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25 mai 2014

Israël et les Palestiniens, l'eau en partage : Norbert Lipszic sera mon invité le 1er juin

L'usine de dessalement d'eau de mer de Palmachim, en Israël

Nous allons poursuivre dimanche prochain l'entretien qui a été diffusé le 18 mai, autour d'un livre que vraiment je vous recommande d'acheter, "Crise mondiale de l'eau. L'hydro-diplomatie", il est édité aux Editions de Passy, et son auteur est Norbert Lipszyc. Pour rappel, il est Ingénieur des Mines, diplômé de la Columbia University, et s'il a travaillé dans l'informatique pendant une grande partie de sa carrière,  il se passionne pour l'environnement, étant le correspondant en France de plusieurs ONG américaines, anglaises et israéliennes. Le développement durable n'est pas pour lui un concept creux, puisqu'il a tenu une rubrique sur ce sujet, pendant 20 ans sur un radio parisienne. Dans la première partie de notre entretien, j'ai voulu que l'on plante le décor autour d'Israël, en situant la géopolitique de l'eau au niveau de ses voisins immédiats, Egypte, Syrie, Jordanie. Norbert Lipszic a une connaissance encyclopédique du sujet qui permet d'associer des chiffres à chaque problématique : ressources naturelles, consommation, démographie, on a déjà eu une idée de la richesse des informations fournies par son livre, et cela va être encore plus le cas pour cette deuxième moitié d'émission où on va parler "des sujets qui fâchent". Parce que au delà de la problématique du processus de Paix, au delà des souhaits contradictoires des Israéliens et des Palestiniens, la question de l'eau est devenu une arme de propagande supplémentaire contre Israël, présenté non seulement comme un occupant illégitime des Territoires palestiniens, mais en plus comme un voleur qui pille les ressources hydrauliques de son voisin en le contraignant à la misère et à la soif. Quelle est la situation réelle ? Où Israël s'alimente-t-il en eau ? Les Palestiniens sont-ils forcément lésés ? Et comment imaginer une solution à ces problèmes ?

Parmi les questions que je poserai à Norbert Lipszic :

-        Il y a eu le rapport parlementaire de Jean Glavany publié début 2012, rapport qui disait que "la question de l'eau était révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen-Orient". Et puis les propos de Martin Schulz, le président du Parlement Européen, qui a dit il y a quelques mois devant la Knesset qu'un Israélien disposait de 70 litres d'eau par jour, et un Palestinien de 17 litres. Ce ne sont ni l'un ni l'autre des antisionistes radicaux. Pourquoi ne pas leur avoir répondu ?
-        Le nœud du problème entre Israël et les Palestiniens est la propriété de l'eau qui est pompée. En fait, la majorité de l'eau douce provient de réseaux souterrains qu'on appelle aquifères, et il y en a deux, celui qui est côtier et à 90% sous le territoire israélien - le reste se situant au niveau de la Bande de Gaza. Et puis l'aquifère principal, celui appelé "de montagne". Celui là correspond aux monts de Judée Samarie, là où tombe le maximum de pluie, mais les eaux sont pompées dans des puits situées en plaine comme cela a toujours été le cas dans le passé ; cela ne convient pas aux Palestiniens, que dit la jurisprudence internationale sur le sujet ?
-        Le cœur du livre est probablement le chapitre intitulé "Israël, pôle d'excellence de l'eau. Quelques éléments : le pays recycle 80% de ses eaux usées ; il utilise une technologie d'avant garde, qui permet de dépolluer suffisamment cette eau pour l'agriculture ; il a pu, grâce à des procédés de pointe, diminuer d'environ 20% le coût du dessalement de l'eau de mer, qui représente maintenant un pourcentage important de la consommation nationale ; il y a, bien sûr, l'utilisation du fameux arrosage "goutte à goutte" ; il y a la gestion centralisée et informatisée de l'au etc. Et cela a permis de remonter la pente par rapport au début des années 90, époque où Israël consommait un tiers de plus d'eau que ses ressources naturelles, et où le sur-pompage risquait de polluer l'aquifère : or à côté de cela, la perte d'eau due au mauvais état des tuyauteries est de 33% côté palestinien ... n'y a-t-il pas une certaine responsabilité d'Israël dans ce retard ?
-        Le livre évoque Gaza mais en parle assez peu, vu la situation de grande pénurie d'eau qui y est vécu par ses un million et demi d'habitants. Il y a la pollution du sol par des métaux toxiques, on sait que les habitants ne peuvent plus sans risque prendre l'eau au robinet, d'où le trafic d'eau minérale par les tunnels de contrebande : pourquoi rien n'a-t-il été fait pour, par exemple, construire une usine de dessalement, ou pour installer un vrai système de tout à l'égouts, avec traitement des eaux usées ?
-        Y a-t-il au moins des exemples concrets de coopération entre Israéliens et Palestiniens, pour aider ces derniers à combler leur retard ?

Un sujet polémique mais aussi fondamental : j'espère que vous serez très nombreux au rendez-vous !

J.C