31 juillet 2007

On déblogue pour trois semaines

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Ouf, ça y est ...
Un petit repos bien mérité pour le blog et son éditeur ...
Je vous souhaite à tous, amis lecteurs réguliers ou occasionnels, d'excellentes vacances si vous partez, et bon courage si vous rentrez.
Peut-être en profiterez-vous pour découvrir l'un des ouvrages évoqués à "Rencontre", et que je vous ai rappelés ici cette semaine ? Pour ma part, le programme est fort copieux : Afghanistan, Pakistan, Islam de France, Concurrence des mémoires, Histoire des Juifs de Tunisie ... autant de lectures fort diverses et qui seront au menu des émissions de la rentrée !
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Je vous donne donc rendez-vous sur le blog le jeudi 23 août, dans trois semaines. Et sur les ondes le dimanche 26 à 9h30, pour mon émission programmée avec Chawki Freiha sur le thème : "Que se passe-t-il au Liban ?".
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Nos rendez-vous du mois d’août : Thérèse Delpech le 12 (l'Iran et la bombe) ; Chawki Freiha le 26 (un point sur le Liban)

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L’été est traditionnellement une période de programmation au ralenti sur les chaînes de radio ... et souvent de rediffusions.
Après vous avoir permis de réentendre une émouvante interview d’il y a 6 ans avec André Chouraqui dimanche dernier, j’ai pensé qu’il serait utile - pour ceux qui l’aurait ratée - de découvrir mon émission avec Thérèse Delpech, spécialiste internationalement reconnue dans les domaines de la géostratégie et du nucléaire, à propos de l’Iran, danger numéro pour Israël dans les prochaines années. Relire à ce sujet dans le blog les posts de présentation déjà publiés (lire ici et et encore là).
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Par ailleurs, le Liban a fait et fera probablement encore, hélas, parler de lui ... Risques de nouvelle guerre avec un Hezbollah fanatique et persuadé d’avoir gagné la guerre de l’été dernier ; blocage constitutionnel total, l’opposition pro syrienne cherchant à tout prix à empêcher un procès des assassins de Rafic Hariri sur le court terme, et à renverser le gouvernement au profit de l’axe Téhéran-Damas sur le moyen terme. Sans parler de la guerre ouverte menée pendant deux mois par l’armée contre la filiale locale d’Al-Qaïda, dans le camp palestinien de Nahr El Bared, ou du premier attentant contre la FINUL au Sud Liban ! Pour parler de cette actualité très riche, mon invité sera Chawki Freiha, un journaliste franco-libanais que j’ai déjà reçu à plusieurs reprises pour parler de ce pays, et dont des centaines de lecteurs réguliers apprécient le site très intéressant, « mediarabe.info » en lien permanent sur mon blog.
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30 juillet 2007

Des lectures pour les vacances

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Comme l’année dernière à la même époque, je vous propose ci-dessous une compilation de liens vers des présentations d’ouvrages, à lire en profitant - enfin ! - d’un peu de temps, à l’air frais de la montagne ou sur une chaise longue, au bord d’une piscine ...

Ces livres ont pour la plupart fait l’objet d’émissions passées de ma série « Rencontre ». Certains ont été évoqués sur le blog, mais restent à lire en ce qui me concerne (les éditeurs m’envahissent d’envois divers, et j’avoue avoir du mal à conserver le rythme). Enfin, je vous indiquerai des excellentes critiques d’ouvrages qui seront traités à la rentrée sur Judaïques FM.

1. Rappel sur ma compilation de l’été dernier

Quinze références de livres vous sont accessibles, au travers de mes présentations d’émissions.

2. Livres sur la Turquie

Je vous en avais présenté une compilation dans cet article, publié dans le cadre du dossier spécial consacré à ce pays, en mars 2007.

3. Livres traités depuis l’été 2006

"Iran, le choc des ambitions" (Editions Aquilon), de Houchang Nahavandi
"Choc ou dialogue des cultures ... " (Editions Auteurs du Monde) de Jacques Eladan
"Histoire du Maroc depuis l'indépendance" (Editions La Découverte) de Pierre Vermeren
"L'Iran, la bombe et la démission des nations" (Editions Autrement) de Thérèse Delpech
"Quelle éducation face au radicalisme religieux ?" (Editions Dunod) de Dounia Bouzar
"Les trois exils, Juifs d'Algérie" (Editions Stock) de Benjamin Stora

4. Deux livres qui seront traités à la rentrée 2007

Un copieux programme de lecture m’attend, même si hélas je ne serai pas au bord d’une piscine ... mais voici déjà deux excellents compte - rendus, écrits par mon ami Jean-Pierre Allali sur le site du CRIF

"Entre Orient et Occident, Juifs et Musulmans en Tunisie" (Editions de l'Eclat), actes d’un colloque de la SHJT
"Mémoires vives" (Editions Bourin), de Eric Keslassy et Alexis Rosembaum

Bonnes lectures à tous !
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29 juillet 2007

Jolie photo, suite à confirmer

La Ligue Arabe reçue à Jérusalem,
25 juillet 2007 (photo Reuters)
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On a parlé d'une visite historique, et pourtant les visiteurs reçus à Jérusalem connaissaient bien les lieux ... Les deux Ministres des Affaires Etrangères que l'on voit ici réunis dans une poignée de mains symbolique à leur homologue israélienne Tzipi Livni, Abdalah Al-Qatib pour la Jordanie (à gauche) et Ahmed Aboul Gheit pour l'Egypte (à droite) représentaient d'abord deux Etats ayant conclu la Paix avec l'Etat juif.
Oui mais - et c'est là que l'on retrouve l'Orient compliqué, où la façon de dire les choses compte autant que ce que l'on dit - ils venaient aussi au titre de représentants de la Ligue Arabe, un organisme qui s'est distingué depuis près de 60 ans par son hostilité farouche à toute normalisation des relations. Il s'agissait, officiellement, de discuter du "Plan de Paix saoudien", qui offre - à des conditions certes pratiquement impossibles à accepter telles que par Israël - une normalisation totale. Ainsi, donc, et alors que rien de concret n'est encore officiellement négocié, Jérusalem aura eu comme présent un sommet tripartite que l'on peut analyser comme le fameux verre d'eau : à moitié plein, car c'était la première visite mandatée officiellement par tous les états arabes ; à moitié vide, car seuls sont venus ceux qui ont déjà normalisés leurs relations ...
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Sarko chez Kadhafi : deux réactions




Le pari Kadhafi
L'éditorial de Stéphane Marchand.
Publié le 27 juillet 2007 dans le journal « Le Figaro »

Faut-il fournir à la Libye des technologies nucléaires civiles, comme l'a proposé hier Nicolas Sarkozy au cours de sa visite à Tripoli ? C'est bien cette question qui est posée au lendemain de la signature par le président d'un projet de coopération dans les « applications pacifiques de l'énergie nucléaire ». À première vue, le dossier libyen est solide. Le pays a, en 2003, renoncé à tout programme nucléaire militaire. Il a signé le traité de non-prolifération, y compris un protocole additionnel qui donne aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique des droits de visite particulièrement contraignants. Depuis, ce pays, qui possède déjà un réacteur nucléaire de recherche, n'a fourni aucun motif d'inquiétude à l'AIEA.

Sur le plan diplomatique, ensuite, il est utile de démontrer aux régimes arabes que, lorsque l'on renonce à l'arme nucléaire, on peut espérer recevoir une aide en matière d'atome civil. Rien ne serait plus politiquement néfaste que de voir se creuser une fracture nucléaire entre le nord et le sud de la Méditerranée, entre pays « fiables » et pays « douteux », sauf à alimenter le clash de civilisations, qui mine déjà assez la planète comme ça. Et puis, pour l'Europe et la France, la Libye est un pays important car ses pétrodollars lui achètent une influence non négligeable au Tchad et au Soudan, deux pays qui compteront le jour venu dans le règlement du conflit du Darfour. En Afrique et dans le Sahel, la France l'a appris à ses dépens, Tripoli peut jouer, au choix, un rôle stabilisateur ou gravement perturbateur.

Malheureusement, en matière de nucléaire, les arguments rationnels ont leurs limites. À la grande époque de l'amitié avec l'Irak, la France avait fourni à Saddam Hussein, vanté à l'époque comme un réformateur moderne, une centrale dont on imagine avec effroi à quoi elle aurait pu servir si l'aviation israélienne ne l'avait pas détruite en 1981. Plus récemment, la République islamique d'Iran a prouvé au monde qu'un pays signataire du TNP, protocole additionnel inclus, peut se fermer soudain aux inspections et laisser planer le spectre apocalyptique d'une dérive militaire de son programme, dérive au demeurant techniquement aisée.

Alors doit-on faire confiance au colonel Kadhafi, ce dirigeant qui fut longtemps un terroriste d'État, qui a cautionné la destruction d'au moins deux avions de ligne occidentaux, qui s'est amendé il y a peu et qui cherche aujourd'hui à rejoindre le « concert des Nations » ? La plus extrême prudence s'impose. La Libye reste une dictature, dénuée de tout contre- pouvoir et dominée par un homme pour le moins imprévisible. Même si des contrats considérables sont en jeu, même si l'uranium, dont regorge la Libye, est une matière première rare dont la France a besoin, force est de reconnaître que le dessalement de l'eau de mer fonctionne très bien sans énergie nucléaire. Il existe d'autres solutions. Une centrale thermique de cogénération suffit. Plus généralement, la pénétration du nucléaire civil au sud de la Méditerranée, en Algérie, au Maroc et bientôt en Égypte et en Libye n'est pas sans justification mais est aussi, dans une région à l'instabilité chronique, porteuse d'inquiétudes.

Stéphane Marchand
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27 juillet 2007

Do you know … this blog ?

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Oui, bien sûr, cela fait un peu prétentieux de vous poser cette question "in english" ; mais le "WEB 2" s’est d’abord développé outre-Atlantique, même si question nombre de blogs, la France se classe plutôt bien ...

Mais revenons à ma question : connaissez-vous CE blog ? Si vous êtes un visiteur furtif, sans doutes non car vous n’aurez pas (encore) eu la curiosité d’aller vous promener parmi les plus de 540 articles déjà publiés. Mais, même si vous faites partie des quelques quinze pour cent de visiteurs "réguliers" (venant directement à l’adresse), il est probable que vous ignorez plusieurs outils, simples à utiliser et qui rendront votre lecture plus riche et plus agréable.

1. Comment naviguer ?

Vous pouvez lire le blog en suivant l’empilement, chronologique, des "posts" qui se suivent à mesure des publications. Si vous êtes curieux, vous pouvez consulter les archives depuis février 2005 (la colonne de droite en bas). Avec un peu de mémoire et pour les curieux, vous pourrez découvrir ainsi comment ce modeste media a couvert certains évènements récents, et dont vous vous souvenez. Mais avouons que cette procédure n’est pas très pratique ... Une manière beaucoup plus simple de lire tout ce qui a pu être mis en ligne sur un sujet donné, consiste à utiliser les liens ("libellés") placés à la fin de chaque article : un même "post" pouvant correspondre à plusieurs thématiques, la navigation vous permettra de découvrir très vite des dizaines d’articles.
A noter enfin que, si vous êtes "perdus" et si vous souhaitez revenir à la page d’accueil, vous pouvez soit cliquer sur le lien "home" (en bas à gauche), soit sur le titre du blog.

2. Comment lire une présentation plus agréable ?

La version podcastée par feedburner, dont je vous donne le lien ici , peut être retrouvée à partir de chaque page du blog en cliquant sur la petite icône carrée de couleur orange située en colonne de droite, sous le tag "technorati". Par rapport à la version directement lisible sur le « provider » blogger (adresse "blogspot"), elle présente l’avantage d’être beaucoup plus lisible, avec en particulier un texte bien centré. Par contre ne sont disponibles ni les liens externes, ni les liens vers les archives, articles récents et diverses icônes dont je vous parle plus loin.
A noter enfin, pour les "blogueurs" avertis, que cette version offre en haut de page une palette d’icônes permettant de "podcaster" les flux de mon blog vers les supports personnels que vous auriez construits sur une des plates-formes indiquées ("netvibe", "myyahoo", etc.).

3. Comment faire des recherches sur le blog ?

Vous recherchez un thème particulier (par exemple "chiisme" ou "Irak"), ou un nom propre ? Vous avez accès à une bibliothèque déjà riche de plusieurs centaines d’articles, en utilisant l’un ou l’autre des moteurs de recherche disponibles. D’abord celui fourni par l’hébergeur "blogger", sur le bandeau bleu foncé tout à fait en haut à gauche. Ensuite, celui fourni par le moteur de recherche de blogs "technorati", en allant sur la petite fenêtre située en colonne de droite, au dessus du tag vert du même nom (en anglais : "search this blog").

4. Comment envoyer un article à une connaissance ?

Il suffit de cliquer sur la petite enveloppe située en dessous de chaque « post » ... une boite de dialogue apparaît, il faut juste alors documenter votre adresse mail et celle de votre destinataire ... et vous pouvez même ajouter quelques phrases de commentaires !

5. Comment admirer (et enregistrer) une illustration ?

Vous l’avez sûrement remarqué, il suffit de promener sa souris de manière à ce que l’index passe sur une image pour voir apparaître différentes icônes, pour les fonctions : enregistrer l’image, l’envoyer, l’imprimer ; ou ouvrir le répertoire « mes images ». Là-dessus, il suffit de cliquer au dessus de l’illustration pour ouvrir une nouvelle page avec une vue agrandie de la photo (cela marche la plupart du temps, mais allez savoir pourquoi, des fois on retrouve le même format).
Je m’efforce d’illustrer la majorité des articles, et il y a de très jolies affiches de films, photos exotiques, reproductions d’oeuvres d’art ... dommage de ne pas en profiter !

6. Comment voter pour le blog ?

Vous pouvez cliquer sur la petite icône de "blogueparade" qui clignote, toujours en colonne de droite, c’est juste au dessus du bouton "blogstreet" et en dessous de l’image de la secrétaire souriante derrière sa machine à écrire (l’icône de "l’Electronic Frontier Foundation", une association américaine de défense des blogueurs). Autre site recueillant les votes, dont l'icône clignotante est plus visible : celui du "meilleur du Web", qui se trouve un peu en dessous de la précédente.

7. Etonnés par la petite jeune fille qui change souvent de tenue et donne la température ?

Je vous en ai déjà parlé il y a déjà presque un an et demi ... c’est une de mes mascottes, la "weatherpixie" ! Elle donne la température locale, c'est-à-dire celle de l’aéroport le plus proche, en l’occurrence celui de Roissy : comme cela, vous pouvez savoir - si vous me lisez de loin - s'il pleut ou s’il fait beau chez moi !

8. Etonnés aussi par les autres icônes ?

C’est vrai qu’il y en a beaucoup, et que ce serait lassant de toutes les énumérer ! Je les ai mises à mesure que j’ai enregistré le blog auprès de : moteurs de recherche ; catalogues de blogs et annuaires. Juste un mot à propos de la dernière bannière annimée ajoutée en début de semaine : elle est tirée d'un site de soutien aux trois malheureux soldats kidnappés l'année dernière (http://giladshalit.blogspot.com/) : Gilad Shalit par le Hamas, à Gaza ; Eldad Regev et Udi Godwasser par le Hezbollah, au Liban. En cliquant dessus, vous pourrez découvrir un diaporama très émouvant de ces trois captifs.

9. Et enfin, envie de faire une revue de presse ?

Vous avez déjà à votre disposition plus de 50 liens, aussi bien journaux que blogs, français et étrangers, et de droite comme de gauche ... Une des caractéristiques de mon adresse - et j’y tiens -, c’est (comme je l’ai souvent écrit) de ne pas faire de mes lecteurs des "hémiplégiques de la pensée". Je complèterai prochainement cette collection en respectant toujours la même éthique, qui est aussi celle de mon émission. En pratique, vous pouvez donc presque faire de mon blog une adresse portail, à utiliser au quotidien !
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25 juillet 2007

Le 29 juillet sur Judaiques FM, rediffusion d'une interview en hommage à André Chouraqui



J'ai publié dès le 9 juillet, date de sa disparition, un article rendant hommage à André Chouraqui (z"l). Je parlais notamment de l'interview diffusée le 15 juillet 2001 dans le cadre de notre série, où Emile Moatti et moi-même avions pu interviewer par téléphone cette très brillante personnalité, qui a tellement oeuvré pour la réconciliation entre Juifs et Chrétiens, puis entre Juifs et Musulmans.
J'avais heureusement conservé un enregistrement, comme pour la preque totalité de ma série, mais par chance celui-là, qui est ancien, avait été retranscrit en format mp3. Je l'ai réentendu avec émotion, et je peux vous dire qu'il est parfaitement audible et surtout qu'il n'a pas pris vraiment de rides malgré les années ...
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Bonne écoute, donc, dimanche prochain à 9h30 sur le 94.8FM en région parisienne, et partout dans le monde sur le site de la radio, http://www.judaiquesfm.com/.

24 juillet 2007

Libres !!!

Arrivée des infirmières bulgares à l’aéroport de Sofia, le 24 juillet 2007
(photo Reuters)
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Enfin ... Nous étions nombreux à douter hier encore, tant le chantage libyen semblait devoir durer et faire monter les enchères (voir sur le blog l’éditorial du journal « Le Monde », mis en ligne le 19 juillet). Interviewé ce matin par TF1, le Secrétaire Général de l’Elysée, Claude Guéant, devait même dire qu’il avait eu des doutes jusqu’à l’embarquement à Tripoli.

Enfin, après trop de photos de ces innocents prises derrière les barreaux de leur « cage » lors des différents procès, j’ai le plaisir de publier une photo symbolique de leur liberté, prise sur le tarmac de l’aéroport de Sofia : quoique de plus symbolique qu’un avion, aussi, pour évoquer un nouvel envol offert à ces malheureuses vies, brisées pendant huit ans et demi !

Demain, après le journal de 10 heures du matin sur Judaïques FM, l’un de leurs avocats, Maître Emmanuel Altit, sera interviewé pour tirer un trait final sur ce dossier. Je voudrais ici le remercier, et pour son travail, et pour son témoignage que les auditeurs auront pu entendre lors d’une émission mémorable de ma série, diffusée en janvier 2006. A l’époque, on parlait peu de cette affaire, très peu car elle n’était pas « politiquement correcte ». Autre Président de la République, autres engagements ...
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23 juillet 2007

Agression antisémite très violente à Paris, dans le dix-neuvième arrondissement

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C'est le genre d'information qui donne froid dans le dos ... Une agression antisémite violente, qui a grièvement blessé à la tête un malheureux jeune homme se rendant à l'office de fin de Shabbat, avant-hier samedi soir. Cela s'est passé dans mon arrondissement, à deux stations de métro de là où j'habite. Cela s'est passé à Paris, alors même que le lendemain la communauté nationale allait commémorer, Premier Ministre en tête, la rafle du Vel d'Hiv il y a soixante cinq ans : une fois de plus, il semble facile de dénoncer un antisémitisme autochtone et passé, et beaucoup plus difficile de dénoncer publiquement la violence présente, dès lors que - dans ce cas comme dans la quasi-totalité des cas récents - les agresseurs sont d'origine maghrébine ou africaine !
Je me dis, hélas, combien j'avais raison de parler de "grande illusion" dans mon article publié ici-même il y a à peine huit jours. Et je vous laisse lire, sans plus de commentaires, le communiqué publié aujourd'hui par mon ami Sammy Ghozlan, président du Bureau National de Vigilance contre l'Antisémitisme (BNVCA).

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Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisemitisme,denonce et condamne avec force l’agression violente et antisémite commise le samedi 21 juillet 2007 à 21h15, rue Armand Carrel à Paris 19°.
Alors qu’il se rendait à l’office du soir , le jeune Yossef Z ... âgé de 23 ans,marié, père d’un enfant, a été pris à partie par un automobiliste qu’il décrit comme une homme de forte corpulence,d’une trentaine d’années et d’origine maghrébine.
Selon la victime, le conducteur d’un véhicule de location qui l’a reconnu comme juif, du fait qu’il porte kippa et chapeau, est brusquemment sorti de son véhicule, proférant des injures antisémites - « Sale juif ... je vais te finir ... etc » - l’a frappé à coups de pieds et de poings, puis à ramassé un objet métallique sur le sol avec lequel il voulait lui « fracasser » la tête. Le jeune Yossef,a été libéré de son agresseur grâce à l’intervention de témoins qui auront relevé le numéro du véhicule qui s’enfuyait. Yossef grièvement blessé à la tête et au bras a été transporté à l’hôpital où une première ITT de 60 jours lui a été ordonnée. Six points de suture ont été opérés sur le crâne, et il souffre d’une fracture du cubitus. Selon Yossef, les enquêteurs ont retrouvé l’objet contondant dont s’est servi l’agresseur.
Comme le jeune Yossef, nous ne comprenons pas cette violence qui persiste et s’exprime avec haine et acharnement dès que l’antagoniste découvre que sa victime est d’origine juive.
La victime a déposé plainte. Nous demandons aux service de police d’identifier très rapidement l’auteur des violences antisémites, et nous réclamons des sanctions immédiates, très sevères et exemplaires.
Nous assurons Yossef et sa famille de notre soutien et lui souhaitons un prompt rétablissement.
En dépit des mesures prises par les institutions de la République, nous déplorons chaque jour un nombre constant de faits antisémites, dans la rue, dans les moyens de transport, parmi le voisinage, et même dans l’entreprise. Depuis septembre 2000, le juif continue d’être une cible vulnérable .
Cette situation devient intolérable. En Ile de France, elle est source de déplacement et d’exode de nombreux français juifs vers des zones qu’ils considèrent plus sûres pour eux et leurs enfants, désertant ainsi certains secteurs de la capitale ou de la banlieue.
Le BNVCA a décidé de suivre cette affaire avec la plus grande attention et d’apporter son soutien juridique et psychologique au jeune Yossef.

Le Président, Sammy Ghozlan
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Gérard Akoun, sur Judaïques FM : pour Rachida Dati !

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J'intitulerais cette chronique, « pour Rachida Dati », non parce que je partage ses options politiques, les idées qu'elle défend, les réformes de la justice, qu'elle propose à l'assemblée nationale, mais parce que je suis scandalisé par la campagne de dénigrement menée à son encontre, les critiques qui s'accompagnent de références à peine voilées à ses origines ou à la délinquance de ses frères dont on la rend comptable. Je suis, d'ailleurs, autant scandalisé, par les discours de soutien, prononcés par le Président de la République, par l'UMP, par ses collègues de gouvernement. Certains compliments, trop appuyés, desservent plus qu'ils ne servent celui, celle en l'occurrence, qui les reçoit. Mme Dati avait-elle besoin, que l'UMP salue le travail, qu'elle avait accompli ou que M. Devedjian salue sa force de caractère ? Plus personne, n'ignore son itinéraire, le courage, la volonté dont elle a fait preuve, le travail qu'elle a fourni pour réussir, alors qu'elle était issue d'un milieu défavorisé : un père ouvrier marocain, une mère algérienne analphabète, 10 frères et soeurs !. Un modèle d'intégration réussie, Nicolas Sarkozy en a fait, une icône républicaine, il l'a nommée Garde des Sceaux, un ministère régalien, celui de la justice un poste qui revient en général à un homme ou une femme politique expérimenté, surtout lorsqu'on veut faire aboutir, un lourd programme de réformes - dont certaines sont en panne depuis les années et que d'autres suscitent réserve, inquiétude, opposition. Le costume que lui a taillé Nicolas Sarkozy n'était-il pas trop large pour elle ? N'a-t-il pas fait une erreur de casting en lui confiant ce poste ? On peut, raisonnablement, se poser la question, quand on se rend compte de la pression qui pèse sur elle, de son inexpérience de son angoisse d'échouer et je ne crois pas, que des propos, comme ceux, que Nicolas Sarkozy a tenu le 13 juillet - « elle a une obligation de réussite parce que sa présence place Vendôme est un hommage à tous les enfants de France » - l'aident à surmonter ses difficultés, en particulier relationnelles, avec les différents milieux de la magistrature qui la ressentent comme une intruse, mise à cette place par le fait du prince. Elle est certes magistrate, mais elle ne sort pas de l’école de la magistrature !
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Une fois de plus, on est malheureusement obligé de constater qu'on est plus sévère, qu'on demande plus à une femme, et plus encore si elle est jeune et issue de l’immigration qu'à un homme. Dominique Sopo avait raison de dénoncer, je cite, « les réticences et les crispations, de la part d'une élite française, composée principalement d'hommes blancs de plus de 50 ans ». Nous avons eu, dans le gouvernement Villepin un ministre des affaires étrangères qui n'était guère brillant mais qui a enrichi, de ses bourdes diplomatiques le bêtisier du Quai d'Orsay, il n'a pas pour autant, été soumis au feu roulant de la critique, de ses amis et de ses adversaires comme ont pu l'être Ségolène Royal, hier, et Rachida Dati aujourd'hui.
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La garde des sceaux, ne fait peut-être pas le poids, mais elle applique le programme de Nicolas Sarkozy, à lui de faire en sorte qu'elle réussisse à s'imposer, à lui en donner le temps en ralentissant peut être le train des réformes de la justice parce qu’un échec de Rachida Dati consacrerait aussi l’échec de l’ouverture aux jeunes issus de l’immigration, une bonne mesure prise par Nicolas Sarkozy

Gérard Akoun
Chronique politique du 19 juillet 2007
Judaïque FM 94.8
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22 juillet 2007

Faites vous un cinéma sur le blog !


Et si vous vous accordiez une petite séance de cinéma sur le blog ?

Au fil des mois et depuis plus d'un an, j'ai mis en ligne un grand nombre de petites vidéos, "pêchées" sur Youtube ou sur Dailymotion ... Pour les lecteurs réguliers, ou pour ceux de passage ici, voici par exemple quelques sujets que vous pourrez trouver sous forme de (courtes) vidéos, avec à la fois l'image et le son !

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- Tina Arena chantant Bagdad, mais aussi des tubes de Farid El-Atrache, Patrick Bruel ou Ishtar du groupe Alabina ;

- Beaucoup plus sinistre, le Cheikh Hassan Nasrallah appelant ses troupes au "martyre" ... tandis qu'un autre leader libanais, Walid Joumblat, dit ce qu'il pense à la fois du Hezbollah, de la Syrie et de l'Iran ; dans la même veine, des discours des dirigeants du Hamas ;

- Mais aussi des émissions passionnantes sur France 2, à propos de l'affaire Redeker ou de Tariq Ramadan ... et des tas d'autres enregistrements à visionner !

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Pour cela, c'est très simple ! Cliquez sur l'un ou l'autre des libellés "Vidéo 2006" et "Vidéo 2007" en fin d'article : et vous découvrirez les archives vidéo actuelles du blog. Bon cinéma !

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20 juillet 2007

Encore de nouveaux liens !

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Chose promise, chose due : la liste des liens permanents vient de s’enrichir, de façon certes un peu plus modeste qu’à la fin de l’année dernière ... six nouvelles adresses, à découvrir ou à redécouvrir !

1 Deux blogs intéressants, pour commencer, dans des registres radicalement différents

- Je vous avais parlé de « Léviathan » à propos d’un article éblouissant d’érudition et traitant de la Turquie, à l’occasion du dossier consacré à ce grand pays (lire ici). Depuis, d’autres analyses en profondeur ont été publiées à cette adresse, comme par exemple un rappel (élogieux) du Second Empire à propos ... de Sarkozy, vilipendé dans « Marianne » sous les traits d’un nouveau Napoléon III ! Toujours aussi brillant, le responsable du blog nous entraine à chaque nouvel article dans les coulisses de l'Histoire, française comme universelle.
- J’avais également évoqué le blog « Géopolitique biblique » qui donne de l'actualité une lecture vraiment juive (dans la tradition du "midrash") et tout à fait originale, à partir de la recherche de "signifiants cachés" derrière les noms propres ou communs qui font l’actualité. Un article récent est consacré d’ailleurs à Rachida Dati, notre nouveau Garde des Sceaux, et à la recherche de racines hébreux de son nom ... alors qu’elle n’est pas du tout juive - contrairement à ce que pensent, d’ailleurs, de nouveaux forcenés antisémites qui ne veulent pas accepter qu’elle soit musulmane, et aboutissent ainsi sur mon blog !

2. Une nouvelle radio en lien dont je vous invite à découvrir le site, superbe, Radio RCJ notre consoeur du 94.8 FM à Paris. Comme le disait la chanson de l’opérette « Un violon sur le toit », « Ah si j’étais riche ! » ... Ah, si Judaïques FM avait les mêmes moyens, nous aussi nous aurions un site plein de jolies photos en couleur, avec surtout la possibilité de réécouter des émissions récentes en podcasts. Là-dessus, et sans jalousie aucune, allez vite surfer chez nos confrères : vous entendrez des éditorialistes de grande qualité, et surtout - au sens figuré cette fois - parlant sur la même longueur d’ondes « centriste » qui est celle de notre radio.

3. Restons dans les médias avec deux journaux, bien intéressants à visiter sur la Toile : l’un est arabe, l’autre israélien et les deux sont en langue anglaise !

- « Ashark Alawsat » (« Le Moyen Orient ») est un quotidien dont la version papier, en langue arabe, est éditée à Londres par des Saoudiens « libéraux ». On peut y lire, bien sûr, les pires critiques d’Israël comme les analyses les plus décapantes des échecs politiques du Monde arabe - et cela, sous la plume par exemple de grands éditorialistes comme Amir Taheri ou Abdelrahmane Al Rached, que vous avez pu apprécier sur mon blog.
- «Ynet News » est le site Internet du quotidien israélien « Yediot Aharonot » ("Les dernières nouvelles"). Très agréable à lire, avec ses photos, des reportages vidéos et une grande richesse en termes d’archives ou de liens divers, il est sur un plan formel un cran au dessus des deux sites concurrents déjà mis en lien, celui du « Haaretz » (de gauche) et du « Jerusalem Post » (de droite). Là-dessus - et c’est son point faible - il a un éventail d’éditorialistes qui donne le vertige, des plus « faucons » aux plus « colombes » !

4. Enfin, il était plus que temps de mettre en lien permanent « nuit d’orient », le site orientaliste d’Albert Soued, qui par ailleurs informe des milliers de lecteurs - par un mailing impressionnant et soutenu - de ses dernières publications : déjà des centaines d’articles sur le Monde arabe et l’islam, et un gros travail personnel aussi puisqu’il fournit des traductions de la presse américaine. Je me suis permis (en le citant bien sûr) de reprendre ici quelques uns de ses articles. Là-dessus, soyons également clairs : si cet ami orientaliste (qui a déjà été l’invité de « Rencontre ») rend hommage aux plus éclairés des Musulmans, il a une vision assez sombre de l’avenir de la région ... que je ne partage pas toujours !

19 juillet 2007

"Chantage libyen" : un éditorial impeccable du journal "Le Monde"

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Les lecteurs réguliers ou occasionnels de ce blog ont pu le constater : je n'apprécie pas, de manière générale, les prises de position de ce quotidien dit "de référence", et en particulier sa sensibilité à mi chemin entre les racines "chrétiennes de gauche" des origines du journal (avec une tendance à l'autoflagellation dès que sont abordées les questions de société) et un tiers-mondisme, certes un peu en retrait par rapport aux années Edwyn Plenel (qui a fait prendre, souvent, les vessies islamistes pour des lanternes progressistes) ...

Je n'en suis que plus libre de reconnaitre la qualité d'un éditorial tel que celui publié dans l'édition du 19 juillet, et qui traite de la "grâce" accordée aux infirmières bulgares et au médecin palestinien (naturalisé bulgare récemment par Sofia, pour bénéficier d'une future mise en liberté). On peut, hélas, mettre encore des guillemets à cette grâce, car ces six innocents sont encore emprisonnés ... et on ne sera tranquille que lorsqu'ils auront quitté la Libye.

Mais je vous laisse découvrir cet éditorial dans lequel je reconnais parfaitement mes propres sentiments, ayant largement traité de cette affaire ici (voir les articles sur le lien en libellé).

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La justice libyenne a décidé, mardi 17 juillet, de commuer en peine de prison à vie la sentence de mort qui avait été prononcée à l'encontre des cinq infirmières bulgares et du médecin palestino-bulgare détenus depuis 1999 sur l'accusation d'avoir inoculé volontairement le virus du sida à 438 enfants libyens. C'est une bonne nouvelle. Les pays européens, dont la France, ont raison de se réjouir d'une annonce qui laisse espérer un dénouement favorable à ce double drame, avec une éventuelle prochaine extradition des six prisonniers vers la Bulgarie.

Car il s'agit bien d'un double drame : celui des enfants libyens malades (dont 56 sont décédés) et de leurs proches ; celui des six employés médicaux étrangers pris dans la nasse d'un pouvoir libyen qui s'est livré à de sombres et cyniques calculs, relevant tour à tour de la prise d'otages et du racket à l'échelle internationale. Ces infirmières, ce médecin, aujourd'hui tous ressortissants de l'Union européenne, puisque la Bulgarie en est membre depuis le 1er janvier, ont toujours clamé leur innocence. Leurs aveux, lors du simulacre de procès organisé en Libye, ont été arrachés sous la torture : passages à tabac, chocs électriques, sévices sexuels.
Si la justice libyenne a décidé de faire jouer des notions traditionnelles de "pardon du sang" présentes dans la culture islamique pour commuer la peine, en se basant sur l'assentiment des familles des enfants malades, il n'en reste pas moins que les six prisonniers restent jugés coupables. Ils n'ont pas été blanchis, ce qui en soi est un scandale. Des experts éminents du sida, comme le professeur Montagnier, ont en effet démontré que l'accusation était absurde, et que l'infection des enfants était due aux conditions sanitaires déplorables de l'hôpital de Benghazi.
Nicolas Sarkozy pourrait prochainement se rendre en Libye, dans le cadre d'une tournée africaine, a-t-on appris de source libyenne, sans que l'Elysée, mercredi 18 juillet au matin, n'ait souhaité commenter. M. Sarkozy avait auparavant, le 12 juillet, dépêché son épouse Cécilia auprès du "Guide" libyen. Ce voyage a été perçu, à juste titre, par ceux qui, à Bruxelles, au niveau européen, ne ménageaient pas leurs efforts depuis longtemps sur le dossier des infirmières, comme une tentative de récupération médiatique.
Au-delà des déclarations de satisfaction qui ne manqueront pas de s'exprimer si les six prisonniers rentrent dans leur pays, bien des questions restent sans réponse. On peut ainsi se demander jusqu'où, en réalité, les pays européens qui ont versé d'importantes sommes d'argent au régime de Tripoli, d'autres ayant effacé des créances qu'ils tenaient sur la Libye, ont cédé au chantage.

Le Monde, 19 juillet 2007

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16 juillet 2007

Toujours mieux référencé sur la Toile (suite)

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Je vous donne ces informations environ tous les six mois, ce n’est donc pas vous imposer un pensum trop lourd ... mais cela fait plaisir de constater que, peu à peu, « rencontrejudaiquesfm » fait partie des « incontournables » parmi les blogs juifs francophones ! Impossible, en conséquence, de vous lister toutes les adresses où il figure en lien ponctuel ou permanent, mais on peut faire un point ... et vous signaler quelques « confrères » à visiter !

1. A tout seigneur, tout honneur : commençons par Technorati, la « Rolls » parmi les moteurs de recherches de blogs. Comme vous pourrez le constater en cliquant ici, 79 liens menant à mon adresse sont maintenant référencés. Au 4 juillet, Technorati m’accordait la note « 14 » en terme d’autorité, tandis que le rang global se situait au rang 450.641, parmi des dizaines de millions d’adresses enregistrées.

2. Je vous ai souvent mentionné le blog « Politique Arabe de la France » (PAF), en lien permanent, qui présente dans un menu déroulant les mises à jour d’autres sites, dont le mien. A signaler l’apparition récente d’une nouvel « aggrégateur » communautaire, « Juif.org », dont la lecture est très claire et qui donne, également, une compilation des nouveautés sur les blogs, dont le mien : une adresse qui méritera de figurer, bientôt, parmi mes liens permanents !

3. Repérée grâce à de nombreuses visites, hélas d’internautes aux probables tendances antisémites, cette page du site « ardkor answers » ... pour répondre aux curieux voulant savoir, si, vraiment, Sarkozy est juif. Avec beaucoup d’ironie, le rédacteur commence par flatter les instincts racistes de certains visiteurs, avant de les mener vers mon fameux post de décembre dernier, intitulé « le fromage de Hollande est-il casher ? ».

4. Enfin, je voudrais rendre hommage au site http://www.sefarad.org/ (institut sefarade européen, en lien permanent). Basé en Belgique, cette adresse très dynamique met en ligne quotidiennement des forums très actifs, fréquentés par des centaines de participants - et, très souvent, des articles tirés de mon blog font l’objet d’échanges entre internautes. Merci, et bravo pour votre travail !
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15 juillet 2007

Jacques Chirac, ou "la grande illusion"

Photo souvenir prise à l'entrée de l'exposition
"le Temps des Rafles", mars 1992
Jacques Chirac, Maire de Paris,
inauguration de l'exposition, 27 mars 1992
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C'était il y a un peu plus de quinze ans (que le temps passe vite !).

Les deux personnages (en ne parlant pas de la responsable des activités culturelles de l'Hôtel de Ville de Paris photographiée à la gauche du Maire de l'époque, et dont j'ai malheureusement oublié le nom) sont donc, notre ex-Président - même pas sexagénaire à l'époque - et, sur la photo du dessus ... votre serviteur, lui aussi beaucoup plus jeune : vous avez compris que je vais, enfin, vous parler du contact personnel que j'ai eu avec Jacques Chirac, ce contact évoqué à plusieurs reprises sur ce blog ; et dont je ne voulais pas parler, par pudeur tant qu'il était encore à la tête de l'Etat - mais que je peux faire tranquillement aujourd'hui, deux mois après son départ de l'Elysée.

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Mais d'abord quelques mots pour me situer personnellement à cette époque là. Non pas par petite vanité personnelle, mais d'abord par respect pour les lecteurs du blog qui auraient un peu le tournis, en me voyant ici associé à une exposition sur la Shoah, alors que mon émission et son site support ont une toute autre thématique. A cette époque donc, plus précisément depuis la fin des années 80, le "virus juif" qui m'a contaminé dès la sortie de l'adolescence - et m'a toujours fait naviguer à titre bénévole dans le domaine culturel (et jamais dans le cultuel ou les jeux de pouvoirs communautaires) -, ce virus donc m'a fait traverser une période "Shoah" : à force d'avoir dévoré des tas d'ouvrages historiques, à force d'avoir eu la chance de côtoyer d'autres "mordus" (y compris un collectionneur exceptionnel de documents des années noires, Gérard Silvain, lui-même petit-fils de déporté), j'ai eu envie de transmettre au maximum de gens les mécanismes de l'horreur que j'avais découverts ; et je me suis enhardi en proposant à Serge Klarsfeld de monter, sous sa direction, une grande exposition commémorant le cinquantenaire de la déportation des Juifs de France. Je réalise à distance la chance exceptionnelle que j'ai eu, alors, d'être pris au sérieux par une autorité à la fois historique et morale comme lui ; et ensuite, donc, de travailler de façon acharnée sous l'autorité d'un homme qui avait été à la fois le bâtisseur de la mémoire juive de la déportation en France ; le militant exceptionnel ayant permis qu'elle soit reconnue et enseignée dans notre pays ; et l'avocat ayant obtenu la capture et le jugement de bourreaux emblématiques, de Lischka à Barbie en passant par Papon.

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Je n'avais alors comme modeste référence que l'organisation en 1983 d'une exposition qui avait eu un petit succès au petit "Musée d'Art Juif de Paris" (l'ancêtre du M.A.H.J), exposition consacrée au centenaire de Franz Kafka. Mais donc, en 1989, Serge Klarsfeld songeait lui même à une grande exposition pour mieux faire connaître au grand public les persécutions antisémites sous Vichy et l'Occupation ; et il a été intéressé par le premier canevas proposé par Gérard Silvain et moi-même. Secrétaire général, à l'époque, du C.D.J.C ("Centre de Documentation Juive Contemporaine", ancêtre de l'actuel "Mémorial de la Shoah"), il allait rapidement aider à constituer une équipe, à laquelle s'est joint le secrétaire général adjoint du Centre, Hubert Cain. Restait à trouver le lieu, qui devait être bien entendu public et non communautaire ; et les soutiens, à la fois financiers et logistiques, pour que ce soit une grande et belle exposition. C'est alors que je découvris la distance (pour faire court) qui séparait Serge Klarsfeld du Chef de l'Etat de l'époque, François Mitterand. Cinq ans avant que cette fin de règne ne soit éclaboussée par les révélations sur son passé "très à droite", son début de carrière à Vichy et surtout ses fidélités coupables envers le personnel politique de cette époque - au premier rang son ami René Bousquet, organisateur de la rafle du Vel d'Hiv -, je découvris donc que l'appui d'un ministère voire même de la Présidence de la République n'était ni possible, ni moralement tenable pour un tel projet. En substance, je découvris alors - et avec plusieurs années d'avance également, car le fameux discours du "Vel d'Hiv" de Jacques Chirac devait être prononcé juste après son élection, soit en juillet 1995 - que le leader le plus sensible au drame de la Shoah, le seul qui croyait nécessaire son enseignement en France ... était le Maire de Paris - "le plus courageux des hommes politiques français sur le sujet", comme devait le dire publiquement Serge Klarsfeld !

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Passons donc sur la préparation de l'expo, qui "mangea" une bonne partie de mes week-ends et loisirs pendant quelques six mois, et sur le rude bonheur de coordonner une équipe d'une douzaine de réalisateurs, relisant avec mon illustre "directeur" les textes de la quarantaine de panneaux, définissant avec les services techniques de la Ville de Paris l'iconographie et les mises en pages, et coordonnant au final le plan média ... les quarante mille visiteurs qui se sont pressés dans les salons de l'Hôtel de Ville pendant les quelques semaines de l'expo furent la plus belle des récompenses ! "Le Temps des Rafles" (idée de titre heureuse qui m'était venue) fit ensuite le tour de France pendant plusieurs années, et les visiteurs se comptèrent au final par centaines de milliers. Mais, au delà de l'oeuvre de Serge Klarsfeld et des F.F.D.J.F ("Fils et Filles des Déportés Juifs de France") qui se voyait ainsi courronnée, au delà de l'hommage aux disparus de la Shoah cinquante ans exactement après le départ du premier convoi en mars 1942, au delà des émotions fantastiques que j'ai connues alors - et qui m'ont donné l'impression que l'on pouvait faire "bouger les choses" à force de volonté -, je peux l'avouer aujourd'hui, cette exposition me laisse un souvenir un peu amer, m'évoquant le titre d'un film fameux, "La grande illusion" ...

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"Grande illusion", car j'éprouvais alors une vraie admiration pour ce futur Chef de l'Etat, découvert (certes rapidement) à l'occasion de la réunion où il accepta de permettre cette grande exposition, lors d'une réception accordée à des responsables de la communauté dont le Président du CRIF de l'époque, Jean Kahn. Chaleureux, simple, direct. Réellement impliqué par notre projet, mettant tous les moyens de l'Hôtel de Ville à notre disposition, ... comment ne pas lui en éprouver de la reconnaissance ? Comment ne pas être touché par ce Maire d'une grande capitale, ayant visité et revisité l'expo, et parfois même accompagné des lycéens en visite guidée ? Le Chirac de l'époque annonçait vraiment celui du discours du Vel d'Hiv. Hélas, il n'annonçait pas (mais cela n'a rien à voir) le bilan décevant qu'il laisserait après douze ans de règne. Mais surtout, il n'annonçait pas le Président bien hésitant au début des agressions antisémites de 2000 à 2002, lorsque la communauté juive allait se sentir désespérément seule. Les mesures prises ensuite, la réaction de la police et de la justice ont été incontestables lors de son second mandat - mais les Juifs ont plutôt éprouvé de la reconnaissance pour le Ministre de l'Intérieur, celui-là même qui vient d'entrer à l'Elysée ...

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"Grande illusion", aussi et hélas, devant la naïveté qu'il y avait, aussi, à oublier "Chirac d'Arabie", le personnage évoqué ici dans des articles reprenant des extraits du livre féroce du même nom. N'insistons pas : au delà des amitiés douteuses ou des intérêts, j'y vois surtout le Chirac sentimental, celui qui prend par instinct la défense de ceux qu'il estime les plus faibles : pauvres persécutés de la Shoah, honorés à titre posthume comme ils le méritaient, certes ; mais aussi, "pauvres Palestiniens", jugés plus sympathiques que les Israéliens, les "Goliath" d'aujourd'hui - avarie connue, qui explique l'absence presque totale d'empathie des Français, et au delà, hélas, de la majorité des Européens vis à vis de l'Etat juif dont on ne veut pas voir la fragilité. Jacques Chirac a fait passer, directement ou par ses réseaux de pouvoir ou d'information, la pire image qu'il soit de la partie du peuple juif indépendante dans son pays ; éclaboussant ainsi (même sans le vouloir), les Juifs d'ici, mal vus car refusant de hurler avec les loups : un splendide gâchis !

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Mais "grande illusion" surtout, et au delà de Chirac, face au "politiquement correct" français, cette gangue intellectuelle qui anesthésie toute réflexion et dont je désespère de la moindre évolution (malgré l'élection de Nicolas Sarkozy), tant elle est partagée à la fois par la Droite et par la Gauche. En gros, je pensais (cf. la photo du haut) que, en présentant des photos comme celle devant laquelle je posais, le public aurait la maturité de traduire le fameux "plus jamais cela" en : "faisons tout pour éviter de donner du pouvoir à d'autres nazis". Pas seulement en refusant ses suffrages au Front National, par exemple, mais aussi en refusant de céder à d'autres menaces, sous d'autres couleurs ... par exemple, le "nazislamisme", négationniste et peut-être demain nucléaire de l'Iran. J'en doute beaucoup aujourd'hui, tant il parait difficile de faire reconnaitre en France des ennemis autres que l'Amérique, tellement haïe. Et puis, de façon plus directe, il y a eu une telle indifférence du public après les agressions physiques et morales dont ont a été abreuvée la minorité juive vivant ici, que je ne suis plus certain des vertus pédagogiques des expositions, livres et films innombrables produits sur la Shoah : verser quelques larmes en souvenir d'autres Juifs, ceux-là tués il y longtemps, ne coûte pas trop cher ; et dispense d'une vraie solidarité envers les Juifs menacés d'aujourd'hui.

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12 juillet 2007

Reconstructions, un an après la guerre …

Avant, après ...Photos tirées
du site du journal Yediot Aharonot
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Il y a tout juste un an, le mercredi 12 juillet 2006, débutait la « Deuxième Guerre du Liban », suite à l’agression du Hezbollah, kidnappant en territoire israélien deux soldats de Tsahal et en tuant huit. Une guerre dont je vous ai abondamment parlé à l’époque, et dont l’état juif conserve un souvenir traumatisant - de façon excessive à mon humble avis : car à force d’exposer ainsi ses doutes, l’ennemi (iranien ou syrien) risque de se croire invincible et de réattaquer très bientôt, mais ceci est un autre débat ...

Je voudrais juste vous parler d’un domaine où, au moins, les plaies ont été vite soignées : celui des destructions dues aux bombardements par les « katiouchot » des terroristes libanais. Le site Internet du journal « Yediot Aharonot » publie des photos des reconstructions déjà réalisées, vous les trouverez en allant sur ce lien et j’en ai tiré l’illustration de cet article.
Vous souvenez-vous de la vidéo que j’avais mise en ligne et qui illustrait l’arrivée d’un missile sur un immeuble de Haïfa (revoir la vidéo) ? A en juger par l’état du bâtiment, on pouvait penser qu’il était définitivement démoli ... comme quoi, Israël reste une terre de miracles, n’en déplaise à ses innombrables ennemis !

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11 juillet 2007

Années noires sous Vichy, Guerre d’Algérie : nous finirons le 15 juillet notre interview de Benjamin Stora

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Je vous avais présenté (voir « post » du 25 juin) le dernier livre de Benjamin Stora, dont je vous recommande vivement la lecture ("Les trois exils, Juifs d'Algérie", Editions Stock).

Comme vous le savez, j’ai décidé d’y consacrer deux émissions, et celle diffusée le 15 juillet achèvera donc cette « saga » de deux siècles couverte par le bouquin : nous parlerons de la période la plus douloureuse, celle de Vichy (« l’exil hors de la citoyenneté française »), puis celle de la Guerre d’Algérie qui devait précéder « l’exil physique, hors de la terre natale ».

Comment la communauté juive s’est-elle organisée pour tenir le coup sous la répression de Vichy ? Pourquoi a-t-elle attendu un an pour retrouver ses droits après le débarquement allié de 1942 ? Quelles ont été à ce moment là les relations avec les Musulmans ? L’antisémitisme dans le mouvement national algérien était-il déjà apparent ? Pourquoi y a-t-il eu tout de suite un dialogue de sourds entre le FLN et les Juifs algériens ? Ceux-ci ont-ils été les victimes d’une violence particulière, de la part de l’insurrection, puis de l’OAS ? Comment se fait-il que cette communauté ne se soit pas construite une mémoire autonome, contrairement aux Juifs de Tunisie et du Maroc ?
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Comme la précédente, cette émission a été pré enregistrée : et vous verrez que mon entretien avec Benjamin Stora a été vraiment passionnant !

09 juillet 2007

André Chouraqui, in memoriam

Photo tirée du site d'André Chouraqui
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C’est avec peine que je viens d’apprendre la disparition, ce 9 juillet, d’André Chouraqui, écrivain, grand humaniste et militant infatigable du dialogue interreligieux.

Je ne l’aurais jamais rencontré en tête à tête, mais me reviennent en mémoire un discours, prononcé à l’occasion d’une manifestation communautaire à l’Hôtel de Ville de Paris, et surtout une émission, diffusée le 15 juillet 2001 sur Judaïques FM. J’avais intitulé ce numéro « Un message de Paix depuis Jérusalem », et effectivement c’est depuis la capitale israélienne que nous avions eu au bout du fil cette personnalité exceptionnelle, Emile Moatti - qui était un ami de l’invité et avait assuré le contact -, et moi-même. « Message de Paix » à remettre dans le contexte : neuf mois après l’éclatement de « l’Intifada des Mosquées », nous nous bercions de l’illusion que ce n’était qu’une vague de violence limitée dans le temps - il est vrai que la terreur dans les villes d’Israël, et singulièrement à Jérusalem où vivait André Chouraqui, n’avait pas encore atteint son paroxysme ... Je me souviens, aussi, l’avoir évoqué l’année suivante en recevant un invité algérien exceptionnel de courage, l’écrivain et homme de théâtre Slimane Benaïssa, qui alla en Israël à sa rencontre - ils publièrent ensemble la pièce « l’avenir oublié » !

Né en 1917 à Ain-Temouchent en Algérie, installé depuis 1958 à Jérusalem, Chouraqui a eu une existence extraordinairement riche, construisant année après année une personnalité pluridimensionnelle, à la fois intellectuel français, acteur juif engagé et oriental inconsolable de ses racines nord-africaines ... une triple dimension, propre aux Juifs de ce pays et évoquée lors de mes dernières interviews de l’historien Benjamin Stora, dont on entendra la deuxième partie dimanche prochain. Sa carrière d’écrivain, très prolifique, a été nourrie par des responsabilités concrètes, puisqu’il fut successivement Secrétaire Général Adjoint de l’Alliance Israélite Universelle, Président de l’Alliance Française de Jérusalem et Maire adjoint de cette ville. Il fut également un des pères fondateurs de la « Fraternité d’Abraham » évoquée en lien sur ce blog à l’occasion de son quarantième anniversaire. A la fois utopiste et généreux, il a vécu près d’un demi-siècle dans la Ville Sainte, rempli d’une curiosité féconde pour les deux autres religions monothéistes, le christianisme et l’islam : c’est ainsi, en particulier, qu’il a publié des traductions monumentales, à la fois des Evangiles et du Coran ! Il a également écrit une « lettre à un ami arabe » (1968), qui date bien sûr un peu avec la distance. Et nous lui devons, aussi, une monumentale "Histoire des Juifs d'Afrique du Nord", qui a connu plusieurs rééditions.

Je ne peux que vous recommander de visiter le site qui lui est consacré en allant à cette adresse ... un site extraordinairement riche, avec une bibliographie très complète et une anthologie comprenant, en particulier, un extrait de sa "lettre à un ami arabe".
Pour être tout à fait complet, il faut aussi dire qu’il avait rêvé il y a quelques années à une « confédération à deux ou trois - Israël, Palestine, Jordanie - têtes », ayant Jérusalem comme capitale (lire ici) ... mais avait-il conservé de telles idées utopiques, après les terribles années que vient de vivre le Proche-Orient ?
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Magdi Allam, l’ami d’Israël venu d’Egypte

Le journaliste Magdi Allam,
rédacteur en chef adjoint du
"Corriere della Sera"

Le quotidien israélien « Haaretz » avait trouvé un titre plus percutant pour sa longue interview, publiée le 2 juillet et consacrée à cette personnalité auquel j’essayerai ici, modestement, de rendre hommage à mon tour : « Musulman, Italien et Sioniste » ... On pourra lire l’article intégral (en anglais, bien sûr) en allant sur ce lien. Et j’en publie ici quelques extraits, en traduction libre.
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Agé de 55 ans, cet Egyptien d’origine est devenu un citoyen italien, ayant brillamment réussi dans le journalisme puisqu’il est le rédacteur en chef adjoint du « Corriere della Sera ». On parle beaucoup de lui depuis la parution de son livre « Viva Israele » qui est très vite devenu un best seller en Italie (à noter entre parenthèses que ce succès traduit aussi - mais il faudra y revenir -, ce que des sondages d’opinion transnationaux traduisent bien, à savoir le maintien relatif de l’image de l’état juif chez nos amis italiens, contrairement par exemple à l’Espagne ou au Royaume Uni, où cette image est désastreuse).

Magdi Allam n’écrit pas, dans le fond, de choses extraordinaires dans son ouvrage, mais certaines évidences deviennent dures à exprimer : premièrement, Israël a le droit d’exister ; deuxièmement, le déni de ce droit est lié à la « culture de la mort », véhiculée par l’islam fondamentaliste, et cette « culture de la mort » a conduit à nier la sanctification de la vie ; troisièmement et en conséquence, Israël est devenu un « paramètre éthique » qui sépare les amoureux de la civilisation et ceux qui prêchent une idéologie de mort ; quatrièmement - et le journaliste tient à en convaincre ses lecteurs - cette culture haineuse et morbide n’est pas inscrite dans « l’ADN de l’islam » !

La trajectoire personnelle de Magdi Allam rend encore plus remarquable de telles prises de positions, qui lui valent aujourd’hui une condamnation à mort de la part du Hamas ... « Le Sionisme était pour moi un mot grossier pendant de longues années », dit-il dans son livre. Longtemps, il a considéré Israël comme une entité raciste, colonialiste, immorale, et il a accepté les méthodes terroristes de l’OLP d’Arafat. Venu en Italie très jeune (en 1972), il a participé à d’innombrables manifestations pour la cause palestinienne. Ce fut au bout d’une longue et douloureuse réflexion qu’il est arrivé à la conclusion que c’est le long refus arabe de tout compromis qui avait, au final, fait le plus de mal aux Palestiniens ; et aussi que Arafat était un tyran mégalomane, corrompu et corrupteur. Magdi Allam voit dans le paysage ravagé de la Palestine d’aujourd’hui la preuve du manque total de clairvoyance des Américains qui ont laissé le Hamas, organisation terroriste, participer aux élections puis les gagner, avec l’illusion qu’il deviendrait un parti politique comme les autres ... Allant plus loin, il pense qu’Israël a eu tort de se retirer du Sud Liban puis de Gaza, car le problème n’est pas une question de territoires mais un défi existentiel - les Arabes refusant, encore et en majorité, son droit de vivre !

Dans son livre, le journaliste raconte aussi le traumatisme de la défaite arabe de 1967, qui a marqué la fin du panarabisme et la montée de l’islamisme. Il consacre trois chapitres à cette guerre, et à ses souvenirs d’adolescent dans les rues du Caire, qui était encore une ville pluraliste et relativement tolérante. Il fut arrêté par les « Muhabarat » (services secrets), en raison d’une romance avec une jeune fille juive - le premier vrai amour de sa vie ! Magdi Allam raconte aussi combien l’Egypte, qu’il a du fuir en 1972, lui manque et comment, hélas, le pays qu’il avait connu - celui des nouvelles de Naguib Mahfouz, des films de Youssef Shahin et des chansons d’Oum Kalsoum - n’existe plus. Il dit aussi ses craintes devant les réseaux islamistes en Europe, qui prolifèrent sous le manteau du « pluriculturalisme », et qui commencent à répandre la terreur, de Londres à Madrid en passant par Amsterdam.

« Pourquoi n’entend-on pas la voix des Musulmans modérés ? » lui demande le journaliste du « Haaretz ». « Parce qu’ils ont peur. Ils sont une minorité et ils ont peur », répond-il. « Mais ne vous faite pas d’illusions : même ces modérés qui condamnent le terrorisme islamiste pensent qu’il y a une « bonne terreur » qui massacre les Israéliens ».

Des paroles terribles. Comme lorsqu’il évoque les menaces de l’Iran, et qu’il dit - et qui a le courage de parler ainsi, même parmi nos amis non musulmans ? - « j’espère qu’un jour Israël capturera Ahamadinejad et le forcera à passer le restant de ses jours entre les Murs du Yad Vashem ».
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J’ai voulu compléter cette recension d’article par deux informations glanées en « surfant » sur le Web, et qui confirment combien Magdi Allam est une personnalité musulmane exceptionnelle.
Tout d’abord il a écrit un article très courageux, dans le « Corriere della Sera » à propos du film documentaire de Pierre Rehov, « L’exode silencieux », consacré à la disparition des communautés juives du monde arabe (lire en lien), un article à nouveau en anglais. Il écrit notamment ceci :
"En fait, ce film démontre que l’antisémitisme et les pogroms contre les Juifs du Moyen-Orient ont précédé la naissance de l’état d’Israël et l’avènement des idéologies pan arabiste et pan islamiste ; que la haine et la violence contre les Juifs ont pu venir d’une interprétation idéologique du Coran et de la vie du prophète Mahomet, lus hors contexte".
Ensuite, Magdi Allam n’est pas seulement un ami des Juifs, mais aussi un enfant du Moyen Orient effaré par la montée de l’intolérance contre les minorités, en particulier contre les Chrétiens qui aujourd’hui vivent un autre « exode silencieux » dans l’indifférence du Monde ... on ne sera pas donc étonné d'apprendre qu’il a organisé une grande manifestation en leur faveur, à Rome le 4 juillet. Manifestation à laquelle participait aussi (et c’est tout à son honneur), le Grand Rabbin Ricardo Di Segni.
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08 juillet 2007

Bons baisers de Paris !


Nicola Sarkozy prenant congé
de Tzipi Livni sur le perron de l'Elysée
(photo Reuters)
Les Ministres Tzipi Livni et
Mohamed Benaïssa, Paris le 4 juillet 2007
(photo Reuters)

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Les lecteurs fidèles du blog ont bien sûr remarqué que j'avais un faible pour la Ministre des Affaires Etrangères d'Israël ... dont on retrouvera de nombreuses photos en cliquant sur son nom en libellé. Là dessus, il y a des photos qui se passent de commentaires : on pressentait que les relations entre Paris et Jérusalem allaient se réchauffer, la "bise" de Sarko est donc de bon augure ... bien que notre Président, jeune et pas "collé-monté' comme ses prédécesseurs, la donne volontiers à des leaders femmes, d'Angela Merkel à Condoleeza Rice en passant donc par Tzipi Livni.

Mais la photo qui m'a fait encore plus plaisir est celle du dessous : la rencontre avec le chef de la diplomatie chérifienne annonce-t-il une reprise des relations officielles ? Il faut l'espérer, car le Maroc a déjà joué un rôle très positif dans les contacts avec le monde arabe, et il y a entre les deux pays une tradition de relations profondes, même si elles restent discrètes !

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On a écrit à l’adresse du blog !

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Petit rappel, pour les visiteurs distraits ... l’adresse de ce blog est donnée sur le chapeau de présentation, sous le titre : il faut donc écrire à rencontre@noos.fr .
Hélas, hélas (mais il s’agit d’une épidémie qui n’épargne ni les boites aux lettres personnelles, ni celles des sites), les « spams » envahisseurs nécessitent un pénible travail de tri, avant de dénicher - heureusement que cela arrive ! - des courriers intéressants.

Je voudrais en citer trois aujourd’hui. Et je suis particulièrement heureux de le faire, car ces lecteurs sont de trois origines différentes : preuve (s'il en fallait vraiment une), de l'esprit d'ouverture qui est la ligne à la fois de ce blog, et de mon émission sur Judaïques FM.

Tout d’abord un internaute tunisien a découvert, avec intérêt, mon dossier consacré à son (notre) pays natal le mois dernier. Monsieur Mourad Ben Abdallah m’a signalé ainsi un important travail coopératif dans le cadre de « Wikipedia », la fameuse encyclopédie en ligne dont la rédaction est réalisée, pierre par pierre, grâce au travail de milliers de contributeurs bénévoles. Il en a été de même, naturellement, pour la Tunisie (voir la présentation : Projet : Tunisie). Voir également plusieurs chapitres de ce site, traitant de sujets déjà abordés sur le blog, et qui donnent des informations extrêmement riches :
Histoire des Juifs en Tunisie ; Synagogue de la Ghriba ; Lycée Carnot de Tunis.

Ensuite, j’ai reçu un mail d’une journaliste travaillant pour une chaîne de radio hollandaise et basée à Bruxelles. Heidi Verdonck, journaliste chargée des émissions sur la religion musulmane, devait faire un reportage sur l’islam en France, et elle m’a contacté après avoir découvert mon blog. C’est avec plaisir que j’ai pu lui donner quelques coordonnées d’anciens invités à mon émission, qui lui ont permis de réaliser des interviews à Paris. A signaler, également, que cette journaliste édite un site, que je vous invite à découvrir en lien : comme moi, Heidi Verdonck croit aux échanges entre communautés, et j’ai particulièrement apprécié le fait qu’elle ait écrit un livre sur les Juifs du Maroc. J’espère l’avoir, dans quelques mois, comme invitée afin de parler des Musulmans dans son pays - qui a connu des troubles graves, au moment de l’assassinat de Théo Van Gogh.

Enfin, j’ai reçu un mail d’un lecteur fidèle qui édite lui-même un blog original : Arié Levy publie en effet « Géopolitique biblique » (voir en lien), un journal en ligne où sont maniées (et mêlées) des disciplines diverses, comme la psychanalyse, la généalogie, les commentaires d’actualité et l’étude de textes de la Torah ... Il a écrit un livre intitulé « Ismaël et ses frères » (Editions biblieurope) qui me parait bien intéressant : ci-après un extrait de sa présentation :
« Il démontre non seulement que l’Ancien Testament nous éclaire sur l’Actualité telle que nous la vivons au jour le jour, mais qu’en plus, « rien n’est nouveau sous le soleil », comme disait le roi Salomon, le monde actuel ressemble à pleurer au monde de la Genèse. A pleurer, parce qu’il n’est pas plus beau aujourd’hui qu’il ne l’était il y a cinq mille ans. »

Pas très réjouissant ... mais peut-être un beau sujet pour une interview !

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04 juillet 2007

Un programme "allégé" pour le mois de Juillet ...

Prêts pour les vacances ?

Parés à plonger, dans les flots bleus ou dans l'eau délicieusement javellisée d'une piscine ?

Il faudrait peut-être veiller rapidement à perdre quelques kilos, et cette publicité - clandestine - semble vous y inviter ...

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... non, redevenons un peu sérieux ! C'est le blog qui adopte un régime "light" pour les prochaines semaines, après un rythme bien soutenu de publications ces derniers temps ... Elections, présidentielles puis législatives ; dossiers spéciaux, en mars la Turquie, en juin la Tunisie : les visiteurs, réguliers ou occasionnels, auront eu bien de la lecture ... et je suis sûr que vous me pardonnerez, donc, de "lever un peu le pied", en attendant la petite pause estivale (en août), et en espérant bien sûr que de nouveaux évènements dramatiques (comme la deuxième guerre du Liban l'été dernier) ne me forceront pas à pianoter furieusement du clavier !

Moins de publications sur l'actualité ces prochaines semaines ; mais je publierai quelques articles un peu plus "légers" que d'habitude ; je mettrai en ligne des posts "chapeaux" vous invitant à découvrir ou redécouvrir des publications passées ; je vous rappelerai les outils que beaucoup semblent ignorer ; j'évoquerai, à nouveau, tout ce que "la boite noire" de cette petite machine révèle en termes de visites, de recherches et de localisation des "hits", et je vous dirai où en est mon "audimat" ; j'ajouterai aussi des nouveaux liens permanents à découvrir ; je vous donnerai un apperçu de la programmation de mon émission pour la rentrée, ainsi que des conseils de lecture ; et j'espère trouver le moyen d'ajouter - enfin ! - quelques embellissements à "votre" blog.

Prochain rendez-vous sur le site ... dimanche prochain, 8 juillet.

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03 juillet 2007

Rachida Dati : "quelle différence entre les juifs et moi ?"

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Bravo à Ivan Levaï ! Non seulement cette plume prestigieuse de la presse française continue encore, après des décennies de travail, à faire profiter de son talent le "grand public" qui peut l'entendre à la radio ou le lire. Mais aussi, pour le lectorat de ma communauté et bien au delà, il a su faire de "Tribune Juive" un mensuel à la fois riche, vivant et ouvert - des qualités que l'on trouve rarement conjuguées, hélas, dans la triste période de peurs et de replis que nous vivons.


Un coup de chapeau particulier au dernier numéro de "T.J" dont je reproduis la couverture, illustrée par le sourire lumineux de notre nouveau Garde des Sceaux, Rachida Dati - qui a eu aussi droit à la "une" de l'hebdomadaire "Le Point" comme de plusieurs journaux, et qui est un des nouveaux ministres les plus populaires ... ci-dessous un extrait d'où est tirée sa "phrase choc".


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T.J :

(...) Permettez-moi de vous demander ce que vous pensez des juifs de France, venus eux aussi d'ailleurs, et dont le judaïsme fait partie de l'identité ?

R.D :

Je me retrouve en eux. Comme je me retrouve dans toutes les pratiques fortes. Ce qui me plait dans la foi, c’est l’oecuménisme. Les rituels de religions monothéistes nous permettent de tout partager. J'étais dans une école catholique, je suis allée au catéchisme, j'assistais à la messe et participais aux fêtes sans recevoir les sacrements. Ma mère, Algérienne, n’ignorait rien des fêtes juives. Elle vivait à Oran, à Saint-Eugène, un quartier juif espagnol. Les uns et les autres ont beaucoup échangé, beaucoup partagé en vivant ensemble, musulmans, catholiques et juifs. Finalement, qu'y-a-t-il de différent entre un juif et moi ?

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Nota (ajouté le 9 juillet 2008) :

Vous avez été des centaines à venir sur cet article, après avoir fait la recherche « Rachida Dati juive » sur un moteur de recherche ... le contenu de cet article vous aura donc déçu.

Je vous invite donc vivement à lire sur ce lien un récent article de mon blog, qui répondra, je pense, à votre curiosité !

02 juillet 2007

La fiancée syrienne

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J'ai découvert il y a seulement quelques semaines ce film bouleversant, programmé sur une des chaînes télé du réseau cablé. Sorti sur les écrans en 2004, "La Fiancée syrienne" est un film israélien par sa direction, israélo-arabe par sa thématique, et franco-germano-israélien au niveau de sa production. En plus - et c'est un exemple trop rare pour ne pas être salué - c'est aussi le fruit d'une coopération interconfessionnelle, car il a été écrit à quatre mains par Eran Riklis (né en 1954), et Suha Arraf, sa jeune compatriote arabe (née en 1969).

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Mais laissons parler Eran Riklis qui présente son oeuvre, couronnée dans de nombreux festivals en France, en Belgique, en Suisse et au Canada ...

"La fiancée syrienne est une tentative de construire, modestement, un film sur l'amour. L'amour de la liberté, l'amour de l'esprit de la liberté, l'amour pour les paysages qui nous entourent tous, qui que nous soyons. Un amour pour les femmes qui combattent pour leur place dans le monde, un amour pour les peuples qui rêvent et espèrent, ici, à travers les frontières, partout (...). C'est un film à la fois optimiste et pessimiste".

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Tourné sur le plateau du Golan occupé par Israël depuis la Guerre des Six Jours, le film raconte ce qui aurait du être le plus beau jour de Mona, la "fiancée syrienne", une jeune fille druze habitant le village de Madjel Shams et que ses parents ont mariée à un artiste de variétés, vedette de la télévision de Damas et qu'elle n'avait jamais rencontré avant ... Ce sera en fait le pire jour de sa vie, car elle sait qu'une fois la frontière franchie, elle ne pourra plus jamais revenir ! Nous découvrons alors, au travers de son histoire, le poids des traditions (le fils renié car il a épousé une femme chrétienne), celui de la politique (le père de famille farouchement attaché à sa patrie d'origine), les dédales kafkaïens du passage d'une frontière entre deux pays en état de guerre (la gentille déléguée du CICR qui va et revient au travers de la zone gardée par les casques bleus, pour des malheureux tampons qui font problème) ; sans compter des personnages étrangers à ce lourd contexte politique et qui ont chacune ou chacun son agenda propre (l'autre fils, à la fois séducteur et magouilleur ; la soeur, malheureuse dans son couple, et qui ne rêve que d'aller étudier à Haifa, chez "l'ennemi") ...

Bref, personne n'est tout blanc ou tout noir, et les personnages - joués avec une sincérité criante par des acteurs juifs et arabes - ne sont pas les figures d'un guignol imposé, comme celui que nous servent, hélas et trop souvent, les journaux télévisés, ou comme dans le cinéma dégoulinant de manichéisme à la Yves Boisset ...

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Depuis quelques années, des films comme "Avanim" (les pierres), "Va, vis et deviens" ou "Et tu marcheras sur l'eau" sont venus imposer un cinéma israélien de qualité, surgissant miraculeusement après les dures années de l'Intifada. "La fiancée syrienne" lui apporte encore un supplément d'âme en choisissant - sans haine ni complaisance - "l'ennemi" comme héros d'une fiction.

Voir en lien le site du film ... découvrez les personnages de l'affiche, et écoutez sa musique envoûtante !

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01 juillet 2007

Faut-il sauver le journaliste Johnston ? Une tribune libre d’Isabelle Yaël Rose


Capture d'écran du message des ravisseurs
du journaliste britannique Alan Johnston
(photo Reuters)

Tribune libre

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Nous le savons depuis longtemps : l’une des armes favorites des « organisations terroristes » est l’utilisation des médias et de la propagande. En cela, le Hamas ne fait pas exception. Il vient d’en faire la preuve en diffusant une vidéo qui met en scène le correspondant Johnston. Dans ces circonstances, les journalistes qui couvrent les événements se retrouvent souvent, et bien malgré eux, pris « entre deux feux » : montrer les images, et devenir des instruments de propagande en jouant un autre jeu ; ou rester silencieux, ce qui est contraire à leur métier et à leur mission. Il est pourtant une autre manière de poser l’enjeu qui permettrait peut être de trouver une solution. Plutôt que de s’interroger sans fin sur la déontologie journalistique, prendre la question à l’envers : qui a le plus besoin des journalistes ?

Les images ou les informations qui pourraient nous venir de Gaza n’apporteront de toutes façons rien de véritablement nouveau : tout ce qu’il y a à connaître de la situation, et de son évolution inévitablement catastrophique pour la population, nous le savons. Le monde connaît déjà tous les visages de la souffrance au Moyen-Orient. Ce n’est donc pas un reportage de plus qui pourra nous informer, et encore moins « faire bouger ». En revanche, il est tout à fait certain que le Hamas, et précisément actuellement, veut lancer une campagne d’opinion. Tout simplement parce qu’il est sous pression. Il a donc un besoin impératif des médias. Maintenant. Pour preuve, la diffusion simultanée de la cassette vidéo de Johnston et celle de la voix de Guilad Shalit. Pour preuve encore, cette conversation téléphonique entre l’assistant d’Ismaël Haniyé et le père de Guilad Shalit. Il y aurait encore d’autres preuves à produire, mais que celles-ci nous suffisent : le Hamas veut se faire voir et entendre par l’intermédiaire des journalistes.
Alors, si les journalistes - et les décisionnaires - sont effectivement solidaires de leur confrère, il ne leur reste plus qu’une chose à faire. Tout de suite. Laquelle ? Rappeler tous les journalistes de Gaza et refuser de couvrir aucun événement jusqu’à ce que leur collègue soit libéré. Certes, se retirer du terrain est contraire au principe même de ce métier. On aura ainsi vu des journalistes se faire assassiner, kidnapper, menacer, pour être immédiatement remplacés, que le spectacle continue. Certains auront même bénéficié de ces remplacements au pied levé pour faire avancer, d’une manière aussi soudaine qu’inespérée, leur carrière personnelle. Le Hamas compte bien sur cette primauté du spectacle sur les acteurs quand il fait ce qu’il fait. Il a déjà vu comment les choses se sont déroulées au Liban. Le dilemme des journalistes - et des décisionnaires - peut maintenant être reformulé : jouer le jeu des kidnappeurs en continuant à « couvrir » Gaza sans véritablement produire des informations qui se justifient, ou être prêts à jouer un autre jeu selon leurs propres règles pour tenter de sauver la vie de leur collègue - et partant, leur propre vie. Car telle est la vraie question : que vaut la vie d’un journaliste ?

Pour finir : ceux qui connaissent le Moyen-Orient le savent : quand on veut obtenir quelque chose, il faut savoir profiter des rapports de force au bon moment. Il ne faut pas se laisser impressionner par les bruits, les cris, ni les images. Et surtout : il ne faut se faire aucune illusion sur les bonnes intentions de l’autre. En l’occurrence, le temps joue contre nous. Donc : couper le son et les images, jusqu’à ce que Johnston retourne auprès de sa famille. Un message clair pour le Hamas. Et tous les terroristes. Quel est-il ? « Puisque nous sommes les instruments involontaires de votre propagande, pas touche à notre vie ! ».

Jérusalem,
Isabelle-Yaël Rose



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Post-scriptum de Jean Corcos

Juste quelques précisions à propos de cet article (brillant, comme à l’accoutumé) de ma « correspondante » en Israël.
Tout d’abord, j’ai choisi de le publier sous la forme d’une « Tribune libre », car elle propose une option qui fera bondir beaucoup de monde ... se retirer du terrain peut aussi être interprété comme une forme de capitulation devant le terrorisme, et s'il n’y a plus personne pour témoigner, on prend le risque de laisser les islamistes mettre paisiblement en coupe réglée la Bande de Gaza, sans pouvoir rien dénoncer !

Ensuite, les ravisseurs d’Alan Johnston ne se réclament pas du Hamas mais d’une mystérieuse « Armée de l’Islam », ce qui fait furieusement penser à une franchise d’Al-Qaïda ; ils demandent d’ailleurs la libération d’un idéologue de cette mouvance emprisonné à Londres. Et, étrangement, le Royaume Uni vient de revivre les heures sombres du terrorisme islamiste, avec les attentats (heureusement ratés) à la voiture piégé, à Londres comme à Glasgow.

Enfin, est-il besoin de dire combien ces salauds qui menacent d'égorger comme un agneau le journaliste britanique m’inspirent du dégoût ? Mais en même temps, avouons-le, je suis maintenant plus réticent à me sentir pleinement solidaire de nos voisins d’outre-Manche, quand je pense à leur fameuse BBC - dont Johnston était le correspondant à Gaza- qui a toujours fait preuve d’une complaisance écoeurante vis-à-vis du terrorisme palestinien ; à leurs syndicats (manipulés ou sincères ?) qui viennent de lancer des appels racistes au boycott d’Israël ; et puis aussi à leur lâcheté, qui a permis le développement d’un « Londonistan » dans leurs propres murs - lire cet article sur le blog !

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Sur les ailes de mon enfance



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Voici donc venu le moment de finir ce « mois de la Tunisie ». J’ai essayé de vous parler du pays de mon enfance de la façon la plus complète possible, en évoquant sa place dans le Monde d’aujourd’hui aussi bien que des pages de l’histoire contemporaine, les grands sujets comme les clins d’oeil nostalgiques, et ma propre communauté tout en n'oubliant pas trop le reste ...

Je me permets pour finir d’évoquer des souvenirs personnels et lointains, qui n’ont en apparence que peu de rapport avec ce dossier. Et pourtant ... Le « Breguet deux ponts » était une figure mythique des cieux méditerranéens il y a une cinquantaine d’années ! Construit à seulement une douzaine d’exemplaires, il fut exclusivement utilisé par Air France sur ses lignes d’Afrique du Nord. Et c’est ainsi que mes souvenirs de vacances d’été « en Métropole » me font toujours penser à cette espèce de carpe métallique, très laide, et dont je redoutais terriblement chaque voyage dans ses entrailles, surtout par temps d’orage. Très bruyant - comme tout bon vieil avion à hélices - il était particulièrement inconfortable lorsque l’on avait la malchance de voyager dans le pont inférieur ... A cet époque, où si peu de personnes prenaient l’avion, chaque Tunis-Paris était une petite aventure : j’ai même le souvenir d’escales en Corse ! A cet époque aussi, l’aéroport d’El Aouina était une modeste bâtisse blanche, où l’on pouvait admirer les carlingues d'avions étincelant sous le soleil, tout en dégustant, en terrasse et tout près du tarmac, un soda dans le petit café à l’ombre d’un figuier. A cette époque enfin - je le réalise en revoyant cette photo - certains avions civils, avec leur carlingue plate et leur dérive, faisaient plus penser aux bombardiers de la Seconde Guerre Mondiale qu’aux zincs d’aujourd’hui : c’est à ce genre de détails que l’on réalise que son enfance remonte à très longtemps ... et que j’ai envie, en repensant à ces années et à la Tunisie perdue, de chanter cette déchirante chanson de Serge Lama, dont voici deux couplets :

« Mon enfance m’appelle sur des plages de sable,
Mon enfance m’appelle sur des plages dorées,
Sur elles sont venues s’inscrire impitoyables
De nombreuses années.
(...)
On récolte l’ennui quand on a ce que l’on veut,
Oh mon enfance quelle envie
D’aller chez toi finir ma vie. »

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