Notre radio

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30 mars 2012

Yusuf al-Qaradawi, interdit de séjour !

Yusuf al-Qaradawi 

Interdit de visite en France à l'occasion du prochain rassemblement annuel de l'Union des organisations islamiques de France, Yusuf Al-Qaradawi est une star médiatique dans le monde musulman sunnite. Portrait de ce prédicateur ultrafondamentaliste. 

Il était attendu comme une véritable star au prochain rassemblement annuel organisé par l'Union des organisations islamiques de France (Uoif), au Bourget, du 6 au 9 avril. Après le traumatisme suscité par les tueries de Montauban et Toulouse, il est désormais interdit de séjour sur le sol français. A 86 ans, Yusuf Al-Qaradawi est le plus célèbre et le plus influent prédicateur du monde musulman sunnite. Connu pour ses positions ultraconservatrices, mis en cause pour ses nombreuses déclarations haineuses contre les juifs et ses appels au Djihad, cet égyptien d'origine qui a aujourd'hui la nationalité qatariote, a su s'emparer de la modernité technologique pour diffuser son message à l'échelle planétaire. Prêcheur cathodique, Al-Qaradawi est devenu le premier "Global mufti" (le titre de biographie qui lui ont consacré deux universitaires allemands en 2009), porte-voix d'un islam mondialisé.  
L'homme, le "seigneur de la maison"
Chaque semaine, des millions de téléspectateurs suivent pendant deux heures "La Charia et la vie", son émission, diffusée en direct sur Al-Jazira. Ils peuvent lui poser des questions sur toutes sortes de sujets, depuis la finance islamique, dont il est un spécialiste, jusqu'à la sexualité. Le cheikh Al-Qaradawi, barbe et turban blancs, petites lunettes cerclées et canne à la main, dispense aussi ses fatwas (avis religieux) sur le site internet islamonline.net et alqaradawi.net. Il est également l'auteur de plus de cent trente ouvrages, dont Le licite et l'illicite en islam, considéré comme livre le plus vendu dans le monde musulman, après le Coran. Dans ce bréviaire ultrafondamentaliste, Al-Qaradawi expliquait que l'homme, le "seigneur de la maison", peut "corriger sa femme, tout en évitant de la frapper durement et en épargnant son visage." L'homosexualité y est désignée comme une "perversion de la nature", un "péché répugnant". D'où la nécessité d' "épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu'à la perte de l'humanité." Ce livre avait été interdit à la vente en France en 1995. On le trouve aujourd'hui très facilement dans la plupart des librairies islamiques... 
Né en 1926, membre de la confrérie des Frères musulmans, Al-Qaradawi a été emprisonné à quatre reprises, entre 1949 et 1962, pour ses activités politico-religieuses. Déchu de sa nationalité égyptienne, il s'exile au Qatar en 1971. A Doha, capitale du richissime petit émirat, il a fondé le "Centre pour le renouveau et la modération en islam", au sein de la faculté d'études islamiques du Qatar. 

Prosélytisme en Europe

En fait de "modération", Yusuf Al-Qaradawi a régulièrement émaillé ses prêches de déclarations incendiaires. En 2004, apportant son soutien au Hamas, il justifiait le recours aux attentats suicides en Israël. En janvier 2009, il déclarait sur Al-Jazira: "Tout au long de l'histoire, Allah a imposé [aux juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. [...] C'était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans. "Quelques années plus tôt, le Cheikh, qui affirme avoir refusé à plusieurs reprises de devenir officiellement le guide des Frères musulmans, avait fait cette prédiction: "L'islam va retourner en Europe, comme un conquérant et un vainqueur, après en avoir été expulsé à deux reprises. [...] Cette fois-ci, la conquête ne se fera pas par l'épée, mais par le prosélytisme et l'idéologie." 
Al-Qaradawi s'intéresse en effet à l'Europe. Il préside le Conseil européen de la fatwa et de la recherche (CEFR), établi à Dublin. Cette instance théologique se donne pour objectif de délivrer aux populations musulmanes d'Europe une base juridique "minimum" pour vivre leur foi dans des sociétés où elles sont minoritaires. C'est d'ailleurs en tant que président du CEFR, auquel est affilié l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), que Yusuf Al-Qaradawi était invité au Bourget. Il avait déjà effectué au moins deux visites en France. En 1992, dans la Nièvre, il présidait la première cérémonie de remise de diplômes à l'Institut européen des sciences humaines, une école de formation des imams encadrée par l'UOIF. En 2002, il été accueilli en grande pompe, à Paris pour le congrès annuel du CEFR. Mais, à l'époque, il ne suscitait semble-t-il aucune méfiance auprès des autorités françaises. 

Boris Thiolay
l'Express, 26 mars 2012

29 mars 2012

Attentat de Toulouse : un message du Recteur Dalil Boubakeur


MESSAGE DU DOCTEUR DALIL BOUBAKEUR
Recteur de la Grande Mosquée de Paris

Manifestation silencieuse du dimanche 25 mars 2012 à Paris
Organisée par SOS Racisme


Chers Amis,

Je remercie Monsieur Karim Benkamla, digne frère militant de l’Amitié Judéo-musulmane, de bien vouloir transmettre mon message de Paix et de Fraternité dans les circonstances dramatiques et douloureuses que nous traversons tous ensemble et qui nous rassemblent ici aujourd’hui.
Oui, notre société tout-entière est sous le choc le plus dramatique de ces dix dernières années. Depuis « septembre 2001 », nous n’avions jamais traversé l’épreuve d’une attaque aussi frontale du terrorisme lié à l’intégrisme religieux et au terrorisme le plus froid, le plus aveugle et le plus inhumain. « Monstrueux » a dit le Président de la République.

Notre idéal de vie paisible et citoyenne a été frappé par la mort et les tirs de guerre qui ont coûté la vie de nos enfants, de nos soldats, d’un professeur de religion. A notre enseignement et message d’amour a répondu la haine violente, l’antisémitisme radical et la menace à notre unité nationale.
Nous pleurons nos morts et disons le choc profond que produit sur nous la destruction bestiale et inhumaine de la vie des enfants et de leur professeur de l’école OZAR-HATORAH de Toulouse.
Honte éternelle à celui ou ceux qui imaginent faire leur gloire à la mort des enfants.

Notre religion nous interroge dans un passage connu du Coran : « Que répondras-tu lorsque la petite fille t’interrogera : « mais pour quel crime m’avez-vous tuée ? » C’est pourtant le Coran (chapitre de l’Obscurcissement 81-8).
Ils répondront à Dieu de ces crimes et on voit à quel point leur islamisme n’est pas l’Islam ! Il n’est pas de nous ! Ils sont ennemis de Dieu et du genre humain. Leur égarement est manifeste et leurs actions maudites !
Notre unité, notre fraternité triompheront par l’œuvre de Paix et du vivre ensemble !

L’œuvre de vie triomphera de l’œuvre de mort et la mémoire vivante de nos victimes, de toutes nos victimes, enterrera définitivement le visage hideux des assassins !
Nos Livres Sacrés disent : « Quiconque donne la vie, c’est comme s’il donnait la vie à tout le genre humain et qui tue un innocent c’est comme s’il avait tué tout le genre humain. »

Dalil Boubakeur

27 mars 2012

La Tunisie se tourne vers le tourisme islamique




La poussée islamiste aux législatives en Tunisie  a provoqué l’inquiétude notamment après les déclarations des salafistes appelant à imposer le foulard aux touristes étrangères, leur interdire d’aller à la plage en maillot de bain, ou encore bannir l’alcool dans les stations touristiques.

Aujourd’hui, après  plus de quatre mois de l’arrivée du gouvernement islamiste du  Premier Ministre tunisien Hamadi Jebali,  l’industrie touristique est en pleine transformation. La Tunisie se tourne  désormais vers le tourisme à caractère  islamique. Le gouvernement a convié récemment une cinquantaine de responsables d’associations musulmanes françaises afin de leur présenter la nouvelle stratégie touristique du pays : hôtels plus respectueux de la morale islamique, piscines non mixtes, forfaits sans alcool.
Le gouvernement d’Ennahdha planifie une reconversion forcée des hôtels, une manière de les mettre devant le fait accompli en prenant à témoin une opinion publique musulmane a priori favorable à ce type de transformations. En effet, la mode Tourisme "Halal", née à Dubaï et dans les pays du Golfe,  a commencé à avoir le vent en poupe immédiatement après la révolution tunisienne.

Une reconversion qui n'est pas du tout du goût de la  Fédération Tunisienne de l'Hôtellerie, une institution importante, chargée notamment du contrôle de la qualité de service, dans un pays où le tourisme compte pour près de 10% du PNB, assure près d'un tiers des rentrées en devises et emploie plus de 12% de la population active.

Les partisans du "tourisme islamique" ont multiplié les initiatives et plans marketings, les conférences régionales et les inaugurations d'"hôtels conformes à la charia" selon leurs propres termes. Un homme d'affaires saoudien du nom de Abdel Aziz Ibrahim est attendu en Tunisie, dans quelques jours,  pour planifier  un mode de financement de  ce nouveau concept de tourisme, respectant les préceptes islamiques. De plus en plus développé, les "transformations islamiques"  seront visibles par des plages aménagés pour femmes, des chambres d'hôtels avec tapis de prière et Coran à disposition. Ces hôtels bannissent alcool et boîtes de nuit, prévoient des piscines uniquement pour femmes mais aussi des "Women Floor" – étages uniquement pour femmes. L’ Hotel, Russelior,  situé à Hammamet est un hôtel 5 étoiles de luxe est en passe de devenir le premier hôtel pour "tourisme islamique". Cet hôtel « halel »  est  sans alcool et sans night club. Il a été inauguré dans le cadre de ces «hôtels alternatifs» qui vont  se multipliés et seront  au nombre d'une trentaine en septembre prochain.

Et c'est justement le succès d'un tel phénomène que craignent les présidents des fédérations professionnelles  qui estiment que la propagation de  ce genre tourisme à caractère  islamique va  atténuer du  flux de touristes occidentaux.  La Tunisie a été depuis toujours une des destinations privilégiés pour les européens.
Parallèlement, le ministère du Tourisme poursuit ses campagnes de promotion et de publicité, par médias français interposés. La chaîne francophone TV 5  continue  de faire passer les insertions publicitaires et les publi-reportages du tourisme tunisien.

A rappeler qu’un plan d’action  a été lancé en vue d’intensifier les campagnes publicitaires sur les chaînes européennes, moyennant des enveloppes supplémentaires conséquentes. En effet, un spot publicitaire de 30 secondes diffusé au cours d'une tranche horaire de grande audience, coûte 100 mille Euros (environ 190 mille dinars). Alors que le budget qui sera consacrer par le ministère du Tourisme aux campagnes publicitaires s’élève à 55 millions de dinars (soit  27  millions d’euros). Ces opérations serviront à renforcer les campagnes de communication institutionnelle et les opérations de publicité conjointes avec les principaux tour-opérateurs européens, qui sont effrayés par l'islamisation  du secteur du  tourisme local.

Ftouh Souhail,
Tunis

26 mars 2012

Une attaque sur l'Iran est la question la plus difficile à laquelle Israël fait face depuis 1948


La traduction originale 

- mars 2012

Nous sommes au dernier carrefour, et le débat avec nous-mêmes doit être conduit de façon approfondie, sage, responsable, claire et intelligente.

Ceux qui soutiennent une attaque sur l'Iran doivent répondre honnêtement  à 10 questions décisives.

A-t-on essayé tous les chemins, au point qu'il n'y ait aucune chance que la communauté internationale puisse encore stopper le programme nucléaire de l'Iran par le biais d'un siège diplomatico-économique? Est-il absolument clair que les Américains n'arrêteront pas la bombe iranienne par un bombardement aérien en 2013 ? Est-ce que une attaque israélienne aura vraiment pour effet de retarder les armes nucléaires iraniennes d'au moins cinq ans? Est-ce qu' une attaque militaire ne risque pas de déclencher un sanglant conflit régional et une interminable guerre de religions?

Une contre-attaque par l'Iran et le Hezbollah ne peut-elle pas provoquer des massacres terribles, que le front intérieur israélien ne sera pas capables de tolérer? Est-ce qu'une attaque qui n'a pas le soutien des États-Unis ne va pas briser notre alliance stratégique avec eux ? Est-ce que la crise économique mondiale que cela entraînera ne risque pas de conduire à une onde de choc de l'antisionisme et l'antisémitisme, qui pourrait menacer l’État juif? Est-qu'une attaque sur Natanz n'aboutira pas à causer des dommages à Dimona? Est-ce qu'une une attaque ne va pas  démanteler le régime de sanctions, et donner ainsi à la fois aux Iraniens la justification et la capacité de passer au nucléaire encore plus vite? Est-ce qu'une attaque sur l'Iran ne va pas laisser Israël totalement isolé?

Ceux qui s'opposent à une attaque sur l'Iran doivent répondre honnêtement à 10 questions essentielles.

Est-ce que les Israéliens au 21e siècle peuvent continuer à vivre avec l'ombre du champignon nucléaire chiite planant au-dessus de leurs têtes? Est-ce qu'Israël sera capable de résister aux guerres conventionnelles sans fin, qui éclateront à ses frontières une fois que l'Iran sera une puissance nucléaire ? Est-ce qu'Israël sera capable de gérer un Moyen-nucléaire, sauvage et radical  au Moyen-Orient? Est-ce qu' Israël pourra survivre quand les États-Unis commenceront à l'ignorer,  contraints à apaiser l'Iran, puissance montante nucléaire? Est-ce qu' Israël serait capable de survivre à l'isolement diplomatique qui sera son lot, quand un Iran nucléaire prendra le contrôle du Golfe Persique et dictera le prix du pétrole dans le monde? Est-ce que Dimona sera suffisante pour résister à la nucléarisation qui suivra de l'Arabie saoudite, de la Turquie et de l’Égypte? Est-ce que Dimona sera suffisant pour résister au risque de terrorisme nucléaire? Est-ce qu'Israël sera capable de résister à une situation dans laquelle les armes nucléaires iraniennes pourront mettre fin à la paix ou à l'espoir de la paix? Est-ce qu'Israël sera capable de résister à une situation dans laquelle un Iran nucléaire l'oblige à vivre sous la menace de son sabre, jour après jour, avec une cruauté qu'il n'a jamais connu auparavant? Sommes-nous prêts à prendre le risque, même de 1%,  qu'une bombe nucléaire explose au dessus de Tel-Aviv?

L'image est sombre, bien sûr. La politique israélienne de prévention a permis de gagner un peu de temps,  mais a échoué. La politique internationale de l'apaisement a créé une illusion et s'est effondrée. Les sanctions imposées étaient trop faibles, trop tardives, et n'arrêteront probablement pas l'Iran à temps.

Également, les récentes réunions à Washington ne se sont pas bien passées. Il n'y a pas de coopération stratégique entre Israël et les États-Unis. Il n'y a pas de confiance entre le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le président américain n'a pas donné au premier ministre israélien les garanties que, immédiatement après les élections de novembre, il stoppera l'Iran à n'importe quel prix.

En bref, le monde qui était censé sauver l’État juif du terrible dilemme auquel il est confronté, a échoué à le faire. C'est vrai, il pourrait encore y avoir un miracle. Peut-être que l'Iran se mettra à flancher à la dernière minute. Peut-être que les États-Unis se dégriseront au bord de l'abîme. Mais en mars 2012, le sentiment à Jérusalem c'est qu'Israël est tout à fait seul. Et nous nous rapprochons de l'heure de vérité.

Nous ne pouvons pas commettre d'erreur. Nous avons absolument, positivement, aucune possibilité de faire une erreur. Il ya 10 questions sur un côté, et 10 questions sur l'autre. La vingt et unième question est : attaquer ou ne pas attaquer?

Lorsque l'on s'attaque à cette question existentielle, il n'y a pas de droite ou de gauche, pas de méchants ou gentils, et pas de fauteurs de guerre ou de  pacifistes. Face à cette question existentielle, nous ne pouvons pas être critique ou brouillon, et nous ne pouvons penser dogmatique.
Nous sommes au dernier carrefour, et le débat avec nous-mêmes doit être conduit de façon approfondie, sage, responsable, claire et intelligente.

Parce que la vingt et unième question est la plus dure à laquelle que nous avons dû faire face depuis mai 1948. Et c'est une question de vie ou de mort.

Avi Shavit
Haaretz, 15 mars 2012

Traduction de Jean Corcos

25 mars 2012

Merah, "un monstre issu de la maladie de l'islam"

Abdennour Bidar


Depuis que le tueur de Toulouse et Montauban a été identifié comme "salafiste djihadiste", c'est-à-dire comme fondamentaliste islamiste, le discours des dignitaires de l'islam de France a été de prévenir tout "amalgame" entre cette radicalité d'un individu et la "communauté" pacifique des musulmans de France. Cet appel au jugement différencié est nécessaire lors d'un événement comme celui-ci, parce qu'il suscite une vague d'émotion et d'indignation si puissante qu'elle risque d'abolir, dans un certain nombre d'esprits fragiles, toute capacité rationnelle à distinguer entre islam et islamisme, islam et violence, etc. Les dignitaires qui se sont exprimés ont donc assumé là une responsabilité indispensable pour la paix sociale, et nous pouvons espérer que leur parole contribue à éviter une aggravation de la défiance et des stigmatisations dont les musulmans de France restent souvent victimes.

Mais tout le mérite de cette réaction immédiate, responsable et nécessaire, ne suffit pas à éluder une question plus grave. La religion islam dans son ensemble peut-elle être dédouanée de ce type d'action radicale ? Autrement dit, quelle que soit la distance considérable et infranchissable qui sépare ce tueur fou de la masse des musulmans, pacifiques et tolérants, n'y a-t-il pas tout de même dans ce geste l'expression extrême d'une maladie de l'islam lui-même ?
Depuis des années, j'analyse dans mes travaux ce que j'ai désigné à plusieurs reprises comme une dégénérescence multiforme de cette religion : ritualisme, formalisme, dogmatisme, sexisme, antisémitisme, intolérance, inculture ou "sous-culture" religieuse sont des maux qui la gangrènent. Cette médiocrité profonde dans laquelle sombre l'islam s'observe certes à des degrés très divers selon les individus, de telle sorte qu'il se trouve toujours des musulmans moralement, socialement, spirituellement éclairés par leur foi, et de sorte aussi qu'on ne peut pas dire que "l'islam est par essence intolérant" ni que "les musulmans sont antisémites". Ce sont là des essentialisations et des généralités fausses, dont certains usent pour propager l'islamophobie. Néanmoins, tous ces maux que je viens d'énumérer altèrent la santé de la culture islamique, en France et ailleurs.

Il s'agirait par conséquent, pour l'islam, d'avoir dans des circonstances pareilles un courage tout à fait particulier : celui de reconnaître que ce type de geste, tout en étant étranger à sa spiritualité et à sa culture, est pourtant le symptôme le plus grave, le plus exceptionnel, de la profonde crise que celles-ci traversent. Mais qui aura ce courage ? Qui en prendra le risque ? Comme je l'ai souligné aussi à de très nombreuses reprises, la culture islamique est depuis plusieurs siècles enfermée dans ses certitudes, enfermée dans la conviction mortifère de sa "vérité". Elle est incapable d'autocritique. Elle considère de façon paranoïaque que toute remise en cause de ses dogmes est un sacrilège. Coran, Prophète, ramadan, halal, etc. : même chez des individus éduqués, cultivés, par ailleurs prêts au dialogue sur tout le reste, la moindre tentative de remise en cause sur ces totems de l'islam se heurte à une fin de non-recevoir. La plupart des consciences musulmanes se refusent et refusent encore à quiconque le droit de discuter ce qu'une tradition figée dans un sacré intouchable a institué depuis des millénaires : des rites, des principes, des mœurs qui pourtant ne correspondent plus du tout aux besoins spirituels du temps présent... et dont les musulmans ne se rendent pas compte eux-mêmes, le plus souvent, à quel point leur revendication a changé de nature parce qu'elle se fait au nom de valeurs tout à fait profanes (droit à la différence, tolérance, liberté de conscience).

Comment s'étonner que dans ce climat général de civilisation, figé et schizophrène, quelques esprits malades transforment et radicalisent cette fermeture collective en fanatisme meurtrier ? On dit d'un tel fanatisme de quelques-uns que "c'est l'arbre qui cache la forêt d'un islam pacifique". Mais quel est l'état réel de la forêt dans laquelle un tel arbre peut prendre racine ? Une culture saine et une véritable éducation spirituelle auraient-elles pu accoucher d'un tel monstre ? Certains musulmans ont l'intuition que ce type de question a été trop longtemps ajourné. La conscience commence à se faire jour chez eux qu'il deviendra toujours plus difficile de vouloir déresponsabiliser l'islam de ses fanatiques, et de faire comme s'il suffisait d'en appeler à distinguer islam et islamisme radical. Mais il doit devenir évident pour beaucoup plus de musulmans encore que désormais les racines de l'arbre du mal sont trop enfoncées et trop nombreuses dans cette culture religieuse pour que celle-ci persiste à croire qu'elle peut se contenter de dénoncer ses brebis galeuses.

L'islam doit accepter le principe de sa complète refondation, ou sans doute même de son intégration à un humanisme plus vaste qui le conduise à dépasser enfin ses propres frontières et son propre horizon. Mais acceptera-t-il de mourir ainsi pour que renaisse de son héritage une nouvelle forme de vie spirituelle ? Et où chercher l'inspiration de ce dépassement ? En tant que spécialiste des pensées les plus profondes de l'islam, ces pensées philosophiques et mystiques d'Averroès (1126-1198) et d'Ibn Arabi (1165-1241), je vois à quel point leur sagesse a été perdue - la plupart des musulmans ne connaissent même pas leurs noms. Il ne s'agit pourtant pas de les ressusciter, ni de les répéter. Il est bien trop tard pour cela. Il s'agit de trouver leur équivalent pour notre temps. A cet égard, il ne suffit donc même pas d'être prêt à admettre enfin qu'il y a une "maladie générale de l'islam", et qu'il faudrait revenir à ces sagesses du passé.

Le défi est beaucoup plus important. Il faut que l'islam arrive à cette lucidité tout à fait nouvelle de comprendre qu'il doit se réinventer une culture spirituelle sur les décombres du matériau mort de ses traditions. Mais, autre difficulté redoutable, il ne pourra pas le faire seul et pour lui seul : rien ne servirait aujourd'hui de vouloir instituer un "humanisme islamique" à côté d'un "humanisme occidental" ou d'un "humanisme bouddhiste". Si demain le XXIe siècle est spirituel, ce ne sera pas de façon séparée entre les différentes religions et visions du monde, mais sur la base d'une foi commune en l'homme. A trouver ensemble.
Professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes)
Le Monde, 23 mars 2012

23 mars 2012

Du printemps arabe à l'hiver islamiste ...

A ma droite : Pierre Vermeren, à ma gauche : Farid Hannache


Une belle soirée ce mercredi 21 mars au Centre Communautaire de Paris : j'avais l'honneur d'animer une table-ronde avec Pierre Vermeren, historien et professeur à la Sorbonne, spécialiste du Maghreb, et Farid Hannache, journaliste, spécialiste du monde arabo-musulman. Mes auditeurs fidèles connaissent bien ces deux experts, pour les avoir entendus à mon émission (cliquer sur leur nom en libellé).

Le thème était : "Du printemps arabe à l'hiver islamiste".

Un thème d'une actualité sinistre, alors que l'on venait d'apprendre le matin même que l'auteur de la tuerie  de l'école Hozar Ha Torah de Toulouse et des assassinats de parachutistes était un djihadiste, agissant au nom d'Al-Qaïda ... L'accueil au Centre était aussi bien triste, bougies et fleurs blanches déposées sur une table avec les noms des victimes. Et, sans doutes traumatisés par l'actualité ou désireux de la suivre à la télévision, beaucoup n'étaient finalement pas venus. Dommage pour eux, car le public présent a été très intéressé par les propos des deux conférenciers qui ont parlé sans langue de bois ... et je pense, moi non plus d'ailleurs !

J.C

22 mars 2012

En tuant des enfants, c'est le monde qu'on voit mourir ...


Introduction :
Sarah Mostrel est une amie que j'ai connue sur mon réseau FaceBook.
Journaliste, mais aussi poétesse et nouvelliste, elle a beaucoup de sensibilité mais en même temps de la lucidité et elle dit les choses directement. J'ai reçu d'elle ce texte qui va droit au but à propos de l'actualité tragique que nous venons de vivre, et j'ai tenu à le publier ici.
J.C

"Chers frères humains

Suite à ce drame, nous entendons quantité de réactions. Il y a ceux qui compatissent, ceux qui condamnent, ceux qui pleurent. Il y a ceux qui questionnent, ceux qui amalgament, ceux qui font de la récupération politique, ceux qui sont affolés, ceux qui crachent. Il y a ceux qui mésinterprètent, ceux qui jalousent même dans la mort. Il y a ceux qui, solidaires, sont indignés, d’autres qui blanchissent, expliquent, motivent, se déchargent, « ça ne nous concerne pas ». Ça me rappelle le 11 septembre…
Dans cette douleur, nous ne pouvons que faire appel à l’amour et à l’universel.
Car comment expliquer que là a eu lieu un assassinat qui peut toucher tout le monde ? Des Français ont été touchés, est-ce que ça change quelque chose qu’ils soient juifs ? Oui, aux yeux de certains, ô aberration !

Parfois, les pires ennemis des juifs sont aussi les juifs eux-mêmes, il y a ceux qui ne veulent pas voir, ceux qui pensent que les juifs sont paranos, ceux qui excusent, ceux qui, par souci d’honnêteté suprême, sont dans une autocritique ou négation d’eux-mêmes, aveuglés par leurs détracteurs, s’y associant par assimilation, pour mieux se fondre dans la société, pour qu’on les laisse tranquilles, qu’on les oublie en tant que juifs, pour se démarquer. C’est leur façon d’affronter la peur et de se dire « ça n’arrivera plus ».

D’ailleurs, les gens ne pensent pas qu’un juif puisse avoir une idée tout à fait différente d’un autre, notamment concernant la religion, Israël, la politique. Nous sommes vus en tant que groupe, non en tant qu’individus. Lorsqu’un attentat antisémite est commis, on oublie l’être et on s’adresse au groupe, niant l’être en tant que tel. Ce n’est plus un parent, des enfants qui sont touchés, mais des franco-israéliens. Ça change tout, ça minimise, c’est une histoire « entre eux ».
Comme si le problème israélo-palestinien était sous-jacent. Les peuples juif et arabe ont longtemps cohabité et le problème ne se situe pas dans cette cohabitation mais dans le déni de l’existence d’un état proclamé par l’ONU il y a plus de 60 ans.
Mais qu’ai-je à voir, moi, juive française avec la politique du Moyen-Orient ? Peut-être suis-je concernée, peut-être que non. Mais on m’amalgame d’office. Juif, sioniste, israélien, israélite, les gens ne savent pas, en 2012 ! à quoi correspondent ces mots ! Juif de gauche, juif de droite, israélien de gauche, israélien de droite, entre ceux-là pourtant, il y a un monde ! Mais on ne veut pas savoir. Confondre est plus simple.
Je tiens à dire que les attentats vécus en Israël sont exactement les mêmes que celui que l’école de Toulouse vient de vivre. Les méthodes sont les mêmes, lâcheté, cruauté, haine viscérale.
Justifier un acte comme celui-là conduit au suicide de l’humanité. En tuant des enfants, c’est le monde qu’on voit mourir.
La seule issue est d’être digne, n’écoutons pas le déni, les amalgames, la haine, la jalousie, soyons droits, ayons foi en l’Humanité, prônons l’amour toujours, notre plus belle arme contre le Mal, notre plus belle arme contre la folie et la barbarie. Quand je dis « amour », je veux dire confiance en l’avenir, Beauté et valeurs. Nous sommes héritiers d’un Livre et nous sommes responsables de la bonne marche du monde. Ce monde doit être un monde de paix, un monde reconnu dans sa magnificence, un monde d’amour. Les hommes ne sont pas faits pour se tuer mais pour s’aimer. Seul l’Amour sera gage de survie."

Sarah Mostrel

21 mars 2012

Toulouse : réflexions à chaud sur un massacre djihadiste


Un choc en me réveillant ce matin ... mais mon hypothèse formulée dès lundi matin sur ma page FaceBook - et qui m'avait valu des critiques acerbes - se confirme : le monstre assassin de Toulouse et Montauban était bien un djihadiste .... oui, il avait tué des soldats à cause de l'engagement français en Afghanistan, et non parce que, comme on l'a lu, ils étaient musulmans. Oui, il a massacré - et dans quelles conditions atroces - des enfants juifs par haine antisémite, mais une haine venue de terre d'islam, où l'appel au meurtre de mon peuple est devenu banal à force d'être quotidien

Cela ne va pas plaire à la majorité des médias et des Français qui auraient préféré un tueur nazi solitaire. Oui, les discours tellement stigmatisés de mon ami Sammy Ghozlan et du B.N.V.C.A à propos de l'importation du conflit palestinien étaient fondés ; oui le mauvais climat qui voit délégitimer la simple existence d'Israël par des élites intellectuelles - ou prétendues telles - a du contribuer à donner bonne conscience à ce tueur. Et il faudra que, maintenant, certains fassent leur examen de conscience.
Un mot, à propos de ceux qui, sur les plateaux de télévision ou sur les "chats" des journaux en ligne, oseront publier une allusion aux "atrocités" occidentales en Afghanistan, ou israéliennes vis à vis des Palestiniens : on n'a jamais vu un soldat français courser une petite fille pour l'exécuter à bout portant, ou un soldat israélien viser volontairement un enfant (même si Charles Enderlin et ses soutiens de France 2 prétendent l'inverse) ... Victimes innocentes il y en a eu, en Afghanistan ou à Gaza, mais il s'agissait de dommages collatéraux non voulus.
Ceux qui me font l'honneur de me suivre depuis des années, sur les ondes ou ici, savent que je n'ai jamais ni voulu stigmatiser la communauté musulmane, ni désespérer d'elle ... mais c'est maintenant que l'on attend des "stops" clairs et nets de leur part : la France est leur pays, on a assassiné des enfants français : qu'ils disent clairement ce qu'ils pensent de ce tueur musulman, et ne nous chantent pas l'air de "la folie" ou de "la vengeance" ! 
J'écrivais également sur ma page FaceBook lundi que tous les attentats antisémites sanglants en Europe depuis plus de 30 ans en Europe étaient le fait d'Arabes, et étaient liés au conflit israélo-palestinien. Mais là, on attend un degré supplémentaire dans l'horreur, car c'est un jeune Français de 24 ans qui a commis ces actes monstrueux. La peur va s'installer, la méfiance entre communautés grossir encore ... et il faudra tenir bon, réagir pourtant !
Du point de vue l'enquête, ce que l'on a appris ce matin fait aussi froid dans le dos : les enquêteurs avaient déjà mis dans leur "short list" après l'assassinat des parachutistes le coupable. Si donc il avait été appréhendé avant la tuerie de l'école Ozar Ha Torah, on aurait évité le massacre ...
Du point de vue de la campagne électorale, enfin, il est clair aussi que cette affaire ne profitera pas à la Gauche : elle aurait exploité l'affaire si le tueur avait été un nazi, sur l'air de "c'est la faute du climat affreux créé par Sarkozy". Aujourd'hui, ce sont plutôt les islamophobes francs (le F.N), ou dont l'électorat tend à le devenir (à tout le moins, la majorité de  l'électorat de 'UMP) qui vont reprendre le dessus !
Jean Corcos

19 mars 2012

Enfants assassinés de Toulouse : la déchirure


C'était en mars 2008, à Jérusalem. Un attentat inouï de brutalité bestiale, où un terroriste palestinien assassina 8 jeunes étudiants d'une Yeshiva, âgés de 15 à 26 ans ...

Il m'était revenu alors un dessin que j'avais publié plus de 25 ans avant, et je reproduis ci-dessous un extrait de l'article publié alors sur mon blog :

"Mais en voyant les regards de ces huit malheureux pris pour cibles, il m'est aussi revenu un autre souvenir : celui d'une époque, déjà lointaine, où mon engagement journalistique et bénévole portait sur un autre domaine, celui du dessin de presse ... et où je publiais sous le pseudonyme de "GAN" dans les médias communautaires. Ce dessin avait été fait suite à l'un des attentats antisémites qui allaient ensanglanter l'Europe au début des années 1980, et qui furent attribués au groupe terroriste Abou Nidal. J'avais fait ce dessin d'après la photographie de David Kohane (z"l), jeune écolier de 15 ans et demi assassiné lors d'une fusillade à Anvers en août 1980. Et il m'avait été "commandé" par l'A.B.K, "Association des bourses du Keren de l'Université de Tel Aviv", dont il devait illustrer le calendrier pour l'année 5742 ... plus de 25 ans après, j'ai conservé ce petit calendrier tout jauni."

Hélas, alors que nous sommes encore abasourdis par le massacre de ce matin à l'école Ozar HaTorah de Toulouse ; alors que toute la France n'arrive pas encore à réaliser comment de telles horreurs sont possibles ; alors que je reviens à peine de la grande manifestation organisée en catastrophe par la communauté juive organisée et qui a - seule consolation - réuni des dizaines de milliers de personnes de la République à la Bastille ; je me dis qu'au moment de son meurtre, le regard de ce petit écolier assassiné il y a plus de trente ans parce que juif, devait étrangement ressembler à celui des malheureuses victimes françaises ou israéliennes ... un regard qui nous déchire le cœur.

J.C

Antisémitisme hystérique d'un "éminent savant" d'Al-Azhar (université islamique du Caire)


Un éminent savant d´Al-Azhar : Les Juifs veulent "assassiner, pendre, brûler, lapider, maltraiter et torturer, trancher des membres et perpétrer des génocides, mettre le feu aux villes et semer la destruction"

Ismaïl Ali Muhammad, chef du Département de la prédication islamique et de la culture à l´université Al-Azhar, a publié une série de six articles sur le site des Frères musulmans égyptiens, décrivant "le caractère juif" et expliquant le rôle de la Bible et du Talmud dans son élaboration. Affirmant que la cruauté, la malhonnêteté et la soif de sang sont inhérentes au caractère juif, car faisant partie de la culture et des écritures juives, il soutient sa thèse avec des citations de sources juives, parfois erronée. Il reprend également à son compte l´accusation de crime rituel selon laquelle les Juifs utiliseraient le sang des non-Juifs pour préparer la matza de Pâques, se référant au Protocole des Sages de Sion, et citant l´ouvrage violemment antisémite "La société juive", de l´écrivain copte égyptien Zaki Shenouda. Ci-dessous des extraits de ces articles :

"La personnalité [juive] est toujours une source de mal et de méfaits, dans toutes les sociétés humaines"
Dans le premier article, publié le 20 octobre 2011, Muhammad dépeint le "caractère juif" : "Un [fait] important est que la personnalité juive, où qu´elle se trouve, n´est jamais libre de déviance et de corruption, et cherche toujours à commettre des actes de corruption. C´est une personnalité incapable de coexister dans un esprit de paix et d´égalité avec les autres, ou de former de bonnes relations avec eux. En fait, il ne serait pas exagéré d´affirmer que cette personnalité est toujours une source de mal et de méfaits, dans toutes les sociétés humaines... et est totalement incapable de vivre en harmonie dans quelque société que ce soit.
L´histoire, passée et présente, témoigne de la déviance inhérente au caractère juif. Au début de l´ère islamique, il y avait des Juifs qui vivaient sous le règne du meilleur des hommes, le prophète Mahomet. Ils étaient bien traités, et pourtant leur esprit tordu ne tarda pas à se manifester. Violant les traités conclus avec les musulmans, ils menèrent le front infidèle [contre eux], s´écartant de la voie d´Allah et de Son messager, et portant atteinte aux musulmans. Le châtiment consistant à être expulsés de Médine par les musulmans fut justifié par leurs tromperies et trahisons."

"A l´époque moderne, les Juifs ont exploité leur influence financière"
 "A l´époque moderne, les Juifs ont exploité leur influence financière, leur influence au sein des médias et des organisations à chaque fois qu´ils le pouvaient, dans le but d´éroder les fondations de vertu et de propager destruction et corruption à travers le monde - à savoir la licence, l´usure, les guerres, etc. Leur dernier [acte de dépravation] fut d´usurper la Palestine, en expulsant ses habitants et détruisant ses villages, au point d´en raser la quasi-totalité [de la carte], tuant, sans épargner les femmes et les enfants. Cela fut accompli avec l´aide de l´Occident, qui voulait se débarrasser de la présence juive en Europe.

Ce que les gangs juifs ont commis dans les villages arabes de Palestine avant la création de l´Etat juif, et ce qui a été commis ensuite par l´armée formée [de l´addition de] ces gangs, depuis la création de l´Etat jusqu´à nos jours, est un évident massacre qui ne peut être ignoré. Des livres et des publications présentent des milliers de documents aussi honteux qu´irréfutables témoignant du comportement criminel et dévoyé des Juifs. Le monde s´est habitué à assister à ces agissements à la télévision et dans les autres médias, parfois même en direct.

Les Juifs [n´ont jamais] respecté les accords conclus avec les Arabes, lesquels se sont écartés du droit chemin en les reconnaissant et en entamant des négociations avec eux... Les juifs ne respectent pas les accords. En fait, ils ne leur accordent aucune importance, à moins d´y trouver un intérêt.
En outre, les Juifs se vantent de leur comportement dévoyé - [caractérisé par] la dépravation, la corruption, l´hypocrisie et le racisme – avec une fierté injustifiée et une arrogance stupide... [Ils exploitent] leur puissance matérielle, alimentée par le soutien de l´Occident et la faiblesse des musulmans et des Arabes."

La corruption des Juifs n´est ni conjoncturelle ni provisoire
Muhammad souligne que le caractère juif est façonné par l´héritage juif et les écritures, y compris la Bible et le Talmud, et qu´il est impossible de le modifier :

"Cela appelle une question : Pourquoi la personnalité juive est-elle si dévoyée et si différente de celle des autres ? Les psychologues savent que la foi religieuse, le patrimoine culturel et idéologique sur lequel un individu se construit jouent un rôle majeur dans la formation de sa personnalité et de son comportement, surtout quand cette idéologie ou culture est vénérée et sanctifiée par la société à laquelle l´individu appartient. Le comportement et les actions d´une personne reflètent ce qu´il a dans l´esprit et l´âme, c´est-à-dire [ses] pensées, ses perceptions et ses croyances. Les actions et le comportement d´une personne ne peuvent être considérés indépendamment de sa vision du monde et de sa culture.

La déviance et la corruption qui ont imprégné la personnalité juive à travers les âges sont enracinées principalement dans le système de valeurs idéologique, culturel et religieux transmis d´une génération juive à l´autre, laquelle a façonné [le caractère des Juifs]. Les Juifs considèrent ces valeurs comme sacrées. Ils obéissent aux préceptes de leur patrimoine culturel et religieux sacré, imprégné de ces valeurs par leurs rabbins...

La déviance et la corruption inhérentes à la personnalité juive ne sont ni conjoncturelles ni temporaires, et ne se limitent pas à des situations, des individus ou à des circonstances [spécifiques]. Elles proviennent des racines idéologiques de l´essence juive, de la mentalité et de l´esprit juifs, et se fondent sur un puissant système conceptuel qui imprègne l´âme juive comme le sang qui coule dans les veines. Ce système est sans aucun doute le principal facteur ayant façonné la personnalité [du Juif] et rendant compte de son comportement au fil des ans et au gré des circonstances."
"La Bible et le Talmud sont les principales sources sacrées de la philosophie juive"
"La Bible et le Talmud sont les principales sources sacrées de la philosophie juive. Tous les Juifs y puisent leurs valeurs, leurs lois et leur morale, et les considèrent comme d´origine divine. Quiconque examine la conduite des Juifs découvre qu´elle reflète pleinement ce patrimoine idéologique, culturel et religieux...

Le patrimoine juif religieux et culturel comprend des croyances et des instructions relatives aux seuls Juifs, qui visent à établir [leur statut] comme inégal aux autres en termes de relation à Dieu, à ses messagers et au reste de l´humanité. Ce contexte idéologique est destiné à inculquer une tendance au mal perpétuel, et à la déviance, dans le cœur des Juifs - et malheureusement, c´est bien ce qui se passe. [Ce contexte idéologique fournit] un combustible dangereux [à leur] nuisance dominatrice. Nous ne devons pas nous attendre à ce que les Juifs changent leur façon de faire tant que ce patrimoine idéologique demeurera leur [source d´] autorité et d´inspiration, qu´il aura le dernier mot dans toutes leurs affaires, et tant qu´ils tenteront de façonner le caractère des générations futures sur les concepts et le contenu corrompus de ce patrimoine.

En lisant la Bible et le Talmud, les idées et les études qui sont fondées dessus, comme Le Protocole des Sages de Sion, les décrets religieux des rabbins, et les écrits des philosophes juifs, on constate qu´ils reflètent une hostilité évidente à l´égard de l´humanité dans son ensemble, et fournissent à la personnalité juive une justification à son comportement dévoyé; et distinctif... [Ces écrits] encouragent [les Juifs] à l´extrémisme, à l´arrogance injustifiée et à l´orgueil envers quiconque n´est pas juif. Ces sources idéologiques, qu´ils tiennent pour sacrées, les incitent à l´hypocrisie, à la fourberie et à la trahison, et [leur apprennent] à considérer les vies, les biens et les femmes des non-Juifs comme leur appartenant..." [1]

L´article suivant, publié en octobre 21, adopte le même ton : "Sur la base de la Bible et du Talmud, les Juifs se considèrent comme des élus de Dieu... Basée sur un racisme et une arrogance méprisables envers le reste de l´humanité, leur religion est considérée par eux comme leur bien exclusif. Ils ne tentent pas de la diffuser et ne sont pas intéressés par les convertis non-juifs. Ils croient que le judaïsme est la religion choisie par Dieu, et que nul hormis eux ne mérite l´honneur de lui appartenir. Dans le langage des Juifs, il existe un terme spécifique pour désigner les peuples non-juifs : goy, alors qu´eux-mêmes se qualifient d´ "am" ["peuple" en hébreu]. Goy est un terme péjoratif : quand un Juif qualifie quelqu´un de "goy", il veut dire que cette personne est barbare, sauvage, sale et dépravée..." [2]

Le troisième article, daté du 22 octobre, affirme que "les Juifs croient que nul au monde, hormis eux, n´a le moindre droit, que tout leur appartient, que Dieu leur a donné le droit d´utiliser et de posséder tout ce qui existe, y compris les biens d´autrui. Ils ne se privent pas d´utiliser les moyens les plus méprisables et dépravés pour réquisitionner des actifs des autres. Ils croient que leurs saintes écritures, et en particulier le Talmud, sanctionnent et encouragent l´usurpation du bien d´autrui, la duperie, le vol de l´argent d´autrui par des moyens frauduleux, par l´oppression et l´inimitié. L´axiome de base, c´est qu´ils sont les égaux de Dieu, et que Dieu les a créés supérieure à tous les autres êtres..." [3]

"Les Juifs utilisent le sang non-juif pour la préparation de leur pain azyme"
Le quatrième article de Muhammad, daté du 23 octobre, reprend à son compte l´accusation de crime rituel : "Le patrimoine [juif] les encourage constamment à tuer quiconque n´est pas juif,  à répandre la ruine et la désolation chez les non-Juifs, sans aucune pitié. Selon les préceptes de la Bible et du Talmud, seule la vie des Juifs est sacrée. Un Juif n´est ni réprimé; ni réprimandé pour avoir tué ou volé un non-Juif. Selon ces préceptes, nul, hormis les Juifs, n´a droit à la dignité et à la vie."

"[Les Juifs] sont comme des loups dévorateurs, des chiens enragés, des porcs fous qui plongent leurs dents et leurs griffes dans tout animal qui se trouve sur leur passage" 
"[L´écrivain égyptien copte] Zaki Shenouda a écrit [dans son livre La société juive] : [4] ´Une barbarie atroce coule dans les veines des Juifs et pénètre au plus profond leur essence et leur âme. Cette barbarie est l´une de leurs principales caractéristiques depuis leur apparition, et est devenue une composante inaliénable de leurs personnes tout au long de leur histoire et dans tous les domaines de la vie. Ils sont toujours régis par une tendance violente et effrayante à une cruauté insensée, par un désir démoniaque de tuer, assassiner, pendre, brûler, lapider, maltraiter et torturer, de trancher des membres et de perpétrer des génocides, de mettre le feu aux villes et de semer la destruction en tout lieu qui se trouve sous leur contrôle. Ils sont sans pitié. Aucun sentiment, aucune religion, aucune foi ni conscience ne les dissuade. Ils sont comme des loups dévorateurs, des chiens enragés, des porcs fous qui plongent leurs dents et leurs griffes dans tout animal qui se trouve sur leur chemin. Seul le sang, la vue des cadavres et des reste éparpillés sont à même de satisfaire leur soif [de meurtre]... ´ "

"Les rabbins des Juifs leur permettent de tuer ou de charcuter certaines personnes" 
"Les rabbins des Juifs leur permettent de tuer ou de charcuter certaines personnes, de distiller leur sang et de l´utiliser pour en faire du pain azyme qu´ils consomment à Pâque et à l´occasion d´autres célébrations religieuses. L´un des plus célèbres incidents de ce type fut l´assassinat du Père Thomas et son serviteur Ibrahim Amara, à Beyrouth [sic] en 1840. [5] Les personnes impliquées dans cet incident, et en particulier les rabbins qui avaient ordonné de charcuter ces deux personnes et d´en distiller le sang, ont admis avoir agi pour des motifs religieux, et que le sang avait été utilisé pour la fabrication de pain azyme... Nous constatons à nouveau le rôle dangereux joué par les sources juives, qui mettent en place les fondations de leur comportement dévoyé..." [6]

Les Juifs "ne pourront se libérer [de leurs défauts] qu´en s´arrachant le cœur"
Les deux derniers articles, datés des 24 et 25 octobre, se concentrent sur la nature "déloyale" et "malhonnête" des Juifs : "Selon le patrimoine idéologique et religieux juif, le Juif n´a pas l´obligation d´honorer quelque alliance que ce soit, ou quelque engagement que ce soit, avec un non-Juif. Ainsi, nous voyons que la personnalité juive s´arrête rarement de tricher et de trahir l´autre lors de négociations. Lorsque un juif a la possibilité de se soustraire à ses engagements envers un non-Juif, malheureusement il la saisit immédiatement... Ces traits de caractère sont enracinés dans sa nature, coulent comme du sang dans ses veines, et régissent son cœur. Ils ne peuvent pas s´en libérer, à moins de s´arracher le cœur." [7]

Même Dieu se fait avoir par les Juifs
"Zaki Shenouda dit : ´L´hypocrisie et la tromperie sont les principales caractéristiques des Juifs. Ils font semblant d´être loyaux et honnêtes afin de dissimuler leur nature fourbe et perfide... Ils se rapprochent des dirigeants avec de pâles sourires afin d´atteindre leurs objectifs, et ensuite ils complotent contre [les dirigeants], et même contre Dieu. Ils Lui adressent obséquieusement leurs plaintes et leurs gémissements, mais une fois qu´Il répond à [leurs souhaits], ils se rebellent et blasphèment contre Lui, se détournent de Lui et adorent d´autres dieux...´ " [8]

Le plan de guerre musulman contre les Juifs doit se baser sur la connaissance de leur caractère
Muhammad conclut en affirmant que les musulmans doivent connaître leurs ennemis, les Juifs, afin de les combattre efficacement : "Jusqu´à quand ces faits continueront d´être occultés au monde par les médias juifs de la fourberie ? Le monde entier doit comprendre la vérité au sujet de la personnalité juive, de sa nature méprisable et de ses racines religieuses, afin de prendre acte de son hostilité envers l´humanité et de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour se défendre contre son [influence] maléfique. Nous, musulmans, sommes les plus compétents pour entreprendre cette [tâche]. Notre plan de guerre et de lutte contre l´ennemi nécessite, pour commencer, de nous familiariser avec cet ennemi, avec les aspects de son caractère et avec les facteurs qui l´ont façonné. Il est temps de consacrer plus d´ [efforts] à cela, par d es recherches et la révélation au grand jour [de ce que nous savons], afin que nous puissions affronter l´ennemi juif de manière efficace, avec la conscience et les connaissances requises à notre victoire." [9]

Source : Memri.org, dépêche spéciale n°4497, 17 février 2012

Notes:

[1] Ikhwanonline.net, 20 octobre 2011
[2] Ikhwanonline.net, 21 octobre 2011
[3] Ikhwanonline.net, 22 octobre 2011
[4] Le livre traite de l´histoire politique, religieuse, sociale et géographique du peuple juif à travers les âges.
[5] Allusion à l´accusation de crime rituel de Damas, qui pendant des années a alimenté l´antisémitisme dans le monde arabe et musulman. Voir, par exemple, les déclarations de l´ancien ministre syrien de la défense Tlas Mustafa à propos de son livre antisémite La matza de Sion : MEMRI, Enquête et analyse n° 442, "Arab and Islamic Antisemitism," May 29, 2008,
http://www.memri.org/report/en/0/0/0/0/0/0/2680.htm 
[6] Ikhwanonline.net, 23 octobre 2011
[7] Ikhwanonline.net, 24 octobre 2011
[8] Ikhwanonline.net, 25 octobre 2011
[9] Ikhwanonline.net, 25 octobre 2011

17 mars 2012

La Tunisie de notre enfance : Albert Naccache sera mon invité le 25 mars



Dimanche prochain, nous allons laisser l'actualité brûlante pour cette émission, et nous accorder ce que j'appellerai une page de bonheur. Un bonheur comme celui que l'on éprouve en feuilletant un album de photos anciennes, plaisir de plus en plus rare à notre époque où les photos sont numérisées, et où, surtout, tout s'accélère trop vite dans nos sociétés. Il était une fois la Tunisie de notre enfance, celle où je suis né, pays magique que je n'ai pas oublié alors ce que cela fait plus de 40 ans que je vis ici. Comme le chantait Enrico Macias, "On emporte un peu sa ville, aux talons de ses souliers" :  la ville dont nous allons parler, c'est l'Ariana, petite bourgade dans ce qui était à l'époque la grande banlieue de Tunis, et j'aurai le très grand plaisir de recevoir Albert Naccache. Albert Naccache a publié aux éditions "L'apart" "Les roses de l'Ariana". C'est un ouvrage sans prétention où il évoque en 150 pages, avec d'émouvantes illustrations, ses racines, son enfance, les premières années d'adolescence, bref une page d'Histoire qui va de 1943 à 1961, année où il a définitivement quitté la Tunisie. Il est mon aîné d'une dizaine d'années, mais quelque part et c'est ce qui m'a remué, bien sûr, nos chemins se sont croisés. Ils se sont croisés quelque part dans la famille de sa mère, car j'ai découvert que nous sommes des parents éloignés, en fait comme tous les Juifs tunisois qui se mariaient entre eux. Mais il y a aussi des liens géographiques, puisque j'ai découvert qu'il vivait route de Djaffar, et il cite la famille Corcos, et la maison de mes grands parents qui étaient des voisins ! Alors pourquoi évoquer ce monde disparu ? Pas seulement par nostalgie. Pas seulement pour le plaisir d'entendre Albert Naccache. Mais aussi et surtout pour rendre hommage à cette petite communauté tunisienne, dont il reste très peu de membres sur place, et qui sont certainement inquiets des évènements récents dans le pays. Et puis aussi pour rappeler, sans peindre les choses ni en noir, ni en rose, qu'il y a eu jadis une coexistence entre Juifs et Musulmans là-bas, et pour en parler.

Parmi les questions que je poserai à Albert Naccache :

- Vous avez eu le mérite de ne pas faire de ce livre une simple compilation mémorielle mais de commencer par un récit, très synthétique, de l'histoire des Juifs de Tunisie. Page 29 vous citez le géographe Onesime Reclus, qui en 1902 parlant de la population tunisienne, avait carrément rayé les Juifs du paysage ! Pouvez-vous rappeler l'ancienneté de la présence juive dans le pays ? Et pouvez-vous par deux exemples, celui de Sidi Mahrez au 10ème siècle, mais aussi l'épisode des Almohades, au 12ème siècle, démontrer que le sort des Juifs tunisiens a connu des périodes parfois sombres parfois heureuses à travers les siècles ?

- En lisant vos souvenirs - qui recoupent en partie les miens, surtout lorsque vous évoquez l'ambiance bonne enfant dans la rue, ou l'été à la plage à La Goulette - on réalise que les moments de tensions, presque d'affrontements physiques avec des jeunes Musulmans, étaient plutôt l'exception et pourtant vous avez grandi dans les années où il y a eu l'indépendance : deux exemples, lorsque vous racontez comment vous avez été agressé par une bande de jeunes musulmans armés de bâtons, à la sortie du "Koutab kisraoui", votre synagogue à l'Ariana ; et puis quand vous racontez, les fins de matchs de football entre l'Espérance Sportive, qui était le club musulman, et l'U.S.T, qui était celui des Juifs ... pouvez-vous confirmer cette impression ?

- Vous rappelez que dans les années 50, tous les mouvements sionistes étaient représentés à Tunis, et que, je vous cite : "les jeunes passaient d'un mouvement à l'autre sans état d'âme, au gré des amitiés ou des rencontres". Heureuse époque, où il n'y avait pas ces cloisons comme en France entre religieux, non religieux, orthodoxes, non orthodoxes. Et il y avait aussi une mixité naturelle, vous racontez comment par exemple la procession italienne de la Madone, le 15 août, était suivie à La Goulette par des Juifs et des Musulmans : cela alors qu'ici, les populations sont de plus en plus ghettoïsées ... comment expliquez-vous cette régression actuelle ? 

- Vous écrivez page 32 : "La devise du Juif tunisien pourrait être "fidélité et ouverture" : fidélité à ses traditions et à ses appartenances, et ouvertures sur le monde", et vous dites que cette modération on la retrouve aussi chez les Tunisiens musulmans : est-ce que vous pensez que les générations qui vont nous suivre auront cette ouverture ? Et surtout, vu les horreurs que l'on a vu et entendu en Tunisie ces derniers mois, avec les Salafistes qui crient "mort au Juif", le triomphe du parti islamiste Ennahda aux premières élections libres depuis l'Indépendance, est-ce que cette modération tunisienne ne va pas aussi disparaitre ?

Une émission bien émouvante, donc ... et j'espère que, même si vous n'êtes pas "Tunes", vous serez nombreux à la suivre !

J.C

16 mars 2012

L'appel des femmes arabes pour la dignité et l'égalité


Nous, femmes arabes impliquées dans les luttes pour la démocratie, la dignité et l'égalité, nous, actrices au premier plan des changements exceptionnels que connaît le monde arabe, tenons à rappeler à l'opinion publique que les femmes sont en droit de bénéficier au même titre que les hommes du souffle de liberté et de dignité qui gagne cette région du monde.

Depuis toujours, les femmes mènent des luttes pour obtenir des acquis, plus ou moins importants selon les pays. Mais ces acquis demeurent en deçà de leurs aspirations et font de leur statut un des plus reculés dans le monde.
Les violences demeurent répandues tant dans l'espace public que privé et très peu de mesures sont prises pour mettre fin à ce fléau.
Les codes de la famille ne sont dans la plupart des pays arabes que des textes instituant l'exclusion et la discrimination.
Les autres lois que sont le code de la nationalité, certains codes civils et les lois pénales ne font que renforcer ces discriminations. Ces lois violent les droits les plus élémentaires et les libertés fondamentales des femmes et des fillettes par l'usage de la polygamie, le mariage des mineures, les inégalités en matière de mariage, de divorce, de tutelle sur les enfants ou encore l'accès à la propriété et à l'héritage.
Certaines lois permettent même à la parentèle masculine de tuer des femmes et des filles avec le bénéfice de circonstances atténuantes dans le cadre des crimes d'honneur.
Si la majorité des pays arabes (à l'exception du Soudan, et de la Somalie) a ratifié avec plus ou moins d'empressement la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Cedaw), adoptée par l'ONU en 1979, ces ratifications sont restées sans impact réel sur le statut et la condition des femmes.

Aujourd'hui que le monde arabe est en phase de construction démocratique pour la consolidation de l'Etat de droit et des droits humains, nous considérons que si l'égalité ne peut se réaliser sans la démocratie, la pleine jouissance de cette démocratie ne peut se réaliser sans une égalité totale entre les hommes et les femmes.
C'est pourquoi nous appelons les Etats, les partis politiques et la société civile dans ces pays à tout faire pour que la dignité des femmes et leur égalité avec les hommes ne soient pas une fois de plus sacrifiées au nom de prétendues priorités.
Aucune démocratie en effet ne peut se construire au détriment de la moitié de la société. 

Ensemble nous avons fait notre présent, ensemble nous construirons un avenir meilleur.
Nous exigeons :
- la préservation des acquis, l'égalité totale et effective et l'inscription des droits des femmes dans les constitutions ;
- les mesures législatives et administratives afin d'éradiquer les violences faites aux femmes ;
- la ratification et le respect de la Cedaw sans réserve dans son esprit et dans toutes ses implications concrètes ;
- l'adoption de lois qui protègent les femmes des inégalités sociales et économiques, des discriminations, en particulier familiale ;
- les mesures d'action positive afin d'assurer l'accès des femmes aux postes de décision et à leur pleine participation à la vie politique et associative ;
- la dénonciation des voix qui s'élèvent ici et là pour discriminer les femmes au nom d'une lecture rétrograde des préceptes religieux ainsi que celles qui voudraient leur interdire une participation pleine et entière à une vie digne et respectueuse des droits humains ;

Les huit signataires de l'appel :
- Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), tunisienne ;
- Bochra Belhadj Hmida, avocate, cofondatrice et ex-présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates, tunisienne ;
- Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste, égyptienne ;
- Nawal El Saadawi, médecin psychiatre, écrivain et féministe historique, égyptienne ;
- Tahani Rached, réalisatrice, égyptienne ;
- Samar Yazbek, écrivain, syrienne ;
- Azza Kamel Maghur, avocate internationale et membre du Conseil Libyen des Droits de l'Homme, libyenne ;
- Wassyla Tamzali, féministe et essayiste, algérienne.
Soutenues par :
Sylviane Agacinski, philosophe ; Keren Ann, chanteuse ; Elisabeth Badinter, philosophe ; Josiane Balasko, comédienne ; Juliette Binoche, comédienne ; Dominique Blanc, comédienne ; Louis Chedid, chanteur ; Umberto Eco, écrivain ; Marianne Faithfull, chanteuse ; René Frydman, obstétricien ; Juliette Gréco, chanteuse ; Claudie Haigneré, astronaute et femme politique ; Françoise Héritier, anthropologue ; Isabelle Huppert, comédienne ; Axel Kahn, généticien ; La Grande Sophie, chanteuse ; Talisma Nasreen, écrivain ; Olivia Ruiz, chanteuse ; Rayhana, auteure et comédienne ; Annette Wieviorka, historienne ; Mazarine Pingeot, professeure de philosophie et écrivain ; Catherine Deneuve, comédienne ; Benjamin Biolay, chanteur-compositeur.
L'appel peut être signé par tout citoyen. La pétition sera remise au Président du Conseil Européen à l'occasion du Sommet des chefs d'état et de gouvernement de l'Union Européenne à Bruxelles, le 25 mai 2012. Signez cette pétition en ligne

Publié sur le site du journal "Le Monde", le 8 mars 2012

15 mars 2012

Connaissez-vous ce charmant pays (suite) ?



La devinette du mois
- mars 2012

Nouvelle devinette, dans la série inaugurée l'année dernière : il s'agit de deviner un pays musulman d'après l'architecture, typique, de sa capitale ou d'une grande ville.

Celle-là est encore assez difficile ... oui, il s'agit bien d'un pays musulman, mais l'architecture des immeubles ne vous aidera pas beaucoup ; ceci étant, toutes les métropoles en terre d'islam n'ont pas un horizon couvert de minarets ou de coupoles de mosquées ! Précisons juste deux choses : ce n'est pas une capitale ; cette métropole se trouve au bord de la Méditerranée. Comme d'habitude, mails bienvenus à l'adresse du blog : rencontre@noos.fr. Les centaines d'amis de mon réseau FaceBook pourront aussi répondre sur mon page, où je mettrai un lien. Le résultat sera donné avec la prochaine devinette, le mois prochain.

Quand à la devinette précédente, il s'agissait de Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan ! Pas facile à trouver, mais j'ai quand même eu la bonne réponse sur ma page FaceBook ... après pas mal de tâtonnements !

J.C