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29 mai 2014

La "quenelle" : une mode toxique dans le monde musulman ?

A Djibouti
En Turquie
En Iran

En Tunisie
Avec la police palestinienne


Une lecture régulière des pages des supporters de Dieudonné sur FaceBook constitue un exercice éprouvant, mais toujours instructif : fédérateur de tous les antisémitismes de notre époque, le pseudo humoriste permet, en lisant ce qui se publie en son nom, de naviguer dans un cloaque riche d'enseignements, comme si on faisait un reportage dans les égouts municipaux.

Aussi incroyable que cela puisse sembler, la fameuse "quenelle" constitue maintenant le signe de ralliement de toutes celles et tous ceux qui veulent, d'abord, cracher leur venin anti-juif. "Salut nazi inversé" a-t-on dit, moi je préfère rester à l'origine "historique" de ce concept obscène inventé par Dieudonné lors des précédentes élections européennes, pour présenter sa fameuse liste "antisioniste" : son unique programme était "glisser une petite quenelle dans le fion, etc.". Comment, à partir d'une évocation grossière et brutale de sodomisation, peut-on faire sourire, rire, réunir dans une complicité heureuse des dizaines de milliers de jeunes ? Hélas, ce phénomène nous en dit beaucoup sur une grande partie des nouvelles générations, et cela fait peur !

Mais ces photos, trouvées justement sur une des pages de FaceBook dont je parlais ("Les Dieudonnistes du Maghreb United"), nous apprennent aussi d'autres choses insupportables : comment, dans un monde musulman soit disant pudibond et faisant de l'homosexualité un tabou absolu, on peut rire de son évocation - pourvu que la victime potentielle soit juive ; et comment des jeunes (ou moins jeunes) femmes peuvent aussi trouver cela très drôle, alors qu'on associe en principe grossièreté et machisme ... Qui étaient toutes les "vedettes" de ces photos souvenirs ? Des "beurettes" en vacance ou des femmes de ces pays ? Difficile de le savoir, mais dans tous les cas ces photos sont affligeantes !

J.C


26 mai 2014

Bruxelles : cinq réflexions après un attentat

Sur le site de l'attentat de Bruxelles


Difficile d'écrire alors que nous sommes encore sous le choc de l'attentat de Bruxelles ... colère, angoisse, dégoût ... quels mots trouver ? Deux ans après l'attentat de Toulouse, la haine antisémite a encore tué en Europe, et cela fait évidemment très peur.

D'abord, une réflexion qui m'était immédiatement venue : comment le tueur a-t-il pu entrer si facilement dans ce musée ? Les lieux symboliques de la présence juive dans la Capitale Belge sont-ils si vulnérables ? Par comparaison, les deux grands musées parisiens liés à la Communauté - le M.A.H.J et le Mémorial de la Shoah - ont heureusement un sas d'entrée avec contrôle des bagages à main ... et le Président du CRIF a eu raison de souligner cette lacune : voir sur ce lien.

Ensuite, une réflexion plus de l'ordre du symbole : on sait qu'il y a eu quatre malheureuses victimes, fauchées au hasard pour l'espèce de nazi entré au Musée- peu importe sa religion ou sa "motivation", il a accompli un acte de nazi. Parmi eux, deux touristes israéliens. Quelque part, les assassins doivent se réjouir car la haine d'Israël est devenue le moteur principal de l'antisémitisme qui revient ...
 
Troisième réflexion, la Belgique craint une réplique de l'affaire Merah ... et en effet, ce meurtre semblait parfaitement préparé. Nous avons peur, d'abord, pour nos amis de la communauté juive de Belgique. A noter, aussi, les témoignages de sympathie reçus d'amis chrétiens, et en particulier ce communiqué des Arméniens de Belgique, que je reproduis ci-après : "Le Comité des Arméniens de Belgique est horrifié et révolté par l’attentat terroriste commis contre le Musée juif à Bruxelles, ce 24 mai 2014. Il présente ses condoléances aux victimes et partage les sentiments de la communauté juive de Belgique visée par le meurtrier, avec laquelle, depuis des années, il dénonce la montée de l’antisémitisme et l’impunité dont il jouit. Il exige que tous les moyens nécessaires soient mis à la disposition de la Justice pour arrêter et punir sévèrement les coupables. Il exige aussi que les moyens nécessaires soient mis à la disposition des parquets pour faire cesser le classement sans suite des plaintes du chef d’agression antisémite. Il invite enfin le Ministre de la justice à rendre compte de l’état de la procédure relative à l’assassinat, en 1989, à Anderlecht, du Docteur Joseph Wybran, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique."

Quatrième réflexion, mais cela nos médias - toujours trop pressés - ne l'auront pas relevé : ce n'est pas la première fois que la petite communauté juive de Belgique subit des actions terroristes meurtrières ... il y en a eu il y a longtemps déjà, et toujours liées à "l'importation" du conflit israélo-arabe. Petit rappel lu en commentaires sur la page FaceBook de mon amie, la député belge Viviane Teitelbaum : "En 1982 un arabe a vide un chargeur a Rosh Hashana sur la première vague de personnes qui sortaient de la synagogue rue de la Régence (...) Il y a également eu la grenade lancée sur le bus d enfants juifs a Anvers. Les cocktails Molotov lancés sur la synagogue rue de la Clinique ... si on ajoute a ça l assassinat du Docteur Georges Wibran  sur Le parking de l'hôpital Erasme en 1989 ça fait loin d'être le " premier attentat anti juif depuis la fin de la 2ème Guerre Mondiale ".

Cinquième et dernière réflexion ... mais hélas c'est TOUJOURS la même chose : dès qu'un acte meurtrier vise les Juifs, dès qu'un attentats antisémite ou pas se produit, la même mécanique immonde se met en marche dans les cerveaux fêlés qui veulent - réellement - la mort du peuple juif : ils dénoncent une manipulation, écrivent "à qui profite le crime ?", disent que c'est un nouveau complot, etc. Il n'est pas difficile d'en trouver des exemples, il suffit à nouveau de lire les raclures qui s'expriment sur les pages FaceBook de soutien à Dieudonné ! 

Ainsi, voici quelle fut la réaction du député antisémite Laurent Louis, immédiatement épinglé sur le site "Conspiracywatch" : lire ici ; et voir ici un échantillon des horreurs publiées par les Internautes supporters ...

 
Jean Corcos

25 mai 2014

Israël et les Palestiniens, l'eau en partage : Norbert Lipszic sera mon invité le 1er juin

L'usine de dessalement d'eau de mer de Palmachim, en Israël

Nous allons poursuivre dimanche prochain l'entretien qui a été diffusé le 18 mai, autour d'un livre que vraiment je vous recommande d'acheter, "Crise mondiale de l'eau. L'hydro-diplomatie", il est édité aux Editions de Passy, et son auteur est Norbert Lipszyc. Pour rappel, il est Ingénieur des Mines, diplômé de la Columbia University, et s'il a travaillé dans l'informatique pendant une grande partie de sa carrière,  il se passionne pour l'environnement, étant le correspondant en France de plusieurs ONG américaines, anglaises et israéliennes. Le développement durable n'est pas pour lui un concept creux, puisqu'il a tenu une rubrique sur ce sujet, pendant 20 ans sur un radio parisienne. Dans la première partie de notre entretien, j'ai voulu que l'on plante le décor autour d'Israël, en situant la géopolitique de l'eau au niveau de ses voisins immédiats, Egypte, Syrie, Jordanie. Norbert Lipszic a une connaissance encyclopédique du sujet qui permet d'associer des chiffres à chaque problématique : ressources naturelles, consommation, démographie, on a déjà eu une idée de la richesse des informations fournies par son livre, et cela va être encore plus le cas pour cette deuxième moitié d'émission où on va parler "des sujets qui fâchent". Parce que au delà de la problématique du processus de Paix, au delà des souhaits contradictoires des Israéliens et des Palestiniens, la question de l'eau est devenu une arme de propagande supplémentaire contre Israël, présenté non seulement comme un occupant illégitime des Territoires palestiniens, mais en plus comme un voleur qui pille les ressources hydrauliques de son voisin en le contraignant à la misère et à la soif. Quelle est la situation réelle ? Où Israël s'alimente-t-il en eau ? Les Palestiniens sont-ils forcément lésés ? Et comment imaginer une solution à ces problèmes ?

Parmi les questions que je poserai à Norbert Lipszic :

-        Il y a eu le rapport parlementaire de Jean Glavany publié début 2012, rapport qui disait que "la question de l'eau était révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen-Orient". Et puis les propos de Martin Schulz, le président du Parlement Européen, qui a dit il y a quelques mois devant la Knesset qu'un Israélien disposait de 70 litres d'eau par jour, et un Palestinien de 17 litres. Ce ne sont ni l'un ni l'autre des antisionistes radicaux. Pourquoi ne pas leur avoir répondu ?
-        Le nœud du problème entre Israël et les Palestiniens est la propriété de l'eau qui est pompée. En fait, la majorité de l'eau douce provient de réseaux souterrains qu'on appelle aquifères, et il y en a deux, celui qui est côtier et à 90% sous le territoire israélien - le reste se situant au niveau de la Bande de Gaza. Et puis l'aquifère principal, celui appelé "de montagne". Celui là correspond aux monts de Judée Samarie, là où tombe le maximum de pluie, mais les eaux sont pompées dans des puits situées en plaine comme cela a toujours été le cas dans le passé ; cela ne convient pas aux Palestiniens, que dit la jurisprudence internationale sur le sujet ?
-        Le cœur du livre est probablement le chapitre intitulé "Israël, pôle d'excellence de l'eau. Quelques éléments : le pays recycle 80% de ses eaux usées ; il utilise une technologie d'avant garde, qui permet de dépolluer suffisamment cette eau pour l'agriculture ; il a pu, grâce à des procédés de pointe, diminuer d'environ 20% le coût du dessalement de l'eau de mer, qui représente maintenant un pourcentage important de la consommation nationale ; il y a, bien sûr, l'utilisation du fameux arrosage "goutte à goutte" ; il y a la gestion centralisée et informatisée de l'au etc. Et cela a permis de remonter la pente par rapport au début des années 90, époque où Israël consommait un tiers de plus d'eau que ses ressources naturelles, et où le sur-pompage risquait de polluer l'aquifère : or à côté de cela, la perte d'eau due au mauvais état des tuyauteries est de 33% côté palestinien ... n'y a-t-il pas une certaine responsabilité d'Israël dans ce retard ?
-        Le livre évoque Gaza mais en parle assez peu, vu la situation de grande pénurie d'eau qui y est vécu par ses un million et demi d'habitants. Il y a la pollution du sol par des métaux toxiques, on sait que les habitants ne peuvent plus sans risque prendre l'eau au robinet, d'où le trafic d'eau minérale par les tunnels de contrebande : pourquoi rien n'a-t-il été fait pour, par exemple, construire une usine de dessalement, ou pour installer un vrai système de tout à l'égouts, avec traitement des eaux usées ?
-        Y a-t-il au moins des exemples concrets de coopération entre Israéliens et Palestiniens, pour aider ces derniers à combler leur retard ?

Un sujet polémique mais aussi fondamental : j'espère que vous serez très nombreux au rendez-vous !

J.C

22 mai 2014

Encore un article publié sur "Temps et Contretemps" : de la Torah au Coran



Sur  le blog israélien francophone de mon ami Jacques Benillouche, un nouvel article publié dimanche 18 mai sous ma signature : intitulé "De la Torah au Coran", il s'agit du résumé de l'entretien avec mon invitée, Catherine Pennachio. Vous noterez, à la suite de l'article, quelques commentaires démontrant - une fois de plus et hélas - que l'islamophobie est une maladie de plus en plus partagée.

Bonne lecture, et n'oubliez pas que vous pouvez aussi avoir accès à l'ensemble des archives de mes articles sur "Temps et Contretemps", en cliquant sur l'icône correspondante en haut de la colonne de gauche.

Vous trouverez l'article sur ce lien . 

J.C