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31 janvier 2013

Rejet de l'Islam, hostilité résiduelle au Judaïsme : les résultats inquiétants d'un sondage d'opinion


 Source des illustrations : journal "Le Monde"

"Rarement la défiance envers l'islam aura été aussi clairement exprimée par la population française. 74 % des personnes interrogées par Ipsos estiment que l'islam est une religion "intolérante", incompatible avec les valeurs de la société française. Chiffre plus radical encore, 8 Français sur 10 jugent que la religion musulmane cherche "à imposer son mode de fonctionnement aux autres". Enfin, plus de la moitié pensent que les musulmans sont "en majorité" (10 %) ou "en partie" (44 %) intégristes ..."

Ainsi débute cet article du journal "Le Monde", publié le 24 janvier dernier.

Il reviendra, bien sûr, aux experts d'analyser les critères techniques de ce sondage, dont la représentativité peut toujours être sujette à caution (les sondés ont été consultés par Internet par l'Institut Ipsos).
Pour information, lien sur cette enquête : 
On notera par ailleurs que les questions ne portaient pas uniquement sur "la question religieuse".

Les résultats de ce sondage sont catastrophiques pour l'image des Musulmans dans notre pays, et bien que je n'aime pas le terme "d'islamophobie" (utilisé de façon malsaine et récurrente par les supporters de l'islam politique pour discréditer toute critique), il est difficile de trouver une expression mieux adaptée face à ce que ressentent l'écrasante majorité des Français : une peur panique de l'islam, car comment l'appeler autrement ?

Cette peur semble inspirer - mais est-ce étonnant lorsque l'irrationnel domine les sentiments ? - des opinions contradictoires : ainsi un nombre non négligeable des Français (45 %) jugent que la proportion d'intégristes parmi les Musulmans du pays est "une toute petite minorité" ; mais les trois quart pensent par ailleurs que "la façon avec laquelle la religion musulmane est pratiquée ne la rend pas compatible avec les valeurs de la société française" ; on en conclurait donc que cela est du à la pratique intégriste de cette religion par la majorité de ses fidèles, d'où une curieuse contradiction.

A noter aussi les opinions des sympathisants de gauche, qui s'écartent de la moyenne tout en restant majoritairement hostiles : une majorité de sympathisants du Front de Gauche et du Parti Socialiste partagent le même avis sur "l'incompatibilité" de la pratique de la religion musulmane, tout en étant moins nette que pour le reste des électeurs, le sommet dans le rejet (94 %) se trouvant - mais ce n'est pas une surprise - au Front National, qui a fait de l'islamophobie son "fond de commerce". Mais, pour en revenir aux sympathisants de gauche, il est clair aussi qu'un vieux fond "laïcard" et anti religieux explique plus ce rejet relatif qu'une hostilité aux Musulmans en tant que tels : en effet, on retrouve aussi chez eux 17 % des sympathisants du Front de Gauche et 19 % de ceux du Parti Socialiste qui se posent la même question pour la religion catholique !

Concernant les Juifs, je trouve que les chiffres ne sont pas forcément flatteurs : bien sûr, on ne relève pas le même rejet massif que celui visant l'Islam, mais il y a quand même un bon quart de Français à juger que la pratique du Judaïsme dans leur pays "n'est pas compatible" avec les valeurs de la Société : en quoi, aimerait-on répliquer ? Les Juifs se rendent-ils coupables plus que d'autres d'incivilités ? Remettent-ils en question le principe de la laïcité à l'école ou ailleurs ? Présents depuis 2.000 ans sur le territoire et ayant tant contribué au rayonnement culturel et économique du pays, les pratiquants parmi eux auraient quand même des valeurs "contraires à celles de la France" ? Le plus surprenant, en l’occurrence, vient de la ventilation de ce quart de l'opinion que l'on ne se forcerait pas trop à appeler "antisémite" : la droite modérée et le centre sont, relativement pour l'une et très nettement pour l'autre, moins négatives vis à vis des Juifs que cette moyenne ; les sympathisants du Front National - que l'on imaginerait les plus hostiles - sont exactement dans la même répartition d'opinions. Par contre, le tiers de ceux du Front de Gauche et 30 % de ceux du Parti Socialiste ont une même image négative de la religion juive : effet indirect du conflit israélo-palestinien, où les sympathisants de Gauche ont depuis longtemps, maintenant, une antipathie marquée pour l'état juif ? Rejet des religions en général, comme relevé ci-dessus ? La question mérite d'être posée.

Jean Corcos 

29 janvier 2013

Ravalement ...




Perfectionnisme ? Souhait d'utiliser le temps libre, enfin trouvé, pour embellir encore quelques uns de mes "bébés" - et ce blog en fait partie, bien sûr - ? J'ai décidé de faire un grand "ravalement" en reprenant tous ses articles. Une tâche titanesque, vous l'imaginez bien, car il y a déjà plus de 1.700 publications, et que leur nombre continue d'augmenter comme vit ce journal en ligne, au rythme d'environ 5 par semaine ...

En quoi consiste ce "ravalement" ? Bien sûr il n'y a aucune retouche "de fond" : je laisse ce que j'ai publié à l'identique du point de vue des textes déjà publiées, et même aussi les liens anciens dont beaucoup ne doivent plus fonctionner - ainsi va l'actualité. Seuls seront revus, en la matière, les articles comprenant des vidéos qui ne sont plus opérationnelles : dans ce cas, soit j'essaierai de mettre un lien qui fonctionne pour le même "tube" d'origine, soit je supprimerai purement et simplement l'article si je ne retrouve plus de petit film. Mais mes retouches portent : sur les corrections des coquilles de frappe ou d'orthographe, trouvées à la relecture ; sur la typographie, afin de la rendre la plus homogène possible avec ce que vous pouvez lire dans mes publications les plus récentes ; et sur les libellés, corrigés ou complétés - et ce sont des indispensables outils pour "naviguer" parmi d'aussi riches archives !

J'ai commencé par l'année de naissance du blog, 2005, qui comprenait quand même 133 articles ... drôle d'impression à la relecture ! Une année où j'étais encore plein d'espoir, parfois bien naïf : mais ceci est une autre histoire, et sera le thème d'un prochain article où nous réfléchirons ensemble à un Moyen-Orient vraiment bouleversé depuis - et en pire.
Merci à celles et ceux qui voyageront un peu dans le temps en visitant ces pages là, et ... rendez-vous dans plusieurs mois pour le prochain "ravalement" !

J.C

28 janvier 2013

Hiéroglyphes revus et corrigés ...


Le sourire du mois
- janvier 2013

Après l'adoption de la nouvelle constitution égyptienne : sans commentaires ... mais c'est quand même bien triste !

J.C

27 janvier 2013

Opération Serval: les Africains craignent un enlisement


Après avoir unanimement applaudi l'opération militaire française Serval au Nord-Mali, les réactions des Africains commencent à diverger en fonction des intérêts nationaux.

Avec l'arrivée, le 17 janvier 2013, d'un premier contingent de soldats togolais et nigérians, l'envoi de deux avions Transall par l'Allemagne, et, enfin, l'annonce d'un acheminement prochain de troupes et de matériels par les Etats-Unis, l'opération Serval s'internationalise.
Une internationalisation accrue par la prise d'otages dans une base gazière près d'In Amenas, en Algérie.
S'agissant du théâtre des opérations en lui-même, le site du quotidien burkinabè Le Pays pointe du doigt les atermoiements des responsables africains et la lenteur des contingents africains susceptibles de se déployer sur le terrain. 
«Attention à ne pas décevoir la France!», titre ainsi Le Pays, comme un avertissement aux troupes africaines qu’il soupçonne de ne pas réagir à temps.
«Les unités africaines, qui étaient du reste censées assurer le combat terrestre, tardent à se mettre en place», estime Le Pays.
Pour le quotidien burkinabè, le risque d’enlisement est grand: la France ne doit en aucun cas se retrouver seule au Nord-Mali. 
Une mise en garde qui reflète les questions qui commencent à fuser quant aux répercussions du conflit nord-malien dans d'autres pays africains, une semaine après le début de l’intervention française.

Les vexations de la Côte d'Ivoire

«Disons qu’il a été royalement ignoré par la France», s’exclame le quotidien ivoirien Le Temps, à propos du mécontentement du chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), furieux de ne pas avoir été associé à la décision prise par la France d’intervenir au Mali, et qui désapprouve «la manière abrupte» dont l'offensive a été déclenchée. 
Pour Ouattara, rappelle le quotidien ivoirien, toute intervention dans le Nord-Mali aurait dû être précédée d’une éviction du chef de la junte, le capitaine Sanogo. Car, pour ce dernier, le «vrai combat, ce n’est pas la libération du Nord-Mali», avance Le Temps.
Bien qu’il ait convoqué plusieurs réunions sur le Mali, le président ivoirien n’a donc «jamais été aussi froid pour la libération du nord du Mali», ajoute encore le quotidien ivoirien, avant de conclure:
«On peut le dire, avec l’absence de l’ancien président [malien] Amadou Toumani Touré (ATT), l’omniprésence du capitaine Amadou Haya Sanogo qui semble tirer les marrons du feu, la libération du nord du Mali, si elle est réussie, bénéficierait à beaucoup d’entités actrices, sauf au chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara.»

Vue du Bénin, la guerre au nord-Mali fait honte à l'Afrique

Au Bénin, l'heure n’est plus non plus aux cris de joie. «La guerre de la France qui fait honte à l’Afrique», titre La Nouvelle Tribune, qui critique l’attitude des journalistes africains, qui auraient trop vite dénoncé, selon le quotidien, l'attentisme des pays africains.
«Depuis le début de l’expédition de l’armée française contre les djihadistes du Nord-Mali baptisée ‘‘opération Serval’’, le sentiment dominant en Afrique et au Mali même est la joie, regrette ainsi le quotidien de Cotonou.
Et d'ajouter: «Aucune voix discordante, en dehors de celle de la Tunisie dont le ministre des Affaires étrangères, qui a estimé hier que cette guerre pouvait être menée par les seuls Africains.»
Pour La Nouvelle Tribune, l’intervention française n’augure rien de bon. Si elle permet au président français de redorer son image, elle fait, en revanche, passer les pays africains pour des acteurs de second rang.
«Il y a quelque chose d’humiliant pour nous autres Africains à voir une puissance occidentale, et de surcroît l’ancien colonisateur, venir faire la guerre à notre place, comme au temps de la colonisation et décider de comment cette guerre va être menée.»

Le lourd silence du Nigeria et du Maroc

Au Nigeria, c'est la situation sécuritaire à l'intérieur du pays qui semble davantage préoccuper les médias. Le pays fait face à des attaques répétées des islamistes de Boko Haram.
Pourtant, des troupes nigérianes sont déployées au Nord-Mali depuis le 17 janvier. Un déploiement qui correspond, selon le Guardian du Nigeria, à la peur d'être confronté à une situation similaire à celle du Mali.
En témoignent ces propos du chef d’état-major de l’armée de l’air nigériane, Alex Barde, repris par The Guardian:
«Nous ferons ce que Goodluck Jonathan [le président du Nigeria] nous a demandé de faire. Il nous a dit d’y aller et d’aider le Mali à se débarrasser de ces djihadistes parce qu’il sait que si les islamistes réussissent leur coup au Mali, leur prochaine victime sera le Nigeria.»
Au Maroc, explique le site marocain Yabiladi, on attend avec anxiété l’envoi ou non de troupes vers le Mali, mais on se soucie davantage, tout comme au Nigeria, de la sécurité du pays.
«Le Maroc suit avec une attention particulière la guerre au Mali. Ses services de sûreté sont en état d’alerte en prévision à d'éventuelles attaques de groupes terroristes ayant des accointances avec les antennes locales d’al-Qaida qui contrôlent la grande partie du territoire de ce pays», rapporte Yabiladi.
Difficile de ne pas mettre en perspective les déclarations des autorités marocaines sur le renforcement de la sécurité dans la royaume avec la prise d’otages sur le site gazier d'In Amenas par un groupe lié à al-Qaida. 
S’ils se rendaient sur le théâtre des opérations au Mali, les soldats marocains devraient d'ailleurs être prêts à se battre contre des nationaux ayant rejoint les rangs des islamistes.
Yabiladi s’intéresse tout particulièrement à une lettre qui aurait été écrite par un ancien soldat marocain ayant rejoint les rangs d’Ansar Dine, et dans laquelle il serait demandé aux militaires marocains susceptibles d’être envoyés au Nord-Mali de «refuser les ordres de leur hiérarchie»

L'Afrique du Sud ne veut pas se disperser

L'Afrique du Sud, quant à elle, envisage le conflit au Mali sans perdre des yeux la Centrafrique, où elle a envoyé des troupes, et la République démocratique du Congo (RDC).
«Selon Jacob Zuma, après la chute du président libyen Mohammar Kadhafi, la situation politique de nombreux pays africains s’est aggravée, faisant allusion à la République démocratique du Congo, la Centrafrique et le Mali», explique Angola Press, qui commente la rencontre, le 16 janvier 2013, à Luanda, du président sud-africain et du chef de l'Etat angolais José Eduardo Dos Santos.
«Pour le président sud-africain, il semble qu’il y ait une tendance en Afrique à la formation de groupes armés se tournant contre leurs gouvernements et qui deviennent ensuite une rébellion», explique encore Angola Press. 
Ainsi donc, et si l'on s'en tient au site du Cape Times, l'attention en Afrique du Sud, semble plus tournée vers les contingents déjà déployés en Centrafrique.

Lou Garçon

Slate Afrique, 18 janvier 2013