marmara", Ankara expulse l'ambassadeur israélien et retire le sien d'Israël. A l'occasion de la visite du Président Barack Obama, Netanyahou appelle son homologue turc et présente les excuses réclamées : restent deux demandes non réglées, le paiement d'indemnités et la levée du blocus de Gaza. Où en est-on sur les réparations ? Comment imaginer qu'Israël cède sur une levée totale et sans aucun contrôle sur la bande de Gaza, alors qu'il n'a pas cédé malgré 50 jours de bombardements par les missiles du Hamas ?

-        Votre article révèle par contraste, des éléments tout à fait étonnants en ce qui concerne les relations bilatérales entre les deux pays : le commerce ne cesse de progresser, la Turquie serait à fin 2013 le sixième partenaire économique d'Israël ; mais surtout il y aurait des perspectives importantes de coopération économique pour l'exportation de gaz israélien vers l'Europe, à partir des gigantesques gisements off-shore découverts ces dernières années : pourriez-vous expliquer cela, et surtout évaluer ce qui, entre le pragmatisme économique et la défiance des dirigeants, l'emportera au final ?

-        A propos des Juifs de Turquie, vous écrivez : "si on devait ne retenir qu'une seule chose, c'est qu'il reste à ce jour environ 17.000 Juifs en Turquie alors qu'ils étaient plus de 100.000 à la fin de la Première Guerre Mondiale, et que les projections démographiques montrent que la communauté juive va malheureusement disparaitre d'ici 30 à 40 ans". Comment l'expliquez-vous ? Y-a-t-il, malgré tout des signaux poussant au contraire à un peu d'optimisme ?

-        Il y a un peuple qui joue un rôle clé dans la guerre se déroulant en ce moment en Syrie et en Irak, c'est les Kurdes : or la Turquie, dont la minorité kurde représente 16 % de sa population, a été elle-même en guerre pour mater la rébellion du PKK, les séparatistes kurdes locaux ; en Irak, on sait qu'ils ont obtenu une quasi autonomie et ce sont eux qui, armés par les Occidentaux, résistent aux colonnes motorisées du Daesh. Est-ce que cette politique de neutralité, au moins au départ, des dirigeants turcs ne s'explique pas, justement, aussi par la peur des Kurdes ?

Une émission sur des sujets passionnants, et j'espère un nouveau rendez-vous où vous serez nombreux à l'écoute !

J.C

28 septembre 2014

Hervé Gourdel, in memoriam



Décidément, l'actualité du monde musulman vient régulièrement bousculer les programmations que l'on aimerait préparer à l'avance ... 

Bien sûr, ce modeste blog n'est pas un journal. Mais il est des circonstances qu'on ne peut ignorer : si la barbarie djihadiste est rentrée, pour un long moment et depuis quelques décennies dans le "paysage" de nos vies - j'y reviendrai plus loin -, la France dans ses profondeurs a été pendant longtemps comme anesthésiée, se réveillant de temps en temps lorsque la terreur frappe de façon spectaculaire comme le 11 septembre 2001 pour être aussitôt oubliée. Or cette fois-ci le choc a été immense, même s'il y a eu une seule victime, même si cela ne s'est pas passé en France mais en Algérie : les conditions atroces de l'assassinat d'Hervé Gourdel, enlevé, menacé de mort puis assassiné bestialement comme plusieurs occidentaux avant lui - égorgé puis décapité devant une caméra - ont glacé d'effroi nos compatriotes ; tout le monde a compris qu'il avait été tué non pas pour ce qu'il avait fait mais pour ce qu'il était, un Français, et il faut rendre hommage à François Hollande de l'avoir dit du haut de la tribune de l'ONU ; tué donc dans cette même "logique" de quasi génocideurs, qui tuent toute incarnation de "l'autre", le Sunnite ne leur faisant pas allégeance, le Chiite, le Kurde, le Yézidi, et bien entendu le Chrétien ; tué comme une première victime symbolique de cette guerre que la France a eu le courage de rejoindre (la première parmi les autres nations européennes, mais les autres suivent petit à petit), contre le "Califat islamique" qui, en vérité, l'avait déjà déclaré à tous les pays civilisés avec ses rêves fous de conquête du monde.

Normalement, un article "in memoriam" rend hommage à une personne disparue, mais qu'ajouter à ce que plusieurs articles ont dit à propos de ce guide de montagne réputé, certainement idéaliste, courageux et si éloigné de la géopolitique de notre époque, puisque ne craignant pas d'aller dans une Kabylie pourtant infiltré par des maquis islamistes depuis un moment ? Disons donc que j'associe à son souvenir toutes les victimes, déjà innombrables du terrorisme, victimes passées et hélas à venir, car il y en aura beaucoup en France et ailleurs.

Figure symbolique de "l'acte I" de cette guerre, Hervé Gourdel aura au moins suscité la première manifestation de Musulmans contre la folie djihadiste vendredi dernier, devant la Grande Mosquée de Paris (lire ici) ; une réaction que l'on regrette de ne pas avoir vécu au moment de l'assassinat, également atroce, de l'école Ozar HaTorah à Toulouse le 19 mars 2012 ; et qui hélas, par son ampleur, n'a pas du tout égalé les foules venues manifester en soutien au Hamas dans les rues de Paris et en Province, il y à peine deux mois : première raison, donc, de ne pas être amnésique.

Mais il y a aussi une autre raison de ne pas jouer aux amnésiques : comment oublier que le premier attentat purement islamistes contre la France a eu lieu il y a près de 31 ans, quand des dizaines de parachutistes français de la "Force multinationale de maintien de la paix" furent tués d'un coup par une attaque kamikaze - déjà - du Hezbolllah ? Comment oublier les attentats des années 1980 dans les rues de Paris et les premières prises d'otages, quand l'Iran voulait contraindre notre pays à cesser son soutien à l'Irak, à l'époque "allié fréquentable" ? Puis ceux suscités par la guerre civile en Algérie dans les années 1990 ? Comment oublier les attentats également d'origine arabe, mais cette fois directement réalisés par des terroristes palestiniens, devant la Synagogue de la rue Copernic en 1980 puis deux ans plus tard rue des Rosiers ? En vérité, notre opinion publique a systématiquement refoulé l'horreur du terrorisme alors même que de nombreux Français en avaient été les victimes. Elle se réveille avec cette guerre contre le Daesh, et alors que cette fois la terreur risque de devenir incontrôlable sur notre propre territoire, avec le retour de centaines de djihadistes fanatiques de Syrie ou d'Irak.

Je reprendrai donc les prochains jours des articles vous parlant de uniquement de cette guerre là, à l'exception de la présentation de ma prochaine émission, demain lundi. Et en publiant aussi un peu plus tard - et hélas - un papier personnel sur les nouveaux délires complotistes suscités par la mort du malheureux Hervé Gourdel.

Jean Corcos

24 septembre 2014

Shana Tova 5775 !




Shana Tova à tous mes amis de la Communauté, qui me font l'honneur de suivre ce modeste blog !

Comme le veut la tradition, recevez ici mes vœux pour une année 5775. Je me suis permis de reprendre la jolie illustration déjà mise il y a deux ans, une illustration qui m'attirera peut-être, par la grâce de Google images, de nombreux visiteurs juifs ne connaissant ni ma série radiophonique, ni ce blog associé.

Quelques précisions, donc, à leur attention et en supposant qu'ils ne prendront même pas le temps de naviguer sur cette page d'accueil, pourtant bien lisible :
- mon émission, c’est sur Judaïques FM un dimanche sur deux à 9h30 le matin ; la thématique est la connaissance du monde musulman, donc une actualité toujours copieuse ;
- pour écouter les émissions les plus récentes, allez sur ma page sur le site de la radio, à cette adresse ;
- pour écoutez des anciens numéros, aller à l'adresse http://jean.corcos.free.fr ;
- enfin, le blog vous permet, en naviguant sur les archives ou en parcourant les divers liens permanents, de découvrir près de 2.000 articles !

Que dire de bien original sur cette nouvelle année juive ? Redire la formule rituelle, qu'elle soit douce comme le miel, et surtout "d'inscription dans le Livre" de la vie. Vœux, aussi,  de Paix en Israël, alors qu'il vient de connaitre une guerre exceptionnellement longue et que les menaces s'accumulent à toutes ses frontières.

Il me reste à donner une dernière information à l'attention des lecteurs réguliers ou non de ce blog, et qui ne connaissent pas à grand chose à la religion juive. Nous entrons dans le cycle des fêtes d'automne, avec donc une série de "Yom Tov" où mon site, comme toutes les radios de la fréquence, sont au repos : pas de publications, donc, les 25 et 26 septembre, les 9 et 10 octobre et enfin les 16 et 17 octobre. Et bien entendu ... jamais le Samedi !

Bonnes fêtes aux uns, amitiés à toutes et tous et rendez-vous le dimanche 28 septembre.

J.C